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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Oxi! Le Peuple grec a dit NON! Il faut, maintenant, occire l'austérité.

6 Juillet 2015, 18:22pm

Publié par Jacques Heurtault

Quelle magnifique leçon de démocratie! Je craignais une victoire du "oui à l'austérité". J'espérais une petite victoire du "Non à l'austérité". Nous avons eu droit à un véritable raz de marée en faveur du refus de l'austérité ...

Que demander de plus? C'est la première réaction qui vient à l'esprit. Il serait particulièrement dangereux de se satisfaire d'une telle réponse.

1. Il faut bien en convenir : Tsipras sait faire de la politique! Il est clair que proposer un référendum sur le programme insensé de prolongation puis de renforcement de l'austérité tels que voulu par les instances européennes au peuple grec est un véritable coup de génie. Le calcul de Tsipras était que le peuple grec ne pouvait que dire massivement "Non". Nous en avons la preuve par la réaction virulente des instances européennes à l'annonce du référendum le 26 Juin. Elles aussi savaient bien que la réponse serait Non. Or elles avaient besoin d'un "Oui" ... de la part du Gouvernement grec. Donc, rejet de l'initiative elle-même.

2. Puis sont venus les innéfables sondages... qui, O Miracle! donnaient tous le "oui" vainqueur. Il ne s'agissait, évidemment que d'une tentative d'intimidation et d'intoxication. Sait-on jamais? Supposons que le oui l'emporte avec une majorité très faible ... Nous aurions eu droit à un formidable tapage politico-médiatique dont les moindres rouages étaient déjà ficelés ou presque. 

3. La douche est venue, glacée ... C'est Non avec une majorité plus que très confortable de 61%... obtenue en moins de 8 jours de campagne! C'est dire à quel point le peuple grec en avait vraiment ras le bol ...

4. Quoi? Des gouvernants qui ont tous trempés dans les magouilles du clientélisme outrancier et qui sont donc, seuls, responsables de la situation économique faussée de la Grèce osent mettre en oeuvre un programme d'austérité dont les Français n'auraient pas supporté le dixième. Ceci a pour effet de PROVOQUER l'effondrement de toute l'économie du pays (PIB en chute de 27%!) et, par conséquent, de renforcer le poids de la dette. Ces mêmes prétendants qui ont été chassés du pouvoir reviennent avec l'impudence des violeurs pour oser demander au peuple d'approuver une prolongation et un renforcement du programme d'austérité. Ils ont été - il faut s'en réjouir - désavoués par le peuple lui-même.

5. Face à la situation née de cette formidable réaction populaire grecque, il n'y a qu'une seule attitude à adopter : soutenir avec vigueur les initiatives du gouvernement grec "Syriza" ainsi que ses leaders dont le très sympatique Alexis Tsipras. Il n'est pas temps de faire la fine bouche et encore moins de mettre en exergue telle ou telle proposition discutable du gouvernement grec. Il faut tout prendre, sans barguigner. Et tout soutenir, sans barguigner!

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I-Cube 07/07/2015 07:57

C'est un peu toute la différence entre "Tsi-tsi-passe" et notre "Mes-Luches" qui ont globalement le même programme politique, économique et social, en plus de la même position face à la monnaie unique.
L'un a une gueule de gendre parfait ;
L'autre... on ne le prendrait même pas en stop sur le bord de la route un jour de canicule !
(Vieille blague "recuite" qui circulait sur Georges Marchais : Vous aurez reconnu le clin d'œil, espère-je !)

Jacques Heurtault 07/07/2015 10:27

C'est vrai qu'il a une gueule bien sympathique notre Alexis Tsipras ... Quant à dire qu'il a le même programme politique et économique que Mélenchon, c'est un peu vite dit! Il doit gérer une situation qu'il n'a en rien contribué à créer. Tout le monde peut CONSTATER que c'est la mise en oeuvre manifestement anarchique d'un plan d'austérité proprement inhumain qui a créé la situation que nous connaissons et qui a conduit le peuple grec à dire "Stop!" (le pompon revenant à l'effondrement du PIB de la Grèce de plus de 25%!). Non content de faire cette élémentaire constatation, les mêmes (les "créanciers") remettent une deuxième fois le couvert! Le message qu'ils envoient de la sorte est simple : "On n'en a rien à foutre des élections et des votes populaires. Ce que nous voulons, c'est une régression absolue du niveau de vie du plus grand nombre possible de gens afin que les plus riches deviennent encore plus riches!". Le plus drôle, c'est qu'ils s'étonneraient presque de la réaction violente qui sort des urnes ... Un comble!