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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Le nauffrage de l'Educ Nat ...

31 Mai 2014, 09:29am

Publié par Jacques Heurtault

Sous la signature de Navisrector, un groupe de hauts fonctionnaires (du ministère de l'éducation nationale) critique sévèrement la réforme des rythmes scolaires.

Il soulève en particulier une problème lancinant qui n'a toujours pas trouvé de bonne réponse : la raison d'être de l'Education Nationale est-elle l'avenir de la Nation au travers de l'avenir de ses enfants? Est-elle l'avenir des enseignants? Est-elle l'avenir des parents?

Je reproduis ci-dessous cet article paru dans l'Express et repris par S.O.S. Education, association dont je suis membre depuis au moins 10 ans.

Début de citation :

Vincent Peillon parti, nous espérions enfin en avoir fini avec les hésitations, les effets de manche, les manoeuvres et contre-manoeuvres, les coups d'épée dans l'eau d'un ministère dont la crédibilité était déjà plus qu'écornée. Il a suffi, en quelques jours, de la parution de textes pour le moins ambigus, d'une actualité burlesque ou de mesures iconoclastes pour que le monde éducatif soit à nouveau replongé dans un de ces bourbiers dont il a le secret.  

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S'agissant de la réforme des rythmes scolaires, serpent de mer de la refondation de l'école, l'assouplissement du décret Peillon, voulu par Benoit Hamon au motif officiel de proposer des solutions face aux difficultés des communes rurales mais au motif implicite d'enterrer une réforme de plus en plus inapplicable, a fini de saborder un peu plus le projet initial et de décrédibiliser définitivement les contours d'une réforme pourtant acceptée par tous, au départ. 

Disparue la préoccupation de mettre en place une succession harmonieuse de différents types d'activités dispensées tout au long de la journée aux enfants (intellectuelles, sportives, culturelles). Finie la volonté d'alléger des journées si lourdes pour nos enfants. Enterrée la réflexion sur l'allongement de l'année scolaire pour mieux répartir les efforts dans le temps. Bonjour l'alourdissement des levers de bonne heure avec introduction des cours le mercredi. Et en contrepartie? La fin des classes le vendredi à midi pour les enseignants pendant que les enfants, seulement le vendredi après-midi, bénéficieront d'activités variées. Quel bilan!! On se moque de qui? S'agissait-il de la réforme de la semaine de travail des enseignants dont il était initialement question? On serait tenté de le croire. Quant à la question des rythmes scolaires au collège, elle n'a même jamais été esquissée. Flop et reflop cette refondation

Au final, mauvaise note: un an après l'annonce, personne n'est en rythme: ni les élèves, ni les enseignants, ni les parents, ni les élus. Trop cher, pas de coordination, encadrement douteux, et pourquoi faire? Peut-être fallait-il renforcer les associations en charge du périscolaire. Même le très socialiste maire de Lyon détricote déjà la réforme Peillhamon! Les couacs continuent et pourtant, le ministre a changé. 

Nous avions bien noté que les petits élèves français étaient moins bons que leurs homologues européens et asiatiques. Mais aujourd'hui, parle-t-on encore de PISA et de ces évaluations qui au-delà du niveau des élèves, sanctionnent gravement, les choix politiques faits par la rue de Grenelle? Tout le monde se désole, accusant tour à tour les équipes d'avant, celles de maintenant, invoquant le manque de moyens, sempiternelle excuse face à une question endémique et alibi plus commode que de remettre en question les pratiques des uns et des autres! Et hop, PISA à la trappe, on courbe l'échine...et, dans l'indifférence générale, on continue comme si de rien n'était!  

