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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

C'est le secret le mieux gardé dans le spectacle vivant. Il porte sur le nombre

11 Août 2015, 17:06pm

Publié par Jacques Heurtault

C'est le secret le mieux gardé dans le spectacle vivant. Il porte sur le nombre de représentations des spectacles subventionnés. Selon le ministère de la Culture, il s'élève en moyenne à seulement 3,2 représentations par saison dans le lieu qui a créé le spectacle. Pour une création théâtrale, si l'on inclut les tournées, le chiffre passe à 9,3 représentations par saison. Ces chiffres -bien cachés au fin fond du budget du ministère- corroborent ceux publiés en 2007 par la société d'auteurs SACD. Selon cette étude portant sur les Centres dramatiques nationaux, une création est représentée seulement 6,5 fois par an et par établissement -un chiffre qualifié de "faible, voire très faible". L'étude avait déjà été très mal accueillie par les théâtreux. Elle avait été réalisée en épluchant un par un les programmes de chaque théâtre, vue l'absence de toute statistique sur le sujet. Une faiblesse ancienne Dans tous les cas, beaucoup d'argent est donc investi pour un public restreint. Comme on le dit pudiquement dans le jargon du secteur, les nouveaux spectacles ne sont pas assez "diffusés". Et cette faiblesse ne date pas d'hier. "Le nombre de productions s'accroît, alors que la durée de vie de chaque spectacle diminue. Les comparaisons européennes sont édifiantes: la France est le pays où l'on produit le plus, mais où l'on diffuse le moins", écrivait en 2004 Bernard Latarjet dans un rapport commandé par le ministère de la Culture. Ce grand spécialiste des politiques culturelles ajoutait: "le coût d'un spectacle français est régulièrement plus élevé que dans d'autres pays. Le différentiel couramment constaté de +20% à +30% apparaît comme étant la conséquence du prix du travail artistique, et de la faiblesse de l'exploitation". Impossible de générer du bouche-à-oreille Même constat dans un autre rapport remis rue de Valois en 2012: "les productions ne sont pas jouées assez longtemps au sein de la structure de création d’origine. Les durées d’exploitation des spectacles se réduisent d’année en année", écrivaient Serge Dorny, Jean-Louis Martinelli, Hervé-Adrien Metzger et Bernard Murat. Pour eux, "il est préférable de présenter une oeuvre sur une longue série même si la salle n’est pas pleine, plutôt que pour quelques représentations à guichet fermé qui ne laisseront que peu de chance d’attirer de nouveaux amateurs" -en clair, qui empêchent tout bouche-à-oreille. Moins de représentations = moins de pertes Ce dernier rapport avançait une explication: "paradoxalement, la pression de la logique d’équilibrage financier a conduit de plus en plus de programmateurs à réduire les séries de représentations pour afficher des taux de fréquentation élevés et réduire les pertes". Autrement dit, étant donné que chaque représentation est lourdement déficitaire, réduire le nombre de représentations permet de réduire les pertes...

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