Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Chômage Août 2015 : encore la hausse! 6.292.400 inscrits ...

25 Septembre 2015, 15:41pm

Publié par Jacques Heurtault

Faut-il s'en étonner? Le chômage, ce mois-ci encore, est en hausse ...

Le nombre total de personnes inscrites à Pôle Emploi, toutes catégories confondues, France entière, sans aucune correction de "variations saisonnières" ou de "jours ouvrés" atteint donc 6.292.400 personnes.

Le mois dernier, le chômage était de 6.231.500 et l'année dernière il n'était que de 5.922.100 ... Sur un an, cela fait donc une hausse de 6,3%.

En août 2012 (soit 4 mois après l'entrée en fonction de Hollande), ce même indicateur, défini de la même manière selon les mêmes méthodes, était de 5.277.900 personnes. La hausse, sur trois ans, est donc de 1.024.500 (un million vingt quatre mille cinq cents), soit, en pourcentage, une hausse de 19,4% en seulement trois ans. Si la tendance se maintient, en mars 2017 (derniers chiffres accessibles avant le premier tour de la présidentielle), la hausse devrait atteindre 29,6%. On peut donc estimer que le nombre de personnes inscrites à Pôle Emploi à la fin Mars 2017 sera de 6.840.200 ...

Comme il y a tout lieu de croire (et de craindre!) une aggravation de cette tendance d'ici à l'échéance électorale de 2017, on peut supputer que le niveau des 7 millions de personnes inscrites à Pôle Emploi sera, hélas!, atteint ...

On dispose, désormais, de suffisamment de recul pour faire une comparaison avec la "gestion Sarkozy".

Quel était le nombre de personnes inscrites à Pôle Emploi en août 2007? A défaut de pouvoir retrouver ce chiffre aisément (le support de la Dares a été modifié!), je vous livre la donnée la plus ancienne que j'ai pu retrouver : Mars 2009. Il y avait, à l'époque 4.179.400 inscrites à Pôle Emploi (Anpe). Ce chiffre doit être comparé, pour faire des comparaisons cohérentes, avec les 5.277.900 de Août 2012 et les 6.231.500 d'Août 2015 ...

Pour faire court, 4.200.000 en Mars 2009 (Sarkozy président depuis 22 mois), 5.300.000 en Août 2012 (Hollande président depuis 4 mois), 6.230.000 en Août 2015 (Hollande président depuis 3 ans et 4 mois) ... Au plus fort de la crise (Mars 2010), le chômage explosait à 4.800.000 (hausse de presque 15% en un an. Il était quand même nettement plus faible que maintenant bien que, dans beaucoup de pays, la crise a commencé à s'estomper.

Conclusion : sur le terrain du chômage, la Gauche (dont la lutte contre ce fléau est au coeur de l'action politique = "inverser la courbe du chômage"), Hollande, c'est bien pire que Sarkozy. Celui-ci pouvait, non sans quelque légitimité, invoquer la crise violente de 2008. Hollande n'a pas cette excuse!

Clairement, nettement, le Peuple de France s'est fait entuber dans les grandes largeurs ...

Il est vrai que lorsqu'on est convaincu, comme l'est Hollande et comme l'était avant lui Mitterrand ("on a tout essayé"), que, pour que le chômage baisse, il faut que l'économie redémarre alors que c'est, à mon très humble avis, le schéma inverse qui doit servir de fil directeur (pour que l'économie redémarre, il faut que le chômage baisse), on ne doit pas s'étonner, hélas!, de ce que l'on voit.

J'en reviens donc à mon leitmotiv :

1. Partager le temps de travail (je dis bien le temps de travail, pas le travail lui-même car cela n'a aucun sens!) sans garantir le maintien de la rémunération.

2. Augmenter la TVA "réduite" en supprimant les taux de 2,1% et de 5% pour ne garder que les taux de 10% et 20% en attendant de supprimer le taux à 10% et ne garder que le taux à 20% (que l'on pourra ultérieurement augmenter).

3. Détruire le mécanisme des "charges patronales" afin de tenir les patrons à l'écart de la gestion de la protection sociale car c'est une affaire politique dans laquelle les agents économiques n'ont pas, par principe, à intervenir.

4. Financer la compensation des baisses de pouvoir d'achat et le tarissement d'une part très importante des financements de la protection sociale par une mise à contribution de tous les revenus et de tous les patrimoines sans verser quelque allocation de compensation que ce soit. Autrement dit, agir avec fermeté mais sans brutalité en annonçant dès le début ce que sera la situation à l'issue du chantier de réforme et annoncer pareillement le délai nécessaire pour le conduire à son terme, à savoir 5 ans.

5. Au terme de cinq ans, un seul taux de TVA, un seul taux de CSG, un seul taux d'imposition du patrimoine détenu aussi bien par les personnes "physiques" que "morales" ne dépassant pas 0,1% de l'assiette.

