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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Ukraine : c'était, hélas!, parfaitement prévisible ...

2 Mai 2014, 20:35pm

Publié par Jacques Heurtault

Des blindés, des hélicoptères, des soldats par centaines tenus en échec par des miliciens armés mais aussi par des civils non-armés ...!

On en reste pantois.

Ainsi que cela était parfaitement prévisible, Slaviansk, tenue par les pro-russes, est toujours aux mains des mêmes pro-russes après une journée d'assaults divers. Cette opération qui avait pour objectif la capture des principaux leaders du mouvement pro-russe ainsi, encore plus vraisemblablement, que la récupération des 8 "observateurs" de l'OSCE retenus prisonniers n'a donc, ce soir - c'est le moins que l'on puisse en dire -  pas abouti.

Aux actualités télévisées de France 2 on a pu voir des civils, notamment des femmes, tenir tête à un blindé afin de l'empêcher d'avancer.

Il faut être aveugle pour ne pas se rendre compte et continuer à nier que la population est massivement hostile au gouvernement de Kiev.

 

Cette action militaire qui a conduit à la destruction d'au moins deux hélicoptères (la dernière fois, c'était la capture de six blindés!) va avoir de très lourdes conséquences.

Les civils qui étaient plus ou moins engagés ou plus ou moins en retrait, n'osant pas s'exposer, vont se mobiliser et cela ne va pas manquer d'accroitre les tensions entre les deux camps.

Aujourd'hui même, se croyant les plus forts, à Odessa, des pro-Kiev ont voulu parader et manifester. Des contre-manifestants pro-russes s'en sont mêlés! Premier bilan des combats de rue : au moins quatre morts ... Plus grave, ces manifestants se sont, semble-t-il réfugiés dans la Maison des Syndicats ... Selon toute vraisemblance, des pro-Kiev (qui d'autres?) ont mis le feu au batiment ... Bilan : 38 morts!

 

Et il y en a qui vont continuer à soutenir que tout ça, c'est du aux provocations de spécialistes de la déstabilisation formés et directement téléguidés par Moscou! Alors même que Poutine a déclaré à plusieurs reprises que la Russie n'avait aucun intérêt d'Etat dans cette région de l'Ukraine, contrairement à la Crimée (port militaire de Sébastopol).

Au rythme où vont les choses, Poutine n'aura pas d'autres options que d'intervenir militairement dans la partie Est de l'Ukraine ...

 

Un ancien vice-président allemand (la nationalité est importante!) de l'OSCE vient de faire une déclaration à l'organe de presse Nouvelle Russie.

En voici le contenu :

 

Début de citation:

L’ex-vice-président de l’OSCE : « Le gouvernement ukrainien est assis sur un baril de poudre »

Willy Wimmer, ex-vice président de l’OSCE, explique à la chaîne RT en quoi la combinaison des politiques des gouvernements de Kiev et Washington, accusant la Russie d’être responsable de la situation actuelle dans le Sud-Est de l’Ukraine, menace la stabilité et la paix en Europe.

Willy Wimmer, OSCE. Crédit : Marco Lohrbach

Willy Wimmer, OSCE. Crédit : Marco Lohrbach

- En partant de la situation actuelle, peut-on dire que plus l’Amérique considèrera qu’elle peut punir fortement la Russie, plus les choses s’aggraveront ? Êtes-vous d’accord avec cela ?

- Je pense que la situation est extrêmement complexe et, comme nous le savons, peut rappeler la crise de Cuba, qui avait eu lieu il y a plusieurs décennies.

- Est-ce que la « guerre froide » continue ?

- Le retour à la crise cubaine ne signifie pas seulement de « guerre froide ». Si l’on se souvient que les grandes puissances dessinent généralement une « ligne rouge » les unes à destination des autres, pour les Américains, à l’époque, celle-ci passait à 90 km de Miami. Et la situation se répète en Ukraine. La Russie dessine une « ligne rouge » sur son territoire, et n’a pas intérêt à voir s’installer, dans un pays voisin, l’arsenal nucléaire de l’OTAN. Et pour cette raison, je pense que nous serons confrontés à une situation critique au cours des quelques semaines à venir, voire dans les prochains jours. Et il ne nous reste qu’à espérer que quelqu’un pourra intervenir et parer la menace de guerre en Europe.

- Et comment considère-t-on la situation dans votre pays, en Allemagne, qui est plus proche de ce qui se passe que l’Amérique ? Qu’en pense la majorité, ces jours-ci ?

- Je pense que la majorité des Allemands ressentent les problèmes réels ; en observant les événements, ils ont constamment peur. Et cette crainte peut atteindre une situation critique, qui pousse notre chancelière Angela Merkel à se rendre à Washington les 1er et 2 mai. Beaucoup pensent qu’après le retour d’Angela Merkel, la situation va changer de façon cardinale. Il ne faut pas exclure, même, la possibilité d’une menace de guerre. Et pour cette raison, il existe parmi les habitants de l’Allemagne une peur permanente. Dont ils accusent, d’ailleurs, non la Russie mais Washington.

- C’est-à-dire que Washington pousse l’Europe à la guerre. C’est bien ça ?

- Washington ne se contente pas de pousser les Européens à l’aggravation de la situation. L’Amérique a organisé les événements qui se produisent aujourd’hui en Ukraine, ce dont témoignent les déclarations de Victoria Nuland sur le fait qu’ils ont investi plus de 6 milliards de dollars dans le développement de ce qui a conduit, finalement, à Maïdan. Et maintenant, ils veulent récupérer leurs investissements.

- Vous avez été, durant de nombreuses années, un politicien et un diplomate très respecté. Qu’en pensez-vous : tout cela peut-il se terminer dans le courant du mois prochain ?

- J’espère que des négociations seront menées afin d’obtenir des accords, comme au moment de la crise cubaine, quand le lien direct entre le président Kennedy et le secrétaire général Khrouchtchev avait rendu possible la recherche d’une solution indispensable. Pour cette raison, je pense que ce n’est pas une question de négociations. Il est indispensable qu’existe un lien direct entre Obama et Poutine, car dans le cas contraire, nous risquons de voir s’installer une situation encore plus grave.

 - Quel rôle joue le gouvernement provisoire ukrainien dans cette  situation, s’il est contrôlé depuis Washington ?

- Je pense que ceux qui siègent aujourd’hui à Kiev jouent un jeu dangereux. Ils agissent contre leur propre peuple, comme s’il était leur ennemi. On ne peut pas utiliser les chars, l’artillerie et les avions contre son propre peuple, même s’il occupe des bâtiments et construit des barricades. Il y a la police pour cela, mais pas l’armée. Pour cette raison, je pense que les autorités de Kiev sont assises sur un baril de poudre, qui explosera tôt ou tard.

 

Fin de citation.

 

Clairement, je le dis avec solennité, si la situation doit empirer, je prendrai résolument parti pour les pro-russes ...

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