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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Franz Olivier Giesbert a la mémoire trop courte : il fait donc une mauvaise analyse.

20 Juin 2014, 09:19am

Publié par Jacques Heurtault

Il semble bien que, petit à petit, mon idée de construction d'un front commun programmatique entre les trois grandes forces politiques de gouvernement (UMP, Centristes, PS) fait son chemin ... Certes, nous n'en sommes pas à la construction d'un "programme commun" de la réforme résolue, franche nécessitant un large consensus pour pouvoir être mise en oeuvre. Mais il est tout à fait clair cependant que l'idée d'une TRIPOLARISATION de la vie politique française est en train d'émerger sérieusement ...

Tout le monde semble à peu près d'accord sur ce constat : il y a trois grandes forces politiques dans la compétition électorale.

- Le Front National qui vient d'être placé en tête des forces politiques avec son score de 25% aux élections européennes. Ce score est loin d'être consolidé. Pour l'instant, il est avant tout largement constitué par des votes purement protestataires. Ce parti n'est pas en mesure de gouverner la France. Mais il est en mesure d'avoir un fort contigent de députés lors du prochain renouvellement, en 2017 ... voire peut-être avant! Il disposerait alors d'un formidable pouvoir de nuisances.

- Le conglomérat UMP-Centristes qui est en pleine déconfiture organisationnelle des suites de l'affaire "Bygmalion" alias "Bigmillions"... Il pèse, maintenant, environ 30%. La Justice est lente mais finit, la plupart du temps, par aboutir. Aboutira-t-elle avant fin 2016? Je me garderai bien de me prononcer sur une telle spéculation.

- Le Parti Socialiste et sa nébuleuse "de gouvernement", à savoir les "écolos" et le PRG qui, dès le premier tour, font toujours cause commune pour éviter la dispersion dévastatrice dans un scrutin majoritaire où il faut atteindre 12,5% des inscrits pour se maintenir au second tour, objectif pas du tout facile à atteindre quand il y a trois grandes forces ...

Toutes les autres forces ne comptent plus! Exit le "Front de gauche", Exit la deuxième extrême-gauche litteralement atomisée. TANT MIEUX!

Comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire, le Parti Socialiste se trouve donc à la croisée des chemins ... Ou bien il choisit de faire une sorte "d'alliance" en poussant vers sa gauche pour faire front au conglomérat UMP-Centristes en oubliant l'adversaire principal, à savoir le Front National. Ou bien il choisit de conclure un accord politique PROGRAMMATIQUE avec le conglomérat UMP-Centristes afin de faire échec à la prise de pouvoir du Front National ...

Pour ce qui me concerne, c'est désormais décidé! En l'absence d'un accord programmatique entre le P.S (et ceux qui voudront bien s'y agglomérer) et le conglomérat UMP-Centristes, je voterai Front National ... Les conditions de l'usage de MON bulletin de vote, C'EST MOI QUI LES POSE! Personne d'autre!

 

J'en viens maintenant à l'article signé Franz Olivier Giesbert dans Le Point que je reproduis ci-dessous.

Début de citation :

"L'Histoire, en tout cas en France, est une vieille alzheimerienne dont il n'y a, pour l'heure, plus grand-chose à attendre. Observez comme une partie de notre pays gagatise, ces temps-ci, avec la conviction idiote de vivre l'antépénultième page du roman national, avant le grand soir qui ne saurait tarder.

Ce qu'on vit aujourd'hui rappelle les grandes grèves de 1995, quand une certaine France, confite de bêtise et de naïveté, s'était dressée comme un seul homme contre les excellents projets de réforme du Premier ministre de l'époque, Alain Juppé, qui s'était inspirés de travaux de la CFDT. Répétant en choeur les slogans éculés de syndicalistes antédiluviens, elle avait paralysé le pays jusqu'à ce que le gouvernement remballe tout : contre toute logique, les agents roulants avaient obtenu le maintien de leurs exorbitants régimes spéciaux de retraite.

Le mouvement était déjà mené, en ce temps-là, par les syndicats des agents roulants de la SNCF, présentés par la presse bien-pensante comme les fers de lance de la France qui souffre. La farceuse ! Enamourée, voire extatique, elle nous expliquait même qu'ils se battaient, en fait, pour les salariés du secteur privé avec un sens admirable de l'intérêt général. Défense de rire. À les fréquenter dans les trains, on ne peut pas nourrir de griefs contre ces agents, bien au contraire. Ils sont courtois, efficaces et professionnels. Une majorité d'entre eux est même contre cette grève. Mais ce n'est pas le sujet.

