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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Grèce/ Europe : Vingt fois redire les évidences ...

7 Juillet 2015, 09:27am

Publié par Jacques Heurtault

1. Si la Grèce est dans une telle merde, la responsabilité principale en incombe aux pays européens qui ont prioritairement voulu se sauver eux mêmes en enfonçant la Grèce et qui, ce faisant, ne se sont pas le moins du monde sauvés et ont quand même réussi à plonger la Grèce dans le chaos financier, économique, social et politique.

2. La situation financière de la Grèce n'est catastrophique qu'à cause de la contrainte de remboursement de la dette et, surtout, du paiement des intérêts. Aussi incroyable que cela puisse paraitre, la France et l'Allemagne gagnent de l'argent sur le dos du peuple grec en prêtant de l'argent (environ 100 milliards d'euros) à des taux d'intérêt qu'eux mêmes ne supporteraient pas. La France notamment emprunte aujourd'hui de l'argent à un taux nettement inférieur à 1% alors qu'elle prête à la Grèce à un taux de l'ordre de 2,6% (pour une inflation quasi-nulle!).

3. La France et l'Allemagne ont - c'est tellement "vrai" que cela n'en est même pas croyable - un "déficit primaire" de leurs budgets respectifs alors que, dans le même temps, la Grèce, elle, est en excédent budgétaire primaire d'environ 1%, ce qui veut dire que, hors le remboursement de la dette et hors le paiement des intérêts dûs, la Grèce est en mesure de subvenir SEULE à ses besoins. "On" (c'est à dire la France et l'Allemagne) exige de la Grèce une discipline budgétaire qu'on n'est pas capable de s'imposer à nous mêmes et que l'on n'a pas été capable de nous imposer à nous mêmes depuis au moins quarante ans (déficits publics). Pire encore : la France et l'Allemagne ont instauré des règles de discipline budgétaire dans le cadre du Traité de Maastricht qu'elles ont été les premières à violer allègrement dès 2003/2004 (et même avant!). "En gros, c'est "Faites ce que je vous ordonne et ne vous occuper pas de savoir si je m'afranchis moi-même des contraintes  que je vous impose!". C'est rien moins que ahurissant pour ne pas dire carrémént scandaleux!

4. Les palliatifs, les "trucs" et les "machins" mis en oeuvre comme autant de prétendues "aides" sont en réalité des pare-feu destinés à ce que l'incendie ne gagne pas d'autres pays, en particulier l'Italie, le Portugal, l'Espagne et l'Irlande mais aussi ... la France! Il en est ainsi des "aides humanitaires" que la Commission Européenne s'apprête à verser à la Grèce! Ces aides, le peuple grec n'en verra pas le moins du monde la couleur. Le mécanisme est très subtil : si la Grèce ne rembourse pas son échéance de 3,5 milliards d'euros le 20 Juillet, la BCE ne pourra plus verser les "emergency liquidities assistances" (ELA) car les traités européens en vigueur le lui interdisent. Or la Grèce a besoin de ces liquidités pour que les banques grecques ne soient pas toutes déclarées en faillite le 21 Juillet prochain. D'ores et déjà, l'économie grecque est proche de l'arrêt pur et simple puisque les clients ne sont plus en mesure de payer leurs fournisseurs et que ceux ci vont donc, faute de clients, bientôt cesser leur production (dans quelques jours!). D'où cette "astuce" qui consiste à verser une aide humanitaire qui ira ... dans le système bancaire grec (et pas du tout dans la poche des Grecs nécessiteux!) afin de lui permettre de ne pas mourir asphyxié ... Et voilà comment on prétend résoudre les problèmes ...!

5. Bien entendu, la Grèce ne va pas se préoccuper de réguler le flot incessant des "réfugiés" prétendument politiques mais en réalité économiques qui entrent quotidiennement sur son territoire. Quand on a le feu chez soi, on se préoccupe D'ABORD d'éteindre le feu, pas d'installer des tuyauteries en vue d'avoir de l'eau disponible pour les incendies futurs! Réaction de pure bon sens! Personnellement, c'est comme ça que je réagirais s'y j'étais confronté à un tel problème!

6. La solution est pourtant simple : autrefois quand il y avait le feu dans une maison au sein d'un un village, TOUTES les personnes valides étaient tenues de faire la chaine avec leurs seaux personnels pour apporter l'eau destinée à éteindre l'incendie dans la maison! Le but n'était évidemment pas de sauver la maison (ni même - peut-être - les gens qui étaient coincés dedans!) mais d'empêcher le feu de se propager à tout le village! Chaque villageois avait présent à l'esprit que sa propre maison risquait de disparaitre elle-aussi ... Quant à ceux qui avaient commis le crime de ne pas participer à l'action commune, on savait le leur faire comprendre dans les jours et les semaines suivantes ... Les piloris étaient notamment là pour ça! Et cette politique produisait ses effets attendus : quand sonnait le tocsin, tout le monde se mobilisait car il y allait de la survie de tous.

7. Le ressort qu'il convient donc d'actionner aujourd'hui face aux problèmes de la zone euro (dont la Grèce n'est qu'un épiphénomène) n'est donc pas le refus d'aider la Grèce car cela équivaudrait à lancer le "sauve qui peut" général mais, bien au contraire, à "battre la générale" et à mobiliser, sous la contrainte, les instruments utiles quand bien même les "règles" juridiques ne seraient pas scrupuleusement respectées ... L'état de guerre justifie pleinement le recours aux moyens appropriés pour y faire face. Ces moyens doivent être utilisés avec discernement mais avec fermeté. Connaissant les résultats du référendum en Grèce, les autorités françaises avaient le devoir impérieux de fermer les marchés boursiers afin de prévenir tout risque de panique. Bien entendu notre pauvre président en a été complètement incapable et notre matamore de Matignon, atteint de fébrilité chronique, a été tout aussi inéfficace.

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