Présentation générale

Je suis un citoyen, comme vous. Je ne suis membre d'aucun parti politique. Je l'ai été mais les "politiques", décidément, me déçoivent trop. On est tenu de limiter sa propre liberté d'expression,  ce que je ne supporte tout simplement plus!

Comme vous, j'ai besoin d'air! Comme vous, j'ai des choses à dire.
Je suis fatigué de tous ces journalistes qui écrivent et qui parlent sans connaitre les sujets qu'ils entendent traiter, ne craignant pas de commettre de grossières erreurs.
Je suis fatigué de tous ces responsables politiques qui confisquent la parole à leur propre usage exclusif.
Je suis fatigué de tous ces organisateurs de débats qui, lorsque l'on veut parler, nous répondent "Posez votre question, Monsieur!".
Je n'ai pas de question à poser! J'ai des réponses à proposer ... Elles valent ce qu'elles valent.

Mais, à en juger par la pauvreté de certaines propositions de tel parti politique, le caractère manifestement irréaliste des propositions de tel autre, j'ai l'outrecuidance de penser que les miennes méritent, peut-être, d'être lues et commentées, voire, bien sûr, d'être battues en brèche.

Les deux extrêmes du champ politique - l'extrême-droite et les extrême-gauche - viennent de prendre "une grande claque". Je m'en réjouis. J'espère que cette redéfinition vers une plus grande responsabilité va se maintenir et même se renforcer. La démocratie ne s'en portera que mieux.  

Jacques Heurtault

Ancien conseiller municipal de Nogent sur Marne (Val de Marne).

"Sommes nous obligés de subir et de financer les incompétences de ceux qui nous dirigent?" Johnny Hallyday.

 

Voyages dans l'espace et dans le temps

Mercredi 20 août 2008 3 20 /08 /Août /2008 04:30
- Publié dans : Voyages dans l'espace et dans le temps - Communauté : Pour un monde meilleur - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue ...

J'ai tellement de choses à vous dire que je ne sais pas par quoi commencer ...

Parlons des églises!

Il n'y en a pas autant que de drapeux américains... J'en ai vu jusqu'à 6 pour une seule maison!

Mais il y a beaucoup d'églises... Beaucoup, beaucoup!

En France, c'est simple. Il y a un village avec SON église... plus ou moins désaffectée, vieille généralement de plusieurs centaines d'années ... Dans les grandes villes, il y en a évidemment plusieurs... L'Histoire, le nombre d'habitants ...

Ici, aux Etats Unis, il y a plusieurs églises... entendez par là, plusieurs communautés de pensée. Les évangélistes, les presbytériens, les baptistes, les mormons, les catholiques, etc ... Chacune avec SON église, plus ou moins bien implantée sur le territoire, plus ou moins reliée avec d'autres ... Très compliqué!

Dans un pays profondément individualiste (il vaut mieux être riche et bien portant plutôt que pauvre et malade!), les églises sont un puissant facteur de lien social. Pas plus tard que ce matin, j'ai pu voir qu'un spectacle de marionnettes pour enfants se déroulait dans ... une église. Ne me demandez pas si c'était des baptistes ou des "épiscopaux" ... Je n'y comprends strictement rien! Mais un spectacle de marionnettes dans une église, ce n'est quand même pas banal! A entendre les cris de joie des enfants, ça devait leur plaire ...

Bien entendu, chaque église est dotée  de son parking... Aux Etats Unis, il est assez rare d'avoir tout sous la main. Avoir une voiture (quand on a les moyens de s'en payer une) fait partie de la norme ...puisqu'il faut faire des miles et des miles pour faire ses courses, pour faire tout ce que la vie appelle ... 

Mardi 19 août 2008 2 19 /08 /Août /2008 00:00
- Publié dans : Voyages dans l'espace et dans le temps - Communauté : Pour un monde meilleur - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue ...
Je n'ai pas vraiment eu le temps de terminer mon article d'hier...

Aujourd'hui, je vais vous parler des ... poteaux électriques!

Ce que je vois est absolument sidérant ... C'est l'anarchie la plus totale! Il y en a PARTOUT. Généralement en bois, comme les poteaux téléphoniques chez nous... Même pas capables de creuser une tranchée pour enfouir tout ça en bon ordre!

Ca mérite un arrêt sur image...

Ici, c'est à dire aux Etats Unis, les compagnies fournisseuses de courant électrique sont très nombreuses et ont, chacune, leur propre réseau de distribution .... avec ses propres cables... et ... ses propres poteaux!

Ca donne une sorte de bordel dans les rues... Parfois plusieurs cables sur un même poteau ou bien, pire encore, un cable par poteau et, donc ... plusieurs poteaux pour désservir un même endroit!

Pas très esthétique, tout ça! Va falloir qu'ils fassent un effort ... et qu'ils comprennent la différence qu'il y a entre une concurrence  normalement organisée, c'est à dire sereine, et une concurrence anarchique ... qui donne le résultat que l'on sait et que je viens de vous décrire ...

Sans compter les autres conséquences comme cette gigantesque panne électrique en 1989 (je crois) qui a provoqué une brusque recrudescence des naissances neuf mois plus tard! A croire que les spermatozoïdes ne se déplacent que la nuit! En tout cas, pas par les fils électiques ...(ce soir là, ils ne fonctionnaient pas et n'acheminaient rien du tout).

Plus embêtant encore... Les panneaux indicateurs de toutes sortes que l'on trouve (ou plutôt que l'on ne trouve pas!) le long des routes...

Ca devient très pénible!

Il est extrêmement difficile de savoir à combien de km (pardon : à combien de miles!) se trouve la prochaine ville. d'ailleurs, à proprement parlé, il n'y a pas de ville! En tout cas pas centre ville ... Rien comme chez nous! 

Normal, ils sont chez eux ...

On ne devine pas de cohérence d'ensemble dans la pose des panneaux et très peu dans le choix des panneaux eux-mêmes! A'heure où je vous écris (22h15 à Cape Cod, c'est à dire 04H15 à Paris, mais le lendemain!), je suis bien obligé d'avouer que je n'ai pas tout compris... 

Deux solutions :
1. Avoir un GPS mais celui que l'on vient d'acheter ne fonctionne pas (problème de batterie).
2. Avoir des cartes TRES détaillées du secteur ...

 
Lundi 18 août 2008 1 18 /08 /Août /2008 00:00
- Publié dans : Voyages dans l'espace et dans le temps - Communauté : Pour un monde meilleur - Par Jacques Heurtault
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Eh oui! j'y suis encore ... J'y étais en Novembre/Décembre 2007, en Floride ...

Cette fois-ci, c'est Washington, Boston, les chutes du Niagara, Pittsburg et Philadelphie qui sont les "points cardinaux" de ma visite de quatre semaines, commencée le Vendredi 15 Août et qui se terminera le Dimanche 14 Septembre, là où il avait commencé, à IAD ...

IAD? International Airport Dulles ... L'aéroport de Washington, tout simplement!

Ma première impression, c'est un sentiment que, aux Etats-Unis, la paranoïa semble s'agraver ...

Nous avons atterri à Dulles à 19H30 environ. J'ai pu, enfin retrouvé mon épouse qui m'attendait de l'autre côté de la zone de contrôle d'accès, à 21H00 ... 

N'ayant pas de passeport biométrique (c'est du moins l'explication que je me suis donné), j'ai fait l'objet de DEUX contrôles qui n'ont toutefois duré que 5 minutes chacun! Il n'en a pas été de même avec ceux qui me précédaient ...

Ma deuxième impression, c'est l'invraisemblalble floraison de drapeaux américains... Il y en a partout! Les simples particuliers pavoisent, en permanence, alors que  nous, en France, on ne pavoise pas, même pas le 14 Juillet ...

A mon avis, il y a une explication commune entre ces deux impressions : un net renforcement du patriotisme (nationalisme?) du Peuple américain ... En deux jours pleins de visite, j'ai du voir, au moins, un bon millier de "Stars and Stripes" ("les étoiles et les bandes", que nous traduisons par la Bannière Etoilée), très vraisemblablement beaucoup plus car vous imaginez fort bien que je ne les compte pas!

Les Américains ont ressenti avec une réelle indignation l'attentat du 11 Septembre. 
Lundi 14 juillet 2008 1 14 /07 /Juil /2008 12:25
- Publié dans : Voyages dans l'espace et dans le temps - Communauté : Pour un monde meilleur - Par Jacques Heurtault
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Mon fils, Amaury, après avoir franchi toutes les étapes du scoutisme, au sein de la Fédération des Eclaireurs et Eclaireuses, organisation laïque de scouts, a voulu s'essayer au ... parachutisme!

Il y a des gens, comme ça, d'un tempérament volontaire, qui n'ont pas peur de se jeter dans le vide! Je dois avouer que ce n'est pas trop mon truc! J'ai une préférence pour le plancher des vaches...

Toujours est-il que, saut inaugural oblige, j'ai décidé de lui offrir la vidéo. Soyons francs : je me suis offert la video de son saut!

Je n'ai pas la moindre idée de l'effet que ça fait et, je persiste, je n'ai pas trop envie d'essayer.

Si j'en crois ce que me dit mon fils, c'est fantastique et il le recommande vivement. J'ai noté, sitôt qu'il avait touché le sol, lui ayant posé la question rituelle "Alors?" qu'il m'a répondu : "Je suis prêt à y retourner, là, tout de suite!".

Voici donc la vidéo de ce saut :




Toujours dans l'action, mon fils part, aujourd'hui même, 14 Juillet 2008, rejoindre son camp de scout à la direction duquel il va participer ce qui va lui permettre de valider définitivement son Brevet d'Aptitude aux Fonctions d'Animateur, spécialité "Scoutisme". Plusieurs dizaines de jeunes , à partir de 7 ans, se retrouvent ainsi, dans la nature, mais solidement encadrés, dans un esprit d'ouverture aux autres!
Dimanche 6 mai 2007 7 06 /05 /Mai /2007 23:31
- Publié dans : Voyages dans l'espace et dans le temps - Par Jacques Heurtault
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Eh, oui! Je m'en vais demain ... en Sicile. Non pour oublier Palerme mais pour la découvrir ... Non pour être balloté de Charybe en Scylla mais pour les voir, ces deux rochers mythiques ... Non pour entendre les coups de marteau du Dieu Vulcain mais pour voir la demeure d'icelui, l'Etna! ... Non pour me noyer mais pour vérifier la validiter du principe d'Archimède, à Syracuse ....

