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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

L'arrivée de Marine Le Pen au pouvoir est-elle purement et simplement, programmée?

7 Juin 2014, 08:33am

Publié par Jacques Heurtault

Poser une telle question ressemble, en première analyse, à une véritable provocation tellement elle parait incongrue. Pourtant, à bien y réfléchir, elle mérite d'être posée!

Que nous apprend la lecture de la "grande presse", hormis la légitime commémoration du soixante dixième anniversaire de "l'invasion" de la Normandie par les troupes américano-anglo-canadiennes? Je mets le mot "invasion" entre guillemets car, les autorités politiques et militaires anglo-saxonnes, s'exprimant en anglais, employaient ce mot et non pas celui de "débarquement" (landing) pour décrire l'ensemble du processus de conquête du territoire.

Cette "grande presse" nous apprend que, dans la seule journée du 6 Juin 2014, en Méditerranée, la Marine italienne a recueilli pas moins de 2.500 personnes candidates à l'immigration en Europe ... 2.500 personnes en une seule journée! En prenant pour hypothèse plausible que ce rythme se maintienne (voire se développe!) environ 200 jours par an (l'état de la mer ne permettant pas d'envisager une traversée pour les autres jours, compte tenu de la fragilité des embarcations utilisées), nous atteignons le total -ahurissant - de 500.000 personnes! D'ores et déjà, on sait que le nombre de personnes recueillies depuis le début de l'année 2014 (5 mois) est 10 fois supérieur à celui des personnes recueillies sur la même période en 2013.

Bien entendu, il n'est pas envisageable de laisser ces personnes se noyer en mer! Nous avons l'obligation de leur porter secours sans nous demander, au préalable, si elles sont - ou pas - en situation régulière. Ce principe est acté, depuis fort longtemps (plusieurs siècles!) dans les pratiques maritimes et, depuis plusieurs décennies, dans le droit international.

Pareillement, il n'est pas envisageable de ne pas les soigner, les nourir, les habiller jusqu'à ce qu'elles soient en état de se débrouiller seules.

Là où les choses se compliquent, c'est dans la gestion ordinaire des conséquences durables d'une telle situation.

Ces personnes sont-elles des réfugiés politiques (elles fuient leurs pays d'origine parce qu'elles y sont persécutées du fait de leurs opinions politiques)? Sont-elles des réfugiés économiques (elles fuient leurs pays d'origine car on y vit bien plus difficilement qu'en Europe, surtout si on n'y a pas d'emploi)? Sont-elles des réfugiés humanitaires (elles fuient leurs pays d'origine car on y vit dans un tel état de misère que l'on est quasi certain d'y mourir à bref délai si on y reste)?

Selon l'analyse que l'on fait de la situation, le droit de l'Union Européenne n'est pas le même ... Et c'est encore plus vrai si on se réfère au droit français! Les traités qui organisent le fonctionnement général de l'Union Européenne sont tout à fait explicites : chaque pays membre a l'entière liberté de mettre en oeuvre la politique sociale qui lui parait la plus adaptée, à charge pour lui de supporter les surcoûts qu'il a librement choisi de s'imposer en préférant la générosité de l'aide matérielle à celle de l'organisation du retour systématique dans le pays d'origine des migrants.

Il s'ensuit que ces migrants s'installent, plus ou moins provisoirement, dans le pays le plus "généreux" ... Logique!

Il se trouve que la France est, d'assez loin, dans le peloton de tête voire même est en tête du peloton et conduit la "course" de bout en bout (ou presque). Ces migrants arrivent en Italie. Pourquoi? Il suffit de regarder une carte pour comprendre! Ils franchissent ensuite la "frontière" franco-italienne ... sans emprunter le col du Galibier en plein hiver et pas davantage celui du Petit Saint Bernard. Encore moins les sentiers de montagne en haute altitude où ils ont toutes les chances de se perdre ... Il est bien plus simple de passer par Vintimille et de suivre, approximativement, la côte.

Une fois en France, ils peuvent cherche à rejoindre l'Angleterre ... parce qu'on y parle anglais, tout comme dans ces pays de tout l'Est africain (Lybie, Egypte, Somalie, Ethiopie, Kenya, etc ...) pour des raisons historiques ( le Royaume Uni ayant été la puissance coloniale pendant plusieurs decennies voire un bon siècle ou presque;).

Hélas pour eux, pour rejoindre le Royaume Uni, il faut traverser la Manche ...car cet Etat est une île! Là, les choses se compliquent ...  On en a même vu un construire un esquif de fortune et vouloir traverser la Manche sans se soucier si peu que ce soit de la météo!

Nul besoin d'être un fin analyste pour comprendre qu'une telle situation ne va pas pouvoir perdurer pendant des années! Ca va, forcément, mal finir ...

Aussi, il ne faut donc pas s'étonner si l'idée de fermeture des frontières françaises fait florès ... Le choix est simple, en effet :

- soit on supprime toute forme d'aide financière à ces migrants, ce qui doit les pousser à retourner dans leurs pays d'origine. Pour cela, il faut AUSSI supprimer ces aides financières aux personnes qui vivent en situation régulière en France ... Comme il est interdit de faire une discrimination selon la nationalité, il faut les supprimer AUSSI à tout le monde!

- soit on ferme, strictement, les frontières et on met en place une procédure expéditive de retour au pays d'origine. Une telle législation existe déjà. Mais elle n'est applicable qu'aux personnes pour lesquelles on a de légitimes soupçons d'activités en lien avec des entreprises terroristes... S'il y a bel et bien des dizaines de personnes légitimement suspectables d'activités terroristes, il n'y en a évidemment pas des dizaines de milliers ...

En France, actuellement, je ne connais qu'une seule mouvance politique qui préconise une fermeture des frontières.

Je suis profondément désolé de devoir le dire mais je suis intimement persuadé que, dans les années à venir, le choix entre la destruction de notre système de protection sociale et la fermeture des frontières françaises se fera à l'avantage de la seconde solution plutôt qu'à "l'avantage" de la première ...

C'est le défi et la redoutable équation qui est posée aux responsables politiques! Il y aura DEUX camps ... Le camp de la fermeture des frontières d'un côté, le camp de la régression de notre protection sociale de l'autre. Chacun disposera de la LIBERTE de choisir le camp que, par son VOTE, il entend soutenir!

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benjamin penot 15/07/2014 17:21

Fin des prestations sociales ou fermeture des frontières...

Je pense qu'une autre voie est possible :
Si nous arrivons à federaliser l'Europe, nous pourrons mettre en place une politique sociale commune, qui signera la fin des prestations sociales nationales aux migrants et aussi une politique migratoire commune, qui donneras la réponse de l'Europe d'une unique voix.

Accueil ou renvoi, prestations sociales des migrants, ce sont des problématiques supra-nationales aujourd'hui (voir l'histoire leonarda)

si la réponse est européenne, il n'y a plus de destination privilégiée. ..plus de fermeture de frontières ou de destruction des prestations sociales nationales. ...pour la suite, légaliser la situation en acquérant la nationalité ramène le migrant sur un pied d'égalité avec les autres citoyens. ..

A l'Europe donc de fixer les règles ce gestion des flux migratoires. ..

Jacques Heurtault 15/07/2014 18:24

Finalement mon attitude provocante produit des effets bénéfiques! Un vrai débat s'installe ...
Il est évident que vous avez raison. Sauf que, vous et moi, nous ne sommes pas tout seuls! Nous sommes beaucoup moins nombreux que tous les autres! Or, en démocratie, le nombre, ça compte!