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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Les intermittents sous les feux de la rampe.

10 Juin 2014, 07:26am

Publié par Jacques Heurtault

Et un scandale de plus à dénoncer! Un! ...

C'est Sophie Coignard qui s'y colle cette fois-ci ... Article particulièrement percutant paru dans Le Point. Jugez plutôt ...

Début de citation :

 

"A Dysneyland Paris, nous sommes tous acteurs", proclame le site internet du parc d'attraction sur sa page recrutement. Et pour ceux qui n'auraient pas tout compris, un encadré sur les avantages offerts par les contrats de la division spectacle Disney précise : "Statut intermittent pour la majorité des spectacles." Et voilà, tous les amis de la culture seront heureux de savoir que le milliard de déficit annuel enregistré par l'assurance chômage des intermittents sert aussi à financer Mickey.

Pour être juste, Disneyland Paris n'est pas seul à profiter du système. Sinon, par quel phénomène le nombre de bénéficiaires aurait-il été multiplié par onze en trente ans ? Oui, par onze. Ils étaient moins de 10 000 en 1984, ils sont désormais plus de 110 000.

Des chauffeurs déguisés en artistes

Nombre de sociétés audiovisuelles ou d'évènementiel préfèrent déguiser des standardistes, des secrétaires ou des chauffeurs livreurs en assistants de production, bénéficiant du statut d'intermittents. Dès que l'activité baisse, ou que les vacances approchent, elles s'en séparent pour éventuellement les reprendre ensuite. Entre-temps, Pôle Emploi prend le relais. Et ces allers-retours ne connaissent aucune limitation : les personnels sont considérés comme des artistes ou des techniciens payés au cachet. Il leur suffit donc de travailler 507 heures en dix mois pour percevoir une indemnisation. Certaines entreprises font plus fort encore : elles s'arrangent pour employer officiellement certains collaborateurs pendant la moitié seulement de leur mission, en augmentant un peu les tarifs, tandis que la seconde moitié est financée par la collectivité. Même avec des cotisations chômage plus élevées que le régime général, c'est une fraude qui rapporte.

Réformé en 2003, le système d'indemnisation demeure très déficitaire. Un accord entre le Medef et deux syndicats, signé en mars 2014, doit s'appliquer à compter du 1er juillet. Furieux, des intermittents, entre autres actions, bloquent à Montpellier le Printemps des comédiens, deuxième plus grand festival de théâtre en France. La nomination d'un médiateur par Manuel Valls ne semble pas calmer l'ambiance.

"Unique en Europe"

Pour quelle raison ? L'accord instaure des délais de carence. Il prévoit aussi qu'un intermittent qui travaille ne pourra pas voir son revenu mensuel complété par les Assedic au-delà de 5 475 euros brut par mois. Trois à quatre fois le salaire médian des Français, ce n'est pas la misère !

Les abus ne sont pas le fait des seuls employeurs. Dans un référé de novembre 2013 sur l'indemnisation du chômage des emplois précaires, le premier président de la Cour des comptes Didier Migaud s'en prend aussi aux intéressés eux-mêmes : "Les intermittents du spectacle, écrit-il, quittent pour la plupart d'entre eux leur situation de travail quelques jours après avoir effectué le nombre de jours nécessaire pour être titulaires de droits et retrouvent souvent une activité au moment où ils ont épuisé leurs droits."

Depuis des années, la Cour des comptes multiplie les mises en garde contre cette formule "unique en Europe". Les parlementaires aussi planchent régulièrement sur la question. Mais sont-ils les mieux placés ? Dans le régime des intermittents, les prestations représentent un peu plus de cinq fois les cotisations. C'est déjà beaucoup. À l'Assemblée, c'est presque huit fois plus...

Fin de citation.

Pour ma part, je suis convaincu que ce gouvernement est totalement incapable de décider de mettre un terme à ce scandale. une fois de plus, il va capituler et céder au chantage de l'annulation des festivals que brandissent les différents acteurs de cette branche d'activité.

L'article de Sophie Coignard est particulièrement éloquent!

Je rappelle que j'ai exercé, pendant 18 ans, comme agent de l'Anpe puis de Pôle Emploi et que, très logiquement, j'ai eu à connaitre de la réalité de cette activité dont les mécanismes de financement sont particulièrement avantageux pour la plupart de ceux qui, à un titre ou à un autre, en bénéficient.

Curieusement, dans cette branche d'activité, les patrons et les salariés sont tous du même côté ... Habituellement, on a droit au clivage classique entre patrons (réputés exploiteurs!) et salariés (reconnus exploités!). Pourquoi? Parce que tous ces participants ont fait leurs comptes : le système est particulièrement avantageux pour ceux qui en bénéficient. Logique, ce sont ceux qui n'en bénéficient pas qui, par leurs cotisations, financent les avantages des premiers...

Pour résoudre ce problème, je préconise la mise en place d'un système spécifique ADDITIONNEL au régime général, financé par les seuls participants à cette branche d'activité.

Quant à la question du subventionnement du secteur économique de la culture, LA VRAIE QUESTION SOUS-JACENTE, elle doit être réglée  si telle est la volonté du pouvoir politique du moment, par l'intervention de la puissance publique. Reste à définir les modalités de cette intervention ...IL NE FAUT PAS MELANGER LES GENRES!

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Loubomyr 12/06/2014 16:20

Ce n'est pas le statut d'intermitent du spectacle qui est scandaleux, mais l'abus dans son acceptation et son utilisation. Et s'il faut bien admettre que certains petits malins profitent de la situation, il faut bien reconnaitre que la majorité des problèmes vient des employeurs. Alors si ce gouvernement ne fait pas grand chose pour remédier à la situation, que dire des autres qui, à droite, n'ont rien fait non plus. Et puis le bossu du medef à gueule de traitre de film de série B viendrait encore s'époumoner devant les micros, disant que ce gouvernement vient s'attaquer à le souplesse nécessaire à l'organisation des entreprises du spectacle; mais qu'on le laisse s'étrangler,bon débarras !!!!!!

Jacques Heurtault 12/06/2014 21:25

Puis-je vous rappeler que j'ai exercé pendant 18 ans à l'Anpe et à Pôle Emploi et que je connais donc les ficelles de la tricherie? En l'occurrence, il s'agit de cordes! Et pas des "bouts" mais de très grosses cordes comme celles que l'on utilisait pour ancrer les navires autrefois ...
Pierre Gattaz a raison! Si le gouvernement cède, il faut que le Médef quitte purement et simplement l'Unédic! Le mal vient du fait qu'il y a une connivence subjective entre les patrons des entreprises du spectacle et leurs salariés. Ces derniers travaillent 507 heures, c'est à dire trois mois et puis, Basta! ... Une journée de figurant dans un tournage qui occupe deux à trois heures de travail (compté généreusement!) est payées et comptabilisée 8 heures! Il reste donc à faire 499 heures pour atteindre le quota des 507 heures ...