A mon retour, le Samedi 19 Mai, Nicolas Sarkozy aura pris ses fonctions et aura nommé son Premier Ministre, lequel aura formé son gouvernement ... Certainement François Fillon ... Très bien François Fillon! J'en ai toujours écrit du bien ... Alors que de Nicolas Sarkozy, je n'en ai jamais écrit du mal. J'ai simplement quelques doutes. J'ai bien noté qu'il ne nous trahira pas, qu'il ne nous decevra pas, qu'il ne nous mentira pas ... Ca va changer du passé, c'est sûr!

J'observe que, à 23h50, l'actuel occupant de l'Elysée n'a toujours pas adressé ses félicitations à l'heureux élu du peuple ... Georges Bush l'a déjà fait.    

Mardi 20 février 2007 2 20 /02 /Fév /2007 15:45
- Publié dans : Voyages dans l'espace et dans le temps - Par Jacques Heurtault
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Et moi qui croyais que Barcelone était en  ... Espagne!

Que nenni!

Barcelone est en Catalogne et en est, en outre, la capitale ... D'ailleurs, on n'y parle pas l'Espagnol mais le Catalan. Ce qui, tout bien pesé, est relativement normal. Parle-t-on, dans la vie courante, autre chose que le Français dans la capitale de la France?

Blague à part, j'ai pu me rendre compte de plusieurs choses au cours de ce périple de cinq jours ...

1. Le Catalan est une langue, pas un patois ni même un dialecte. la plupart des journaux et périodiques sont édités en Catalan. Il y a, bien sûr, des radios en catalan mais DEUX chaines de télévision ... Les rues sont estampillées en catalan.

2. Il y a, comme au Pays Basque, une police catalane (les "mossos").

3. Toutes les assertions à caractère public (voire même, dans les publicités) sont écrites en catalan et , la plupart du temps, traduites ... en Espagnol, puis en Anglais ... mais pas en Français!

4. Le Catalan est une langue parlée par plus de dix millions de personnes (plus qu'en Suède, au Danemark, en Finlande, en Tchéquie, en Slovaquie, etc ... presqu'autant qu'au Portugal!).

5. Barcelone est une ville PROPRE ... Je craignais d'y voir les souillures que l'on trouve, hélas!, dans beaucoup de villes, surtout dans le sud de l'Europe (Italie, Malte, entre autres). Pas du tout! C'est PROPRE, tout simplement ...

6. L'architecture de cette ville est tout simplement remarquable, hautement remarquable même. Gaudi, architecte du début du siècle ... dernier et, aussi, du dernier quart du siècle précédent (eh, oui! nous sommes en ... 2007, au XXIème siècle) y a laissé sa trace particulièrement visible avec une bonne dizaine de batiments qui ne peuvent pas passer inapperçus ... plus beaucoup d'autres.

7. Allez à Barcelone! Rien que pour Gaudi, le déplacement se justifie pleinement ... Vous pourrez y voir la "Perdrera" (la "carrière de pierres") et ses arcs caténaires (ou funiculaires), par exemple ... Pour ne pas avoir à faire de calculs complexes sur les portées et les poussées des murs, "on" prend une chaine que l'on accroche aux deux bouts ... "On" place, dessous, un miroir et on a, ainsi, la vue, en miniature, d'une voûte ... parfaite puisque naturelle! Le "on", c'est, bien sûr, Gaudi ... Gaudi, dont ses maitres en architecture ont pu dire "Je ne sais pas si j'ai affaire à un fou ou à un génie!".

8. Allez à Barcelone! Dans le quartier résidentiel où nous avions loué un très bel appartement de plus de 60 mêtres carrés pour 300 euros pour cinq jours, la moitié (ou presque) des "pas de porte" de rez de chaussée sont des commerces, notamment, de "bouche". Nous ne nous sommes pas ruinés en frais de restaurant : nous n'y sommes jamais allés!

9. Etc., etc.

10. Décevante fut l'initiative que nous avions prise (à mon instigation, je dois dire ...) de prendre le train de nuit. Même en première classe et en compartiment de deux couchettes-lit, on n'y dort pas bien ... Désolé de le dire, mais le Barcelona-Talgo, ce n'est pas ce que je croyais. Désormais, nous prendrons l'avion. En low-cost, c'est même un peu moins cher que le Barcelona-Talgo.

Voilà! C'étaient mes premières impressions de la Catalogne. J'espère vous avoir donné envie d'y aller.

Samedi 3 février 2007 6 03 /02 /Fév /2007 23:19
- Publié dans : Voyages dans l'espace et dans le temps - Par Jasmin
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Medellin  et son ... cartel! Medellin et cette saloperie qui mine notre civilisation : la cocaïne!

Début de citation :

MEDELLIN...ville moderne.
 
 
 
Nous avons tous inévitablement en mémoire les mots "cartel de la drogue" lorsqu'on évoque Medellin.
C'est volontairement que je n'aborderai pas ce sujet sensible. Il est encore trop douloureux et mon but est de vous inviter au voyage.
 
La Colombie possède plusieurs métropoles modernes, et Medellin y a sa place. Dotée de plusieurs universités, elle n'a rien à envier à d'autres grandes villes européennes ou américaines.
Située à +/- 45 minutes en avion de Bogota, Medellin, capitale du département d'Antioquia, est un centre industriel par excellence, spécialisé dans le textile et les peaux tannées, entre autres.
Sa population est d'environ 1 500 000 habitants et la ville grouille du matin au soir.
La circulation des véhicules est aussi dense que risquée. Mais on s'y fait vite. Ca vaut mieux d'ailleurs.
Cette jeune métropole n'a rien de comparable avec les villes coloniales qui restent empreintes d'histoire et marquées à tout jamais d'art colonial.
Voilà pourquoi les étrangers qu'on croise là-bas sont essentiellement des gens d'affaires.
Un détail que j'ai observé : la population est essentiellement blanche. 
 
La ville est située dans une vallée de la Cordillère orientale , au Nord-Ouest de Bogota.
Campée tout de même à 1 500 m d'altitude, les températures y sont constantes, toutefois plus clémentes qu'à Bogota. (à peu près 21°).
La voie ferrée Popayan - Santa Marta la traverse. Le chemin de fer longe d'abord le cours du Rio Cauca, pour bifurquer vers l'Est au nord de Medellin et suivre celui du Rio Magdalena. Puis, les deux fleuves se rejoignent pour ne faire plus qu'un à l'embouchure de Barranquilla.
Vu d'avion c'est magnifique.
 
La route qui conduit de l'aéroport au centre ville est garnie de villas et propriétés somptueuses qui appartiendraient aux magnats d'un commerce illicite.
Il n'empêche que l'endroit est très coquet et fort bien arboré.
 
Le centre est constitué d'un ensemble de nombreux gratte-ciel, entourés de parcs et jardins. L'air circule et c'est fort agréable. On y compte de nombreuses rues piétonnes.
A l'entrée du "Centro Suramericano" on peut admirer la sculpture de "la Vie", oeuvre du sculpteur Colombien, Arénas Bétancourt. C'est une sculpture moderne, en bronze, qui représente des femmes qui s'élancent vers le ciel. Une fontaine baigne le pied.
Elle symbolise la puissance et la vitalité.
 
Pour les passionnés d'arts, il y a le "Museo de Zea" qui mérite le détour.
Peintures traditionnelle, moderne, et colombienne y ont leur place, mais aussi des sculptures, gravures et autres peintures coloniales.
Botero, né en 1932 à Medellin, est "le" grand artiste de l'art moderne.
Les personnages qu'il peint ont tous le corps déformé, mais ce qui m'a le plus surpris,
c'est la constante présence des moustiques autour de ses personnages.
Pour la petite histoire : à l'entrée du musée, il y a une salle qui porte le nom de son fils (Pedrito Botero), décédé accidentellement à l'âge de 4 ans.
 
Une fois par mois, a lieu place Bolivar, le marché de San Alejo.
On y trouvait essentiellement des produits de l'artisanat local, dont de nombreux bijoux. Des musiciens entretiennent l'ambiance. Il y a beaucoup de jeunes.
C'est à voir.
 
Pour les danseurs invétérés, Medellin est la ville du Tango. Vous aimez ? J'adore !
 
Mais pourquoi la ville du Tango ?
Eh bien, c'est un fait divers tragique qui le décida.
Carlos Gardel (créateur du tango argentin et chanteur aussi), qui est né à Toulouse mais qu'il quitta tout jeune, y décéda dans un accident d'avion dans les années 1930.
Je me suis laissé conter que Gardel avait une terreur de l'avion. Pourtant, lors d'une tournée sur le continent américain et pressé par ses amis, il se décida à emprunter ce moyen de transport. Ce fut la première et la dernière fois. Cette terreur était-elle liée à de la prémonition ?
L'artiste ne me dit rien, mais sans doute que des lecteurs y retrouveront leurs années de jeunesse.
 
Bien que les caféiers soient la principale culture de cette région (en fleurs, ils dégagent une forte odeur de Jasmin), Medellin c'est aussi la capitale des orchidées.
Les températures ambiantes sont idéales pour cette culture. 
On peut les admirer au gigantesque Jardin Botanique.
A quelques kilomètres de la ville, il est possible de visiter "El Ranchito", dont la collection d'orchidées serait la plus complète au monde.
Des commandes affluent du monde entier, dont Paris.
 
Malheureusement, je n'y suis pas allé.
Il faut donc que j'y retourne...
Nadine Goossens alias Jasmin
Fin de citation.
Vendredi 2 février 2007 5 02 /02 /Fév /2007 19:37
- Publié dans : Voyages dans l'espace et dans le temps - Par Nadine Goossens
Donnez votre point de vue ...

Comme promis, voici la suite des récits de voyages en Colombie de Nadine Goossens ...

Aujourd'hui, Cali ...

Début de citation :

CALI ...ville culturelle.
 
 
 
Au Sud-Ouest de Bogota, dans la Cordillère occidentale, s'étend Cali la tropicale.
On se rapproche de l'Equateur, cercle et pays.
La ville fait partie des grandes métropoles modernes et est baignée par le Rio Cauca, fleuve dont l'importance économique est indiscutable.
Il y a de très nombreuses liaisons aériennes qui relient Bogota à Cali. Le vol est court et dure à peu près trois quarts d'heure.
Heureusement que l'avion permet des liaisons aussi fréquentes que rapides, car la géographie ne n'y prête vraiment pas.
 