Un seul contrat de travail : le CDI à temps plein. Une seule durée du travail : 6 heures par jour, 5 jours par semaine, 45 semaines par an. Travail de nuit et travail du dimanche payés double du tarif "ordinaire". Elargissement du mécanisme de "mise à disposition de personnel". Attention : ça décoiffe ... si on oublie que tout cela est étalé sur cinq ans et non sur trois mois!

Commenter cet article

christian 28/09/2015 09:46

Pourriez-vous m'éclairer sur cette phrase?Je cite:"financer la compensation des baisses de pouvoir d'achat ......par une mise à contribution de tous les revenus et de tous les patrimoines"Ne pensez-vous pas que vous aggravez encore la baisse de pouvoir d'achat par un prélèvement supplémentaire?

Jacques Heurtault 28/09/2015 13:12

C'est bien volontiers que je vais tenter de vous éclairer. Votre question participe d'un authentique débat sur l'efficacité des mesures qui sont prises ou qu'il faudrait prendre.
1. Actuellement, la protection sociale dans son ensemble est financée par des prélèvements sur les revenus et quasi rien sur les patrimoines. L'ISF est idéologiquement conçu comme un impôt punitif et non comme une machine à produire d'importantes rentrées fiscales (seulement 4 milliards d'euros environ chaque année). Il faut changer cette logique et aboutir, au terme d'une mandature de 5 ans, à ce que la protection sociale soit désormais financée POUR MOITIE par un prélèvement sur les revenus et POUR L'AUTRE MOITIE par un prélèvement sur les patrimoines. Voilà déjà, vous en conviendrez, une vraie révolution fiscale. Il ne s'agit pas de "punir les riches" mais de considérer que les patrimoines, autant que les revenus, doivent participer au financement de la protection sociale.
2. Actuellement, les revenus du travail contribuent bien plus que les autres revenus au financement de la protection sociale. Notamment par la contribution dite "patronale". Ma proposition consiste à solliciter TOUS les revenus, quelque soit leur nature ou leur origine, d'une manière EGALE, sans que l'on ait besoin de se demander si c'est "juste" ou "injuste". Donc, les revenus du livret A doivent être mis à contribution autant que les dividendes ou que les salaires, les retraites, etc ...
3. Passer du système actuel au système projeté ne peut se faire en quelques semaines ni même en quelques mois. TOUTE la mandature (5 ans) est nécessaire pour conduire cette politique. Il faut piloter une bascule générale, mesure après mesure, méthodiquement, pas dans les 100 jours qui suivent l'accession au pouvoir!
4. La loi dite des "35 heures" a reposé sur l'idée que les salaires mensuels devaient être maintenus. Le résultat a été diamétralement opposé : le pouvoir d'achat des salaires a plutôt diminué, le chômage a augmenté et les "RTT" se sont traduites par une augmentation de fait des "congés payés" (en se débrouillant bien, on peut arriver à 8 semaines de non-travail par an quand ce n'est pas 9 semaines..
Je vais poursuivre mes explications par un article plus long.

I-Cube 26/09/2015 16:30

Vous oubliez une chose (qui est pourtant le nœud du problème) : Réduire le train de vie de l'Etat qui phagocyte jusqu'à 57 % de toute activité !

On ne peut pas à la fois payer cher la "non-création" de valeur ajoutée et espérer avoir croissance Et plein emploi.
Depuis toujours et partout au monde, même en URSS...

Mais merci pour vos décomptes : C'est magistral de démonstration ! Les chiffres se suffisent vraiment à eux-mêmes !

Jacques Heurtault 26/09/2015 18:57

Je suis tout à fait d'accord avec votre première remarque : IL FAUT réduire le train de vie de l'Etat. Dans la mesure où la "drouâte" n'y parvient pas, comment espérer que la "goche" y parvienne? C'est aussi efficace que de compter les œufs dans le cul d'une poule ... Tant qu'elle ne les a pas pondus, les œufs ne peuvent être consommés ... sauf si on tue la poule et qu'on récupère les "jaunes" sans leur coques.
Avec Hollande, on n'a pas de croissance (ou si peu que ça ne compte pas!). Et, en outre, on a du chômage de masse, lequel ne cesse d'augmenter! Je vais donc, sans le moindre état d'âme, le lui faire payer A TOUTES LES ELECTIONS...

Quant à mes décomptes, je n'ai rien dit du sous emploi. Pour être exact, il faudrait prendre en considération le nombre d'heures de travail effectives (50 milliards?) et le rapporter au nombre d'heures de travail effectives qui pourraient être obtenu au maximum (tout le monde ayant plus de 18 ans et moins de 70 ans multiplié par 1.600 heures). On constaterait alors un taux de chômage et de sous activité qui friserait les 45%! Personne n'ose en parler car personne ne pourrait le croire ... La drogue des statistiques fausses (et même falsifiées!), c'est beaucoup plus confortable!