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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Grèce : l'intox européiste a déjà commencé!

29 Juin 2015, 08:23am

Publié par Jacques Heurtault

Je viens d'écouter Sapin sur France Inter ... Il est rare de constater à quel point l'intoxication idéologique fonctionne! Admirablement, hélas!

La thématique de la discussion portait sur la situation ... en Grèce. Comme si la Grèce était devenu le centre névralgique du monde entier!

Un tissu de mensonges, rien de moins, rien de plus! Il va donc falloir remettre les pendules à l'heure.

1. Dès l'annonce faite par Alexis Tsipras de la perspective d'un référendum, c'est l'Allemagne qui a déclaré que, dans ces conditions, les négociations au sein de l'Eurogroupe étaient rompues, prouvant par là même que l'Allemagne ne supporte pas l'idée même d'un référendum. Ce n'est que le lendemain que le discours public a été révisé et que ceux qui, quelques heures plutôt, jugeaient irresponsable l'attitude de Tsipras ont reconnu que le moindre des droits d'un chef de gouvernement c'était de faire appel au peuple pour obtenir son soutien.

2. Déjà, au moment de l'éclatement de la crise grecque, en 2010, Papandréou avait lancé la perspective d'un référendum. Cette idée avait été violemment critiquée par les dirigeants européens de l'époque. Il est tout fait clair que les politiciens ne supportent pas l'idée que le peuple donne son avis, sauf, bien entendu, si ils sont certains que le peuple prendra la "bonne" décision. Manque de "bol" : ça ne fonctionne pas comme ça!

3. La question posée aux Grecs n'est pas de choisir de rester dans la zone euro ou d'en sortir! Elle est d'approuver ou de rejeter les propositions de l'Eurogroupe qui se résument à un renforcement de l'austérité dans des proportions ahurissantes. Le peuple grec va être consulté et il va donner sa réponse, SOUVERAINE.

4. Il est notamment demandé à la Grèce de dégager un "excédent budgétaire primaire de 1%". Mais comment peut-on exiger d'un pays exangue qu'il dégage un tel excédent lorsqu'on est soi-même incapable d'en faire autant? c'est le cas de la France et pas seulement de la france mais de presque tous les pays du monde. Une telle attitude n'est rien d'autre qu'une insulte!

5. Le peuple grec a élu une nouvelle majorité il y a moins de six mois. Que font ses partenaires de l'Eurogroupe? La plus élémentaire des corrections consisterait à tenir compte de cette décision souveraine et à laisser le nouveau gouvernement grec conduire la politique pour laquelle il a été mandaté. Eh bien, non! A Bruxelles, ils n'en ont rien à faire ... Il n'y a qu'une seule politique à conduire : celle qui est conforme aux décisions prises par les principaux pays, quand bien même ces décisions ne seraient pas conformes aux traités. On a déjà eu un précédent : la France et l'Allemagne ont, d'un commun accord, décidé, en 2004, de s'affranchir des contraintes budgétaires imposées par les traités. Il est particulièrement scandaleux que l'on puisse exiger d'un pays - la Grèce - qu'il fasse aujourd'hui ce que, en leur temps, les autres n'ont pas eux-mêmes voulu faire!

6. Si Tsipras n'obtient pas le résultat qu'il espère, à savoir un Non massif, il devra démissionner ... Eh bien, non! Ca ne se passe pas comme ça. Tsipras devra simplement mettre en oeuvre la décision prise souverainement par le peuple grec, quelque soit cette décision, même si elle ne plait pas aux créanciers.

 

Pour ma modeste part, j'approuve pleinement la décision du Parlement Grec de recourir à un référendum. Il convient, en effet, de ne pas oublier que, en Grèce, il est impossible à un gouvernement de recourir à un référendum si le Parlement ne l'y autorise pas. On aimerait bien que cette perspective soit envisageable en France également! Force est de constater qu'il n'en est rien et que l'usage ou le non-usage du référendum en France relève du fait du prince qui n'a pas à justifier sa décision. Pour preuve, il n'est toujours pas possible, en France, de mettre en place la procédure du référendum d'initiative populaire!

 

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Guillaume 29/06/2015 17:03

ravi de votre revirement concernant la grece et entierement d accord avec votre analyse.j ai aussi ecoute sapin.pitoyable.nous allons droit dans le mur.a bientot

Jacques Heurtault 29/06/2015 17:30

Je confirme que je suis extrêmement choqué par cette hostilité au référendum lancé par Tsipras. Une telle attitude est rien moins que scandaleuse. Tsipras est au pouvoir depuis 6 mois. La plus élémentaire des honnêtetés, c'est de lui laisser sa chance. C'est d'autant plus légitime que la situation en Grèce s'est - au prix d'efforts monstrueux que nous-mêmes n'aurions jamais acceptés - sensiblement améliorée (si toutefois il est permis d'employer ce mot!). Aujourd'hui, la Grèce dégage un léger excédent budgétaire primaire, chose que nous mêmes sommes incapables, pour le moment, d'obtenir. Comment peut-on avoir l'outrecuidance d'exiger des autres quelque chose que nous sommes incapables de nous imposer à nous mêmes?