Peut-on copier gratuitement les résultats du travail des personnes qui produisent "de la création intellectuelle"?
Autrement dit, peut-on télécharger de la musique à partir d'Internet et peut-on copier les logiciels mis au point par des ingénieurs et des techniciens de l'informatique afin de les "retravailler" pour rn faire des logiciels "libres"?
Vaste question! J'ai bien peur de ne pas avoir de propositions audacieuses à faire, cette fois-ci.
J'écris au fil de la plume, comme ça me vient, parce que c'est la méthode la plus intuitive qui s'avère la plus réaliste ...
1. Tout travail mérite salaire ou rémunération.
Il s'agit là d'un principe qui est pour moi intangible. Les créateurs ont donc le droit d'être rémunérés du produit de leur travail, comme tout un chacun.
S'ils sont salariés, pas de problème : ils perçoivent un salaire et peuvent recevoir un complément de rémunération à proportion des ventes réalisées (comme en percevrait un chercheur ayant mis au point un procédé qui s'avère être une source de profit pour son propriétaire, généralement l'entreprise qui a financé les recherches ou qui en a acquis le droit d'usage, par contrat).
S'ils ne sont pas salariés, il leur appartient de négocier correctement les contrats qui les lient à leurs diffuseurs ...
En sont-ils capables? Sont-ils suffisamment organisés, collectivement, pour promouvoir la défense de leurs intérêts?
J'en doute ...
Je constate, bizarrement, que les artistes, bien qu'étant très souvent "de gauche" (avec un syndicat CGT extrêmement puissant) sont assez prompts à s'entendre avec les entreprises , pourtant "capitalistes", qui diffusent leurs oeuvres et prennent le risque économique de cette diffusion (il est facile de démontrer que les frais fixes de fabrication sont tout de même assez conséquents et qu'il faut atteindre un volume d'impression significatif avant de commencer à rentrer dans les frais).
Ils sont d'autant plus solidaires de leur diffuseurs qu'ils sont déjà bien implantés sur le marché ... même si, généralement, ils ne sont plus syndiqués.
Comme le dit excellement Alain Lambert, sur son blog, un artiste a tout intérêt à être connu. Les salles de ses concerts ne s'empliront que mieux ...
Pour l'heure, et cela depuis déjà plusieurs années, je m'interdit deux choses :
- Copier illégalement de la musique (c'est du vol ...)
- Acheter des CD plus de dix euros, sauf de très rares cas (par exemple, ayant été invité, gratuitement, à un concert, j'ai tenu à payer ma place en achetant le CD vingt cinq euros).
2. Comment empêcher la copie "illégale" sans mettre des "flics" partout?
C'est évidemment difficile. Trop difficile. Le jeu n'en vaut pas la chandelle. C'est, du moins, mon point de vue. Ils convient donc de permettre que chaque support puisse être copié, légalement, un certain nombre raisonnable de fois afin de ne pas porter atteinte au droit à la copie privée. (une copie, sur mon ordinateur, une autre sur mon "PDA" ou sur mon balladeur, plus "l'original" du CD acheté ...etc.).
Des moyens techniques adaptés existent. Il faut les utiliser!
3. Et les logiciels?
Pas de pitié pour les voleurs qui en font des copies pour les revendre à bas prix; donc pas de pitié pour les receleurs qui les achètent en ne pouvant ignorer le caractère illégal de l'origine!
Pas de pitié, non plus, pour les personnes morales (principalement les entreprises, quelle que soit leur forme juridique) qui copient, illégalement, ces logiciels alors même qu'elles se servent de ces outils pour en faire, indirectement, un profit!
4. Et les logiciels dits "libres"?
Soyons clairs : la plupart du temps, ces logiciels ne sont qu'une réédition de logiciels déjà existants, plus ou moins aménagés plus ou moins illégalement ... Il faut avoir le courage de le dire!
Dans un tel contexte, le vol étant extrêmement difficile à prouver, voici la réponse que j'ai imaginée.
5. Ma réponse.
Que les logiciels, produits naturellement soumis à une forte obsolescence, tombent dans le domaine public cinq ans après leur diffusion.
Cette proposition est-elle audacieuse? Je n'en suis pas sûr ...
Elle a, au moins, un mérite : elle existe et elle est réaliste!
Vive le débat!