Très intéressant ce colloque, organisé par l'UDF, auquel j'étais invité en tant que blogueur non membre de l'UDF. L'après midi, il y avait environ 150 participants. Un peu moins le matin. La plupart des intervenants se sont déclarés adhérents, en précisant leur fédération (département).
Il y avait trois "tables rondes" (en fait, elles étaient, comme toujours, rectangulaires et les intervenants, tous courtois, faisaient face à la salle).
Première table ronde : Les Français et l'Etat.
Avec Jérôme Sainte Marie, directeur de BVA Opinion, Bernard Perret, Marc Maouche (CFTC Postes et Télécommunications).
Deuxième table ronde : Objectif de la réforme, missions de l'Etat. Avec, notamment, Jean Arthuis, président de la Commission des finances au Sénat et Roselle Cros, conseillière régionale Ile de France, ayant exercé comme directrice générale des services dans une collectivité territoriale.
Troisième table ronde : Les moyens de la réforme. Avec des participants nombreux (6) tels Jean Soubie, membre du Conseil d'orientation de l'emploi, Jean Luc Mathieu, membre de la Commission nationale du débat public.
Le patron de BVA nous explique, sondages à l'appui, que les Français veulent bien "mieux d'Etat" mais certainement pas "moins d'Etat". Je m'en doutais un peu. pas étonnant dans un pays où un tiers, seulement, des français sont favorables à l'économie de marché (assimilée, pour la circonstance, au libéralisme). Il relève que la notion de "coût" fait bouger les lignes ... J'en conclus que les Français veulent plus d'Etat à condition que ce soit les autres qui paient ...
Le statut de la Fonction publique était, à l'origine, protecteur de l'équité du service public. Il a été dévoyé en protecteur des personnels. Rappelons que c'est Maurice Thorez qui en est le "père" (il n'était pas tout seul). Si on fait un paralèlle avec la "Constitution de l'Union Soviétique" élaborée par Staline en ... 1938, elle apparait, aujourd'hui encore, comme étant, et de loin, la plus démocratique du monde ... sur le papier. Les faits ont démontré que, dans la réalité du "socialisme réel", c'était "un peu" différent ...
La presse écrite et audiovisuelle a été, à plusieurs reprises, sévèrement mise en cause et invitée à être le vecteur du débat public. Ce n'est pas moi qui vais m'en plaindre ... J'ai déjà eu l'occasion de dire et redire, sur ce blog, à quel point elle m'exaspérait.
J'ai retenu beaucoup d'autres idées-force. Par exemple que l'Administration a une représentation négative de l'usager. Dans la même veine : "Les grands corps de l'Etat sont les seules à pouvoir résoudre les problèmes ... qu'ils ont eux-mêmes créé". Egalement que, dans notre pays, il y a 70.000 (!) employeurs publics (vous avez bien lu : soixante dix mille!). Rappelons qu'il y a 500.000 entreprises ...
Large consensus constaté sur l'impérieuse nécessité de réformer l'ENA pour en faire une véritable école de formation continue des fonctionnaires dans laquelle on doit rentrer tard (aux environs de 35 ans, pas avant, et seulement après avoir fait ses preuves sur le terrain).
Plein de bon sens, un participant a souligné, citant Aristote, que "C'est à celui qui porte la chaussure de juger le cordonnier". Apparemment, le bon sens n'est pas unanime chez les Français, surtout chez certains de ceux qui travaillent dans les services publics. Rappelons qu'il y en a environ six millions contre environ 14 millions dans le secteur privé ...
J'ai retrouvé Sénèque que je cite en exergue de mon blog ("ce n'est pas parce que les choses sont difficiles qu'on n'ose pas les faire; c'est parce qu'on n'ose pas les faire qu'elles sont difficiles") sous une autre citation : "Il n'est pas de vent favorable pour quelqu'un qui ne sait pas où il va".
Je n'ai pas entendu cette idée à laquelle je tiens personnellement beaucoup : diminuer, d'une manière drastique, le nombre de fonctionnaires. Moi même, je suis disposé à troquer mon actuel statut d'agent contractuel de l'Etat (de droit public) contre un statut de droit privé ... tout en continuant à faire le même travail. Je suis, à l'Anpe, sur ce point comme sur d'autres, nettement minoritaire, mais ça ne m'empêche pas de dormir.
En tout état de cause, je tiens, ici même, à remercier les organisateurs de m'avoir invité. Dans la mesure où il a, d'ores et déjà, été annoncé qu'il y aurait d'autres colloques du même genre d'ici à l'élection présidentielle, si on me fait l'honneur de m'inviter, j'y répondrais favorablement.
Dernier détail : François Bayrou était présent pratiquement toute la journée. J'ai cru comprendre qu'il serait candidat en 2007 (mais ce n'est qu'une croyance!) ...
Ma dernière pensée, avant de conclure ce billet, sera pour Jean Lassalle, député UDF du Béarn, qui en est à sa cinquième semaine de grêve de la faim pour sauver sa vallée ... Je ne serais, personnellement, absolument pas capable de mener un tel combat. Chapeau bas, Monsieur le Député!
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