A bord des vols nationaux, l'ambiance est très différente de celle des lignes françaises ou européennes. Délirante même. Oui, on peut dire ça.
Dès l'entrée dans l'avion, les passagers posent sur leur fauteuil leurs objets personnels, et rangent dans les coffres les sacs plus volumineux.
Puis tout le monde se retrouve dans l'allée centrale, assis éventuellement sur les accoudoirs et taille la babaille. Le personnel naviguant se fraie un passage, imperturbable. Les passagers rejoignent momentanément leur place une fois la porte verrouillée. En l'air, dès que le "fasten seat belt" retentit et s'éteint, ils se lèvent et reprennent leur position initiale, poursuivant la discussion suspendue.
Les hôtesses ne se précipitent pas avant le décollage pour fermer les portes des coffres à bagages et ça ne gêne personne qu'ils restent ouverts tout le voyage. Elles s'installent sur leur strapontin et discutent entre elles. Pourquoi faire et défaire ?
 
Une fois, j'ai pourtant été prise d'un fourire. La porte des toilettes, qui s'ouvrait vers les passagers n'était pas fermée et, pendant la montée de l'appareil, elle venait se ficher contre les genoux du passager assis juste en face. Ce monsieur, plongé dans son journal, gardait la jambe tendue, pied sur la porte, pour la tenir contre la cloison et sans doute pour échapper à la vue imprenable sur les cabinets.
Il n'y avait que moi qui en riais (le plus discrètement possible), les autres passagers et membres d'équipage n'en éprouvaient pas la moindre émotion.
Mais croyez-vous qu'une fois les ceintures débouclées, cette porte ait été fermée ? Non ! ...puisque lors de la descente ça ne poserait pas problème, pourquoi le faire ?
 
Lors d'une liaison Cali/Medellin, les hôtesses nous servent à tous du champagne. Du vrai champagne !
Je l'interroge sur la raison de cette bienveillante attention et elle me répond, ainsi qu'à d'autres, que : "Mr Adolfo Suarez est à bord et offre le champagne à tous les passagers. Et tout à coup...tout le monde applaudit pour le remercier. Mr Suarez s'est levé et a salué.
(A.Suarez : homme politique espagnol que je retrouverai bien par hasard dans un 747 d'Avianca de retour sur l'Europe. J'ai discuté un moment avec lui. Il parle impeccablement français).
 
Ce sont des situations impensables chez nous.
 
Mais je ne boude pas mon plaisir à vous raconter la plus cocasse. Je ne suis pas sûre de vivre deux fois ça dans ma vie.
Lors d'un embarquement à Bogota, pour Cali, nous sommes bien trop nombreux en salle d'embarquement. En d'autres termes, il n'y a pas assez de places à bord.   Ont-ils changé de type d'appareil au dernier moment ? On ne se saura jamais.
Le personnel a donc invité de nombreux passagers mécontents à prendre l'avion suivant, et ils sont sortis de la salle.
Toujours est-il qu'on n'embarquait tout de même pas.
L'équipage était réuni au complet en salle d'embarquement. Un monsieur exubérant s'expliquait avec eux.
Nous restions tous assis sur les fauteuils, occupés à suivre la scène. Et la palabre a duré au moins une heure ! Crescendo, decrescendo, forte, piano, pianissimo.....
Ce passager avait acheté un fauteuil "Emmanuel" tout enturbanné de papier kraft. Vous connaissez sans doute : il s'agit d'un fauteuil en osier avec accoudoirs et dossier arrondi très élevé, aussi beau que sympathique.
Je ne sais pour quelle raison il n'avait pas été embarqué en soute, mais le gars était déterminé à le prendre en bagage accompagné. Dans la salle les gens souriaient ou riaient franchement. 
Le plus drôle reste à venir. Impayable !
 
Il a négocié avec les pilotes, de déboulonner le fauteuil situé à côté de la porte d'entrée de l'appareil , et d'y poser son fauteuil Emmanuel.
Une équipe d'ouvriers s'est amenée et ainsi dit, ainsi fait. Le fauteuil légitime est resté dans un coin de la salle d'embarquement.
Une fois le fauteuil, objet du litige, installé dans l'appareil, nous avons pu procéder à l'embarquement. Résultat : 2h00 de retard au décollage.
Et alors ? On s'en fait pas pour si peu.
 
Revenons à Cali.
Il y fait chaud et humide. C'est une ville moderne, bruyante, plantée de gratte-ciel entourés de jardins publics. La population métissée est estimée aujourd'hui à 1 600 000 habitants. Les femmes sont grandes et belles. Cali s'enorgueillit de posséder les plus belles femmes de Colombie.  
Peu de temps avant d'atterrir, ce qui surprend d'abord, sont les rizières qui s'étendent à perte de vue, de même qu'un large panel de couleur verte. On dirait des touches de peintures jetées par-ci par-là. C'est très artistique.
Nous investissons la région de la canne à sucre. Attention aux serpents qui s'y cachent.
On la récolte deux fois par an. Le sol est très fertile.
Les flancs des collines qui bordent Cali sont garnis de bougainvillées et de ficus.
Des petites maisons blanches et bleues s'y agrippent. C'est très coquet et curieux à la fois.
Les artères de la ville sont bordées de splendides arbres bienfaisants, tant l'ombre est appréciable.
 
Une autre curiosité toutefois. Face au Siège du gouvernement régional, est érigée l'église San Francisco. Je dis "curiosité", parce que cette construction en briques rouges, dénote complètement des autres immeubles modernes. L'Histoire nous apprend qu'au 19è siècle, de nombreux partisans de l'Indépendance s'y réfugièrent. Juste à côté, se dresse un couvent. A la même époque, il était une importante faculté de théologie et de philosophie.
Le monument populaire le plus célèbre de Cali est la "Torre Mudejar". Construit aussi en briques rouges, je le vois plutôt tel un minaret.
A ne pas manquer : la gare de Cali. De construction relativement récente, son hall abrite une fresque de Hernando Tejada, "Conquête et Développement" . Magnifique !
Et pour les amateurs d'arts, de nombreux musées sont à visiter.
 
J'évoque juste en passant les arènes de la ville dans lesquelles ont lieu les corridas.
La population en est friande. J'exècre ce genre de manifestation.
De nombreuses installations concernant diverses disciplines sportives sont à la disposition des sportifs confirmés ou amateurs.
 
Si Medellin est la ville du Tango, Cali est la ville de la Salsa. Chaque année des concours y sont organisés. C'est absolument fabuleux ! Envoûtant.
Rien que pour admirer à nouveau, j'y retournerais volontiers. En fait, on ne reste pas passif dans une telle ambiance, on la vit même si on ne danse pas, tant la musique vous imprègne et vous fait vibrer.
 
Nadine Goossens 
 
Fin de citation.   
Mercredi 31 janvier 2007 3 31 /01 /Jan /2007 22:44
- Publié dans : Voyages dans l'espace et dans le temps - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue ...

Et voici la deuxième partie (d'autres à venir ...!) du voyage en Colombie de Nadine Goossens ...

Début de citation :

CARTAGENA...ma préférée.
 
Au 18è siècle, les pirates français et anglais infestaient la mer des Caraïbes. 
L'histoire de la ville naît au 16è siècle avec les conquérants espagnols, et son architecture coloniale est fabuleuse. 
Carthagène a reçu plusieurs noms dans le passé, dont celui de Cartagenas de Indias.
C'est celui que je préfère.
 
J'aime tout particulièrement me promener sur les marchés. L'exubérance des épices et des fruits ne me lasse jamais.
Bien que la population soit très métissée, la communauté noire est importante. 
Je retrouve cet éternel sourire sur leurs visages. Ils doivent vraiment posséder un gêne du sourire.
Au début du 17è siècle, la Couronne d'Espagne ayant interdit l'esclavage des Indiens, les Espagnols firent venir des navires chargés d'esclaves noirs, chassés sur le continent africain. Sauf erreur de ma part, Cartagena fut le seul port des Caraïbes autorisé à effectuer ce trafic sur le continent américain.
Les navires ainsi chargés prenaient le nom de "tumbeiros" et Cartagena devint le plus grand marché négrier du Nouveau Monde. A leur arrivée, les malheureux étaient marqués au fer rouge par les fonctionnaires municipaux. Le sceau royal sur la poitrine attestait que l'impôt des douanes avait été payé. Sur leur dos était apposé le sceau de la Compagnie.
On peut toujours déambuler sur la "Plaza de los Coches" où se déroulait cet inqualifiable marché, aujourd'hui devenue promenade paisible. 
Je m'interroge toujours sur ces paliers douloureux et tourmentés de l'Histoire de l'Humanité.
 
Il y a beaucoup de choses à visiter.
Les anciens remparts, les forteresses, les digues et les châteaux forts, les demeures et églises coloniales, mais aussi une page tragique de l'histoire de la religion catholique : le tribunal de l'Inquisition.
 
La baie de Carthagène, longue d'une dizaine de kilomètres, est en permanence sous le soleil. On rentre dans la mer comme dans un bain à bonne température. C'est divin.
Le soir, le long de la plage, aux terrasses des bars et cafés, ou dans les cours intérieures des hôtels, des orchestres de cumbias, papayeras et salsas jouent jusqu'aux petites heures du matin. C'est très sensuel.
 
Je n'avais personne de spécial à rencontrer à Carthagène. Ce sont mes interlocuteurs de Bogota qui m'incitèrent à ne pas manquer ce rendez-vous.
Il y a une chose qui m'avait amusée lorsque j'avais annoncé mon retour sur Bogota à ceux que j'avais rencontrés sur place, c'était leur réflexion spontanée : "Oh !! faut pas y aller. Fait pas beau là bas. Il pleut toujours et il fait froid".
C'était vrai.
 
De tous les endroits parcourus en Colombie, mon coeur est resté à Cartagenas de Indias.
 
Nadine Goossens
 
 
Fin de citation .
A suivre ... Medellin et le trop fameux et trop tristement célèbre "Cartel de la drogue de Medellin"                                                           
Mardi 30 janvier 2007 2 30 /01 /Jan /2007 21:49
- Publié dans : Voyages dans l'espace et dans le temps - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue ...

Il y a queques semaines, Nadine Goossens a bien voulu donner suite à ma proposition de publier sur mon blog certains de ses récits de voyages ... Elle nous a parlé alors de l'Afrique et de son épopée au Congo-Zaïre quand il lui fallu fuir ce pays pour assurer sa propre sécurité.

Aujourd'hui, elle nous parle de l'Amérique latine et, plus précisément, de la Colombie ...

Lisez. C'est du vrai vécu ...

 

Début de citation :

                                     
                                      SUR LES TRACES DE SIMON BOLIVAR
 
 
La Colombie est le quatrième pays d'Amérique latine, après le Brésil, l'Argentine et le Mexique. Sa superficie est deux fois celle de la France.
 
