Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /2010 22:51
Je reproduis ci dessous un article paru dans Le Monde ...
Mon contradicteur Jacques II va sûrement apprécier. Il bénéficie, évidemment, d'un droit de réponse!

Début de citation :

Mais y a-t-il un pilote à la direction générale de l'aviation civile (DGAC), l'une des huit directions d'administration centrale du ministère de Jean-Louis Borloo ? A lire le chapitre que la Cour des comptes consacre à cette question dans son rapport annuel, présenté mardi 9 février, on en douterait !


Alain Pichon, doyen des présidents de chambre faisant fonction de premier président, s'exprime lors de la publication du rapport annuel de la Cour des comptes.

Huit ans après avoir analysé les relations sociales dans la navigation aérienne, la haute juridiction financière passe au crible la gestion du personnel de ce secteur si sensible. Le résultat de cet examen est éloquent. Les magistrats financiers déplorent l'existence, à la direction des services de navigation aérienne (DSNA), d'une organisation du travail "opaque", qui "pose des problèmes de productivité et de sécurité", et la persistance de négociations sociales "déséquilibrées" - ce qui est rare - au profit du personnel.

Les 8 270 agents de la DGAC affectés à la navigation aérienne, dont 4 315 contrôleurs aériens, ont un statut à part dans l'administration. Leur temps de travail est "probablement inférieur à 100 jours" par an et leur déroulement de carrière est l'un des plus favorables de la fonction publique. Cette exception s'explique : une grève de ces agents ayant des incidences immédiates sur le trafic aérien et un coût important pour l'ensemble de l'économie du secteur, la politique des ressources humaines de la DGAC, observe la Cour des comptes, "a été, plus que dans d'autres administrations, conduite avec le souci de limiter les conflits avec ces personnels". Mais que n'a-t-elle justifié pour assurer la paix sociale !

Soumis à des contraintes professionnelles lourdes (le travail en continu, les horaires variables et partiellement nocturnes, etc.), les contrôleurs aériens présentent la particularité de travailler à la fois trop et trop peu. Leurs vacations journalières sont longues : onze heures au maximum, dont 2 h 45 de pause, contre huit heures au maximum, trente minutes de réunion et 25 % de temps de pause pour leurs collègues d'Eurocontrol (Benelux et nord de l'Allemagne).

Cette longueur excessive des vacations, potentiellement dangereuse dans un métier qui "exige une concentration et induit un stress parfois intense", est liée à l'organisation du cycle du travail sur la base d'un jour sur deux. Du fait de ces règles établies pour limiter le nombre de trajets domicile-travail des agents mais très contraignantes pour la DGAC, les contrôleurs français bénéficient de 97 jours de congés annuels, soit cinq semaines de plus que leurs collègues européens.

L'exception française ne s'arrête pas là. Le travail des contrôleurs est très largement géré par un chef d'équipe. A certaines périodes de l'année, lorsque le trafic est plus faible, celui-ci peut donner aux aiguilleurs du ciel des autorisations officieuses d'absence, ou "clairances", qui s'ajoutent aux jours de repos officiels.

En 2008, le temps annuel moyen de travail effectif par contrôleur était estimé à 483,84 heures, soit 84 vacations par an, relève la Cour des comptes. "Même en y ajoutant les jours de formation, observe-t-elle, les contrôleurs ne travailleraient que 99 jours par an, soit 20 semaines. Le phénomène de clairance paraît donc massif. Les contrôleurs bénéficieraient ainsi de 56 jours d'absence officieux (soit onze semaines), en plus des 97 jours de congés ou de repos officiels (soit 20 semaines)."

Le plus extravagant dans cette organisation du travail est que seuls le chef d'équipe et le chef de salle connaissent le nombre et l'identité des contrôleurs aériens réellement présents. En revanche, le responsable de l'organisme de contrôle et la direction de la sécurité de l'aviation civile (DSAC), qui est chargée de s'assurer de la conformité du système de navigation aérienne aux règles de sécurité, n'ont qu'"un accès limité à cette information". La DGAC a d'ailleurs reconnu, à l'été 2009, qu'elle avait des difficultés pour contrôler le phénomène de clairance "en l'absence de système de pointage des présences ou de surveillance contradictoire des registres de tenue de position établis par les chefs d'équipe".

Lors des négociations sociales menées à l'occasion de la transposition de la directive de 2006 sur la licence communautaire de contrôleur aérien, les organisations syndicales françaises ont réussi à préserver l'opacité du travail. L'accord signé précise que les aiguilleurs du ciel doivent avoir effectué 200 heures de contrôle pour que leur licence soit prorogée, mais le registre des heures de contrôle, créé pour vérifier le respect de cette règle, est rempli par les agents sans être visé par la hiérarchie, et rien ne permet de recouper les informations qu'ils donnent. C'est une des bizarreries du système français. Ailleurs, en Europe, la présence des contrôleurs à leur poste de travail peut être vérifiée : au Royaume-Uni, les contrôleurs doivent "badger" pour pouvoir travailler ; à Eurocontrol, un système comparable existe. En France, seul le centre de Reims avait, un temps, envisagé un système de contrôle informatisé. Il y a renoncé après consultation des instances représentatives du personnel...

Des protocoles triennaux encadrent, depuis 1988, les relations sociales de la DGAC (13 048 agents). Ils ont assuré "une augmentation continue des avantages statutaires et indemnitaires" aux agents de ladite direction, les mesures obtenues par les aiguilleurs du ciel étant progressivement étendues aux autres agents, notamment techniques, de l'aviation civile.

Signe de leur puissance, les organisations syndicales des contrôleurs aériens ont obtenu, en 2007, que ceux-ci accèdent à l'indice hors échelle A en fin de carrière, réservée aux corps d'encadrement supérieur issus de l'Ecole nationale d'administration (ENA) ou de l'Ecole polytechnique. Or, précise la Cour des comptes, "les contrôleurs aériens ne sont pas un corps d'encadrement supérieur et leur formation n'a jamais été reconnue par la commission des titres d'ingénieurs"...

Les années 2007-2009, pas vraiment fastes dans l'ensemble de la fonction publique, ont été excellentes pour les aiguilleurs du ciel : ils ont bénéficié de mesures catégorielles substantielles, les plus coûteuses qui leur aient été consenties depuis 1988. Par le jeu des primes, la rémunération d'un contrôleur aérien ayant dix ans d'ancienneté (6 552 euros par mois) est supérieure à celle d'un ingénieur des Ponts qui se trouve dans la même situation (6 201 euros)...

Au cours de ces trois années, qui ont vu le ministre de la fonction publique, Eric Woerth, imposer progressivement à l'administration la règle du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, les trois quarts des aiguilleurs du ciel cessant leur activité ont été remplacés. 223 emplois (équivalents temps plein) ont toutefois été supprimés. La Cour des comptes y voit une "rupture réelle" par rapport aux protocoles antérieurs qui prévoyaient des recrutements importants.

Faute de volonté suffisante de la part de la DGAC ou en raison des blocages syndicaux, les réorganisations des services prévues dans le dernier accord social triennal n'ont pas été menées à leur terme. Le projet "OPERA" de réforme du contrôle aérien en Ile-de-France, amorcé en 2004, reste entravé depuis l'origine par le jeu complexe des relations sociales à la DGAC, déplore aussi la haute juridiction financière.

Dans sa réponse, le ministre de l'écologie souligne que la DGAC est la moins chère de toutes les organisations comparables de navigation aérienne d'Europe. Il juge le temps de travail des contrôleurs aériens plus proche de 140 jours par an que de 100, et note que les aiguilleurs français sont nettement moins bien payés que leurs collègues européens. Enfin et surtout, il conteste l'analyse et le constat de la Cour relatifs aux risques que l'organisation actuelle du travail ferait courir à la sécurité. Moins affirmatif, le ministre de la fonction publique plaide pour un meilleur pointage de la présence réelle des contrôleurs sur leur lieu de travail et propose de lier davantage leurs primes à leur performance.

Hostile aux suppressions d'emplois et aux projets de réorganisation européens, l'intersyndicale de la DGAC a déposé un préavis de grève du 23 au 27 février.

Claire Guélaud
Article paru dans l'édition du 10.02.10
 

Fin de citation.

J'attends avec intérêt la réplique, sûrement cinglante, de Jacques II ...
Par Jacques Heurtault - Publié dans : Droit du travail - Communauté : Réformer la France
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Vendredi 11 décembre 2009 5 11 /12 /2009 18:59
Direction le COSTA RICA!
Je vous raconterai ...
Mon "compteur" m'indique que cet article est le 1.000 ème ... Je vous dois des excuses! Pour un tel "rang", j'aurais pu me commettre un peu mieux!
Par Jacques Heurtault - Publié dans : Voyages dans l'espace et dans le temps - Communauté : Pour un monde meilleur
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Samedi 14 novembre 2009 6 14 /11 /2009 11:19
Vous trouverez ci-dessous le texte intégral du discours du Président de la  République prononcé à La Chapelle en Vercors. Ce discours reflète presque exactement ce que je pense sur le sujet ...
A quoi servirait-il que je le commente?
Je vous laisse ce soin ...

Début de citation :

Mes chers compatriotes,
Il y a quelques instants, en me recueillant devant le Mur des fusillés de la Chapelle en Vercors, j’ai pensé aux 16 otages exécutés par l’occupant.
J’ai pensé à la population du plateau du Vercors prenant fait et cause pour les maquis et s’exposant aux plus terribles représailles.
J’ai pensé aux villages bombardés, aux maisons brûlées au lance-flammes, aux maquisards massacrés, aux civils assassinés…
Le Vercors a payé cher son engagement dans la Résistance. En soutenant les maquis, ses habitants savaient qu’ils risquaient le pire. Mais pas un de ces hommes, pas une de ces femmes, durs à la peine, dont une nature rude avait trempé le caractère, n’hésita.
Pas un, pas une ne recula.
Retranchés dans leur montagne, ils défièrent pendant des mois la plus puissante armée du monde. Le Vercors devint le point de ralliement de ceux qui ne voulaient pas subir. Un instant le coeur de la France se mit à battre ici. Et dans ce paysage magnifique et austère se mit à renaître une fierté
française.
Alors, pourquoi tant d’hommes et de femmes se sont-ils engagés dans ce combat inégal dont l’issue tragique ne faisait à leurs yeux aucun doute ? La force étrange qui les poussait à risquer leur vie, s’imposait à eux comme une évidence. Ils se battaient pour une cause dont ils savaient seulement qu’elle était plus grande qu’eux et qu’elle les rattachait à une multitude d’autres hommes et d’autres femmes poussés par la même force et dévoués à la même cause. « Ils se battaient, disait Malraux à propos des Résistants, pour cette fierté mystérieuse dont ils ne savaient au fond qu’une chose c’est
qu’à leurs yeux la France l’avait perdue ».
Ils la lui rendirent.
Ils avaient tellement envie d’être fiers de leur pays. La France ? Elle était en eux. Chacun à sa façon, exprimait par ses actes ce sentiment profond que la France était leur bien commun, ce qu’ils avaient de plus précieux, ce qu’ils avaient de plus beau à transmettre à leurs enfants. Ils se sentaient comme les maillons d’une longue chaîne qui avait commencé bien avant eux et qui continuerait bien après eux, s’ils ne la laissaient pas mourir, non pas matériellement mais spirituellement.