Les syndicats ont inventé la grève préventive comme il y a des guerres préventives. Le projet de regroupement du trafic (SNCF) et du réseau (RFF) défendu par le pouvoir ne vise en rien les agents roulants. Mais leur statut étant mirifique (retraite à 50 ans jusqu'en 2017, ensuite à 52 ans), ils sont bien conscients que ces avantages risquent d'être, un jour, remis en question. C'est pourquoi certains de leurs syndicats s'y accrochent comme la bernique à son rocher. Rien de plus humain. Ce que l'on ne comprend pas, en revanche, c'est la complaisance insane à leur égard de ceux qui réclament le retrait de la réforme, à gauche mais aussi dans l'opposition, comme Luc Chatel, un ancien ministre sarkozyste, incarnation de la droite "oui-oui", celle qui, au premier conflit, n'écoutant que son courage qui lui dit de se cacher, passe sous la table.

Le syndrome Chatel est une maladie dont la droite doit se guérir au plus vite si elle ne veut pas continuer, en alternance avec la gauche, à précipiter la France dans le déclin. C'est ce mélange neuneu de mollesse et de lâcheté qui, depuis plus de trois décennies, a tenu lieu de politique à nos grands partis. Il serait temps que l'UMP cesse d'être aussi sectaire que le PS quand il est dans l'opposition. Qu'elle commence à ne plus avoir peur de son ombre. Qu'elle songe enfin au bien commun et refuse les réflexes à la Chatel, qui commande de se coucher devant la première grève venue.

Ceux qui ont mis la France dedans, ce sont évidemment les corporatismes chauvins, représentés jusqu'à la caricature par les braillards de la CGT ou de Sud, qui, avec 14 % seulement de grévistes à la SNCF, bloquent le pays. Les profiteurs sans gêne de la SNCM qui, depuis si longtemps, travaillent avec acharnement à couler leur instrument de travail, pour le grand bonheur de Corsica Ferries. Les lois débiles sur les RTT grâce auxquelles la France est en bas du tableau en matière d'heures travaillées annuellement.

La liste des naufrageurs du pays est sans fin. Les jean-foutre de l'idéologie du déficit budgétaire qui plombe la croissance au lieu de la relancer. Les Don Quichotte de la dépense publique et les pythonisses de l'impôt-roi. Les autruches franchouillardes qui refusent de prendre exemple sur les réussites économiques allemandes, suédoises ou canadiennes. Sans oublier la culture irresponsable de l'endettement de l'État avec laquelle M. Balladur, son champion infatué, tenta de gagner la présidentielle de 1995 en faisant des chèques à la chaîne, avec le succès que l'on sait. Les niquedouilles des médias ne sauraient être exonérées, qui ne savent pas séparer le bon grain de l'ivraie, les conflits sociaux justes et les opérations de racket syndical comme celle de la SNCF. La pleutrerie bonasse de la gauche ou de la droite a fait le reste.

Plus que jamais, notre pays a besoin d'une classe politique qui sait dire non : ce n'est pas une histoire de droite ou de gauche, mais de simple bon sens. Pour une fois que le pouvoir socialiste fait preuve de fermeté face aux corporatismes, le minimum de patriotisme, pour l'opposition, serait de le soutenir avant de le vitupérer sur le reste de sa gestion, comme c'est son devoir. Il n'y aura pas de redressement sans esprit de responsabilité."

Fin de citation.

On va évidemment m'objecter qu'on ne voit pas bien le rapport entre mon propos qui précède cet éditorial et la reprise intégrale du même qui suit.

Je ne suis pas atteint de la maladie d'Alzheimer! J'ai toute ma tête ...

Pour que la "classe politique" sache dire "NON!", elle a besoin d'un soutien populaire même si ce soutien se limite à une majorité silencieuse. le slogan est célèbre pour les vieux "soixante-huitards" tels que moi! En ces temps presque immémoriaux pour notre jeunesse de moins de 45 ans qui n'était pas née en Mai 1968 (mais pas pour moi qui avait déjà 19 ans ...), d'aucuns disaient volontiers que "le pouvoir était dans la rue", ou bien "au bout du fusil" ou encore que "les élections étaient un piège à cons" ... la réponse du Peuple de France n'a pas tardé : en Juin 1968, lassé par tout ce bordel, le Peuple de France a voté! Et a envoyé une écrasante majorité de droite, nettement conservatrice, de plus de 450 députés, réduisant la gauche à moins de 100 (PS encore inexistant, PCF, etc...).

Franz Olivier Giesbert a raison de dire que les conditions existent pour une avancée réformatrice : la pensée politique a sensiblement mûri... mais n'est pas encore mûre! Très loin s'en faut ... Si le PS ne prend pas sur lui de choisir la stratégie de l'accord programmatique avec le conglomérat UMP-Centristes devant le conduire à oeuvrer à la DESTRUCTION de la "gauche" archaïque et ringarde, on retombera dans l'ornière! Avec un changement fondamental d'une des données, cependant : l'arrivée à l'Assemblée Nationale d'un fort, voire très fort, contingent de députés du Front National ...

