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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Les profs n'ont plus le moral ...

22 Juin 2014, 09:28am

Publié par Jacques Heurtault

Faut-il y voir les premières lézardes dans la forteresse "Educ Nat"?  Je ne saurais le dire... Toujours est-il que SOS-Education, association dont je suis membre depuis désormais pas loin de 10 ans, peut-être plus, vient de commanditer un sondage auprès des enseignants. Les résultats en sont particulièrement intéressants. Aussi l'animateur de ce mouvement (dont l'intitulé explicite parfaitement l'orientation) publie en forme d'éditorial un commentaire sur les résultats de cette enquête d'opinion.

En voici la reproduction complète :

Début de citation :

C’est un véritable coup de tonnerre que ce sondage IFOP réalisé pour SOS Éducation sur le moral des professeurs du secondaire… Ils n’en peuvent plus ! Plus de la moitié (54%) dit d'ailleurs être ou avoir été en situation d’épuisement professionnel (burnout).

68% disent songer à changer de métier !

L’effondrement de l’autorité, la violence sont désormais endémiques : dans l’enseignement public, plus de 40% des professeurs estiment que leur hiérarchie ne les soutient pas ! 40% disent se faire insulter, presque 10% agresser !

15% des enseignants ne se sentent pas en sécurité dans leur établissement (en Ile-de-France, on monte à 21%) ! Plus d’un tiers estime ne pas être respecté par les parents d’élèves !

Au final, le bilan est sans appel : alors que les 2/3 des Français se disent prêts à encourager leur enfant s’il souhaite devenir enseignant, chez les professeurs, une majorité déclare le contraire. C’est surtout le cas des professeurs agrégés, plus sensibles à l’effondrement des exigences académiques, et des enseignants du public, dont les conditions de travail sont généralement plus dégradées que dans le privé.

Quand l’Éducation nationale se donnera-t-elle enfin les moyens de restaurer l’autorité et la dignité du métier d’enseignant ? Voilà notre appel du 18 juin !

Fin de citation.

Je vois, pour ma part, dans les résultats de ce sondage, une belle illustration des contradictions majeures qui traversent tout un système ...

- d'un côté une idéologie laxiste (le baccalauréat donné à presque tout le monde alors qu'une majorité des titulaires de ce diplôme n'ont manifestement pas le niveau requis pour la délivrance dudit diplôme; le refus de mettre en place des classes de niveau afin que chaque élève soit placé dans le meilleur environnement possible pour permettre sa progression dans l'acquisition des savoirs, la propension à refuser de mettre des notes, mêmes sommaires, voire de simples appréciations positives ou négatives afin de permettre à l'élève ET A SES PARENTS de mieux appréhender la réalité de ses progrès ou leur insuffisance; etc.)

- d'une autre part une idéologie fumeuse sur le "genre" là où toute personne de bon sens voit des sexes masculins et/ou féminins et, plus généralement, des thèses rousseauistes en matière d'éducation (cf Jean-Jacques Rousseau dans l'Emile, le même Jean-Jacques Rousseau, incapable d'élever ses propres enfants, n'ayant rien trouvé de mieux que de les confier à ce qui tenait lieu d'assistance publique à l'époque)

- et d'une autre part un phénoménal découragement des enseignants qui n'en peuvent plus de devoir être dévalorisés, villipendés, méprisés au point d'envisager sérieusement de changer de métier (grand bien leur fasse!).

L'heure n'est donc pas à la démobilisation mais, tout au contraire, à l'accroissement de l'intensité du combat pour un retour à des valeurs ayant depuis longtemps subies avec succès les épreuves du bon sens populaire, solide garant de la pérénité de nos sociétés démocratiques.

Hardi!

 

sep

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Loubomyr 25/06/2014 16:30

Les hussards de la république sont fatigués : ont les a privé de leurs chevaux, de l'intendance et de leurs drapeaux!!! Pas étonnant qu'ils en arrivent à ce découragement, du à plusieurs causes :
Depuis 1968, chaque ministre de l'enseignement a voulu laisser son nom à une réforme de l'école : les ordres, les contre ordres et la résistance au changement ont semé une jolie pagaille!!!
La valorisation de la réussite et le sens de la compétition ont été progressivement remplacés par la sélection par l'échec et la prédomminance des maths. ( C'est comme cela que je vois une de mes nièces, brillante BAC avec mention et maintenant interne en médecine - soit BAC+7 - faire des fautes d'ortographe énormes!!!!)
L'ecole ne forme plus des citoyens offrant des compétences et une ouverture d'esprit mais sélectionne ceux qui seront les mieux à même de répondre aux exigences de leurs futurs exploiteurs (euh pardon, employeurs) . c'est comme cela que l'on voit des CAP ou BEP de cuisine qui maitrisent l'HACCP et la non rupture de la chaine du froid mais qui vous demandent où se trouve "la poudre" lorsqu'il s'agit de faire un beurre blanc!! Pour devenir M.O.F ou Chef trois étoiles, il faut vraiment avoir le feu sacré pour échapper à la médiocrité généralisée de l'apprentissage!!!!
La place me manque pour siter toutes les autres billevesées qui ont transformé la route de l'éducation en ornières de la désillusion!!!!

Jean Daumont 24/06/2014 10:08

...et ceci d'autant plus qu'aux dernières nouvelles de ce matin, ils remettent ça avec la suppression des notes ...Où s'arrêteront la bêtise et l'erreur ?... Il est vrai, comme dit le dicton censé remonter à l'Antiquité romaine qu' ..."errare humanum est"...

Jacques Heurtault 24/06/2014 11:09

Hélas, oui! "Ils" veulent tuer toute idée de compétition, y compris avec soi-même sur la base d'une évaluation effectuée par une tierce personne, l'enseignant précisément!
Errare humanum est; perseverare diabolicum!
Il se confirme, semaine après semaine, que pendant toute la campagne électorale des "présidentielles/législatives", y compris les "primaires", je devais être en état d'ébriété ... Pourtant, je bois très peu! Un verre de vin, désormais, peut me troubler l'esprit ...
Vivement qu'ils dégagent! Stop!

Jean Daumont 23/06/2014 10:59

Vous savez que j'ai de bonnes raisons de connaître le problème, que j'ai connu successivement comme Professeur, puis comme Chef d'Etablissement ...Il faut remonter à 1968, donc bientôt à un demi-siècle, quand s'est instauré le culte de l'enfant-roi, avec l'accord des syndicats d'enseignants de gauche et les parents complices de la FCPE ...Alors les enseignants et les parents concernés peuvent toujours déplorer la situation, leurs prédécesseurs l'avaient cherchée ...Larmes de crocodiles d'autant plus étranges que le gouvernement est de gauche !...

Jacques Heurtault 23/06/2014 11:09

Il ne faut jamais désespérer et il n'est jamais trop tard pour corriger des erreurs ...
Patience et longueur de temps ... Voyez Pénélope, bel exemple de pugnacité, d'opiniâtreté, de constance, de détermination!