Des chefs du maquis jusqu’au plus humble des maquisards qui mourut en chantant la Marseillaise, des infirmières déportées à Ravensbrück jusqu’aux blessés regardant le visage du bourreau qui allait les achever, tous avaient au fond d’eux-mêmes cette certitude qu’une nation est un principe spirituel qui se nourrit de la noblesse des coeurs, de la beauté des âmes, de la fermeté des caractères.
Ils aimaient leur patrie parce qu’ils aimaient ce qu’elle avait fait d’eux. Ils aimaient les hommes et les femmes qu’ils étaient devenus grâce à la France, grâce à leur patrie. Ce qu’ils appelaient la France c’était ces valeurs qui les unissaient, au fond, cette conception de l’honneur et de la dignité qui les portaient tous.
Ici, au moment où leur destin rejoignait celui des soldats de l’An II et de Bir Hakeim, les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité avaient cessé pour eux d’exprimer une devise abstraite pour devenir la plus authentique et la plus profonde des expériences humaines.
Comme elle l’était pour tous les résistants, pour tous les Français libres, pour tous ceux qui avaient protégé des proscrits, pour toutes les mères qui avaient caché des enfants juifs parmi leurs propres enfants, pour tous ceux, qui face à la barbarie, avaient compris tout à coup ce que pouvait bien signifier le mot civilisation, pour tous ceux qui avaient découvert que la France avait une âme au moment même où elle allait la perdre.
C’est toujours au moment où l’on va les perdre que l’on mesure la signification et l’importance de ces choses indéfinissables avec lesquelles on a tellement l’habitude de vivre que l’on a l’impression qu’elles sont aussi naturelles que l’air que l’on respire.
Nous vivons peut-être l’un de ces moments où les repères s’effacent, où l’identité devient incertaine, où nait le sentiment que quelque chose qui nous est essentiel pour vivre est en train de se perdre. Tout semble concourir à l’aplatissement du monde.
Je veux le dire parce que je le pense, à force de vouloir effacer les Nations par peur du nationalisme on a ressuscité les crispations identitaires. C’est dans la crise de l’identité nationale que renaît le nationalisme qui remplace l’amour de la patrie par la haine des autres.
A force d’abandon nous avons fini par ne plus savoir très bien qui nous étions.
A force de cultiver la haine de soi nous avons fermé les portes de l’avenir. On ne bâtit rien sur la haine de soi, sur la haine des siens et sur la détestation de son propre pays.
Voilà pourquoi, mes chers compatriotes, nous devons parler de notre identité nationale. Ce n’est pas dangereux, c’est nécessaire. Ce qui serait dangereux ce serait de ne pas en parler, de faire comme si tout allait bien en se disant « A quoi bon ? ». C’est avec cette politique de l’autruche qu’on laisse le champ libre à tous les extrémismes. C’est pourquoi j’ai voulu ce débat. C’est pourquoi j’ai voulu que nous discutions ensemble, que nous réfléchissions ensemble. L’identité nationale ça nous concerne tous, ça concerne tous les Français.
Notre conscience nationale, elle s’est forgée dans l’épreuve. Depuis la Guerre de Cent ans jusqu’aux acquis du Vercors, de Corrèze, ou des Glières, depuis Valmy jusqu’au Chemin des Dames, depuis Lazare Ponticelli le dernier poilu engagé à 16 ans en trichant sur son âge parce qu’il voulait dire merci à la France qui l’avait accueilli jusqu’à ceux que Malraux, encore lui, appelait « les clochards épiques de Leclerc », depuis les pêcheurs de l’Isle de Sein jusqu’aux Cadets de Saumur, la France a vécu d’abord dans l’esprit et dans le coeur de ceux qui avaient le sentiment de lui devoir tant qu’ils étaient prêts à se battre pour elle et peut-être à mourir.
Alors, qu’avaient-ils donc le sentiment de lui devoir ? Si on le leur avait demandé chacun aurait sans doute donné sa réponse qui eût été bien différente de celle des autres. Le pêcheur de l’Ile de Sein ou le paysan du Vercors n’aurait pas répondu la même chose que Jean Moulin ou d’Estienne D’orves.
Tous pour tout avaient le sentiment de se battre pour la même chose. Cela, c’est l’identité nationale.
Marc Bloch, le plus grand historien peut-être – en tout cas à mes yeux - du XXe siècle, assassiné par la Gestapo n’avait pas la même connaissance de l’histoire de France que le cheminot qui risque sa vie en se livrant au sabotage. Mais ils avaient conscience, Marc Bloch et le cheminot, d’appartenir à la même histoire, comme l’immigré italien, espagnol ou polonais qui entra en résistance et qui se sentait tellement Français qu’il interdisait à ses enfants de parler à la maison une autre langue que le Français.
Pour nous Français, l’identité nationale ne saurait être une chape de plomb intellectuelle et morale pesant sur les consciences. La France est diverse. Elle l’a toujours été. La France c’est une multitude de petites patries, de terroirs. C’est une multitude de coutumes, de traditions, de croyances. La France ce sont d’innombrables histoires, d’innombrables généalogies qui s’entremêlent. La France, c’est l’un des pays les plus divers au monde. Cette diversité est inscrite dans les coeurs et dans les esprits, un pays où aucun village ne ressemble à un autre et où chacun s’efforce d’être différent de son voisin.
Cette diversité française est une richesse. Chaque culture, chaque tradition, chaque langue a une valeur infinie. Les laisser disparaître serait une faute. Nous nous appauvririons. Nous ne serions pas ce que nous sommes sans que nous ont donné et continuent à nous donner les cultures provençale, bretonne ou alsacienne, sans l’Outre-mer, sans ce que nous ont apporté les Antilles, la Réunion ou Tahiti, l’ouverture qu’elles nous ont donné sur le monde, sans ce que nous ont apporté l’Afrique ou le Maghreb. Regardez ce que la langue française doit à Aimé Césaire ou à Léopold Sedar Senghor.
Songez aux trésors que la langue d’Oc a déposé dans notre culture nationale. Notre identité, et c’est le miracle français, est à la fois singulière et plurielle.
Rien n’est plus étranger au génie de notre peuple que l’uniformité, que l’embrigadement. L’identité nationale française, c’est une culture millénaire, par des voies mystérieuses, imprègne tout. Elle est dans la pensée, dans la langue, dans l’architecture, dans l’art de vivre, dans le paysage…
Si en France chacun a sa théorie, chacun a sa doctrine, si chaque ville a sa personnalité, si chaque commune est un monde en soi, si chaque région a son climat, son ambiance, ses traditions, un Français reconnaît d’instinct une pensée française, une région française et il s’y sent chez lui.
Dans ce vieux pays où depuis si longtemps « ceux qui croient au ciel » se disputent avec « ceux qui n’y croient pas », il n’y a pas un seul homme, pas une seule femme qui ne reconnaisse dans les Cathédrales une expression de ce génie français auquel il a le sentiment de participer. Le Français qui
ne croit pas en Dieu n’imagine pas la France sans le Mont Saint Michel, sans Notre Dame de Paris ou sans la Cathédrale de Reims, ni son village sans le clocher de son église qui le surplombe depuis dix siècles. C’est la France. Pas un libre-penseur, pas un Franc-maçon, pas un athée qui ne se sente au
fond de lui l’héritier de la Chrétienté qui a laissé tant de traces profondes dans la sensibilité française et dans la pensée.
Regardons ce que la morale laïque des instituteurs de jadis doit à la morale chrétienne qu’on enseignait au Catéchisme. Regardons ce que la République doit à l’Ancien Régime. Regardons comment la République a accompli le vieux rêve Capétien d’une France une et indivisible dans un Etat dominant les féodalités. Les rois l’ont rêvé, la République l’a réalisé. Discernons dans le débat sans cesse recommencé entre Jacobins et Girondins, entre les centralisateurs et les décentralisateurs, la tension multiséculaire qui depuis Hugues Capet oppose les Provinces au pouvoir central et autour de laquelle
s’est construite pas à pas l’unité française.
Derrière la diversité, derrière les oppositions, les contradictions, les conflits dans lesquels notre peuple a trop souvent épuisé ses forces, il y a l’unité profonde de notre culture, et, j’ose le dire, de notre civilisation.
Passant sans cesse de la désunion à l’union le peuple français sait au fond de lui-même que ce qui le rassemble est plus fort que ce qui le divise.
Et on comprend l’Histoire de France quand on accepte de vibrer avec le souvenir du Sacre de Reims et d’être ému par le récit de la fête de la Fédération.
On est pleinement Français quand on prend conscience que la France Girondine et la France Jacobine sont les deux visages d’une même réalité nationale.
On est Français parce que l’on regarde la Chrétienté et les Lumières comme deux versants d’une même civilisation dont on se sent l’héritier.
Mais on est Français aussi parce que l’on ne se reconnaît pas dans une race, on est Français parce que l’on ne se laisse pas enfermer dans une origine, on est Français parce que l’on ne se laisse pas enfermer dans une religion.
Si l’on cherchait quelles sont les principales institutions, les principaux lieux où se fabrique depuis des siècles l’identité française, on verrait d’abord sans doute tous les lieux de la vie et du travail quotidiens où artisans, ouvriers, agriculteurs, ingénieurs, se transmettent de générations en générations des
cultures et des savoir-faire que la science et la technique modernes enrichissent chaque jour. Ce qui se joue dans l’industrie, dans l’agriculture, dans la ruralité, dans l’artisanat, ce n’est pas qu’économique, c’est aussi la disparition d’une forme de civilisation, d’un héritage de valeurs, d’une culture du travail.
Mais on trouverait aussi l’Ecole, le Louvre, l’Académie française, le Collège de France, la Comédie française… parce qu’être Français c’est croire que la raison, la science, l’art, la culture peuvent transcender les différences et, oserai-je le dire, parce que l’on croit plus ou moins consciemment à la toute puissance de la littérature. La littérature est un élément de l’identité nationale française. En ce sens, le prix unique du livre, pour sauver le livre et les libraires, exprime une part profonde de notre identité nationale au même titre que notre système si particulier d’aide à la création cinématographique ou l’aide qui est apportée à la chanson française ou à la création audiovisuelle. C’est de l’identité nationale française.
La France est une nation littéraire. Elle se parle à elle-même à travers la littérature. N’est-ce pas au fond en entendant un vers de Racine ou de Baudelaire ou en lisant une page des Misérables que nous nous sentons le plus Français ? Dans quel autre pays au monde un tel miracle serait-il possible ?
Nous conforterons l’identité française en apprenant à nos enfants à aimer la littérature, à aimer la poésie, à aimer et à respecter la langue française, en ce qu’elle est capable d’exprimer de beauté, d’intelligence, de profondeur de sentiment. Si nous voulons que demain la France continue de signifier quelque chose pour nos enfants, nous devons être fiers de notre histoire et faire de l’apprentissage de l’Histoire de France une priorité pour les enfants de nos écoles. C’est la raison pour laquelle, j’ai retenu l’idée de créer un Musée de l’Histoire de France que tous les enfants des écoles iront visiter, qui sera le Musée le plus moderne qui soit, qui ne sera pas figé dans le passé, qui sera vivant, qui apprendra l’Histoire au nom de l’avenir.
Si demain nous voulons que la France continue de signifier quelque chose pour nos enfants, il nous faut permettre à chacun d’accéder à la culture. Il nous faut réinventer, en les adaptant à notre époque, les Maisons de la culture, le concept ne doit pas être figé, le TNP de Jean Vilar qui voulait que le théâtre soit accessible à un public populaire, aux ouvriers des usines.
Nous avons besoin d’une politique culturelle qui soit à la hauteur de la place qu’occupe la culture française dans la culture universelle, de ce que dans son histoire la France a été capable d’accomplir dans le domaine des oeuvres de l’esprit. Nous avons besoin d’une politique culturelle à la hauteur des défis de l’ère de la globalisation. La culture aujourd’hui a deux ennemis redoutables : l’utilitarisme et la transformation en marchandises de tous les produits de l’intelligence et du travail humains. Une politique du patrimoine s’impose. Quand on a un patrimoine comme celui de la France, on n’a pas le droit de le laisser s’abîmer et on aide ceux qui en possèdent une parcelle à l’entretenir parce que c’est l’intérêt de tous, parce que c’est un investissement collectif. Avec Malraux nous avons été capables jadis d’inventer une politique du patrimoine. Il s’agit maintenant de la faire vivre. Notre culture ne vivra que si elle est encore capable d’étonner le monde.
Notre langue et la vision du monde qu’elle porte ne restera vivante que si elle est utilisée par des artistes, des savants, des ingénieurs, des entrepreneurs, que si nos lycées à l’étranger, nos universités, nos écoles attirent les meilleurs élèves du monde entier, si nos laboratoires attirent les meilleurs chercheurs. Si le meilleur de notre jeunesse part à l’étranger pour conquérir le monde, c’est très bien mais c’est très mal, si le meilleur de notre jeunesse part à l’étranger pour fuir un pays sclérosé qui ne leur laisse plus aucune chance de réaliser leurs rêves.
Si nous voulons que la France continue de signifier quelque chose pour nos enfants, nous devons travailler à ce qu’il y ait encore demain une pensée, une science, une création artistique, une littérature françaises.
En plaçant l’éducation et la culture au coeur de son identité, la France s’est forgée une prédisposition à l’universalisme et à l’ouverture. De siècles en siècles, la France n’a cessé de se mélanger, de se métisser, le mot ne me fait pas peur, d’assimiler et dans ce mélange, dans ce métissage, dans cette
assimilation de se transformer elle-même et de s’enrichir.
La France ne demande à personne d’oublier son histoire ou sa culture. Mais la France demande à ceux qui veulent lier leur sort au sien de prendre aussi son histoire et sa culture en partage. La France ne se pense pas comme une juxtaposition de communautés ou d’individus. La France n’est pas seulement
une communauté d’intérêts. Devenir Français, c’est adhérer à une forme de civilisation, à des valeurs et à des moeurs.
La France est une terre de liberté et d’égalité.
La France est un pays d’émancipation où chacun aspire à s’élever selon ses talents, ses mérites, son travail.
La France est un pays où la femme est libre.
La France est un pays où l’Eglise est séparée de l’État, où les croyances de chacun sont respectées.
Mais la France est un pays où il n’y a pas de place pour la burka, où il n’y a pas de place pour l’asservissement de la femme, sous aucun prétexte, dans aucune condition et dans aucune circonstance.
La France est un pays où il n’y a pas de place pour la confusion du spirituel et du temporel.
La France est un pays de tolérance et de respect. Mais la France demande aussi qu’on la respecte.
On ne peut pas vouloir bénéficier des droits sans se sentir obligé par les devoirs.
On ne peut pas vouloir bénéficier de la sécurité sociale sans jamais se demander ce que l’on peut faire pour son pays.
On ne peut pas vouloir bénéficier des allocations chômage sans se sentir moralement obligé de tout faire pour retrouver du travail parce que les allocations sont payées par le travail des autres.
On ne peut pas vouloir profiter de la gratuité des études qui est l’une des plus belles conquêtes de la République et ne pas être assidu aux cours, ne pas témoigner de la considération pour ses professeurs et ne pas respecter les bâtiments qui vous accueillent.
On ne peut pas vouloir tous les avantages de la République si l’on ne respecte aucune de ses lois, aucune de ses valeurs, aucun de ses principes.
Mais pour faire partager un idéal, mes chers compatriotes, encore faut-il y croire soi-même.
Pour s’ouvrir aux autres, il faut avoir suffisamment confiance en soi, être sûr de ses valeurs et de son modèle.