Dernière décennie du siècle passé. On est en Juin, les journées sont les plus longues. Le lourd Jumbo décolla de Paris vers 23h00. Escale prévue à Madrid, puis à Barranquilla
et enfin terminus à Bogota.
Il est prévu 14h00 de vol.
Le voyage commence par une panne d'électricité à bord dès le décollage.
Des membres d'équipage remettront un peu d'ordre, mais le temps de se poser à Madrid, on restera avec un éclairage de secours. Intervention en Espagne par une équipe d'électriciens. On redécollera avec 1h30 de retard sur l'horaire prévu.
Si les vents nous sont favorables, on arrivera à l'heure en Colombie.
 
Vol de nuit. L'ambiance à bord est toujours différente d'un vol de jour. Je crois que je préfère le premier au second. La température ambiante est réglée à 18 degrés, ce qui invite les passagers à rester assis au chaud sous une couverture.
Je suis l'invitée d'AVIANCA (Cie colombienne), et découvre une splendide décoration à bord de l'avion.
Dans le nez de l'appareil, le Compagnie a fait installer une reproduction du Musée de l'Or de Bogota. Sublîme.
Nous traversons d'importantes zones de turbulences et l'appareil doit monter pour rendre le voyage plus agréable aux passagers. Malheur à ceux qui ont une tension basse, dont moi.
A 12 000 mètres d'altitude, la température extérieure est de - 60°. Vision surnaturelle des puissantes décharges électriques qui se fichent dans le sol frappé par la foudre. J'imagine le bruit déchirant au sol. C'est impressionnant et féérique à la fois.
 
On se pose à Barranquilla à 5h30 du matin, heure locale. L'air est suffoquant.
En quelques secondes on passe de 18° à 35° et le fond de l'air est de surcroît très humide.
Je rejoindrai plus tard cette ville bordée par la mer des Caraïbes, située à l'embouchure du Rio Cauca, car à l'instant on redécolle pour Bogota.
Atterrissage en douceur. Il fait frais à Bogota. Une température constante toute l'année à hauteur de 16°, mais par contre pluies fréquentes. Le ciel est très souvent nuageux.
Pourtant, il y a quelque chose qui gêne. On est tout de suite essoufflé. En effet, la capitale est plantée à 2 600 m d'altitude dans la Cordillère Orientale et il faut prendre le temps de s'acclimater. 
C'est une ville à l'américaine où les tours semblent rivaliser d'insolence avec les nuages. La population est métissée et les filles sont fort belles.
L'émeraude et l'or sont l'emblème du pays. Il s'en vend partout, même sur les marchés. Gare aux fausses émeraudes qui abondent. A l'époque, dans les rues et les galeries marchandes on croisait toujours quelqu'un qui propose de la drogue.
On a pourtant vite fait de remarquer l'omni présence policière. Ils ne disent rien aux vendeurs, mais ne vous avisez pas de toucher au produit, sinon ils s'occuperont de vous. D'ailleurs, ils vous observent tout le temps. Ils sont très aimables lorsqu'on leur demande le chemin.
  
Les taxis vous emmènent où vous voulez. D'une ville à l'autre si c'est votre bon plaisir. Il y a la Compagnie des "taxis officiels" ... puis les autres. Les tarifs de ces derniers sont très abordables, et les chauffeurs très rapides à vous extorquer ce qui n'est pas dû. Si vous n'avez pas l'âme aventurière, empruntez seulement les taxis officiels qui possèdent un "vrai" compteur.
Soyez toujours sur vos gardes. Le sac à mains solidement accroché autour du corps, vers l'avant sinon...il s'envole.   Vous n'avez rien senti. Pour la suite, direction consulat ou ambassade.
J'ai visité, entre autres, l'incontournable "Musée de l'Or". Plusieurs tarifs sont proposés, mais j'ai vraiment eu envie de pénétrer dans la salle forte. D'anciens voyageurs m'avaient dit : "à ne surtout pas manquer".
Dans cette "forteresse", les guides nous laissent entrer par dix personnes à la fois. On plonge dans une obscurité totale. Une lourde porte blindée se referme sur nous. C'est impressionnant le silence associé au noir absolu. Ca me fait presque perdre l'équilibre.
Une pâle clarté s'amène et s'intensifie tout doucement et progressivement jusqu'à une luminosité maximum, et je me suis retrouvée dans une salle circulaire, entourée d'or ! Absolument fabuleux, un amoncellement d'or du sol au plafond. La stupéfaction est générale.
Hameçons, cannes à pêche, vaisselles, bijoux, objets de décoration et que sais-je encore, tout est fabriqué en or massif. On y reste un bon moment mais on n'a pas assez de nos deux yeux pour tout voir.
Tout est protégé, impossible de toucher. Je remonte le temps : leur histoire est celle des civilisations précolombiennes et des "conquistadores" espagnols.   Celle de la route de l'or.
Alors la lumière décline, l'obscurité envahit l'espace et l'ouverture de la porte blindée vous invite à la sortie.
Il faut vraiment y revenir à plusieurs reprises.
 
La nouvelle Constitution de 1991 a modifié beaucoup de choses pour les Colombiens.
Je reste préoccupée par des nouvelles qui ne m'arrivent plus depuis plusieurs années. L'occasion rêvée de me rendre à Popayan, petite ville du Sud Ouest du pays.
Au début des années 1980, j'avais rencontré là-bas des religieuses françaises qui vivaient dans un petit monastère. L'endroit sentait bon l'encaustique et prêtait à la sérénité quand bien même il était devenu un point touristique. C'était vraiment magnifique comme endroit. On parlait surtout de la nouvelle loi d'amnistie promulguée par le Président Bélisario Bétancur. Partout on craignait la violence liée au trafic de la drogue.
Les religieuses étaient ravies de rencontrer des Français et s'enquéraient des nouvelles du pays. L'élection en France de Mr Mittérand les animait d'une curiosité bien légitime, et c'est de bonne grâce que je me prêtais aux questions-réponses.
J'étais restée en contact avec elles mais après le violent séisme je ne suis plus parvenue à obtenir quelque information. La seule disponible : "la ville a été rasée de la carte".
Il faut savoir qu'à l'époque internet n'avait pas la puissance de communication d'aujourd'hui et la téléphonie mobile n'existait pas. 
Il me reste mes diapositives qui figeront à tout jamais d'inoubliables moments. Je n'ai retrouvé personne et suis envahie de mélancolie. Je ne saurai jamais si elles ont pu s'en sortir ou pas. Les victimes étaient si nombreuses.
 
Je rejoins Cali (ville culturelle) en voiture, située au nord de Popayan et puis la côte caraïbe au nord du pays. Il faut dire qu'en Colombie, beaucoup de monde voyage en avion. Le réseau routier est dangereux et le réseau ferré inexistant.
De l'hôtel où je suis descendue, l'accueil a négocié une "course" Barranquilla-Cartagena avec un taxi .
Le chauffeur du taxi est le frère d'un des employés de l'hôtel. Enfin, je fais semblant de le croire.
Les tarifs qu'il me propose me conviennent et l'homme est sympathique. Je reste sur mes gardes tout de même.
En matière de conduite sur la voie publique, c'est assez surprenant. Notre ministre de l'intérieur et nos pandores s'arracheraient les cheveux. Moi aussi.
Je vous avoue avoir mis un certain temps à comprendre si dans ce pays, on roulait à gauche ou à droite.
Les taxis font la course entre eux et avec les bus, et les bus font la course avec d'autres bus. 
Les bus sont très colorés et pleins à craquer. Je ne sais pas s'ils ont tous des problèmes d'amortisseurs ou de suspension, mais ils roulent tous penchés. Il y a énormément d'accidents mortels.
Le réseau routier est en partie responsable, mais leur façon de conduire reste essentiellement coupable.
J'ai eu des montées d'adrénaline pour toute une vie.
Ils apprécient particulièrement les dépassements en sommet de côte. C'est toujours un challenge que se lancent les deux chauffeurs.
Croisez les doigts que personne ne fasse la même chose dans l'autre sens, ce qui n'est pas exclu, et fermez les yeux... ou gardez-les grand ouverts. Au choix.
Il y a un chapelet suspendu au rétroviseur du taxi. J'ai appris à compter chaque dizaine plusieurs fois.   Il y a aussi une vierge qui se balance au gré des nids de poule et des coups de volant. Oh Mama .....! Mais que suis-je venue faire dans cette galère ?
En cours de route on se fait arrêter par des policiers. Ils palabrent avec le chauffeur et me jettent des coups d'oeil qui ne disent rien qui vaille. Ils ne demandent mon passeport et restent étonnés que je ne peux pas m'exprimer en espagnol. Je leur propose l'anglais ou...le français, mais j'ai les "chocottes". Ils ne veulent pas plus de l'un que de l'autre. Ils parlent si vite que je ne comprends pratiquement rien.   Je sors du taxi qui est devenu une fournaise. Voilà une demi heure que la discussion est engagée avec le chauffeur et je comprends qu'il explique aux policiers que "je suis l'invitée d'AVIANCA". Aussitôt leur regard change. Ils me rendent mon passeport et on repart. Qu'ont-ils bien pu se dire pendant tout ce temps ? Je ne le saurai jamais. 
 
Côté social, je dirais qu'il n'y a pas de classe moyenne. Des très riches et des très pauvres. La poliomyélite fait des ravages et le gouvernement a entrepris une vaste campagne de vaccination. Dans les grandes villes les parents se rendent volontiers aux centres de vaccinations avec leurs petits, mais dans les campagnes, c'est moins ou pas suivi.
Un jour que j'allais décoller de Cali et que l'avion était stationné en début de piste, j'aperçois un bidonville accroché aux portes de la piste.
Le pilote venait de mettre la poussée des réacteurs. Les enfants jouaient, imperturbables.
Le souffle des moteurs secouait les portes et les battants des fenêtres de ces frêles constructions qui s'ouvraient, béantes.
J'imaginais la chaleur torride s'échappant des réacteurs ainsi que l'odeur de kérosène qui devaient s'engouffrer dans ce qu'il convient d'appeler "habitation".
 
  
Côté scolaire, l'Education était obligatoire et gratuite jusqu'à l'âge de 10 ans.
Le port de l'uniforme est de rigueur. Les enfants sont assez coquets ainsi habillés.
Malheureusement, il faut bien admettre que l'analphabétisme est étendu. Dans les campagnes, les parents ont besoin des bras de leurs enfants et sont insensibles à la culture de l'esprit.
Je sympathise avec une guide chilienne de mon âge. Très cultivée, multilinguiste, elle est toute dévouée aux gens qu'elle accompagne et prend la peine de nous mettre en garde contre d'éventuels impairs que nous serions à même de commettre bien involontairement. Elle était très subtile et habile.
"Ménagez la susceptibilité locale et vous serez accueillis avec beaucoup de grâce".
Elle m'informe que l'apprentissage de la langue française est l'apanage des enfants de riches. La tradition veut qu'un voyage vers la France leur soit offert à l'âge de quinze ans.   Les établissements scolaires concernés organisent ce voyage chaque année, et les candidats voyageurs signent de ce fait leur entrée dans l'adolescence.
 
