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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Grèce : la France mauvaise donneuse de leçons budgétaires

30 Juin 2015, 13:24pm

Publié par Jacques Heurtault

Au risque de fatiguer les lecteurs avec des chiffres fastidieux comportant souvent beaucoup de zéros (ce qui finit par troubler la vue!), je vais fournir ici quelques données essentielles qui vont permettre à chacun de mieux comprendre la réalité de la situation de la Grèce comparativement à la France.

1. La dette grecque, c'est environ 300 milliards d'euros pour une population d'environ 10 millions d'habitants. La France, elle, a une dette d'environ 2.000 milliards d'euros pour une population d'environ 66 millions d'habitants.

La première constatation qui s'impose, c'est que la Grèce, rapportée à sa population n'est donc pas plus endettée que la France. Ceux qui veulent effrayer le bon peuple en dévelopant l'idée que la Grèce est au bord du gouffre car beaucoup trop endettée sont donc soit très mal informés soit des menteurs.

2. Le budget de la République française (je ne parviens pas à me résoudre à employer l'expression "Etat français", historiquement connotée) est, au niveau de ses RECETTES, de 279 milliards d'euros alors que le déficit est de 76 milliards d'euros (ce qui revient à dire que les dépenses sont de 355 milliards d'euros). Le déficit ANNUEL représente donc un peu plus de 27% des recettes. Autrement dit, il faudrait augmenter les impôts d'environ 27% pour faire disparaitre non pas la dette publique mais l'accroissement annuel de celle-ci...

3. Chaque année, l'Etat, sur son budget, paie environ 45 milliards d'euros d'intérêts sur la dette en cours (les 2.000 milliards évoqués plus haut). On voit immédiatement que si on fait abstraction du paiement de ces intérêts (pour conduire une comparaison utile avec la situation de la Grèce), la France est dans une bien plus mauvaise situation que la Grèce car ce dernier pays, sur le plan de ses finances publiques, dégage un excédent dit "primaire" tandis que la France, elle, en est encore à un DEFICIT primaire d'environ 31 milliards d'euros (46 + 31 = 76). Pire même : pour faire jeu égal avec la performance économique de la Grèce, il faudrait que la France puisse dégager un excédent primaire d'environ 20 milliards d'euros soit obtenir une progression de ses recettes fiscales de 51 milliards d'euros (31 + 20 = 51). Sans compter la nécessité de devoir payer les intérêts de la dette en cours... Je fais abstraction de cette contrainte puisque j'ai dit que je prenais la même hypothèse pour la Grèce. Il faudrait donc augmenter les impôts, en France, d'environ 18% (et, bien évidemment, les maintenir à ce niveau sine die ...!). Bien entendu, on pourrait tout aussi bien BAISSER les dépenses de 51 milliards d'euros et les ramener à 305 milliards d'euros (et, bien entendu les maintenir à ce niveau sine die ...!).

4. On se souvient que la France, au moment de la crise "grecque", a "racheté" des créances à des banques qui avaient prété beaucoup d'argent à la Grèce et craignaient de ne pas être remboursées. Le montant de ces créances rachetées étaient de 40 milliards d'euros. Comme, à l'époque (mais c'est toujours le cas actuellement), la France était endettée, elle a du emprunter ces 40 milliards d'euros sur les marchés internationaux pour pouvoir prêter cet argent à la Grèce afin que celle-ci puisse, à son tour, payer ses créanciers. Le comble de la monstruosité est atteint dès lors que l'on sait que la France, en prêtant de l'argent à la Grèce, fait des bénéfices car elle a accès aux marchés financiers internationaux dans de bien meilleures conditions que la Grèce. en gros, elle emprunte, par exemple, à 2% et re-prête ensuite à la Grèce à 3% voire 4 ou 5% ...

 

On voit bien que ce système financier est complètement pourri! Des organismes détiennent des créances sur d'autres organismes. Les premiers ont besoin d'être remboursés pour pouvoir rembourser leurs propres dettes. Si la chaine se brise, c'est l'ensemble du système qui risque de s'effondrer. On peut faire une comparaison avec la fabuleuse panne électrique qui avait paralysé la France en 1978. Le réseau de distribution d'électricité, en surchausse du fait d'une demande électrique très forte s'était mis de lui-même "en berne", ce qui avait eu pour effet de reporter la demande sur d'autres centrales nucléaires qui se sont, à leur tour, mises en berne par mesure de sécurité ... jusqu'à ce que les trois quarts du réseau électrique français soit "en arrêt" (qui plus est, intempestif donc plus difficile à remettre en route!).

Clairement, il n'y a que la puissance publique internationale qui soit capable de maitriser ces cinglés qui sont "aux commandes" du système financier international alors même qu'ils pensent non pas à l'intérêt général mais à leurs seuls intérêts personnels et égoïstes, sans s'occuper de savoir si, par leurs "actions", ils provoquent de monstrueux dégats...

Cette chienlit internationale a désormais assez duré!

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I-Cube 30/06/2015 18:17

Eh éh, quand on commence à compter...
Notez que plus personne n'apprend à compter, tout juste les additions quand ils disposent d'une calculette.
Les soustractions, jamais.
Alors le reste, n'y pensez même pas !

Jacques Heurtault 30/06/2015 18:43

Eh oui! Je reviens à mes anciennes amours ... (Bac Mathématiques élémentaires avec mention Assez bien 1967).
Je suis plusieurs fois par jour l'évolution de la situation et l'évolution du débat public sur diverses chaines de télé. Je suis véritablement sidéré de l'incroyable mauvaise foi de nombreux intervenants... Tout particulièrement de ceux qui soutiennent que si les Grecs votent NON, cela signifiera qu'ils disent Oui à la sortie de l'euro ... Le monde médiatique et politique est réellement complètement pourri. On a bel et bien affaire à des journaleux de merde et à des politicards qui s'imaginent qu'ils vont encore nous berner jusqu'à la Saint Glinglin.