La France n’a jamais été plus ouverte que lorsqu’elle croyait en elle, en son universalité, en ce qu’elle avait à dire et à donner au monde. Jamais la France ne fut plus fraternelle que lorsqu’elle a cru à la force de ses principes, de sa pensée, de sa langue.
Le creuset français prenait ensemble des fils de paysans, d’ouvriers, d’immigrés et il en faisait un peuple libre de citoyens. Dès lors que la République donnait à chacun le sentiment qu’il avait sa chance, que la promotion sociale dépendait du mérite et du talent, la confiance nourrissait la confiance et la France pouvait s’ouvrir sans se dissoudre, conjuguer sans problème son universalisme et sa singularité.
C’était le temps d’une exception française évidente, assumée, qui ne procédait pas d’un sentiment de supériorité mais de la conscience d’avoir un message particulier à délivrer, un exemple à donner.
D’où vient donc, mes chers compatriotes, que la France qui avait triomphé de tant de difficultés au cours de son histoire se soit mise à douter à ce point d’elle-même qu’elle se mette à vivre l’ouverture non plus comme une chance mais comme une menace ?
D’où vient donc, mes chers compatriotes, que la République qui avait surmonté tant d’épreuves dont elle était sortie toujours plus forte se soit mise à ce point à ne plus tenir ses promesses ?
D’où vient donc que le sentiment d’injustice au lieu de se réduire n’ait cessé à ce point de croître ?
D’où vient ce sentiment de partager de moins en moins de culture commune, d’imaginaire commun, de morale commune ?
D’où vient ce sentiment au fond de désintégration civique et sociale?
Il vient d’une forme de renoncement. J’ose le mot.
En renonçant à la valeur du travail, nous avons renoncé au mérite républicain. C’est une erreur tragique.
En renonçant à demander à l’élève de travailler pour apprendre, en renonçant à lui faire découvrir la joie de la connaissance en récompense du long travail de la pensée.
En renonçant à exiger de l’assisté qu’il fasse tous les efforts qu’il peut pour trouver un emploi. En choisissant la voie des 35 heures, nous avons ouvert dans la méritocratie républicaine des brèches morales qui n’ont cessé de s’élargir. Ce fut une erreur totale. Que les choses soient claires, j’ai voulu
un débat, je ne veux pas imposer les conclusions avant qu’il y ait lieu, mais ces renoncements là, je ne les accepterai jamais. Et c’est parce que je ne les accepte pas, que j’ai voulu qu’à l’école primaire on revienne au savoir, que j’ai voulu instaurer le RSA plutôt que le RMI ou mettre fin aux effets délétères des 35 heures.
En renonçant à l’autorité, en renonçant même à employer le mot, nous avons pris un risque immense.
En sapant l’autorité du maître sur l’élève, nous n’avons pas rendu service à l’élève qui en se prenant pour l’égal du maître n’est même plus conscient de la nécessité absolue d’apprendre. On ne peut pas prétendre forger des âmes de citoyens avec de tels principes.
En sapant l’autorité de la Police républicaine, on n’a fait qu’encourager les voyous.
En sapant l’autorité de l’État, on n’a fait qu’ouvrir le champ libre à de nouvelles féodalités et donc à de nouvelles injustices.
En laissant croire que tout se vaut, que toutes les valeurs, que tous les comportements, que toutes les oeuvres se valent, on a porté un coup très rude à l’idée de civilisation et même à celle de société. Car dans une société civilisée, tous les comportements et tous les actes ne se valent pas.
Que reste-t-il de la République si l’on se met à considérer de la même manière le délinquant et la victime, celui qui fait son devoir et celui que ne le fait pas, celui qui fait son travail et celui qui ne fait rien ? Que reste-t-il de la République quand on place sur le même plan l’intérêt particulier et l’intérêt
général, le principe d’égalité et le droit à la différence ?
En confondant l’égalité avec l’égalitarisme, nous avons sapé l’égalité des chances, parce qu’en donnant la même chose à tout le monde, on a renoncé à corriger les inégalités les plus criantes liées à la naissance, à l’origine, au milieu social dans lequel on est né, au territoire ou au quartier dans lequel on habite. Au bout du compte, l’égalitarisme a renforcé l’injustice au lieu de la réduire.
Ces renoncements là, je ne les accepterai jamais !
Pour lutter contre l’injustice, il faut donner plus à ceux qui ont moins pour compenser les handicaps du départ. On ne répare pas l’injustice par le nivellement.
C’est pour cela que j’ai souhaité que 95% des Français puissent transmettre désormais à leurs enfants le fruit de leur travail sans droit de succession. J’ai supprimé les droits de succession parce que je crois au travail et parce que je crois à la famille. Ce sont les mêmes valeurs qui me font dire que nul ne doit pouvoir, sur le territoire de la République française, se voir prélever plus de la moitié de son revenu en impôts.
C’est pour cela aussi que j’ai voulu que les droits soient les mêmes que l’on ait plus ou moins 25 ans.
Il n’y a pas de raison que les jeunes de moins de 25 ans qui ont travaillé aient moins de droits que les autres simplement parce qu’ils sont jeunes.
En confondant trop souvent la laïcité avec le refus de toutes les religions on n’a pas non plus rendu service à la République. Car la laïcité, et je veux le dire pour être bien compris, ce n’est pas le refus de toutes les religions. C’est le respect de toutes les croyances et la neutralité de l’État. Il y a dans le
sentiment religieux qui vient du fond des âges quelque chose de profondément respectable. Et ce que nous avons aujourd’hui à construire c’est bien une société où chacun s’efforce de comprendre et de respecter l’autre.
C’est pour cette raison, mes chers compatriotes, que seront expulsés tous ceux qui viendront en France pour appeler à la violence et à la haine de l’autre. Ils n’ont rien à faire sur le territoire de la République française.
La République est au coeur de notre identité nationale. Elle est forcément un rêve inaccompli, un idéal inachevé.
La République, c’est la souveraineté de la Nation, c’est l’autorité, l’autorité de l’État, c’est l’égalité des chances, c’est le mérite, c’est le travail la République, c’est la laïcité, c’est la compréhension, le respect, la solidarité. C’est la primauté de l’intérêt général sur l’intérêt particulier.
Si l’on ne veut pas de la Nation, de l’autorité, de l’égalité des chances, du mérite, de la laïcité du travail, alors on ne veut pas non plus de la République.
La vérité c’est que depuis quelques décennies nous n’aimons plus assez la République et que nous en avons fait le bouc émissaire de tous nos échecs.
Si notre modèle d’intégration ne semblait plus fonctionner ce n’était pas parce qu’il y avait trop de République mais parce qu’il n’y en avait pas assez. Ce ne sont pas nos valeurs qui sont en cause, c’est leur oubli et, parfois même leur reniement.
On avait fini par nous faire croire que la République menaçait la démocratie. Mais quelle démocratie serions-nous si nous devenions une société où chacun serait enfermé dans sa communauté, dans sa bande ou dans sa tribu?
Rien n’est moins dangereux pour la démocratie et pour la liberté que la République fut-elle une et indivisible. Depuis deux siècles à part l’expérience sanglante de la Terreur nul totalitarisme n’a menacé nos libertés. C’est que la culture française est irréductible au totalitarisme.
Il y a 20 ans tombait le Mur de la Honte.
Les valeurs de la démocratie et de la République triomphaient.
Je vois bien depuis à quels excès peut conduire une démocratie d’opinion débridée. Je le vis tous les jours - où les nouveaux moyens de communication s’affichent comme des zones de non-droit. C’est vrai que c’est un problème que nous n’avons pas encore résolu et qui prend une ampleur croissante.
C’est un défi pour la démocratie, c’est un défi pour la République. Mais je veux prendre mes responsabilités. Je préfèrerai toujours ce genre d’excès à ce que fut le totalitarisme communiste qui de l’autre côté du rideau de fer faisait peser une chape de plomb sur toutes les consciences. Je préfère l’excès de la démocratie d’opinion à ce que l’on a vu au XXe siècle en Europe de l’Est.
Dois-je dire aussi que je persiste et je signe s’agissant du droit à la caricature? Je préfèrerai toujours les excès de la caricature à l’absence de droit à la caricature qui est la marque de tous les régimes totalitaires. Dans l’affaire des caricatures du Prophète j’ai choisi le camp de la liberté d’expression parce que pour moi c’est cela le coeur de l’identité nationale française. Au pays de Voltaire et de Victor Hugo chacun veut penser librement. Le besoin de liberté est en France dans l’air que l’on respire.
Trop de confiance accordée à la raison, trop d’héritage venu des Lumières et de la Chrétienté nous font un antidote absolument efficace au totalitarisme. Ce que nous appelons notre modèle républicain est-il condamné par l’économie, par la mondialisation ? Il est vrai que la République doit être réelle et pas seulement formelle. Quel que soit l’attachement aux grands principes, que valent-ils face à la montée du chômage et de l’exclusion ?
Comment parler de République si au lieu de continuer à trouver sa place dans la société si les études ne permettent pas de trouver un emploi décent, qu’est-ce qu’elle vaut la République si les sacrifices des parents et les efforts des enfants ne débouchent que sur le chômage ou la précarité ?
Quand le modèle individualiste semblait triompher partout, quand la Finance imposait partout sa logique spéculative, quand l’économie de rente prospérait, notre modèle républicain ancré dans notre histoire nationale pouvait paraître condamné. Il semblait bien que les marchés financiers auraient le dernier mot sur la politique.
La crise a fait, et c’est heureux, éclater le mythe, car c’est un mythe de l’uniformisation inéluctable et de l’avènement d’une civilisation comment l’appelait-il la civilisation des nomades connectés avec le monde entier mais sans ancrage national. Souvenez-vous, c’était il y a peu de temps que l’on nous servait ces balivernes.
Les grandes entreprises qui n’avaient plus de nationalité, elles étaient mondiales. Comme c’est curieux, mais quand il y a eu la crise, elles ont, ces mêmes entreprises mondiales, tout de suite trouvé à quel État elles devaient s’adresser pour être secourues. Fantastique ! On nous a expliqué pour nous
imposer cette idée folle, que les entreprises n’avaient pas de nationalité quand cela va bien mais quand cela va mal – j’en ai vu – elles étaient françaises, Monsieur ! Les grandes banques qui étaient internationales quand tout allait bien se sont retrouvées parfaitement nationales lorsqu’elles étaient au bord du gouffre. La catastrophe évitée de justesse, et c’est heureux, a fait ressurgir des vérités essentielles. Je l’affirme, les entreprises comme les personnes ont un ancrage national. Personne n’est de nulle part ou alors il n’est personne. On peut se sentir citoyen du monde, mais cela ne suffit pas
pour être un citoyen à part entière. Ceux qui cherchaient à théoriser l’oubli de la nationalité ne cherchaient pas tant à effacer les frontières qui séparent les peuples qu’à se libérer de toute exigence de solidarité.
La création de valeur pour l’actionnaire servait d’alibi à l’exonération de toute responsabilité morale et sociale. Alors, mes chers compatriotes, ne soyons pas naïfs, le but était d’abord d’échapper à ce premier devoir du citoyen qui s’appelle l’impôt. C’était cela la réalité.
La fin programmée des paradis fiscaux, la naissance d’une gouvernance mondiale pour lesquelles la France a tant oeuvré, le retour de l’État dans l’économie changent la donne. Mais surtout le citoyen revient sur le devant de la scène. Le citoyen exige des comptes. Il ne veut plus se sentir seul au monde face à la toute puissance supposée des marchés. Il exige le citoyen d’être protégé. Il veut davantage de solidarité, davantage de morale, davantage de démocratie, davantage de politique. Le moment est venu de redécouvrir que l’identité nationale n’est pas un repliement sur soi mais que l’identité nationale c’est un atout dans la compétition internationale. On n’est jamais concurrentiel en imitant les autres mais en tirant le meilleur parti de soi-même. Voila la clé.
Jouer la carte de notre identité nationale, c’est refuser que la France devienne une sorte de grand fond spéculatif cherchant sans cesse à saisir les opportunités du moment, allant et venant sans cesse d’une mode à une autre, n’inscrivant rien dans la durée.
Je ne veux pas d’une France sans usines, sans industries, sans agriculture, sans campagne et sans ruralité. La meilleure chance de la France est aux côtés de ses artistes, de ses entrepreneurs, de ses savants, de ses ouvriers, de ses agriculteurs, de ses artisans, de ses ingénieurs avec leur savoir-faire qui viennent de si loin. Ils vont ensemble enfanter le monde de demain. La France peut devenir le laboratoire de l’avenir.
Nous mettre au clair avec nous-mêmes sur ce que nous sommes, sur ce à quoi nous aspirons, sur ce qui nous fait vivre ensemble. Mes chers compatriotes, ce n’est pas regarder le passé mais préparer l’avenir que de faire ce travail et j’ai beaucoup de peine pour ceux qui pensent que l’identité nationale française est si faible qu’il ne faut même pas l’évoquer.
Demain comme hier nous n’accomplirons de grandes choses que si nous sommes fiers de notre pays, si nous sommes prêts, chacun d’entre nous, à voir en lui une cause qui nous dépasse.
Nous avons beaucoup de leçon à apprendre des autres, beaucoup de choses à changer. Notre pays a besoin de se réformer en profondeur. Je me suis attelé à cette tâche et que le message soit bien reçu, rien ne m’en détournera. Mais la France n’est pas une page blanche.
« Cher et vieux pays » disait le Général de Gaulle.
Oui, « cher et vieux pays » qui doit se transformer.
« Cher et vieux pays » qui doit accomplir une fois de plus tant de révolutions.
Que deviendrait la France si elle ratait la révolution écologique ?
Que deviendrait son identité si le traitement de toutes nos données numériques ou la numérisation de tous ses livres devaient entièrement nous échapper ?
Que deviendrait notre idéal hérité des Lumières si l’école devait échouer à donner à ses enfants les moyens intellectuels et moraux d’exercer librement leur jugement face aux médias de masse et à  Internet ?
Que deviendrait notre modèle d’intégration républicaine s’il ne retrouvait pas la compétitivité qui lui permettrait d’offrir un emploi à chacun ?
Quand je regarde le drapeau français qui s’est couvert de gloire au nom de la liberté sur tous les continents, mais quand j’entends la Marseillaise chantée avec ferveur, quand je lis les noms inscrits sur les monuments aux morts de nos villages, quand je vois dans l’armée française qui défile magnifiquement le 14 juillet le long travail des siècles, quand je rencontre des ouvriers dans les usines ou quand j’entre sous la coupole de l’Académie française, je vous le dis, je me sens honoré d’être Français. Etre Français est un honneur. Il nous appartient à tous de le mériter.
C’est de tout cela que je voudrais que nous parlions dans les mois qui viennent. Avec Eric Besson, j’ai voulu aujourd’hui vous livrer avec sincérité le fond de ma pensée non pas pour clore la discussion mais pour y apporter ma contribution.
Il vous appartient maintenant mes chers compatriotes de vous emparer de ce débat pour qu’il soit réellement le vôtre. La France, nous en avons hérité. La France nous la transmettrons à nos enfants. La seule question qui vaille : est-ce que nous serons à la hauteur des générations qui nous ont précédés ?
Est-ce qu’on leur laissera un pays à nul autre pareil ? Est-ce que l’on défendra nos valeurs, notre civilisation, nos idées ou est-ce que l’on se laissera emporter par des effets de mode successifs ? Ce débat est un débat noble. Il est fait pour les femmes et les hommes qui aiment leur pays. Ceux qui ne veulent pas de ce débat, c’est parce qu’ils en ont peur. S’ils ont peur de l’identité nationale française, c’est qu’ils ne la connaissent pas. Raison de plus pour ouvrir un débat qui va leur apprendre au fond ce que c’est que l’identité nationale française.
Vive la République! Vive la France !