Les jeunes qui ont le bac, qui rentrent à l'université, ceux qui passent les concours des grandes écoles ont de graves lacunes en français, en expression orale, en rédaction, en langues et le début des études dans le supérieur consiste essentiellement à tenter de "remettre à niveau" (mais de quel niveau parle-t-on?) les étudiants. Pourtant les bacheliers n'ont pas acquis en temps et en heure les connaissances et savoir-faire que leurs camarades des autres pays du globe maîtrisent parfaitement depuis longtemps ! Résultat : par exemple, les étudiants qui passent les concours de recrutement pour devenir enseignants sont reçus...avec une moyenne de 6,14 (sur 20). Il faut bien les recruter pour garnir les 60 000 postes offerts généreusement par le gouvernement. Se justifiaient-ils ces postes, surtout dans le contexte économique déplorable que connaît la France? A-t-on fait autre chose que du clientélisme vers le monde enseignant, électorat majoritairement captif du gouvernement? Trop de recrutement tue le recrutement. C'est à cela que servent les fameuses écoles supérieures du professorat et de l'éducation, ce "machin" créé par Peillon? Et pourtant, personne ou presque ne semble s'offusquer de cette situation ubuesque. Le quantitatif a été préféré au qualitatif. En somme, en 2 années, on a résolu l'impossible équation : ni les profs ni les élèves ne sont au niveau ! Au secours Jules Ferry, ils sont devenus fous!! 

C'est probablement pour cette raison que le nouveau ministre a cru bon d'en remettre une couche en direction de sa "clientèle acquise" en leur offrant ce cadeau d'un jour de vacances supplémentaire, en repoussant la rentrée de 24 heures pour ne pas entamer le sacro-saint mois d'aout? Un peu indécent, non? Nous connaissons tous des personnes parmi les 3,5 millions de chômeurs, qui seraient ravis de travailler un 30 août! Les rectorats connaissent depuis belle lurette leurs dotations en postes de titulaires et de stagiaires et savent parfaitement à quoi s'en tenir pour organiser leur rentrée; alors le ministre nous prend-il pour des benêts lorsqu'il invoque un problème technique d'informatique pour justifier cette décision aberrante et risible? Le ton de son mandat est donné: il va faire de la cogestion avec les syndicats. 

Peut-être pouvions-nous espérer que les nouvelles têtes du Ministère allaient insuffler un nouvel élan à ce monstre essoufflé, dépassé, décalé? Si on peut certes se féliciter qu'une femme ait été nommée au poste de Directeur de l'enseignement scolaire (DGESCO), n'est-il pas inquiétant que ce fonctionnaire en charge de l'innovation pédagogique, n'ait enseigné qu'à une élite, mais jamais dans une école, un collège, un lycée, une université? 

La France n'a pas à bousculer les lois de la biologie et introduire la fumeuse théorie du genre à l'école. La France n'a pas besoin de demander à ses lycéens de venir habillés en jupe à l'école. La France n'a pas besoin du jour de carence syndical du 30 août! La France n'a surtout pas besoin que son éducation nationale soit la risée du pays tout entier, le repoussoir de toute une jeunesse ou le refuge de ceux qui veulent travailler à l'économie.  

Par contre, la France a besoin de redéfinir ses objectifs pour l'éducation et l'enseignement supérieur. Une réflexion aboutie sur les programmes scolaires, tellement pléthoriques que plus personne ne les comprend, est indispensable. Sont-ils donc arrêtés pour faire plaisir à ceux qui les conçoivent? L'école doit apprendre à ses enfants à lire, écrire, compter, sans compter son temps justement. Les collèges également doivent être réformés et offrir une meilleure organisation pour les élèves les plus en difficulté, car l'écart se creuse jusqu'à devenir irréversible entre ceux qui ont la chance d'avoir un environnement éducatif favorable et les autres. Les rythmes scolaires ont vraiment besoin d'être revus, modifiés, adaptés aux enfants, depuis la maternelle jusqu'au lycée. L'Education nationale doit réfléchir à ses évaluations et ses examens pour parvenir à des paliers de niveaux vraiment acquis et s'inscrire ainsi dans une comparaison équitable avec nos voisins. Enfin, le statut et la place des enseignants doivent être modernisés. 

Bref, il y a du travail, mais le jour promis du grand "retournement" de l'école, ce n'est visiblement pas pour maintenant.  

Fin de citation.