Chez les gens instruits et aisés, il est de très bon ton de meubler et décorer des pièces de leur maison dans un style français.   
A Cali, je découvre même un restaurant français dont la cuisine ferait pâlir les "toqués" et autres "étoilés" de chez nous. La carte est établie en espagnol et en français.
Le Chef parlait impeccablement français et venait volontiers faire la causette avec nous.
A chaque fois, il nous offrait le pousse café. Elégant avec ça ! 
Et attention à la mise en scène du baise-main et autres délicatesses qu'il réservait aux dames. Je m'en souviens toujours avec beaucoup de plaisir.
 
Nadine Goossens
 
 
 
Fin de citation. 

La suite demain ....

Lundi 1 janvier 2007 1 01 /01 /Jan /2007 18:05
- Publié dans : Voyages dans l'espace et dans le temps - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue ...

Nadine Goossens, alias Jasmin, m'a fait parvenir la troisième partie de son récit africain. Prenez et lisez. ceci est (une partie de) sa vie ...

Début de citation :

Ce Livingstone est impayable. S'il n'avait pas existé, il aurait fallu l'inventer !
Je suis un peu contrariée. Personne ne sait comment il s'y est pris, mais il s'est procuré les pièces le surlendemain.
J'ai des courbatures partout. Mal aux fesses et au dos. Et il faut repartir. La route est encore longue jusqu'à Bujumbura. On va se fondre doucement dans la montagne.
La terre est rouge et colle à la peau.
-"Comète ! Tu ressembles tout à fait à un Indien avec tes peintures de guerre. C'était bien la peine de te maquiller ! " glousse Livingstone. Ca les fait rire... Pppffttt.
 
Nous devons traverser la chaîne de montagnes et plonger ensuite sur Bujumbura étalée autour de la pointe Nord du lac Tanganyka.
Les deux chasseurs et un des guides sont restés à Kasongo. Leur ethnie n'est pas la bien venue de l'autre côté des montagnes. Livingstone les reprendra au retour.
Une bonne grosse "mama" allait s'occuper d'eux sur place et les "bichonner". On les avait charriés à ce sujet, ce qui n'avait pas manqué de déclencher l'hilarité générale.
Ahhhh.....ce sont des petits "coquins" les hommes quand il savent parler aux femmes.
 
Les cartes routières sont dépliées sur le capot du véhicule et les voilà en grande discussion. D'après le guide, la route/piste que veut emprunter Livingstone se serait effondrée lors d'un mouvement de terrain et cet axe ne serait donc pas praticable.
Un gros orage s'amène. Nous ne pouvons pas rester là où nous sommes. Le sol n'est pas bien stable disent les hommes Moi non plus, je ne suis pas du tout rassurée.
 
Je me souviens ....j'avais une petite dizaine d'années. C'était en septembre 1960 à Bujumbura. Un début de matinée, quand un grondement sourd mais puissant s'amène. Un roulement de tambours s'amplifie dans tout l'espace. L'air vibre et le sol bouge. Le grondement s'intensifie et s'installe. Je suis encore jeune mais je comprends que c'est très grave. Les lampes accrochées aux fils du plafond commencent à décrire des cercles de plus en plus larges et de plus en plus rapides, les vitres éclatent, les linteaux des portes bougent, et ce bruit....et ce bruit...et ce bruit...terrifiant... Je suis tétanisée.
Mon père arrive et m'arrache au sol. Il hurle pour d'autres :
-"Sortez par derrière ! La maison a bougé. Les portes avant ne s'ouvrent plus !!". 
Je ne sais pas par où je suis sortie, mais je me suis retrouvée les quatre fers en l'air, au milieu du jardin. Mon père me demande :
- "Ca va ?! Tu n'es pas blessée ?".
Non, je n'étais pas blessée. Mais...? avec un papa comme le mien, ce n'était pas possible d'être blessée n'est ce pas ? Il est tellement fort ce papa. Tellement beau. Tellement parfait.
Il me regarde étrangement. Il y a de la poussière rouge en suspension dans l'air.
Le grondement s'éloigne et se meurt. Alors s'installe ce silence absolu, impressionnant. La nature est en deuil et vous le fait savoir. Il s'accroupit, remet en place les mèches rebelles de mes cheveux, et d'une voix douce me dit : "c'était un tremblement de terre. Tu comprends ? C'était juste un tremblement de terre". Ses yeux sont si grand ouverts aujourd'hui...Ca a duré 1 minute, mais pour moi une éternité.  
Je ferai alors la connaissance de "Richter" et apprendrai que son échelle indiquait
7.7 °pour cette fois là. Plus tard, mon père me dira : "tu étais devenue verte et j'ai eu peur que ce soit fini". Il y aura de très nombreuses répliques. Ce tremblement de terre suivra de peu celui d'Agadir qui avait fait tant de victimes.
L'Afrique se disloquait. Elle souffrait. Elle tremblait. 
 
La poussière retombée, la désolation était au rendez-vous. Par-delà les maisons fortement abîmées, des pans entiers de montagnes s'étaient effondrés emportant dans leur chute de nombreux villages. La route d'Uvira n'existait plus, le lac avait subitement monté de plusieurs mètres, toutes les installations qui étaient sur la plage étaient sous les eaux.  
Oui, c'est terrible la nature en colère.
 
L'orage gronde et des pluies torrentielles s'abattent sur la montagne. On s'est abrités, on ne distingue plus la piste, il a fallu s'arrêter. C'est comme ça en Afrique, la météo bat la cadence. Nous sommes trempés. la bâche n'a pas pu être rabattue assez vite et le vent nous a compliqué la tâche. Un moment de repos sous le brouhaha du déluge. Les gars s'en grillent une. La fumée de cigarettes dans une atmosphère trempée, c'est pas franchement respirable.
- "Ooohhh ...les gars ...c'est une puanteur ici !" dis-je.
Livingstone répond tout de go :
- "Zeg Comète, va te doucher. Ton oncle va te reconnaître qu'à tes chaussettes !
Si tu veux, je garde ta serviette au sec et pour la savonnette, on va se dévouer pour pas qu'elle tombe dans la boue".
Le pire...c'est que ça les faisait rire, même le seul de la troupe qui ne déclinait jamais aucun signe de contentement ou mécontentement. Il avait été surnommé "Toutankhamon". Ca lui allait assez bien et ça avait l'air de lui convenir.
Une vraie momie ce gars là. 
 
On franchit plusieurs pics dans les nuages. Mais voilà que le ciel se dégage. Une vue imprenable sur le lac Tanganyka, et au fond, tout au fond de la vallée, je devine Bujumbura, USA ! (prononcez ouza) comme disaient les grands lorsque j'étais enfant.
La descente est délicate, les routes sont dévastées. La voie encombrée par un arbre mort devra être dégagée à coups de machettes. Les hommes y passeront un bout de temps. 
Une voie pas fort fréquentée, l'arbre y est vautré depuis longtemps, au vu de la boue qui s'est solidifiée et des fourmis qui y sont installées. En fait, c'est une fourmilière qui
a été bâtie sous le tronc. Les jurons volent à la pelle ! J'en apprends plein de nouveaux, mais je ne les dirai jamais...(clin d'oeil)
On ferme les yeux et on fait confiance absolue au chauffeur. Tout le monde sue. On reste silencieux. Le pouls est rapide.
Livingstone a pris le volant. On glisse dans la boue plus qu'on ne roule et il n'y a pas de parapet. J e regarde discrètement sur ma droite : c'est le vide, le grand plongeon si...
Si...? Non, c'est interdit de penser à ça !
Le véhicule navigue bien où il veut. Livingstone hurle "je maîtrise" ! Pour se rassurer ou pour nous rassurer ? Des heures de conduite scabreuse se succèderont pendant cette étape là. Puis des lumières, oui des lumières se distinguent dans la pénombre. Là-bas il y a un village ! Je ne sais plus comment me positionner. J'ai mal partout.
- "Tout le monde est vivant ?" crie le guide. 
On est exténués. Livingstone s'arrête dans le village et nous annonce qu'on y passera la nuit. Il est vanné. C'est la première fois que je le vois ainsi et je comprends que ça a été très dur. Je ne suis pas bien assurée sur mes jambes....l'estomac dans les talons...
On ne distingue plus très bien, il va faire noir et c'est beaucoup trop dangereux de poursuivre dans ces conditions. Les villageois sont de la même tribu que notre guide et nous sommes fort bien accueillis. Tout s'organise avec méthode : que la fête commence.
Une splendide flambée réchauffe car il fait froid la nuit dans la montagne, puis un "plat mijoté" sera servi. Aujourd'hui, c'est du serpent au menu. Ce n'est pas mauvais du tout.  
 
Le soleil brille et la dernière étape est entamée. Les vues sont somptueuses.
Enfin Bujumbura qui s'offre à nous. Direction centre ville. Je ne reconnais plus rien, sauf mon oncle assis à une barzza (terrasse) qui nous accueille avec un sourire qui illumine tout son visage. Sacha !
- "Voilà ta Comète...et en entier !" Livingstone accompagne son commentaire d'une poignée de mains sympathique et chaleureuse. Les deux hommes se regardent et sourient.  
Dans l'immédiat, il n'y avait rien d'autre à faire que de se doucher instantanément,    une, deux, trois fois, tant nous étions "sinistrés".
Si on s'était laissés sécher au soleil, je pense qu'on aurait fait, pour le coup, concurrence à Toutankhamon.
Tiens, à propos ....où était-il passé celui-là ? Eclipsé discrètement.
Les regards de Livingstone et du guide se croisent. Ils se sont compris.
C'est ça aussi l'Afrique.   
 
Note : A tous ceux que j'ai connus, appréciés, aimés. Vos visages souriants et vos voix chaleureuses m'accompagnent encore et toujours. Merci à vous. Vous me manquez. 
Nadine Goossens  
 
Fin de citation.
Ce récit d'un vécu "bien vrai de chez vrai" aurait pu ne pas voir le jour ... A cause d'une fin qui aurait pu être tragique et qui ne l'a, heureusement, pas été, malgrè des difficultés bien réelles.
Amis lecteurs! Si vous avez des choses à raconter, des histoires qu vous avez vécues, une partie de votre vie ... , des colères à exprimer ... ce blog vous est ouvert ... Tout ce qui sort du fond du coeur est le bienvenu!   
 