Fin de citation.
Par Jacques Heurtault - Publié dans : Débats et interwiews lus ici ou là - Communauté : Réformer la France
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Jeudi 12 novembre 2009 4 12 /11 /2009 12:04
Eric Raoult, maire du Raincy (c'est à 10 km de chez moi ...), vient de s'illustrer d'une façon assez étrange ...

Il veut que les romanciers primés au Goncourt soient astreint à un devoir de réserve!
On croit rêver!

Non seulement le devoir de réserve ne s'applique que dans des cas limitativement désignés par la loi à des personnes elles mêmes limitativement désignées mais encore, les propos de l'impétrante ont été tenu plusieurs mois AVANT que ne lui soit octroyé le prix Goncourt ...

Depuis quand applique t-on des sanctions avec effet rétroactif, en France?

Et quand bien même? Il est hors de question que les écrivains soient astreints à un quelconque devoir de réserve! Et pourquoi pas les lecteurs des écrivains, tant qu'on y est?

Eric Raoult était-il en état d'ébriété quand il a prononcé ces mots malheureux? On serait tenté de le croire ... Monsieur le Député Raoult serait bien inspiré de se rétracter ... Fissa!
Par Jacques Heurtault - Publié dans : Liberté de conscience et d'expression, laïcité - Communauté : Réformer la France
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Jeudi 12 novembre 2009 4 12 /11 /2009 11:47
Oui, bien sûr! Il faut que cette commission d'enquête soit créée afin que l'Assemblée Nationale puisse conduire ses investigations comme elle l'entend, exerçant ainsi sa mission de contrôle de l'exécutif, l'une de ses prérogatives les plus importantes et, à ce jour, si mal utilisée par toutes les majorités successives ...

Il tombe sous le sens que la Présidence de la République fait complètement partie de l'exécutif! Qui pourrait décemment soutenir le contraire?

Pareillement, si des sondages ont été commandés par l'Elysée et que seuls les sondages favorables ont été rendus publics dans des journaux convenablement triés, cela doit être dévoilé. Pareillement, si des surfacturations (des majorations anormales de prix de prestations pouvant être interprétées comme des subventions indirectes à certaines entreprises par exemple) ont été faites, il faut que les commanditaires, c'est à dire les conseillers du Président, soient sanctionnés et que l'argent trop perçu soit remboursé par la ou les entreprises bénéficiaires et qu'une pénalité égale au montant du trop perçu soit infligée, conformément aux usages ...

Attendons de voir si Sarko va comprendre qu'un nouveau piège lui est tendu ... Espérons qu'il va donner, sans la moindre hésitation, son entière approbation à la constitution de cette commission d'enquête.

Juste une remarque : si cette procédure est lancée, c'est grâce à la révision de la Constitution qui donne des pouvoirs nouveaux au Parlement. Ce sont les Socialistes qui la lancent, mettant en oeuvre leurs droits (nouveaux!) de parlementaires. Petit détail : les Socialistes ont voté CONTRE la révision constitutionnelle! Ca la fout un peu mal ...
Par Jacques Heurtault - Publié dans : Réforme de l'Etat et de l'Administration - Communauté : Réformer la France
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Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /2009 17:34
Ce n'est pas trop tôt ... Mais, mieux vaut tard que jamais!
Ce Tchèque aura enfin fini de nous emmerder!
Cet "incident", qui aurait pu finir en véritable drame si le traité n'avait pas été ratifié devrait servir de leçon aux contestataires de gauche ... Celui qui aura mis le plus de frein à la ratification est connu pour ses positions ultra-libérales.

C'est la thèse que j'ai, pour ma part, toujours défendue : seuls les ultra-libéraux d'une part et les souverainistes d'autres part avaient un véritable intérêt à la non-ratification de ce traité.
1. les ultra-libéraux parce qu'ils ne supportent aucune règle, choisissant de laisser libre cours aux forces indomptables du seul "marché".
2. les souverainistes car ce traité est bien une sérieuse entorse à la "souveraineté" nationale. Désormais, une bien plus grand nombre de décisions pourront être prises, au sein du Conseil Européen, à la majorité qualifiée et non plus à l'unanimité ...

Reste maintenant à choisir un Président "permanent", élu pour deux ans et demi et non plus en fonction pour seulement 6 mois par la Présidence tournante. 
Par Jacques Heurtault - Publié dans : Europe - Communauté : Réformer la France
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Dimanche 1 novembre 2009 7 01 /11 /2009 14:35
Je dois subir une intervention chirurgicale qui va m'empêcher de gérer mon blog pendant trois ou quatre jours ...
A bientôt!
Par Jacques Heurtault - Communauté : Réformer la France
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Vendredi 30 octobre 2009 5 30 /10 /2009 17:47
Jacques Chirac, pour qui j'ai voté en 2002 afin d'exprimer ma révolte contre Le Pen, va donc être traduit en correctionnelle ...
Il le dit lui-même : il assume complètement ce qu'il a fait et qui ne concerne qu'un petit nombre, semble-t-il, de contrats ...

Je dis : Bravo Chirac! Vous avez raison, Monsieur le Président. Il faut non seulement accepter que tous les citoyens se voient appliquer la même loi mais encore il faut promouvoir cette démarche!

Plus étrange est le comportement de certains socialistes ... Ils semblent regretter cette situation!
Pourtant, lorsque Chirac était Président de la République en exercice, c'était il n'y a pas si longtemps, ces mêmes socialistes voulaient coûte que coûte que Chirac démissionne de sa fonction présidentielle du seul fait qu'il était "impliqué" dans cette affaire!
Etrange! Voilà que maintenant les mêmes veulent que l'on enterre l'affaire!

De là à en conclure que cette bande de macaques avaient, en réalité, dans la tête, non pas que justice soit faite mais de se servir de cette affaire à des fins politiciennes, il n'y a qu'un pas ... que je franchis allègrement!

Beurk! Pouah!
Par Jacques Heurtault - Publié dans : Humeurs - Communauté : Réformer la France
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Jeudi 22 octobre 2009 4 22 /10 /2009 19:09
De mieux en mieux!
Il y en a, semble-t-il, qui protestent parce que les Afghans retournent ... en Afghanistan!
On aura, décidément, tout vu!

On lit des tas de conneries (ça en devient fatigant!) ... Du style : c'est un pays en guerre ...
Donc, si je comprends bien, il y a des Afghans, tous ou presque hommes jeunes et valides, en état de porter des armes, qui FUIENT LEUR PAYS parce que celui-ci est en guerre ... C'est bien ça?
Comment appelle-t-on des gens en état de combattre qui fuient leur pays? Des déserteurs, tout simplement!

En Afghanistan, il y a DEUX camps (et seulement DEUX!).
1. Les pro-talibans
2. Les autres ... tous les autres!
Quiconque ne se range pas dans le camp des talibans se range dans l'autre ...
Quiconque se range du côté des barbares (les talibans) doit être traduit devant un tribunal militaire ...
Quiconque ne veut pas se ranger (pas bien difficile de se ranger passivement ...) dans le camp hostile aux talibans doit DONC être considéré comme un DESERTEUR ...

Où est le problème?
Par Jacques Heurtault - Publié dans : Humeurs - Communauté : Réformer la France
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Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /2009 21:21
Comment peut-on commettre une aussi grosse balourdise?
Qui peut, sérieusement, accepter qu'un jeune homme de 23 ans, qui ne doit son élection qu'à la seule éminente fonction de son père, puisse devenir Président du Conseil d'Administration de l'Etablissement Public d'Administration de La Défense (EPAD)? Il n'en est même pas encore membre du Conseil d'Administration ...

Une FAUTE politique, certainement!

Etonnant de la part du père ...

Il n'est pas encore trop tard pour corriger!
Par Jacques Heurtault - Publié dans : Humeurs - Communauté : Réformer la France
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Dimanche 11 octobre 2009 7 11 /10 /2009 16:10
Nos sénateurs, filant un train désormais légendaire, sont décidément impayables! Ils viennent, courageusement, d'interdire les téléphones portables ... dans les écoles et dans les collèges, donc dans les écoles maternelles!

Motif : c'est dangereux pour les jeunes élèves car leur boite crânienne n'est pas compètement formée et est donc, potentiellement au moins, davantage perméable aux champs électriques.

Bien vu!

Question : pourquoi ont-ils oublié les crèches et les ... maternités?

Réponse : serait-ce parce que, en séance, ils sont plus ou moins endormis?
Par Jacques Heurtault - Publié dans : Humeurs - Communauté : Réformer la France
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Samedi 10 octobre 2009 6 10 /10 /2009 10:16
Va t-on, oui ou non, dans ce pays qui se prend pour le nombril du monde et qui ne voit les choses qu'à coups "d'exceptions françaises", se mettre une bonne fois pour toutes dans la tête que la loi est la MÊME pour tous?