Cela fait, pour ma modeste part, plusieurs années que, ayant observé à de multiples reprises d'insupportables dérives du système lui-même, j'ai opté pour un ensemble de réformes radicales :

1. L'Education Nationale doit être conçue pour les enseignés et non pour les enseignants. Les enseignants sont payés pour travailler, pour exécuter intelligemment une politique qui est définie en dehors d'eux, même s'il est évidemment de bon aloi que l'on puisse s'entourer de leurs conseils de professionnels avertis pour, par exemple, définir les programmes et les méthodes pédagogiques.

2. Ce sont, évidemment, les parents qui ont l'autorité sur leurs enfants. La loi, toujours en vigueur, disposant que les parents, peuvent choisir leur école voire refuser d'y mettre leurs enfants parce qu'ils en préfèrent une autre qu'ils jugent plus efficace doit être effectivement appliquée. Pour ce faire, il faut mettre en place le chèque-éducation.

3. Les directeurs des établissements doivent devenir les employeurs des enseignants qui doivent perdre, par conséquent, leur statut de fonctionnaires et devenir des salariés comme les autres soumis aux mêmes règles que n'importe quels autres salariés (CDI temps plein).

4. Le premier critère d'efficacité qui doit être retenu pour les classes du primaire doit, évidemment, être celui de l'apprentissage de la lecture, de l'écriture et du calcul, y compris le calcul mental. Pareillement, le premier critère pour les collèges doit être l'apprentissage de la vie en société. Si cela s'avère nécessaire, étant largement prouvé que les élèves n'ont pas tous les mêmes facultés d'assimilation, les classes de niveau doivent être mises en place afin que chaque élève puisse progresser à son rythme propre, le redoublement n'étant pas forcément, à cause de sa brutalité, la seule solution possible ...

5. Etc.

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Jean Daumont 03/06/2014 09:49

Vous savez que je pourrais dire beaucoup de choses dans le domaine de l'Education Nationale, mais je ne dirai rien, en raison de la désapprobation totale que j'éprouve de son évolution depuis presque un demi-siècle ...On a ruiné l'autorité morale (il ne s'agit pas d'un autoritarisme) et appliqué des théories fumeuses prétendant remettre l'enfant au coeur de la pédagogie en oubliant que, pour être formé correctement, celui-ci a besoin d'une autorité morale qui est pour lui une référence nécessaire...

NB. J'ai des problémes d'ordinateur actuellement ...Je travaille avec un PC d'emprunt ...et comme mon niveau technique dans ce domaine est celui d'un ...cancre, j'ai un article sur les élections européennes en rade et le présent commentaire est le seul que j'ai "produit" depuis 8 jours...

Jacques Heurtault 03/06/2014 10:38

J'approuve sans la moindre réserve votre appréciation relative à notre "Education Nationale". Et je sais que, dans ce domaine, vous pouvez parler avec l'autorité morale que vous confère votre ancienne activité professionnelle dans ce domaine, précisément.
Tout démontre désormais que le Président de la République que, par mon vote en sa faveur, j'ai contribué à élire n'est rien d'autre qu'une "chiffe molle" incapable d'avoir la dimension politique d'un de Gaulle, d'un Pompidou ou d'un Mitterrand ...
Il rendrait service au pays en procédant, en septembre prochain, à la dissolution de l'Assemblée Nationale puis (et pas en même temps et encore moins avant!) à sa propre démission ... Ce quinquennat apparaitra, dans l'Histoire, comme une catastrophe institutionnelle ... Au moins deux autres quinquennats seront nécessaires pour redresser le bateau France qui va tout droit vers une crise majeure du niveau de celle de 1958 avant l'arrivée du Général de Gaulle.

Par ailleurs, que puis-je faire pour vous aider en informatique?

Jean Rivaud 31/05/2014 20:44

Le fait de faire porter la jupe au garçons est une bonne initiative pour que filles et garçons se sentent semblables, indifférenciés, mais il faut aller plus loin: Comme on ne peut pas demander aux filles de pisser debout et d'arroser un mur le plus haut possible, dorénavant les garçons devront s’asseoir ou s'accroupir pour soulager leur vessie. Et avant de soulever une jupe, s'assurer auparavant de ce qu'il va trouver...

Jacques Heurtault 31/05/2014 22:34

Ah! Ah! Ah! Ah! Trop drôle ...