 

 

Lundi 1 janvier 2007 1 01 /01 /Jan /2007 00:00
- Publié dans : Voyages dans l'espace et dans le temps - Par Nadine Goossens
Donnez votre point de vue ...

Voici le deuxième chapître du récit authentique d'un voyage quelque peu inhabituel ... Merci Nadine!

Début de citation :

Il était impératif de rejoindre mon oncle (et sa famille) qui avait des plantations de thé et de coton au Ruanda. Toutefois, le passage à Kin, situé complètement à l'opposé, était incontournable.  
L'effervescence régnait à l'aéroport où embarquaient tous les rapatriés. Les seuls vols possibles étaient exclusivement à destination de Bruxelles et Paris.
La liaison Kinshasa/Bujumbura n'existait plus, il fallait trouver une solution pour atteindre "la grande faille" d'une autre manière. 
Des groupes se constituaient. Il faut dire que l'état d'esprit des gens là-bas, est très différent d'ici.   Je dis bien "différent", ce qui ne veut pas dire mieux ou moins bien.
 
Les stratèges et habitués des pistes avaient décidé de passer par le Katanga, province sud du pays qui jouit d'un statut un peu spécial, un peu à part, me suis-je laissé dire.
Et comme j'avais envie d'y croire, ça tombait fort bien. Deux passagers devaient descendre à Kamina.
N'empêche, il fallait être vigilant, prudent, et sans doute un peu fondu... Se faire discret et en dire le moins possible, sinon rien.
Un vent de folie soufflait de plus en plus fort et de plus en plus loin. 
La confusion et l'anarchie s'étaient installées avec leur cortège d'abominations.
 
C'est à ce moment que j'ai apprécié toute la valeur des mots de René Char :
"l'Homme est capable de faire, ce qu'il est incapable d'imaginer".
 
En brousse, les "matiti" (herbes coupantes) étaient hauts et permettaient aux guides habiles qui nous accompagnaient d'approcher des villages pour prendre des nouvelles.
Des hommes exceptionnels. Méfiants ou discrets d'abord, ils finiront pas s'intégrer au groupe et seront unanimement appréciés. Deux d'entre eux, Séséko et Dagobert, étaient de redoutables chasseurs. Ils m'avaient appris comment marcher face au vent pour ne pas diffuser d'odeurs, et comment poser les pieds au sol pour ne pas être repérée. 
On ne s'était pas lavés depuis quelques jours, ça tombait bien, on sentait tous le bouc.
Toilettés comme nous le pratiquons ici, n'est pas à la convenance de "nos hôtes". Nous n'avons plus "d'odeurs" et ils disent que "nous sentons la mort". Etrangement, le gibier le percevrait, affirmaient-ils...?!
La piste nous a conduits à une Mission-dispensaire qu'on découvrit dévastée.
Plus rien, plus personne.
On ne parle pas. On écoute. Tendus.
Aucun son n'est perceptible, même la nature s'est mise en deuil et ce silence est impressionnant. 
Après quelques précautions, le "bwona" (homme...à profil chef) et un guide s'aventurent plus en avant. Le "bwona", de son vrai nom "Jean", surnommé par ses compatriotes belges "Livingstone", parlait quatre langues locales impeccablement, dont le Lingala (parlé à Kinshasa) et le Swahili (parlé à Bujumbura). Il était très précieux comme élément, et il avait fait autorité immédiatement. Ses connaissances sur le terrain étaient fabuleuses.
Il avait de l'humour et un accent bruxellois à couper au couteau. Sa corpulence faisait qu'on évitait de le contrarier.
 
Ordre chuchoté : "restez dans les véhicules".
 
Un cadavre de vache finit d'être dévoré par des oiseaux charognards qui ne daignent même pas nous prêter attention. Des milliers de grosses mouches bourdonnent. Partout.
 
Un homme ressort d'une ruine et vomit... Il pleure.
La consternation nous fige sur place. Je pense que nous avons tous eu des nausées et des larmes.
Les guides nous expliquent que "ces hommes qui font ça" boivent de la bière mélangée à une décoction de chanvre, et que ça les rend sanguinaires.
Plus tard, je saurai les repérer. Ils ont les yeux injectés de sang, et je pense qu'il est inutile ici de poursuivre sur le profil de ces humains perdus et perdants.
 
Mais la brousse restaure ce que la civilisation des Hommes a anéanti. La beauté envoûtante des paysages, de la faune et de la flore, à laquelle s'invite la magie des couchers de soleil,   illustrent le chef d'oeuvre que Dame Nature a installé et que l'Homme ne saurait détériorer. La paix et le calme s'installent doucement.
Pour cette nuit là, quelques bonnes heures de repos sont prévues pour tout le monde.
L'ambiance s'en ressent immédiatement.
On avait vraiment bien roulé, et, au dire des connaisseurs, nous étions sortis de la zone sensible.    
Les ampoules du phare d'un véhicule devaient être changées. J'entendais les gars fulminer, parce qu'ils ne trouvaient pas les boîtes de réserves alors que la nuit tombe très vite.  
Il me vint l'idée de lancer :
-"Faut pas s'prendre pour une lumière quand on n'est qu'une ampoule".
Eclat de rire... Ce rire qui sauve l'Afrique. Ce soir là j'étais heureuse, même les deux chasseurs s'étaient mis à rire avec les autres. Ils ne parlaient pas français, mais le rire est un langage universel.
 
Livingstone, vautré sous un véhicule qu'il bricolait, se dégage prudemment, et se relève calmement. Comme toujours. 
Il interroge du regard et sourit :
- "Qui a dit ça, dis ? (avec l'accent bruxellois)...et puis....
   Aaahhh, comme ça c'est la France qui rigole ici.
   Zeg (dis !) la "ville lumière" (je venais de Paris)...
   Viens un peu par ici nous éclairer au lieu de jouer la comète ! "
Je leur ai amené les torches, sans faire ma maligne. Mais je savais que j'avais marqué un point. 
Nous sommes restés longtemps en contact et chaque fois qu'on se retrouvait, ce pseudo m'était servi. Livingstone deviendra un fidèle copain de mon oncle. 
 
On roule depuis 10 heures d'affilée, et voilà 5 semaines que nous sommes partis. 
Nous sommes en vue de Kasongo au pied des Montagnes du Congo. Il faudra faire faire des réparations à un véhicule, mais Livingstone sait où aller.
Rien d'anormal. On s'arrête dans un village pour préparer le "frichti" (repas), acheter quelques victuailles, et faire le plein d'eau.
La nature a bien pourvu en eau la région qu'on traverse et on en profite pour y plonger. Eau veut dire immanquablement "moustiques". On est gâtés ! Les boursouflures défigurent les visages, les mains, bref...tout ce qu'on ne peut pas cacher.
Les démangeaisons sont insupportables. Les chasseurs, aidés d'un guide et de Livingstone iront à la cueillette d'herbes et plantes. La décoction sera très efficace.
On s'en badigeonne et on ne s'en prive pas. 
  
J'apprendrai également que la contraception des jeunes filles est entièrement gérée par une autre décoction que le chef du village prépare et leur fait boire. Très jeunes, elles ont des relations sexuelles avec des partenaires de la tribu ou du groupe, mais il n'est pas toléré qu'elles soient enceintes. Surprenant mais très efficace !
KASONGO......je me mets à penser "pourvu qu'il faille attendre les pièces".
Je suis fourbue, "cradingue". J'aimerais me laver les cheveux, longs et poisseux, avec un vrai shampooing qui mousse et qui sent bon ! ...me maquiller aussi. Pour l'épilation des jambes...on verra plus tard.
Et.....BINGO ! mon voeux est exaucé. Nous devrons attendre 3 ou 4 jours....à l'africaine!
Délicieux ! Un bain, un vrai bain dans de l'eau chaude. Des "fringues" propres dont un "capitula" (short) tout neuf que je viens d'acheter. Et un maquillage ... pour faire joli.
On se retrouve tous au souper (dîner en France). Il y a des ventilateurs qui brassent l'air, et la "popote" est bonne. Les hommes se sont jetés sur la bière.
Nadine Goossens
Fin de citation.
 
Un troisième chapître va suivre ... Pour une fin d'année, le dépaysement est garanti!
Jeudi 28 décembre 2006 4 28 /12 /Déc /2006 16:43
- Publié dans : Voyages dans l'espace et dans le temps - Par Nadine Goossens
Donnez votre point de vue ...

Voici donc le premier article d'une série que j'espère d'une longueur conséquente.

Aujourd'hui, il s'agit de l'Afrique. Plus spécialement du Congo, ex-Congo belge devenu Zaïre puis République Démocratique du Congo. 

Son auteure : Nadine Goossens qui me fait l'honneur de lire régulièrement mon blog et avec qui j'ai échangé par commentaires interposés.

Début de citation :

CHRONIQUE D'UNE TRAVERSEE INESTIMABLE

  

 Note  :  Je ne suis pas écrivain et je requiers l'indulgence d'éventuels professionnels de ce domaine qui se poseraient ici.  

 

Jacques Heurtault m'a amicalement proposé de m'héberger, pour faire partager aux lecteurs de son blog des espaces de temps que j'ai traversés . Merci beaucoup Jacques.  

 J'invite les lecteurs qui ont gardé une âme d'enfant, à découvrir ou retrouver les senteurs, les couleurs, les émotions fixées dans ma mémoire pour l'éternité.  

 

                                   L'AFRIQUE NE SE RACONTE PAS.  

                                 ELLE SE VIT ET ELLE VIBRE EN MOI.  

  

Je flottais dans l'air, et restais étonnée de mon habileté. Je ne me savais pas nantie de cette spectaculaire prouesse. Je poursuivais mon voyage sereinement, heureuse. 

Quand tout à coup, ma position devint des plus inconfortables. 

Je me retrouvai subitement plaquée au sol.  L'air était irrespirable et se faisait rare.  

Je transpirais, je suffoquais,  et,  pire... ne parvenais pas à me dégager d'une situation  périlleuse.  

Approchait un impressionnant pachyderme, et je me rendais compte qu'il  ne distinguait rien. Il suait à grosses gouttes et allait m'écraser avec ses gros souliers pas cirés !  

Je ne pouvais pas me sauver, il n'y avait plus de place. 

J'avais beau hurler,  personne n'entendait et ne faisait attention à moi.  

Comment était-ce ce possible qu'aucun son ne leur parvienne...ni à eux... ni à moi ... ?  

 Une voix me chuchota à l'oreille :  

 - Réveillez-vous et attachez votre ceinture. Nous avons entamé notre descente et allons bientôt nous poser.  