1. Polanski, même cinéaste renommé et au talent incontestable, est soumis aux mêmes règles que tout le monde.
2. Il semble établi qu'il a eu des relations sexuelles avec une mineure de 13 ans, lauqelle a dit qu'elle n'avait pas donné son consentement. C'est, au minimum, un délit, plus vraisemblablement un CRIME. Dans presque tous les pays du monde, en tous cas dans tous les pays de culture occidentale, notamment les Etats Unis.
3. Il importe peu que la victime ait ou non porté plainte, ait ou non retiré sa plainte, ait ou non été indemnisée du préjudice qu'elle aurait subi! Le délit ou le CRIME n'a pas été jugé. La sanction pénale n'a pas été prononcée car le PROCES n'a pas encore eu lieu ...
4. DONC, Polanski, tout cinéaste qu'il est, même de talent, doit RENDRE DES COMPTES à la justice du pays où il a commis le délit ou le CRIME!

Voilà un premier point.

Ce n'est pas fini pour autant!

1. Les personnes "en vue", dont la position sociale est susceptible de servir d'exemple pour le commun des mortels, ont, de fait, des obligations particulières vis à vis de l'obligation de respecter les lois. Pour elles, tout un chacun considère, avec raison, qu'elles doivent être encore plus respectueuses que les autres (le commun des mortels) des lois, précisément à cause de leur position sociale particulière.
2. Le commun des mortels n'est même pas loin de penser que, dans les cas d'espèce de ce type (position sociale élevée), la sanction doit être plus lourde car ces gens-là exercent une influence sur le comportement des autres. Beaucoup de jeunes, notamment, se disent, de bonne foi, "Puisque que "lui" le fait, pourquoi pas moi?".
3. Il s'en suit un risque de généralisation des comportements délictueux ou criminels ... d'où l'impérieuse nécessité de réprimer plus sévèrement les personnes "en vue" lorsqu'elles commettent des délits ou des CRIMES!

PAR CONSEQUENT, IL EST BON, IL EST SAIN QUE POLANSKI, TOUT CINEASTE QU'IL EST, DE TALENT QUI PLUS EST, SUBISSE, PLUS QUE LES AUTRES, LES RIGUEURS, TOUTES LES RIGUEURS DE LA LOI...

C'est mon point de vue et ... je (suis disposé à) le partage(r)!
Par Jacques Heurtault - Publié dans : Humeurs - Communauté : Réformer la France
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Vendredi 8 mai 2009 5 08 /05 /2009 09:27
Fidèles lecteurs,

Vous avez rema
rqué que je n'ai publié AUCUN nouvel article depuis maintenant 6 bonnes semaines ...
Que s'est-il donc passé? Pourquoi ce silence?
Certes, il m'est arrivé, c'est heureux!, de ralentir un peu le rythme des publications, de ne pas vouloir ou, plus simplement, de ne pas pouvoir "tenir" le rythme d'un article par jour!
Mais pourquoi si longtemps? Pourquoi plus de six semaines?

Le respect que je vous dois me conduit à vous dire la raison.

Successivement, j'ai perdu ma belle-mère (fin décembre 2008) qui habitait juste à côté de chez moi et avec laquelle nous étions, par la force des choses, très liés ...puis ma propre mère, début Mars 2009 ... Forcément, ça porte un coup au moral!

En outre, je suis, par la force des choses, impliqué dans DEUX successions ... Pas simple!

Je pars en vacances pour quinze jours ... Je vais à Londres puis en Bretagne!

Il va donc vous falloir attendre un peu ... Mais je pense qu'à mon retour, je serai vraisemblablement en capacité de réécrire quelques articles "pas piqués de hannetons" ...

A bientôt donc! Vers la fin du mois de Mai ou le début du mois de Juin!
 
Par Jacques Heurtault - Publié dans : Editoriaux - Communauté : Réformer la France
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Vendredi 27 mars 2009 5 27 /03 /2009 18:25
Il n'y a plus que sept catégories de chômeurs au lieu de ...huit!
Grand progrès!
L'élève Pôle Emploi peut cependant mieux faire ...

Pour essayer de comprendre, je livre à votre réflexion l'article des Echos ...

Début de citation :

Demandeurs d'emploi : une nouvelle classification statistique

[Les Echos 25/03/09  - 15H28   - actualisé à 15:28:00  ]


La nouvelle classification des demandeurs d'emploi veut mettre en exergue le fait que les demandeurs d'emplois aient ou non travaillé au cours du mois, plutôt que les classer en fonction du "type d'emploi recherché" comme cela était fait depuis 1995.

  

Les demandeurs d'emploi sont des personnes qui sont inscrites à Pôle emploi, les statistiques sur les demandeurs d'emploi étant construites à partir des fichiers administratifs de gestion de Pôle emploi. Mise en oeuvre en mars 2009, la nouvelle classification des demandeurs d'emploi veut mettre en exergue le fait que les demandeurs d'emplois aient ou non travaillé au cours du mois, plutôt que les classer en fonction du "type d'emploi recherché" comme cela était fait depuis 1995.

(Rectification : depuis beaucoup plus longtemps ... En 1995, on a créé les catégories 6, 7 et 8 ... Jacques Heurtault).


Les demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi version 1995.


Dans ce cadre, les demandeurs d'emplois étaient répartis, jusqu'en février 2009 et depuis 1995, selon le type d'emploi recherché.


La catégorie 1 représentait les personnes

- inscrites à Pôle emploi,

- et déclarant être à la recherche d'un emploi à temps plein et à durée indéterminée,

- et ayant éventuellement exercé une activité occasionnelle ou réduite d'au plus 78 heures par mois.


La catégorie 2 représentait les personnes

- inscrites à Pôle emploi,

- et déclarant être à la recherche d'un emploi à temps partiel et à durée indéterminée,

- et ayant éventuellement exercé une activité occasionnelle ou réduite d'au plus 78 heures par mois.


La catégorie 3 représentait les personnes

- inscrites à Pôle emploi,

- et déclarant être à la recherche d'un emploi à durée déterminée temporaire ou saisonnier,

- et ayant éventuellement exercé une activité occasionnelle ou réduite d'au plus 78 heures par mois.


La catégorie 4 représentait les personnes

- inscrites à Pôle emploi sans emploi,

- et déclarant être à la recherche d'un emploi,

- et indisponibles pour diverses raisons (stage, formation, maladie...).


La catégorie 5 représentait les personnes

- inscrites à Pôle emploi pourvues d'un emploi,

- et déclarant être à la recherche d'un autre emploi.


La catégorie 6 représentait les personnes

- inscrites à Pôle emploi,

- et déclarant être à la recherche d'un emploi à temps plein et à durée indéterminée,

- et ayant exercé une activité réduite de plus de 78 heures dans le mois.


La catégorie 7 représentait les personnes

- inscrites à Pôle emploi

- et déclarant être à la recherche d'un emploi à temps partiel et à durée indéterminée,

- et ayant exercé une activité réduite de plus de 78 heures dans le mois.


La catégorie 8 représentait les personnes

- inscrites à Pôle emploi,

- et déclarant être à la recherche d'un emploi à durée déterminée temporaire ou saisonnier,

- et ayant exercé une activité réduite de plus de 78 heures dans le mois.


Depuis mars 2009, ces catégories administratives sont transposées dans des catégories statistiques qui ne s'attachent plus au type d'emploi recherché.



Les demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi version 2009


La catégorie A regroupe les demandeurs d'emplois

- inscrits à Pôle emploi,

- et tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi,

- et sans emploi.

Elle correspond aux anciennes catégories 1, 2, 3, hors activité réduite.


La catégorie B regroupe les demandeurs d'emplois

- inscrits à Pôle emploi,

- et tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi,

- et ayant exercé une activité réduite courte (de 78 heures au plus au cours du mois),

Elle correspond aux anciennes catégories 1, 2, 3, en activité réduite.


La catégorie C regroupe les demandeurs d'emplois

- inscrits à Pôle emploi,

- et tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi,

- et ayant exercé une activité réduite longue (de plus de 78 heures au cours du mois),

Elle correspond aux anciennes catégories 6, 7, 8.


La catégorie D regroupe les demandeurs d'emplois

- inscrits à Pôle emploi,

- et non tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi pour diverses raisons (stage, formation, maladie, etc.),

- et sans emploi.

Elle correspond à l'ancienne catégorie 4.


La catégorie E regroupe les demandeurs d'emplois

- inscrits à Pôle emploi,

- et non tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi,

- et en emploi (par exemple : bénéficiaires de contrats aidés).

Elle correspond à l'ancienne catégorie 5.


La catégorie ABC regroupe les demandeurs d'emplois

- inscrits à Pôle emploi,

- et tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi.

Elle correspond aux anciennes catégories 1,2,3,6,7,8.


La catégorie ABCDE regroupe les demandeurs d'emplois

- inscrits à Pôle emploi.

Elle correspond aux anciennes catégories 1,2,3,4,5,6,7,8.



Le chômage au sens du BIT


La notion de demandeurs d'emploi inscrits à "Pôle emploi" - organisme issu de la fusion récente entre l'ANPE et le réseau des Assédic - est une notion différente de celle du chômage au sens du BIT : certains demandeurs d'emploi ne sont pas chômeurs au sens du BIT et, inversement, certains chômeurs au sens du BIT ne sont pas inscrits à Pôle emploi.

Le chômage au sens du BIT constitue un indicateur de référence pour l'analyse comparative du marché du travail dans différents pays. Un chômeur au sens du BIT est une personne en âge de travailler, c'est-à-dire ayant 15 ans ou plus, qui :

- n'a pas travaillé, ne serait-ce qu'une heure, au cours de la semaine de référence,

- et est disponible pour prendre un emploi dans les 15 jours,

- et a cherché activement un emploi dans le mois précédent, ou en a trouvé un qui commence dans les 3 mois.

Seule une enquête statistique peut vérifier si ces critères sont remplis. En France, il s'agit de l'enquête Emploi de l'Insee.

Fin de citation.

Ces définitions sont un peu rébarbatives ... Elles sont néanmoins essentielles.

Pour ma part, je me réjouis de cette évolution... Certes, ce n'est pas parfait! Mais c'est un peu mieux qu'avant!

Avec ce nouveau système, on peut espérer que certains agents de Pôle emploi, peu scrupuleux (mais néanmoins fort nombreux, hélas!), cesseront de ranger en catégorie 2 ou 3 des demandeurs inscriptibles en catégorie 1! L'intérêt (faire baisser à n'importe quel prix le volume de la catégorie 1 ... pour complaire à une hiérarchie vénale et tremblante devant le pouvoir politique) d'un tel transfert devient nul ... Ils restent dans la catégorie A ...!

Pour le reste, on va, hélas! continuer à classer en catégorie E (anciennement 5) les contrats aidés, c'est à dire des personnes qui n'ont pas, par principe, vocation à rester dans ce type d'emploi puisque ceux-ci sont faits, toujours en principe, non pas pour dégonfler la catégorei 1 mais pour préparer ces personnes à affronter le marché du travail réel ...

Affaire à suivre!



Par Jacques Heurtault - Publié dans : Anpe, Assedics, Service public de l'emploi ... - Communauté : Réformer la France
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Mardi 24 mars 2009 2 24 /03 /2009 23:13

Avec l'aimable autorisation d'un de mes lecteurs les plus assidus ...

Le temps me manque pour alimenter mon blog, en ce moment ...

Début de citation :


Comment doubler sa retraite en dix leçons ?

 

Le cas des aiguilleurs du ciel

 

Pour beaucoup de Français, la baisse du niveau des retraites est devenue une réalité concrète.

La réforme Balladur de 1993 a modifié de manière très défavorable le mode de calcul des pensions des retraités du privé et, depuis plusieurs années, les pensions sont à peine revalorisées au niveau de l’inflation, alors qu’elles subissent une amputation de plus en plus importante du fait de l’augmentation continue de la CSG et de la pérennisation de la CRDS.

 

En moyenne, le pouvoir d’achat des retraités du régime général a ainsi été réduit de 10 à 15 % en une décennie.

Dans certains régimes, cette chute du pouvoir d’achat s’avère même encore plus brutale. Par exemple, les retraités de la banque, dont les régimes complémentaires ont été intégrés à l’AGIRC et à l’ARRCO, n’ont, depuis 1994, quasiment jamais eu de revalorisation de leur pension. Les rares années où ce fut le cas, ces revalorisations ont toujours été bien inférieures à l’inflation.

 

La valeur du point des retraites complémentaires des employés d’huissiers (CARCO) a été baissée de 20 % le 1er janvier 2004 et va subir une nouvelle dévaluation. À partir de l’année 2007, la retraite complémentaire (ASV) des chirurgiens dentistes connaît également des coupes sombres : – 4,8 % en 2008, – 6,8 % en 2009, – 8 % en 2010, etc.

