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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Vite dit, bien dit! L'express me fait parvenir quelques conseils ...

8 Avril 2014, 08:49am

Publié par Jacques Heurtault

Je reçois, à l'instant, dans ma boite à "courriels pourris" (des "pourriels"), un document qui est tout sauf ... pourri, justement! C'est bien la preuve que les ordinateurs sont bêtes comme leurs pieds... Ils ne savent pas faire les bons tris et retenir les bons critères de sélection! Heureusement que les ordinateurs coûtent de moins en moins cher. Au moins, comme ça, on a de moins en moins de regret d'en avoir acheté un!

 

C'est l'Express, cet hebdomadaire créé, jadis, par Jean-Jacques Servan-Schreiber, en pleine guerre d'Algérie, pour, notamment, lutter contre la torture, qui me l'envoie...

 

Il traite du bon usage des courriels, essentiellement en entreprise mais ces règles sont facilement extensibles à la vie courante ...

 

Jugez vous même.

 

Début de citation :

 

A l'oral, alors que la voix - ton, débit, accent, timbre - pèse pour 38% et le corps - gestes, mimiques, regard, postures - pour 55% dans la compréhension des messages, les mots ne comptent que pour 7% ! Or, par mail, vous n'avez que ces derniers pour vous exprimer. Le manager doit rester vigilant quant aux contenus pour éviter les mauvaises interprétations.

 

Piège n°1 : confier une tâche de manière floue

"Peux-tu prendre rendez-vous avec Dupont? ". L'ingénieur ou l'adjoint qui reçoit de tels e-billets laconiques sur son PC a plusieurs réactions. 1/ il risque de n'en saisir ni le contexte, ni la portée, ni l'urgence. 2/ il repousse la question à plus tard. 3/ il comprend de travers et dérange Dupont pour une mauvaise raison. En outre, votre collaborateur perd du temps et risque de vous en faire perdre à vous aussi en vous demandant sans arrêt des précisions.

A faire : Etre précis dans ses demandes. Se relire en se mettant à la place du destinataire...

 

Piège n°2 : écrire des remontrances

"Cela ne va pas ! Tu aurais dû faire comme ceci !". On ne recadre pas par e-mail ! Dépourvu de marge de manoeuvre, le lecteur du message va vouloir se justifier, ce qui conduira à une escalade de mails. Par ailleurs, il n'y a aucun apprentissage puisque le manager donne "sa" solution.

A faire : privilégier un tête à tête : en 3 ou 4 minutes on peut dire ce qu'on attend ; laisser la personne faire à sa façon.

 

Piège n°3 : écrire sa colère

"A REFAIRE", écrit en lettres capitales et en rouge... Celui qui reçoit en boomerang sur sa messagerie son dossier corrigé avec des mots barrés, des commentaires ornés de dix points de d'exclamation vit cela comme une agression. Il se croit à nouveau à l'école. En plus, il lit parfois le texte à un mauvais moment pour lui. Ce qui ajoute à son stress.

A faire : utiliser une couleur plus douce (bleu, violet) et mettre les formes en spécifiant que vous émettez des suggestions ; aller lui parler.

 

Piège n°4 : faire de l'humour

"Et roule ma poule !", c'est ainsi que ce directeur marketing d'une société de crédit terminait tous ses mails à l'équipe. Certains riaient, d'autres jugeaient cela vulgaire, déplacé, péjoratif, paternaliste... L'humour divise. Attention aussi aux phrases pince-sans-rire qu'on peut prendre pour de l'ironie ou du cynisme : "Un type intelligent comme toi devrait y arriver!" Utiliser les émoticônes ou les smileys-ponctuation suffit rarement à déminer le terrain.

A faire : éviter de rédiger les calembours ou des expressions "clin d'oeil" trop allusives.

 

Piège n°5 : faire de l'équipe un e-parapluie

"Je rappelle à tous que les réunions démarrent à 9h et non à 9h15 !". Un seul est dans le viseur mais tout le monde a droit à une e-piqûre de rappel sur la règle. Le manager se cache derrière son ordinateur pour sermonner indirectement le fautif via un mail collectif. Ce qui déresponsabilise ce dernier et démotive ses collègues toujours à l'heure. Le résultat sera nul et vous passez pour un lâche.

A faire : recadrer le retardataire chronique dans votre bureau

 

Piège n°6 : diffuser d'un clic une annonce majeure

"A partir du 15 du mois, Michel aura en charge les départements 75, le 92 et le 93... ; Zoé aura le 62, le 80, le 60, etc." C'est par ce mail informatif "à tous" que les quatre collaborateurs de ce directeur commercial d'une PME du BTP apprirent la réorganisation géographique de leur activité. Le redécoupage était inévitable avant l'intégration de deux vendeurs de plus, mais le procédé tua de facto dans l'oeuf toute discussion, notamment sur le calcul futur des primes. Dégoûté, le quatuor leva le pied.

A faire : réunir l'équipe pour l'informer des changements, entendre les questions, les inquiétudes, les propositions

 

Piège n°7 : ne pas répondre à certains mails

Dans cette entreprise, une commerciale a adressé un mail à son manager lui demandant de lui expliquer pourquoi elle n'avait pas eu d'augmentation alors qu'elle avait d'excellents résultats (+ 30% de CA en un an). Le manager n'y a prêté aucune importance. Conséquence : la commerciale a transmis ce même mail plus tard aux RH en s'étonnant du manque de considération de son n+1, le mettant en porte à faux.

A faire : ne pas laisser ce genre de demandes en friche. Le mail laissant des traces, renvoyer un message en proposant un entretien avec un choix de dates (pourrais-tu venir à mon bureau demain à 10 h pour parler de [sujet].

(1) d'après les travaux du chercheur américain Albert Mehrabian en 1967

 

Fin de citation ...

 

Je le prends pour moi. J'ai des progrès à faire ... Nul n'est parfait en ce bas monde. Pour ce qui me concerne, je me situe, modestement, au trente sixième dessous de l'Enfer ...

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