Le calendrier politique s'y prête bien ... En Décembre 2015, des élections "locales" vont avoir lieu dans tout le pays! Il s'agira d'un scrutin à DEUX tours avec possibilité de fusion de listes entre les deux tours et donc avec l'expérimentation possible de la stratégie sus-décrite ..., à savoir :

- pas de liste "commune" entre les différentes mouvances de la gauche

- pas de fusion de listes de gauche pour affronter le deuxième tour

- constitution d'une coalition PROGRAMMATIQUE entre le PS et le conglomérat UMP-Centristes avec listes séparées ET fusion sur la base des résultats électoraux du premier tour

- gouvernance commune et loyale des départements et des régions par la coalition responsable "Conglométat UMP-Centristes/PS", préparant la gouvernance de tout le pays suivant la même logique pour les échéances de 2017.

Pour y parvenir, il serait souhaitable que la loi électorale de ces élections régionales/départementales soit modifiée afin qu'aucune liste d'extrême gauche ou de gauche extrême ne soit en capacité de se maintenir dans aucune des régions aux seconds tours sauf à choisir de fusionner AVEC le Front National (hypothèse qui reste LOUFOQUE!). Aujourd'hui, 80% du programme politique du Front National recouvre celui du Front de Gauche ...

Le Peuple de France doit avoir le choix entre confier la gouvernance du pays à des responsables authentiques qui, pour agir, ont besoin de disposer d'un consensus fort et des tribuniciens qui ne peuvent gouverner car leurs thèses, aussi généreuses soient-elles, sont tout simplement inapplicables ...

Si ma proposition ne peut éclore, alors, je choisirai de donner mon bulletin aux "tribuniciens" du Front National alliés ou pas avec les tribuniciens de l'extrême-gauche ...

LES CONDITIONS DE L'USAGE DE MON BULLETIN DE VOTE, C'EST MOI QUI LES POSE!

 

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benjamin penot 15/07/2014 15:45

Je pense que le véritable problème c'est que la bi-polarisation de la vie politique droite-gauche à fini par laisser un trouver béant au milieu...
20% d électorat de gauche et autant de droite...reste 60% de personnes ni assez riches, ni assez pauvres, pour bénéficier de la politique de l'un ou de l'autre et fini par payer le prix de la solidarité.
C'est l'absence de centre assumé, ni centre droit ni centre gauche, donc indépendant des deux formations majeures qui fait le lit du FN, en laissant croire qu'ils occupent cette place tant convoitée, celle de la défense des intérêts des classes moyennes. ..

Jacques Heurtault 15/07/2014 16:10

Hum ... pas sûr de vous avoir bien compris!
Aujourd'hui, à mes yeux, le Front National joue le rôle que jouait jadis le Parti Communiste : un parti protestataire, tribunicien que la Droite au pouvoir (il n'y avait pas de Front National à cette époque!) savait très bien gérer ... Les maires et les élus locaux communistes étaient écoutés par la droite car cette droite savait que le PCF ne voulait pas aller au pouvoir. Une sorte d'équilibre institutionnel s'était ainsi forgé.
Il y a une autre solution : un Centre puissant vraiment situé au centre (donc pouvant s'allier aussi bien avec la Gauche qu'avec la Droite) et une Gauche social-démocrate ainsi qu'une droite assumée mais républicaine (ce que n'est pas le Front National!). De la sorte, le Centre (le vrai!) est toujours au pouvoir en s'alliant tantôt avec la Gauche tantôt avec la Droite Républicaine. Malheureusement, cette construction n'est, aujourd'hui, pas du tout réaliste! C'est la raison pour laquelle j'ai imaginé une autre construction : un bloc républicain ET responsable face à un "rassemblement de toutes les protestations mais incapable de gouverner sérieusement!

Jean Rivaud 21/06/2014 14:14

"...SNCM qui, depuis si longtemps, travaillent avec acharnement à couler leur instrument de travail..."
Cela me rappelle quelque chose:
>>> Ne m'appelez plus jamais France"

Jacques Heurtault 21/06/2014 15:54

Ce serait plutôt un contre-exemple ... Le France devait mourir, n'en déplaise aux personnels qui l'on construit et n'en déplaise aux marins de la CGM (qui s'appelait, à l'origine CGT (= Compagnie Générale Transatlantique) qui le faisait naviguer à perte, c'est à dire aux frais du contribuable. S'obstiner contre les réalités économiques ne sert strictement à rien.