 

Ceci dit, Monsieur Jacques Heurtault, mon conseiller spécial et omnipotent a récemment relayé un « hoax » relatif au régime des « cheminots du ciel », autrement dit les « ingénieurs » aiguilleurs aériens de contrôle des vols IFR et autres (hors les vols militaires) du pays…

 

En tenant compte des revalorisations annuelles induites par l’évolution de la valeur du point de rémunération dans la fonction publique, alors même que le choc démographique est à peine amorcé, la liste des régimes de retraite qui révisent leurs engagements à la baisse est déjà longue…

 

Pour autant, dans cette période de dépression tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Il y a ceux qui subissent les réformes mais il y a également ceux qui y échappent.

C’est le cas, notamment, de la plupart des régimes spéciaux : EDF, GDF, SNCF, RATP… qui n’ont connu que de simples aménagements sans conséquences.

 

Mais, il y a mieux. Il y a ceux qui, dans la plus grande discrétion, tirent carrément leur épingle du jeu. Le cas des aiguilleurs du ciel est exemplaire : en vingt ans, et à contre courant des réformes, ils ont plus que doublé le montant de leur retraite !

 

De 1.875 € mensuels en 1971, leur retraite atteint aujourd’hui plus de 4.000 € !

En 2009, elle s’élèvera sans doute à 4.500 €.

Faux lui a-t-on répliqué, copie de feuille d’imposition à la main !

Admettons : c’est sans doute vrai que ce soit faux…

 

Mais notez que pour les petits employés, les artisans, les commerçants, les agriculteurs qui ont de faibles retraites et qui, demain, craignent de n’avoir plus rien, la leçon que nous donnent les aiguilleurs du ciel s’avère magistrale ; même à un niveau maintenu à 2.800 € net (imposable, soit 3.100 réellement encaissé), mais hors ce qui n’est pas imposable, donc non déclarable à l’IR, on arrive bien à 4.000 euros voire plus.

 

La France compte autant de régimes de retraite que de fromages mais tous ne dispensent pas les mêmes prestations…

Les chiffres parlent d’eux-mêmes… devenir fonctionnaire constitue la première condition pour bénéficier d’une retraite rondelette.

Mais si cette condition est nécessaire, elle n’est pas suffisante. Dans la fonction publique, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Il faut donc opter pour un statut particulier qui vous permettra de cumuler tous les avantages.

 

Chargés de gérer le trafic aérien, du décollage jusqu’à l’atterrissage des avions, les aiguilleurs de ciel ont su faire fructifier avec talent cette position stratégique pour se concocter un statut aux petits oignons.

 

Ils travaillent moins : une semaine de 32 heures, dont 8 heures de repos et de récupération, soit 24 heures de travail effectif, ce qui permet de se préparer à mieux « œuvrer utile » avec 54 jours de congés par an.

 

Ils travaillent moins longtemps : la possibilité de liquider sa retraite dès 50 ans – et jamais après 57 ans – permet de partir à la retraite dans la pleine force de l’âge.

 

Ils bénéficient d’un traitement privilégié : un traitement classé « hors catégorie », supérieur à celui des autres fonctionnaires de même niveau (on rappelle qu’un Préfet gagnait 6.207 €/mois brut au maximum des échelons en fin de carrière en 2007, le « must » des « hors cadre »), donne droit à une meilleure retraite.

 

Ils cumulent les trimestres gratuits : une bonification du cinquième – 4 trimestres gratuits attribués tous les 5 ans – permet de toucher une retraite à taux plein, même avec une carrière courte.

 

Régis par la loi n° 89-100 du 31 décembre 1989 relative au corps des « ingénieurs du contrôle de la navigation aérienne », la comparaison est facile :

Catégorie Retraite mensuelle moyenne :

Fonctionnaires (tous corps confondus) : 2.363 €, Salariés du secteur privé : 1.871 €, Commerçants : 725 €, Agriculteurs : 695 €…

 

Ce n’est pas moi qui l’invente mais la DREES en novembre 2006… pour des hommes après une carrière complète, naturellement ! Donc :

 

Leçon n° 1 :

Une fois le statut acquis, il convient de le sauvegarder, et même de le faire fructifier. Pour cela, l’obtention du droit de grève est indispensable.

À l’origine, les aiguilleurs du ciel n’avaient pas le droit de faire grève, en raison de l’importance particulière de leur mission. En contrepartie, le généreux statut que nous connaissons leur avait été concédé.

Mais, sans droit de grève, les moyens de pression sont très insuffisants pour qui souhaite pousser ses revendications au maximum. Or, la meilleure manière d’obtenir ce droit reste encore de… faire la grève.

 

Les premières grèves illégales des aiguilleurs du ciel datent du début des années 1970. En 1973, au plus fort d’une grève très dure, une collision entre deux appareils est survenue au-dessus de Nantes. L’affaire a fait grand bruit, l’émotion était à son comble.

Loin d’être calmés par la catastrophe, les aiguilleurs ont persévéré dans leur stratégie frontale. Cette persévérance n’a pas tardé à être récompensée…

 

En 1984, « Mythe-errant » aux affaires, souvenez-vous, le droit de grève leur a été concédé sans bien sûr que le statut en soit affecté.

Une exigence de service minimum a théoriquement été prévue mais, rien d’inquiétant, elle s’avère aisément contournable…

 

Leçon n° 2 :

Le précieux droit de grève en poche, vous possédez la clé de toutes les négociations syndicales à venir. Surtout, n’hésitez pas : usez et abusez de la grève, comme on s’acharnerait sur la manette d’un jackpot toujours gagnant.

 

C’est ce qu’ont réalisé sans complexe les aiguilleurs du ciel. En novembre 2002, la Cour des comptes dénonçait « un climat de surenchère permanente en faveur de revalorisations de situations » et soulignait que, pour cela, « la grève ou la menace de grève a été utilisée à toute occasion. »

 

Je n’invente rien. D’ailleurs chacun aura pu vérifier :

Juillet 1994 : grève pour le maintien du départ en retraite à 50 ans et l’obtention d’effectifs supplémentaires.

Juin 2000 : grève nationale contre les projets de réglementation européens. La quasi-totalité du transport aérien français est paralysé.

Décembre 2001 : nouvelle grève contre le projet de « ciel unique européen ». 90 % des vols sont annulés.

Mai 2003 : grève pour la préservation des régimes spéciaux de retraite. 70 % des vols sont annulés.

Avril 2007 : grève contre les modalités de regroupement des trois centres de contrôle aérien de la région parisienne. Près de 50 % des vols sont annulés au départ d’Orly.

 

La méthode est d’autant plus efficace qu’une poignée de grévistes suffit pour tout bloquer : en février 2006, dans le cadre des grèves contre le CNE, douze contrôleurs aériens, dans une équipe de quinze, ont provoqué en quelques minutes l’annulation de 322 vols, entraînant des perturbations immédiates pour 32.000 passagers et stoppant ainsi l’activité économique de milliers d’entreprises.

 

Leçon n° 3 :

Renégociez votre statut tous les trois ans !

Il existe deux manières principales d’augmenter son pouvoir d’achat : travailler plus pour gagner plus ; et revendiquer toujours plus pour… gagner toujours plus.

Optez plus sûrement pour la deuxième méthode. Pour cela, il convient de renégocier (à la hausse) périodiquement, et le plus souvent possible, son statut et ses conditions.

L’usage immodéré de la grève a permis aux aiguilleurs d’obtenir la mise en place de protocoles triennaux qui consistent à renégocier tous les trois ans les conditions statutaires et financières.

 

Pour la Cour des comptes, ces rendez-vous obligés, institués en 1987, constituent « une accumulation de mesures tout à fait impressionnante sans équivalent dans la fonction publique ».

 

En vingt ans, pas moins de sept protocoles ont offert aux aiguilleurs des conditions toujours plus avantageuses :

1987 : reclassement de la catégorie B à la catégorie A, statut d’ingénieurs, hausse des rémunérations...

1991 : revalorisation des traitements, nombreuses mesures indemnitaires...

1994 : avantages de fin de carrière, revalorisations statutaires et indemnitaires...

1997 : 90 mesures, dont la diminution du temps de travail à 32 heures et une nouvelle revalorisation des traitements et des indemnités...

2000 : encore une revalorisation statutaire et indemnitaire...

2004 : compensation « des effets pervers de la loi Fillon »...

2007 : passage en catégorie « A+ », série de mesures visant à revaloriser le montant des pensions de retraite...

On attend avec impatience 2010…

 

Tous ces privilèges se cumulent de protocole en protocole, sans compter les « petits » accords négociés entre les protocoles triennaux. Car pour les aiguilleurs, trois ans, c’est parfois trop long...

 

Leçon n° 4 :

La clé d’une bonne retraite, c’est la base de calcul de la pension, à savoir la rémunération de fin de carrière, particulièrement dans la fonction publique où les six derniers mois de traitement font référence.

 

C’est ce qu’ont bien compris les aiguilleurs du ciel, qui ont su mettre à profit leurs sept protocoles triennaux pour revendiquer un relèvement constant de leur indice terminal.

 

Retraite de base des aiguilleurs du ciel de 1987 à 2007 :

De 668 points en 1987, l’indice terminal est passé à 1.015 points en 1998, puis à l’indice hors échelle à partir de 2007.

L’augmentation est fulgurante : les pensions de base des aiguilleurs du ciel ont ainsi progressé, en euros constants, de près de 60 % !

 

Et ce n’est pas fini ! Les perspectives sont encore excellentes. Pour les deux années à venir, le protocole de 2007 a prévu une nouvelle augmentation du traitement de fin de carrière de près de 10 %.

La valeur du point est réévaluée, chaque année, en fonction du coût de la vie.

Avant le 1/08/1987 Indice terminal 668, pension de base : 1.875 €

Après le 1/08/1987 : Indice terminal 749, pension de base 2.085 €

Le 12/11/1990 : Indice terminal 759, pension de base 2.108 €

Le 1/01/1992 : Indice terminal 799, pension de base 2.210 €

La 1/08/1994 : Indice terminal : 962, pension de base 2.628 €.

Le 1/08/1998 : Indice terminal : 1015, pension de base 2.766 €

Le 1/07/2007 : Indice terminal Hors échelle A1, pension de base 2.968 €

Le 1/07/2008 : Indice terminal HEA2, pension de base 3.086 € (ce qui est cohérent avec les informations apportées à Jacques Heurtault par son contradicteur « Jacques II »)

Le 1/07/2009, il est prévu d’atteindre, pour l’indice terminal le niveau hors échelle HEA3, soit une pension de base de 3.245 €.
Ça, c’est seulement pour la pension de base, celle qui est imposable

 

Leçon n° 5 :

Après avoir copieusement dopé votre retraite de base, ne vous arrêtez pas en aussi bon chemin et travailler la retraite complémentaire !

 

Surtout que, là encore, le système peut s’avérer particulièrement généreux pour ceux qui en connaissent les ressorts et les petites ficelles.

Cependant, si vous êtes fonctionnaire, comme les aiguilleurs du ciel, ne vous précipitez pas et ménagez votre peine car, depuis le 1er janvier 2005, en vertu de la loi Fillon, tous les agents de la fonction publique sont affiliés, automatiquement, à un régime additionnel : le « RAFP ».

 

Chasse gardée de la fonction publique, ce régime est une aubaine : il fonctionne par capitalisation et la moitié de votre cotisation est directement prise en charge par les contribuables. Autrement dit, pour 75 € versés vous serez crédité de 150 € et, une fois à la retraite, vous toucherez au moins le triple ou le quadruple si les emprunts d’État perdurent.

 

Car les trois-quarts des placements de ce fond de pension sont investis dans la dette publique… Ainsi, lorsque les Français s’échineront à rembourser les multiples emprunts publics censés combler le gouffre abyssal de notre dette nationale, l’aiguilleur du ciel récupère tranquillement les intérêts pour arrondir ses fins de mois de retraité.

 

Leçon n° 6 :

Une fois affilié à ce nouveau régime spécial de retraite, il ne faut pas s’arrêter là. Mais se mettre en quête d’une retraite « sur-complémentaire ».

 

L’idéal c’est la « Nouvelle bonification indiciaire spécifique » (NBI). Les aiguilleurs du ciel l’ont obtenue en 1995 et ils en sont très satisfaits.

Également réservée à la fonction publique, la NBI est une retraite « deux en un » qui ne coûte pas un centime de cotisation sociale : quoi de mieux ?

L’État-employeur, vous donne une indemnité : environ 250 € par mois.

Ce « petit » coup de pouce est destiné à permettre de cotiser gratuitement à la Préfon – un autre fonds de capitalisation réservé à… la fonction publique. C’est le « premier effet NBI ».

