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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Solution pour la Grèce...

28 Juin 2015, 11:36am

Publié par Jacques Heurtault

Ceux qui lisent régulièrement mon blog (bientôt 10 ans d'existence!) savent que je n'ai pas toujours été particulièrement tendre pour la Grèce. j'ai, jusqu'à assez récemment, considéré que la Grèce DEVAIT rembourser sa dette car, pensais-je, il n'y avait aucune raison d'absorber une troisième banqueroute de l'Etat grec en un peu plus de 150 ans.

Aujourd'hui, je change radicalement mon point de vue ... Il me faut donc m'en expliquer.

Force est de constater que le nouveau gouvernement grec d'Alexis Tsipras ne porte aucune responsabilité de la situation dans laquelle il a trouvé le pays en accédant au pouvoir il y a environ six mois. On ne peut pas en dire autant de Samaras qui est issu de la même famille politique que les Caramanlis et autres leaders de la droite conservatrice et libérale. Dans le même esprit Papandréou est lui aussi complètement disqualifié et, avec lui, la "gauche" prétendument socialiste. La droite aussi bien que la "gauche" ont également contribué à mettre le pays dans la situation dans laquelle il est actuellement.

Lorsque la crise grecque est survenue, les taux d'intérêts que ce pays a dû subir pour pouvoir financer son fonctionnement ont grimpé dans des proportions invraisemblables, ce qui a eu pour conséquence non pas de soulager le pays mais tout au contraire de le plonger encore plus au fond de l'abîme. Quel pays, quel emprunteur peut décemment payer des taux d'interêt de 15% quand l'inflation est très faible voire proche de zéro? Aucun!

Un plan de rigueur a été mis en place qui a eu pour conséquence principale non pas de permettre d'accroitre les richesses produites mais tout au contraire de provoquer l'effondrement du produit intérieur brut, le faisant chuter de 25% ... Ainsi, avec moins de richesses produites, on demandait à la Grèce de rembourser encore plus ... Autant dire que cette perspective était vouée à l'échec!

Non content de constater l'échec de cette politique, on demande à ce pays de s'imposer encore plus de privations! Il ne fait aucun doute que les résultats vont être exactement les mêmes ... en pire! L'obstination est une mauvaise conseillère, surtout en politique.

 

Que savons nous de nouveau sur la situation en Grèce?

1. Le budget primaire de l'Etat grec - c'est à dire le budget tel qu'il est si on ne prend pas en considération le problème de la dette - est devenu exédentaire ... Le régime des restrictions a été d'un tel niveau et d'une telle rudesse que désormais la Grèce dépense moins qu'elle ne fait rentrer de recettes fiscales (toutefois, le problème est exactement inverse si on incorpore la ligne budgétaire "dette"). Si les informations que l'on veut bien nous donner sont exactes, la France, avec ses deux mille milliards d'euros de dette n'est même pas dans cette situation! C'est dire à quel point, malgré les difficultés de l'Etat grec, la situation s'est malgré tout améliorée ...

2. Alexis Tsipras, élu sur un programme politique connu de tous, pousse la loyauté (et la finesse politique!) jusqu'à soumettre à référendum les propositions des créanciers de son pays. Imagine-t-on un tel processus démocratique en France? Evidemment non! Comment peut-on exiger de la Grèce une chose que nous n'accepterions jamais pour nous mêmes?

 

Dans un tel contexte, je suis donc amené à revoir d'une manière radicale mon positionnement politique au sujet de la Grèce. Désormais - et jusqu'à plus ample informé - je soutiens sans restriction l'atttitude politique de Tsipras.

Que va décider, in fine, le peuple grec? Je suis bien incapable d'en dire quoi que ce soit! Nous aurons, selon toute vraisemblance, la réponse dans la nuit de Dimanche à Lundi ... Je trouverais particulièrement cocasse que tout cela se termine par la capitulation sans condition de l'Eurogroupe, par l'annulation pure et simple de toute la dette grecque puis, à terme, par la sortie de la Grèce non pas de la zone euro mais de ... l'OTAN! Libérée de la lourde contrainte du budget militaire, la Grèce pourrait - je suis sérieux - demander la protection de la Russie afin de se prémunir des visées guerrières que les "occidentaux" ne manqueraient pas de développer.

Décidément, nous vivons une époque intéressante!

 

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I-Cube 29/06/2015 08:17

Passionnante même !
Le "monde d'avant" n'arrive même plus à faire barrage au "monde d'après" qui s'infiltre partout avec patience.
Magnifique.

Là encore, les dépenses militaires grecques rapportées au PIB sont les plus fortes de l'Euroland.
Y'a comme un souci, faut-il reconnaître !

Jacques Heurtault 29/06/2015 09:12

Comment se fait-il que les Etats créanciers de la Grèce (la France et l'Allemagne principalement) ne demandent pas à la Grèce de supprimer ses dépenses militaires ou, au moins, de les réduire fortement? La réponse est simple : la France et l'Allemagne sont deux des principaux fournisseurs d'armes de la Grèce! Si la Grèce agissait ainsi, la balance du commerce extérieur et, par conséquent, la balance des paiements s'en trouveraient affectées... Dans un premier temps, la France et l'Allemagne pourraient annuler les dettes représentant la contrepartie en valeur de ces achats de matériels militaires. Cela allègerait d'autant la dette grecque.