 Et mes yeux s'ouvrirent tout grands sur les couleurs de l'Afrique qui filtraient à travers le hublot.  Ils ne les ont plus jamais quittées. 

 Nous nous sommes posés sur "le Continent" et j'ai mis un moment à gérer la chaleur étouffante.  J'étais alors une fillette de 3 ans, curieuse et vagabonde.  

 J'y passerai 20 années inoubliables.  En plusieurs étapes.  Le virus de l'aventure m'avait été inoculé et rien n'existe pour le neutraliser.  Quoique... 

 Ce voyage, objet du récit,  commence au Zaïre début 1977.  Le pays changera plusieurs fois de nom, comme le fleuve qu'il abrite.  J'ai 26 ans. Il est prévu que je parte pour 2 mois. J'y resterai plusieurs années. 

 Kinshasa.  

 KIN LA BELLE.  

Il y fait chaud. Il y fait moite. La torpeur est de rigueur.  

Le fleuve est magnifique, sauvage et assourdissant par endroit,  et la nature a été généreuse. 

 Elle n'a pas oublié les moustiques qui vous bouffent avec dévotion dès votre arrivée.  

 Le général Mobutu était alors au pouvoir et la communauté belge présente sur "Kin" et alentours était assez généreuse. Il suffisait d'emprunter le "bac" jusqu'à l'autre rive du fleuve pour retrouver la communauté française  installée au Congo Brazzaville.  

 Chaque année, à l'occasion de la fête nationale, le Général-Président invitait  cette communauté, entre autres,  à une réception qu'il donnait dans son palais présidentiel. 

 J'y suis allée plusieurs fois. C'était sympathique.  

 Comme dans de nombreuses réceptions officielles, le Général-Président apparaît devant la presse, avec son épouse et ses enfants. Flash, flash, flash.  Que la fête commence. Au menu saucisses-frites. Si, si.  

 Je n'ai pas compris tout de suite, mais tout à coup, il n'y avait plus de saucisses.  

 Alors, va pour le cornet de frites....avec de  la mayo !  C'est un régal, vous devriez essayer. J'en mange encore aujourd'hui.  

 Hors du Palais (pas celui qui fait apprécier les frites, mais le présidentiel), les choses vont différemment.  

 Si des humains n'en étaient pas les victimes, ça pourrait être risible.  

 Mais c'est profondément tragique.  

 La corruption est absolue, l'insécurité  généralisée, le chaos, la misère et la mort font partie du décor. Ames sensibles s'abstenir.  

 Tout était réuni dans ce pays pour en faire un paradis. 

 Au temps du colonialisme, fortement décrié et critiqué par tous ceux qui ne l'ont jamais vécu, et, bien que les choses étaient loin d'être parfaites,  un ordre avait été établi, était respecté.  C'était le commencement de ce qui devait être une magnifique aventure.  

 Et "au commencement régnait le chaos", disent les Saintes Ecritures si je ne m'abuse.  

 Alors ? Pourquoi en aurait-il été différemment là-bas ?  

 La marche du siècle en aura décidé autrement. 

 L'administration belge, aidée par des capitaux internationaux, avait construit des écoles, des lycées, une université. D'excellents enseignants dispensaient leurs cours et transmettaient leur savoir.  Les plus jeunes apprenaient que les "anciens belges vivaient dans des cavernes" et "que nos ancêtres étaient les Gaulois", et on éclatait tous de rire.  Le maître ou la maîtresse corrigeait le tir et nous étions momentanément rassurés.   

 D'autres structures avaient été installées :  des hôpitaux et des maternités,  où travaillaient des chirurgiens et médecins assistés par des personnels qualifiés et compétents, équipés de matériels et médicaments en suffisance.  

 Mais aussi : gare, ports, aéroports, théâtres, cinémas, piscines, endroits touristiques exploités et animés par des professionnels, des dispensaires en brousse souvent tenus par des missionnaires, des églises (après la sorcellerie, les Congolais sont essentiellement chrétiens), service des postes et des impôts (pour vous dire !), des banques et des commerces où les marchandises affluaient.  

 Tout a été pillé, détruit, et le "Congo" est retourné à ses structures archaïques, où il continue à vivre et à mourir.  

 N'allez pas imaginer que toute la population soit complètement abrutie, illetrée et pas éduquée.  Je connais trop d'Africains inestimables et irremplaçables pour vous laisser y songer. 

 J'ai croisé la  "sagesse" alors que mes interlocuteurs étaient matériellement dépouillés. 

 J'ai traversé, la peur au ventre,  des espaces-temps  où "l'Humanité", n'avait d'humanité que le nom. Il fallait rester terrés dans la crasse, avec la faim et la soif, et croiser les doigts pour qu'un bébé ou quelqu'un de fragile n'ignore soudain la règle d'or  du silence absolu, lorsque le danger était présent.  

 Ils m'ont appris à exploiter le minimum pour assurer le maximum : la vie.  

 Dans ce domaine, le gouffre de mon ignorance était insondable.  

 Et ils souriaient encore.  Ce n'était pas émouvant, c'était surnaturel.  

 Ce silence dans leur regard, alors que les limites du supportable et de l'extrême  avaient été dépassées, me poursuit encore et toujours.  

 Ce jour là, les Armées belge et française sont arrivées et j'avais la bonne couleur...que je n'avais pas choisie.  

 Ces militaires étaient remarquablement humains, silencieux, rapides et précis, mais ne pouvaient pas faire l'impossible. Ils avaient des ordres  et le temps était trop compté. 

 J'ai été embarquée sans franchement réaliser. J'étais épuisée et j'ai abandonné mes compagnons d'infortune.  

 La différence voyez-vous, c'est que les Africains aussi  étaient épuisés  et  ils m'avaient protégée. 

 Nous avons décollé,  puis  j'ai fermé les yeux... et  l'Afrique y resta.  

 Voilà pourquoi, quand je me réveille,  j'aperçois toujours leur morceau de soleil.  

 Je pense que l'Europe s'est installée au 20ème siècle dans une Afrique "féodale" sans même réaliser qu'elle faisait sauter à ces régions conquises,  700 ans d'histoire qu'il  nous avait  fallu à nous Européens,  pour "penser" tel que nous le faisons aujourd'hui. 

 Leurs armes n'ont rien pu contre les nôtres.  

 Ils ont été violés, massacrés, déportés  et dépossédés.  Par les leurs d'abord, ensuite par les occidentaux.  

 L'Afrique a payé un très lourd tribu à la "civilisation", celle des autres.  

 Peut être celle dont ils ne voulaient pas. 

 

Nadine Goossens    

Fin de citation.                                         

Merci, Nadine, d'avoir inauguré cette nouvelle rubrique. J'attends de vous d'autres articles ... Chaleureux et tellement vrais et sincères. 
Jeudi 28 décembre 2006 4 28 /12 /Déc /2006 13:00
- Publié dans : Voyages dans l'espace et dans le temps - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue ...

Je viens de créer une nouvelle rubrique que j'intitule : Voyages dans l'espace et dans le temps. Vous y trouverez des récits de voyages dans des pays étrangers (par rapport à la France ...) ou bien en France ... rédigés par moi-même et par d'autres ...
Avoir vraiment effectué ces voyages, avoir vraiment vécu dans ces pays ou dans ces régions que nous connaissons mal afin de pouvoir traduire avec des mots une atmosphère, une époque, des évènements, tragiques ou heureux, est la seule condition que je pose tant je suis persuadé qu'il faut aller chercher l'information à la source ...
L'idée m'en est venue lorsque je me suis apperçu que des lecteurs avaient des tas de choses à raconter et ne trouvaient pas toujours le support approprié pour une diffusion en rapport avec leur soif de s'exprimer ...

Si vous avez des choses à dire, une colère à exprimer, une soif de vérité à étancher, un vécu à raconter sans que vous ayez la possibilité ou bien l'envie de créer votre propre blog parce que cela nécessite du temps pour le faire vivre (j'en sais quelque chose!), ce blog vous est ouvert .... Profitez-en!

A paraitre, prochainement : un récit sur l'Afrique, ses espoirs, ses douleurs, ses déceptions ... 

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  • Jacques Heurtault
  • Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.
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  • J'ai 61 ans. Je suis agent de Pôle Emploi. Je suis aussi engagé dans l'action politique depuis l'age de 17 ans.

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Commentaires

Citations

 

Pas de manequins dans le Parti!
Que les bouches s'ouvrent!
 (Maurice Thorez)

Vingt fois sur le métier,
remettre son ouvrage!
 (Pénélope)

O! Tempora! O! Mores!
 (Cicéron)

 Panem et circenses!
 (Juvenal)

Ici et maintenant.
 (François Mitterrand)

La religion, c'est l'opium du peuple,
 c'est aussi son espérance.
 (Karl Marx)

L'incroyance est la ruine
 non seulement des individus,
 mais des sociétés.
 (Lammenais)

L'amour n'est qu'un plaisir,
l'honneur est un devoir.
 (Pierre Corneille)
(Le Cid)

 Combat terrible,
 au corps à corps,
 voilà déjà longtemps
 que leurs chevaux sont morts.
(Victor Hugo)

 L'humoriste, c'est un homme de bonne mauvaise humeur.
 (Jules Renard)

 La terre n'aime pas
 le sang et les ordures.
 (Agrippa d'Aubigné)

 Passer pour un idiot aux yeux d'un imbécile est une volupté de fin gourmet.
 (Georges Courteline)

 La France est un pays extrêmement fertile.
 On y plante des fonctionnaires
 et il y pousse des impôts.
 (Georges Clemenceau)

 Selon que vous serez
puissant ou misérable
les jugements de cour
vous feront blancs ou noirs.
 (Jean de La Fontaine)

 L'injustice est une mère qui n'est jamais stérile et qui produit des enfants dignes d'elle.
(Adolphe Thiers)

 Le journalisme est une grande catapulte
 mise en mouvement par de petites haines.
(Honoré de Balzac)

 La justice consiste à mesurer la peine et la faute, et l'extrême justice est une injure. (Montesquieu)

 Mieux vaut une tête bien faite qu'une tête bien pleine.
 (Michel de Montaigne)

 Dans ces meubles laqués,
Rideaux et dais moroses,
 Danse, aime, bleu laquais,
Ris d'oser des mots roses.
 (Charles Cros)

 Dieu fit la liberté, l'homme a fait l'esclavage.
 (Marie-Joseph Chénier)

 O! liberté, que de crimes on commet en ton nom!
 (Madame Roland)
(Dernières paroles sur l'échafaud)

 Caesar pontem fecit.
 (Jules César)
(La guerre des Gaules)

 Pour arriver, il faut mettre de l'eau dans son vin, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de vin.
 (Jules Renard)
 (Ndr : C'est pour cela que je ne suis pas arriviste : j'aime le bon vin! Je préfère boire beaucoup de bon vin plutôt que peu de mauvais).