 

Au surplus et en plus de la Préfon, cette nouvelle indemnité ouvre elle-même des droits à la retraite. C’est le « deuxième effet NBI ».

 

En fonction du nombre d’années cotisées, la pension sur-complémentaire sera plus ou moins importante. Mais quoi qu’il en soit, cela ne vous coûtera pas un centime et mettra pas mal de beurre dans vos épinards, d’autant mieux qu’elle n’apparaît pas dans la feuille d’impôt, puisqu’elle est « capitalisée » sur des supports exonérés.

 

Leçon n° 7 :

Après avoir additionné sans complexe retraite de base, retraite complémentaire par capitalisation et NBI, pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?

Ne pas perdre l’appétit, surtout…

Il suffit de demander un avantage totalement exclusif : par exemple, une rallonge pour les premières années de retraite.

Avec la NBI, il n’a fallu que trois ans de plus aux aiguilleurs du ciel pour obtenir un bonus aussi remarquable qu’exceptionnel : l’allocation temporaire complémentaire (ATC).

L’ATC consiste en un complément de retraite dégressif, perçu pendant 13 ans, à compter du départ en retraite.

Pour un contrôleur liste 1 (poste généralement occupé en fin de carrière), l’ATC représente la bagatelle de 1.137 € par mois pour les huit premières années et 617 € par mois pour les cinq années suivantes.

 

En comparaison, la NBI fait figure d’amuse-gueule.

Evolution du montant de l’ATC de 1998 à 2007

Avant le 01/01/1998 : 0 ! Ça n’existait pas !

Après le 01/01/1998 : 723 € par mois pendant 8 ans.

Après le 01/01/2004 : 1.041 € par mois pendant les 8 premières années et 520 € par mois pour les 5 années suivantes.

Après le 01/01/2007 : 1.137 €/mois pendant 8 ans et 617 €/mois pendant les 5 années suivantes !

 

Leçon n° 8 :

Il ne sert à rien de cumuler tous ces nouveaux privilèges s’ils conduisent à une augmentation systématique de vos cotisations…

Si la NBI est totalement gratuite, ce n’est pas forcément le cas des autres prestations…

Elles sont d’un rendement exceptionnel mais on peut, parfois, demander de mettre un petit quelque chose au pot (Aïe !). Dans ce cas, pas de panique… En grand seigneur, versez l’obole. Il sera toujours temps de vous la faire rembourser.

 

Les aiguilleurs se sont débrouillés pour négocier, dans chaque protocole, la compensation des cotisations induites par les nouveaux compléments de retraite.

L’ATC est, sur ce point, exemplaire. La cotisation est assise sur une prime d’activité importante, nommée « indemnité spéciale de qualification (ISQ) ».

Toute hausse du taux est systématiquement compensée par une augmentation au moins équivalente de ladite indemnité. La hausse se transforme ainsi en opération blanche.

 

Mieux, le système permet parfois de gagner plus !

Ce fut le cas lors de la dernière augmentation du taux : alors qu’il passait de 13 % à 24,6 %, soit 11,6 points de plus, l’ISQ a été revalorisée d’au moins 16,8 %, voire 38,9 % pour certaines catégories d’aiguilleurs !

Au bout du compte, leur retraite s’améliore à vue d’œil et c’est l’État – donc le contribuable – qui paie la facture.

 

Leçon n° 9 :

Une fois tous ces avantages bien acquis, la tentation pourrait être forte de se faire tout petit pour éviter les regards indiscrets et réprobateurs ? Bé voyons : Faut pas être mesquin dans la vie !

 

Quand on est tout seul à profiter de tels privilèges, ils ne vont pas faire long feu !

Plus vous êtes nombreux, plus votre situation sera difficile à remettre en cause.

L’union fait la force : faut en faire profiter les plus agités parmi les camarades syndiqués, pour qu’ils défendent à la fois vos intérêts à vos côtés en même temps que les leurs.

 

Les aiguilleurs du ciel se sont efforcés d’organiser la distribution d’une partie de leurs nouveaux acquis aux autres catégories de personnels de l’aviation civile (personnel administratif, techniciens de l’aviation civile, ingénieurs électroniciens ou ingénieurs d’exploitation), c’est-à-dire 12.000 personnes au total.

 

Ainsi tous les agents ont-ils bénéficié du relèvement de l’indice terminal de la rémunération en fin de carrière et de l’instauration de la NBI. En outre, depuis le 1er janvier 2004, tous ces fonctionnaires bénéficient, en compensation de la loi Fillon, d’une revalorisation de la NBI, de nouveau augmentée au

1er janvier 2007.

 

Initialement fonctionnaires de catégorie B, les techniciens de l’aviation civile sont passés en catégorie A en 2002, non sans avoir obtenu entre temps une revalorisation conséquente de leur indice de fin de carrière.

Seule l’ATC demeure une exclusivité des aiguilleurs du ciel. La générosité a ses limites...

 

Leçon n° 10 :

Avoir du souffle ! 20 ans de cadeaux sociaux c’est :

1er août 1987 : Le Relèvement de la rémunération de fin de carrière. L’indice terminal passe de 668 à 749.

12 novembre 1990 : Accès à la catégorie A de la fonction publique et c’est un indice terminal qui passe de 749 à 759.

1er janvier 1992 : L’indice terminal passe de 759 à 799.

1er août 1994 : L’indice terminal passe de 799 à 962.

3 novembre 1994 : Instauration de la Nouvelle bonification indiciaire pour les agents en fin de carrière - NBI = 50 points d’indice de rémunération.

1er janvier 1998 : Relèvement de l’indice de rémunération de fin de carrière : l’indice terminal passe de 962 à 1015 et à l’indice hors échelle, HEA, pour certains agents.

1er août 1998 : Instauration de l’allocation temporaire complémentaire (ATC), perceptible durant les huit premières années de retraite. ATC = 75 % du montant de l’indemnité spéciale de qualification (ISQ)

1er janvier 2001 : Allocation de la nouvelle bonification indiciaire de « fin de carrière » (exonérée sur le plan fiscal) à… 35 ans et revalorisation de son montant. NBI = 55 points d’indice de rémunération

1er janvier 2004 : Revalorisation de l’allocation temporaire complémentaire (ATC) et prolongement de sa perception de huit à treize ans. ATC = 108 % du montant de l’indemnité spéciale de qualification (ISQ) les huit premières années et 54 % de cette même indemnité les cinq années suivantes

1er janvier 2005 : Affiliation au régime de retraite additionnel de la fonction publique (RAFP), avec effet de levier fiscal, bien sûr.

1er janvier 2007 : Revalorisation de l’allocation temporaire complémentaire (ATC) ATC = 118 % du montant de l’indemnité spéciale de qualification (ISQ) les huit premières années et 54 % de cette même indemnité les cinq années suivantes

1er juillet 2007 : Accès à la catégorie « A+ » de la fonction publique, relèvement de la rémunération de fin de carrière : l’indice terminal passera de 1015 à HEA1.

1er juillet 2008 : L’indice terminal passe de HEA1 à HEA2

1er juillet 2009 : L’indice terminal passera de HEA2 à HEA3.

 

Pas mal, non ?

Fin de citation.

A vos plumes pour la contradiction vivifiante et démocratique ...!


Par Jacques Heurtault - Publié dans : Retraites - Communauté : Réformer la France
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Vive le débat!

Débattre! Règles d'éthique ..

Je souhaite vivement que tous mes lecteurs apportent leurs contributions personnelles au débat politique. Personne ne doit craindre une quelconque censure politique.
Je demande seulement, à tous et à chacun, de respecter quelques règles élémentaires, universellement admises ...
1. Vous devez, nécessairement, rester raisonnablement courtois. Des dérapages de vocabulaire, sur ce blog, sont tolérés car ils font partie du risque de l'expression passionnée qui peut naître de la confrontation, parfois "un peu" vive, des idées.
2. Ne peuvent, par contre, être tolérés les propos contraires aux règles issues du droit pénal. Il n'est pas question que je prenne le risque de subir les rigueurs de la loi pénale pour permettre à certains de se "lâcher" par des propos racistes, xénophobes, graveleux, antisémites, homophobes, etc ...  Ce blog n'est pas un défouloir.
3. Il est possible - et même recommandé - de reprendre tout ou partie de mes articles qui sont tous, nécessairement, signés de mon nom "Jacques Heurtault". Il est demandé, en contrepartie, de  citer la source : le nom de l'auteur (Jacques Heurtault) et le titre du blog (Propositions audacieuses). Je ne perçois aucun droit d'auteur et ne veux, en aucun cas, en percevoir. Je ne peux donc pas accepter que quiconque puisse en percevoir par une quelconque "reprise" de mes écrits.
4. Je souhaite que vous fassiez tout comme moi, c'est à dire que vous signiez de votre nom vos commentaires. Toutefois, il ne s'agit que d'un souhait. Pour des raisons que je désapprouve, une habitude a été prise sur Internet : l'usage des pseudonymes. J'en prends acte tout en continuant de le déplorer.
5. L'orthographe est, paraît-il, la science des ânes. N'ayez pas peur de passer pour un âne en EVITANT de massacrer la langue française et son orthographe. Moi-même, je fais des efforts dans ce sens mais je ne parviens pas, hélas!, à obtenir la médaille d'or des ânes : je fais des fautes, le plus souvent parce que je ne me relis pas. C'est une garantie de spontanéité, certes, mais le mimétisme, dans ces circonstances, n'est pas recommandé.
Bonne lecture! Bon débat!

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    Voilà! La démagogie est à nos portes ... Les ennemis de la démocratie sont à l'oeuvre! Comment qualifier autrement cette attitude qui vise ni plus ni moins qu'à paralyser le fonctionnement régulier du Parlement? Pas moins de 100.000 amendements déposés par l'opposition (dont 80.000 pour le seul Groupe Communiste, à l'Assemblée Nationale, qui est pourtant le plus petit des groupes! Qu'espèrent-ils...
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Les fondements de ce blog

Je suis un citoyen, comme vous. Je ne suis membre d'aucun parti politique. Je l'ai été mais les "politiques", décidément, me déçoivent trop. On est tenu de limiter sa propre liberté d'expression,  ce que je ne supporte tout simplement plus!

Comme vous, j'ai besoin d'air! Comme vous, j'ai des choses à dire.
Je suis fatigué de tous ces journalistes qui écrivent et qui parlent sans connaitre les sujets qu'ils entendent traiter, ne craignant pas de commettre de grossières erreurs.
Je suis fatigué de tous ces responsables politiques qui confisquent la parole à leur propre usage exclusif.
Je suis fatigué de tous ces organisateurs de débats qui, lorsque l'on veut parler, nous répondent "Posez votre question, Monsieur!".
Je n'ai pas de question à poser! J'ai des réponses à proposer ... Elles valent ce qu'elles valent.

Mais, à en juger par la pauvreté de certaines propositions de tel parti politique, le caractère manifestement irréaliste des propositions de tel autre, j'ai l'outrecuidance de penser que les miennes méritent, peut-être, d'être lues et commentées, voire, bien sûr, d'être battues en brèche.

Les deux extrêmes du champ politique - l'extrême-droite et les extrême-gauche - viennent de prendre "une grande claque". Je m'en réjouis. J'espère que cette redéfinition vers une plus grande responsabilité va se maintenir et même se renforcer. La démocratie ne s'en portera que mieux.  

Jacques Heurtault

Ancien conseiller municipal de Nogent sur Marne (Val de Marne).

"Sommes nous obligés de subir et de financer les incompétences de ceux qui nous dirigent?" Johnny Hallyday.

 

Qui suis-je?

  • : Jacques Heurtault
  • Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.
  • : Homme
  • : 09/12/1949
  • : Bretagne Ile de France Europe
  • : France Europe Politique Economie Emploi
  • : J'ai 58 ans. Je suis agent de l'ANPE. Je suis aussi engagé dans l'action politique depuis l'age de 17 ans.
  • : Marié/Pacsé/Union libre

Voici mon blog!

  • : Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.
  • : Politique Sarkozy Gauche UMP Modem Politique
  • : Des propositions de réformes qui me paraissent INDISPENSABLES et que je formule en termes quelquefois un peu rudes. "Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles qu'on n'ose pas les faire! C'est parce qu'on n'ose pas les faire qu'elles sont difficiles!
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  • : 30/09/2005
  • Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

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Bonnes citations et maximes...

Pas de manequins dans le Parti!
Que les bouches s'ouvrent!
 (Maurice Thorez)

Vingt fois sur le métier,
remettre son ouvrage!
 (Pénélope)

O! Tempora! O! Mores!
 (Cicéron)

 Panem et circenses!
 (Juvenal)

Ici et maintenant.
 (François Mitterrand)

La religion, c'est l'opium du peuple,
 c'est aussi son espérance.
 (Karl Marx)

L'incroyance est la ruine
 non seulement des individus,
 mais des sociétés.
 (Lammenais)

L'amour n'est qu'un plaisir,
l'honneur est un devoir.
 (Pierre Corneille)
(Le Cid)

 Combat terrible,
 au corps à corps,
 voilà déjà longtemps
 que leurs chevaux sont morts.
(Victor Hugo)

 L'humoriste, c'est un homme
 de bonne mauvaise humeur.

 (Jules Renard)

 La terre n'aime pas
 le sang et les ordures.
 (Agrippa d'Aubigné)

 Passer pour un idiot aux yeux d'un imbécile
 est une volupté de fin gourmet.

 (Georges Courteline)

 La France est un pays extrêmement fertile.
 On y plante des fonctionnaires
 et il y pousse des impôts.
 (Georges Clemenceau)

 Selon que vous serez
puissant ou misérable
les jugements de cour
vous feront blancs ou noirs.
 (Jean de La Fontaine)

 L'injustice est une mère qui n'est jamais stérile
 et qui produit des enfants dignes d'elle.

(Adolphe Thiers)

 Le journalisme est une grande catapulte
 mise en mouvement par de petites haines.
(Honoré de Balzac)

 La justice consiste à mesurer la peine et la faute,
 et l'extrême justice est une injure.
 (Montesquieu)


 Mieux vaut une tête bien faite qu'une tête bien pleine.
 (Michel de Montaigne)

 Dans ces meubles laqués,
Rideaux et dais moroses,
 Danse, aime, bleu laquais,
Ris d'oser des mots roses.
 (Charles Cros)

 Dieu fit la liberté, l'homme a fait l'esclavage.
 (Marie-Joseph Chénier)

 O! liberté, que de crimes on commet en ton nom!
 (Madame Roland)
(Dernières paroles sur l'échafaud)

 Caesar pontem fecit.
 (Jules César)
(La guerre des Gaules)

 Pour arriver, il faut mettre de l'eau dans son vin,
 jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de vin.

 (Jules Renard)
 (Ndr : C'est pour cela que je ne suis pas arriviste.
J'aime le bon vin!
 Je préfère boire beaucoup de bon vin
 plutôt que peu de mauvais).


 Mon Dieu, le plus souvent
 l'apparence déçoit.
 Il ne faut pas toujours
 juger sur ce qu'on voit.
 (Molière)
(Le Tartuffe)

 L'Angleterre,
 cette colonie française
 qui a mal tourné.

 (Georges Clemenceau)

 Il faut aimer les gens,
 non pour soi, mais pour eux.

 (Colin d'Harleville)
(L'Optimiste)

 Une société d'athées
 inventerait aussitôt une religion.

 (Honoré de Balzac)

 Sans la liberté de blâmer,
 il n'est point d'éloge flatteur.
 (Beaumarchais)

 Si on batissait la maison du bonheur,
 la plus grande pièce serait la salle d'attente.

 (Jules Renard)

 Science sans conscience n'est que ruine de l'âme.
 (François Rabelais)

Être contesté, c'est être constaté.
 (Victor Hugo)

 Dieu bénit l'homme,
 non pour avoir trouvé
 mais pour avoir cherché.

 (Victor Hugo)

 Le courage, c'est l'art d'avoir peur
 sans que cela paraisse.

 (Pierre Véron)

 La critique est aisée,
mais l'art est difficile.
 (Destouches)
(Le Glorieux)

 L'univers m'embarrasse
et je ne puis songer
 Que cette horloge existe
et n'ait pas d'horloger.
 (Voltaire)

 Aux vertus qu'on exige d'un domestique,
 Votre Excellence connaît-elle
 beaucoup de maîtres qui fussent dignes
 d'être valets?

 (Beaumarchais)
(Le Barbier de Séville)

 C'est le devoir qui crée le droit
 et non le droit qui crée le devoir.

 (Chateaubriant)
(Mémoires d'outre-tombe)

 Les fous sont aux échecs
 les plus proches des rois.
 (Mathurin Régnier)

 Combien l'éducation durera-t-elle?
 Juste autant que la vie.
Quelle est la première partie de la politique?
 L'éducation.
La seconde?
 L'éducation.
Et la troisième?
 L'éducation.
(Jules Michelet)
(Le Peuple)

 Trop de bonté dans les parents
 cause la perte des enfants.

 (Charles Perrault)

 Il ne faut pas mépriser l'homme
 si l'on veut obtenir des autres et de soi
 de grands efforts.

 (Alexis de Tocqueville)

 C'est toujours par là
 que commencent les partisans de l'égalité :
ils établissent les catégories
 et se mettent dans la première.

 (Boucher de Perthes)

 Les Français vont instinctivement au pouvoir;
ils n'aiment point la liberté;
l'égalité seule est leur idole.
Or l'égalité et le despotisme
ont des liaisons secrètes.
 (Chateaubriand)
(Mémoires d'outre-tombe)

 L'égalité entre les hommes est une règle
 qui ne compte que des exceptions.

 (Ernest Jaubert)

 Entre tous les ennemis,
 le plus dangereux est celui dont on est l'ami.

 (Alphonse Karr)

 Si vous voulez vous faire des ennemis,
 surpassez vos amis;
 mais si vous voulez vous faire des alliés,
 laissez vos amis vous surpasser.

 (La Rochefoucauld)

 Quand on a le droit de se tromper impunément,
 on est toujours sûr de réussir.

 (Ernest Renan)

 La raison d'Etat est une raison mystérieuse
 inventée par la politique
 pour autoriser ce qui se fait sans raison.

 (Charles de Saint-Evremond)

 Les événements sont plus grands
 que ne le savent les hommes.

 (François Guizot)
(Essai sur l'Histoire de France)

 C'est faire le plus grand des excès
 que de n'en faire aucun.

 (Joseph Léonard)

 Le mot ne manque jamais
 quand on possède l'idée.
 (Gustave Flaubert)

 Les financiers ne font bien leurs affaires
 que lorsque l'Etat fait mal les siennes.

 (Talleyrand)

 Les fonctionnaires sont un peu
comme les livres d'une bibliothèque.
 Ce sont les plus haut placés qui servent le moins.

 (Georges Clemenceau)

 La France compte trente-six millions de sujets
 sans compter les sujets de mécontentement.

 (Henri Rochefort).

 C'est une grande habileté
 que de savoir cacher son habileté.

(La Rochefoucauld)

 La haine, c'est la colère des faibles.
 (Alphonse Daudet)
(Lettres de mon moulin)

 Le trop de promptitude
à l'erreur nous expose.
 (Pierre Corneille)

 On ne ment jamais autant
qu'avant les élections,
pendant la guerre
 et après la chasse.
(Georges Clemenceau)

 Il est difficile de vaincre ses passions,
 et impossible de les satisfaire.

 (Mme de la Sablière)

 J'aime les paysans,
 ils ne sont pas assez savants
 pour raisonner de travers.
(Montesquieu)


 Un poème est un mystère
 dont le lecteur doit chercher la clef.

 (Stéphane Mallarmé)

 Ce n'est point règner qu'être trois à règner.
 (Pierre Santucci)
(Commentaires sur le Consulat)

 Le silence des peuples
est la leçon des rois.
 (Mirabeau)

 Le capital, c'est du travail accumulé.
 Seulement, comme on ne peut pas tout faire à la fois,
 ce sont les uns qui travaillent
et les autres qui accumulent.

 (L. Barenton)

 La sagesse est le contrepoids nécessaire
 de la liberté.

 (Talleyrand)

 La liberté ne se reconnaît qu'à ses limites.
 (Louis Latzarus)

 Pour violer une règle,
il faut la connaître.
 (Paul Eluard)

 Il ne faut pas juger un homme d'après ses fréquentations;
 Judas avait des amis très corrects.

 (Ernest Hemingway)

 Le peuple ne veut pas qu'on lui donne;
 il veut prendre.
 (Henri de Montherlant)

 C'est avec des mots qu'on gouverne les hommes.
 (Disraëli)

 Les hommes sont toujours sincères ;
ils changent de vérité, voilà tout.

 (Tristan Bernard)

 Il faut une bonne mémoire
 après qu'on a menti.
 (Pierre Corneille)

 Si le monde progresse par les extrêmes,
 il ne survit que par les centres.

 (Paul Valéry)

 Le talent est devenu le nom biblique de l'argent.
 (Hervé Bazin)

 L'Histoire est le produit le plus dangereux
 que l'intellect ait élaboré;
 elle justifie ce qu'on veut.

 (Jean-Marc Paulhan)

 Plus l'Etat se corrompt,
 plus les lois se multiplient.

 (Tacite)

 Il n'appartient qu'aux grands hommes
 d'avoir de grands défauts.

(La Rochefoucault)

 De tous les signes de la puissance,
 c'est la retenue qui impressionne le plus.
(Thucidide)


 On voit que de tout temps,
 les petits ont pâti
 des sottises des grands.
 (Jean Racine)
(La Thébaïde)

 Le monde est un théatre, la vie une comédie.
 Tu entres, tu vois, tu sors.

 (Démocrite)

 L'espace est la forme de notre puissance ...
 le temps celle de notre impuissance.

 (Jean d'Ormesson)

 Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.
 (Montesquieu)

 La grande aventure et le grand risque,
 en ces temps désordonnés,
 c'est un jugement sain et qui s'exprime.

 (Henry de Montherlant)

 Triste époque que celle où il est plus difficile
 de briser un préjugé que l'atome.

 ( Albert Einstein)

 La France compte 36 millions de sujets ...
sans compter les sujets de mécontentement.
 (Henri Rochefort)


 Il est des temps
 où on ne doit dépenser le mépris qu'avec économie,
 à cause du grand nombre de nécessiteux.

 (Chateaubriand)
(Mémoires d'outre-tombe)

 La chose la plus importante
 à toute vie est le choix du métier.
 Le hasard en dispose.
 (Blaise Pascal)

(Pensées)

 Un ministère qu'on soutient
 est un ministère qui tombe.

 (Talleyrand)

 La modestie est au mérite
 ce que les ombres sont aux figures dans un tableau.
 Elle lui donne de la force et du relief.

 (La Rochefoucauld)
(Maximes)

 La fausse modestie consiste
 à se mettre sur le même rang que les autres
 pour mieux montrer qu'on les dépasse.

 (Sully Prud'homme)
(Pensées)

 La nécessité nous délivre de l'embarras du choix.
 (Vauvenargues)
(Réflexions et Maximes)

 Oui et Non sont les mots les plus courts
 et les plus faciles à prononcer
 et ceux qui demandent le plus d'examen.

 (Talleyrand)

 C'est un grand avantage dans les affaires de la vie
 que de savoir prendre l'offensive.
L'homme attaqué transige toujours.

 (Benjamin Constant)

 C'est mon opinion et je la partage.
 (Henri Monnier)
(Mémoires de Monsieur
 Joseph Prud'homme)

 L'opinion est si bien la reine du monde
 que quand la raison veut la combattre,
 la raison est condamnée à mort.

 (Voltaire)

 Si j'avance, suivez-moi;
 si je meurs, vengez-moi;
 si je recule, tuez-moi.
 (Henri de La Rochejaquelein)

 Il est difficile de vaincre ses passions,
 et impossible de les satisfaire.

 (Mme de la Sablière)

 La patience est le courage de la vertu.
 (Bernardin de Saint-Pierre)

 Ceux qui pieusement
sont morts pour la patrie
 Ont droit qu'à leur cercueil
 la foule vienne et prie.
 (Victor Hugo)
(Les Chants du crépuscule)

 La pensée n'est qu'un éclair dans la nuit.
 Mais cet éclair est tout.

 (Henri Poincaré)

 Te voilà donc redevenu homme
 puisque tu pleures.

 (Jules Verne)
(L'Ile mystérieuse)

 Il n'y a que deux puissances dans le monde.
 Le sabre et l'esprit.
 J'entends par l'esprit les institutions civiles et religieuses.
A la longue, le sabre est toujours battu par l'esprit.

(Napoléon)
(Le Mémorial de Sainte-Hélène)

 L'une des plus grandes sagesses en l'art militaire,
 c'est de ne pas pousser son ennemi au désespoir.

 (Michel de Montaigne)
(Essais)

 Il ne peut pas y avoir de science immorale
 pas plus qu'il ne peut y avoir de morale scientifique.

 (Henri Poincaré)

 La science a fait de nous des dieux
 avant même que nous méritions d'être des hommes.
 (Jean Rostand)


 Mon âme a son secret, ma vie a son mystère.
 (Félix Arvers)
(Mes heures perdues)

 La séduction suprême n'est pas
 d'exprimer ses sentiments,
 c'est de les faire soupçonner.

 (Barbey d'Aurevilly)

  Ndr : Vous voyez bien que je suis
 tout le contraire d'un séducteur!

 L'art de plaire est l'art de tromper.
 (Vauvenargues)
(Réflexions et Maximes)

 Servir! C'est la devise
 de ceux qui aiment commander.

 (Jean Giraudoux).

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