 Mon Dieu, le plus souvent
 l'apparence déçoit.
 Il ne faut pas toujours
 juger sur ce qu'on voit.
 (Molière)
(Le Tartuffe)

 L'Angleterre, cette colonie française qui a mal tourné.
 (Georges Clemenceau)

 Il faut aimer les gens, non pour soi, mais pour eux.
 (Colin d'Harleville)
(L'Optimiste)

 Une société d'athées inventerait aussitôt une religion.
 (Honoré de Balzac)

 Sans la liberté de blâmer,
 il n'est point d'éloge flatteur.
 (Beaumarchais)

 Si on batissait la maison du bonheur, la plus grande pièce serait la salle d'attente.
 (Jules Renard)

 Science sans conscience n'est que ruine de l'âme.
 (François Rabelais)

Être contesté, c'est être constaté.
 (Victor Hugo)

 Dieu bénit l'homme, non pour avoir trouvé mais pour avoir cherché.
 (Victor Hugo)

 Le courage, c'est l'art d'avoir peur sans que cela paraisse.
 (Pierre Véron)

 La critique est aisée,
mais l'art est difficile.
 (Destouches)
(Le Glorieux)

 L'univers m'embarrasse
et je ne puis songer
 Que cette horloge existe
et n'ait pas d'horloger.
 (Voltaire)

 Aux vertus qu'on exige d'un domestique, Votre Excellence connaît-elle beaucoup de maîtres qui fussent dignes d'être valets?
 (Beaumarchais)
(Le Barbier de Séville)

 C'est le devoir qui crée le droit et non le droit qui crée le devoir.
 (Chateaubriant)
(Mémoires d'outre-tombe)

 Les fous sont aux échecs
 les plus proches des rois.
 (Mathurin Régnier)

 Combien l'éducation durera-t-elle?
 Juste autant que la vie.
Quelle est la première partie de la politique?
 L'éducation.
La seconde?
 L'éducation.
Et la troisième?
 L'éducation.
(Jules Michelet)
(Le Peuple)

 Trop de bonté dans les parents cause la perte des enfants.
 (Charles Perrault)

 Il ne faut pas mépriser l'homme si l'on veut obtenir des autres et de soi de grands efforts.
 (Alexis de Tocqueville)

 C'est toujours par là que commencent les partisans de l'égalité : ils établissent les catégories et se mettent dans la première.
 (Boucher de Perthes)

 Les Français vont instinctivement au pouvoir;
ils n'aiment point la liberté;
l'égalité seule est leur idole.
Or l'égalité et le despotisme
ont des liaisons secrètes.
 (Chateaubriand)
(Mémoires d'outre-tombe)

 L'égalité entre les hommes est une règle qui ne compte que des exceptions.
 (Ernest Jaubert)

 Entre tous les ennemis, le plus dangereux esr celui dont on est l'ami.
 (Alphonse Karr)

 Si vous voulez vous faire des ennemis, surpassez vos amis; mais si vous voulez vous faire des alliés, laissez vos amis vous surpasser.
 (La Rochefoucauld)

 Quand on a le droit de se tromper impunément, on est toujours sûr de réussir.
 (Ernest Renan)

 La raison d'Etat est une raison mystérieuse inventée par la politique pour autoriser ce qui se fait sans raison.
 (Charles de Saint-Evremond)

 Les événements sont plus grands que ne le savent les hommes.
 (François Guizot)
(Essai sur l'Histoire de France)

 C'est faire le plus grand des excès que de n'en faire aucun.
 (Joseph Léonard)

 Le mot ne manque jamais
 quand on possède l'idée.
 (Gustave Flaubert)

 Les financiers ne font bien leurs affaires que lorsque l'Etat fait mal les siennes.
 (Talleyrand)

 Les fonctionnaires sont un peu comme les livres d'une bibliothèque : ce sont les plus haut placés qui servent le moins.
 (Georges Clemenceau)

 La France compte trente-six millions de sujets sans compter les sujets de mécontentement.
 (Henri Rochefort).

 C'est une grande habileté que de savoir cacher son habileté.
(La Rochefoucauld)

 La haine, c'est la colère des faibles.
 (Alphonse Daudet)
(Lettres de mon moulin)

 Le trop de promptitude
à l'erreur nous expose.
 (Pierre Corneille)

 On ne ment jamais autant
qu'avant les élections,
pendant la guerre
 et après la chasse.
(Georges Clemenceau)

 Il est difficile de vaincre ses passions, et impossible de les satisfaire.
 (Mme de la Sablière)

 J'aime les paysans, ils ne sont pas assez savants pour raisonner de travers. (Montesquieu)

 Un poème est un mystère dont le lecteur doit chercher la clef.
 (Stéphane Mallarmé)

 Ce n'est point règner qu'être trois à règner.
 (Pierre Santucci)
(Commentaires sur le Consulat)

 Le silence des peuples
est la leçon des rois.
 (Mirabeau)

 Le capital, c'est du travail accumulé. Seulement, comme on ne peut pas tout faire à la fois, ce sont les uns qui travaillent et les autres qui accumulent.
 (L. Barenton)

 La sagesse est le contrepoids nécessaire de la liberté.
 (Talleyrand)

 La liberté ne se reconnaît qu'à ses limites.
 (Louis Latzarus)

 Pour violer une règle,
il faut la connaître.
 (Paul Eluard)

 Il ne faut pas juger un homme d'après ses fréquentations; Judas avait des amis très corrects.
 (Ernest Hemingway)

 Le peuple ne veut pas qu'on lui donne;
 il veut prendre.
 (Henri de Montherlant)

 C'est avec des mots qu'on gouverne les hommes.
 (Disraëli)

 Les hommes sont toujours sincères ; ils changent de vérité, voilà tout.
 (Tristan Bernard)

 Il faut une bonne mémoire
 après qu'on a menti.
 (Pierre Corneille)

 Si le monde progresse par les extrêmes, il ne survit que par les centres.
 (Paul Valéry)

 Le talent est devenu le nom biblique de l'argent.
 (Hervé Bazin)

 L'Histoire est le produit le plus dangereux que l'intellect ait élaboré; elle justifie ce qu'on veut.
 (Jean-Marc Paulhan)

 Plus l'Etat se corrompt, plus les lois se multiplient.
 (Tacite)

 Il n'appartient qu'aux grands hommes d'avoir de grands défauts.
(La Rochefoucault)

 De tous les signes de la puissance, c'est la retenue qui impressionne le plus. (Thucidide)

 On voit que de tout temps,
 les petits ont pâti
 des sottises des grands.
 (Jean Racine)
(La Thébaïde)

 Le monde est un théatre, la vie une comédie : tu entres, tu vois, tu sors.
 (Démocrite)

 L'espace est la forme de notre puissance ... le temps celle de notre impuissance.
 (Jean d'Ormesson)

 Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.
 (Montesquieu)

 La grande aventure et le grand risque, en ces temps désordonnés, c'est un jugement sain et qui s'exprime.
 (Henry de Montherlant)

 Triste époque que celle où il est plus difficile de briser un préjugé que l'atome.
 ( Albert Einstein)

 La France compte 36 millions de sujets ... sans compter les sujets de mécontentement. (Henri Rochefort)

 Il est des temps où on ne doit dépenser le mépris qu'avec économie, à cause du grand nombre de nécessiteux.
 (Chateaubriand)
(Mémoires d'outre-tombe)

 La chose la plus importante à toute vie est le choix du métier : le hasard en dispose. (Blaise Pascal)
(Pensées)

 Un ministère qu'on soutient est un ministère qui tombe.
 (Talleyrand)

 La modestie est au mérite ce que les ombres sont aux figures dans un tableau : elle lui donne de la force et du relief.
 (La Rochefoucauld)
(Maximes)

 La fausse modestie consiste à se mettre sur le même rang que les autres pour mieux montrer qu'on les dépasse.
 (Sully Prud'homme)
(Pensées)

 La nécessité nous délivre de l'embarras du choix.
 (Vauvenargues)
(Réflexions et Maximes)

 Oui et Non sont les mots les plus courts et les plus faciles à prononcer et ceux qui demandent le plus d'examen.
 (Talleyrand)

 C'est un grand avantage dans les affaires de la vie que de savoir prendre l'offensive : l'homme attaqué transige toujours.
 (Benjamin Constant)

 C'est mon opinion et je la partage.
 (Henri Monnier)
(Mémoires de Monsieur
 Joseph Prud'homme)

 L'opinion est si bien la reine du monde que quand la raison veut la combattre, la raison est condamnée à mort.
 (Voltaire)

 Si j'avance, suivez-moi;
 si je meurs, vengez-moi;
 si je recule, tuez-moi.
 (Henri de La Rochejaquelein)

 Il est difficile de vaincre ses passions, et impossible de les satisfaire.
 (Mme de la Sablière)

 La patience est le courage de la vertu.
 (Bernardin de Saint-Pierre)

 Ceux qui pieusement
sont morts pour la patrie
 Ont droit qu'à leur cercueil
 la foule vienne et prie.
 (Victor Hugo)
(Les Chants du crépuscule)

 La pensée n'est qu'un éclair dans la nuit. Mais cet éclair est tout.
 (Henri Poincaré)

 Te voilà donc redevenu homme puisque tu pleures.
 (Jules Verne)
(L'Ile mystérieuse)

 Il n'y a que deux puissances dans le monde : le sabre et l'esprit. J'entends par l'esprit les institutions civiles et religieuses. A la longue, le sabre est toujours battu par l'esprit.
(Napoléon)
(Le Mémorial de Sainte-Hélène)

 L'une des plus grandes sagesses en l'art militaire, c'est de ne pas pousser son ennemi au désespoir.
 (Michel de Montaigne)
(Essais)

 Il ne peut pas y avoir de science immorale pas plus qu'il ne peut y avoir de morale scientifique.
 (Henri Poincaré)

 La science a fait de nous des dieux avant même que nous méritions d'être des hommes. (Jean Rostand)

 Mon âme a son secret, ma vie a son mystère.
 (Félix Arvers)
(Mes heures perdues)

 La séduction suprême n'est pas d'exprimer ses sentiments, c'est de les faire soupçonner.
 (Barbey d'Aurevilly)

 (Ndr : Vous voyez bien que je suis tout le contraire d'un séducteur!).
 L'art de plaire est l'art de tromper.
 (Vauvenargues)
(Réflexions et Maximes)

 Servir! C'est la devise de ceux qui aiment commander.
 (Jean Giraudoux).
 

 

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