Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Contre Daesh, la très facile coalition internationale ...

18 Novembre 2015, 16:54pm

Publié par Jacques Heurtault

Ainsi que j'ai eu, tout récemment, l'occasion de vous en informer, j'étais un lecteur assidu d'un site appelé "The Conversation" qui se faisait fort de montrer qu'il était possible de faire du journalisme autrement ... Plus d'objectivité, plus de dialogue, plus de respect du lecteur, etc...

Ayant, sur mon blog, à plusieurs reprises, vitupéré contre les journalistes (que j'appelle souvent les journaleux tellement ils sont franchement mauvais), j'ai été particulièrement enthousiaste ...

Peine perdue! The Conversation n'aime pas la conversation ... Ils refusent les commentaires (pourtant dénués de la moindre insulte, du moindre propos déplacé quoique toujours francs, directs, ne craignant pas la confrontation des analyses et des solutions envisageables). Il faut que les commentaires soient, semble-t-il, conformes à ce que les dirigeants de la plateforme souhaitent lire, c'est à dire venant en appui de leurs orientations politiques (en gros sociaux-démocrates de droite, voire de gauche quand il y en a).

Je me suis promis de publier, en tant que de besoin, leurs articles et de commenter depuis mon propre blog ... puisqu'ils ne veulent pas que je commente depuis leur site! Personne n'a jamais été capable de m'obliger à me taire. Ce ne sont pas ces petits hypocrites qui vont y parvenir! Ils n'ont pas le gabarit suffisant pour ça.

Voici donc un article que j'ai repiqué sur leur site (c'est légal puisqu'ils autorisent et même encouragent la rediffusion de leurs articles à condition - cela va de soi - de citer la source. Obligation à laquelle je souscris sans la moindre réserve.

 

Début de citation :

Trois jours après les attentats, le président de la République et chef des Armées, François Hollande, a détaillé la riposte que la France entendait mener sur plusieurs fronts. Paris veut mobiliser tous azimuts ses partenaires, notamment européens, pour intensifier la lutte contre Daech. Mais cet effort, pour louable et nécessaire qu’il soit, risque de se heurter aux agendas et intérêts contradictoires des puissances régionales, acteurs clés du règlement de la crise syrienne.

Quelle alliance contre Daech ?

Les événements majeurs, tels les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis ou ceux de janvier dernier à Paris, constituent une occasion – certes tragique mais bien réelle – de faire bouger les lignes du point de vue diplomatique. Paris essaie d’exploiter l’élan naturel de solidarité en provenance de différentes parties du monde. Cet élan offre la possibilité de constituer une coalition politique et militaire, dont la priorité serait la lutte contre Daech.

Mais le chemin pour atteindre cet objectif sera long, car les principaux acteurs concernés ont des intérêts contradictoires. Prenons le cas de la Russie : va-t-elle faire des concessions concernant le sort de Bachar al-Assad, et s’insérer dans une coalition se concentrant sur Daech et non plus sur l’opposition au régime de Damas (comme cela a été le cas pour l’essentiel jusqu’ici) ? À quels ajustements la Turquie, l’Iran, les pays du Golfe vont-ils procéder ?

Commentaire J.H.

"Cela fait déjà assez longtemps que Poutine a proposé que se construise une coalition contre Daesh à l'image de celle qui fut construite contre Hitler, pendant la seconde guerre mondiale. Déjà, à cette époque, l'URSS avait proposé, dès 1938, une alliance avec l'Angleterre et la France. Ces deux pays avaient à l'époque, refusé cette perspective car le pays des Soviets leur apparaissait comme bien pire que le régime hitlerien."

Même si la France ne fait plus du départ de Bachar al-Assad un préalable, la mise en place d’une coalition « large et unique », selon le souhait exprimé par François Hollande, prendra du temps. À cet égard, le premier test sera le vote d’une résolution du Conseil de sécurité voulu par Paris. S’agira-t-il d’une simple pétition de principe ou le texte donnera-t-il réellement une légitimité internationale et juridique à la future coalition contre Daech ?

Quid d’une présence de troupes étrangères ?

En réalité, elles sont déjà à pied d’oeuvre : les Occidentaux ont envoyé des forces spéciales et des conseillers militaires auprès des forces kurdes et du gouvernement irakien. Mais ce ne sont pas des forces combattantes en tant que telles. L’essentiel des troupes présentes face à Daech sont composées de soldats du gouvernement de Bagdad, des Kurdes (en Irak ou en Syrie), des troupes de l’opposition syrienne et celles du régime de Damas (soutenues par des renforts du Hezbollah et des gardiens de la révolution iraniens, et sans doute quelques conseillers russes). Il s’agit donc d’un groupe extrêmement disparate et regroupant des acteurs eux-mêmes en conflit, du moins en Syrie.

Commentaire J.H.

"L'autorité légale et donc légitime en Syrie, c'est Bachar Al Assad. Si la Russie intervient en Syrie, c'est A LA DEMANDE de Bachar Al Assad. Il n'en est pas de même pour les Kurdes et les révoltés hostiles à Bachar Al Assad! Il faut toujours avoir présent à l'esprit cette réalité. Si la Russie bombarde certaines zones en Syrie et, pour l'instant, pas d'autres, elle le fait légalement! La France, elle, a fourni des armes aux révoltés, lesquels n'ont rien eu de plus pressé que d'en redonner une partie à ... Daesh!

Sur le plan militaire, il est indiscutable que la guerre se gagne au sol. Mais faut-il occuper le nord de l’Irak et de la Syrie ? L’intervention américaine en Irak, en 2003, incite à la prudence : elle a en effet in fine favorisé l’émergence de mouvements radicaux. La solution passe en réalité par la montée en puissance des acteurs locaux et la mobilisation des puissances régionales arabes, plutôt que par une intervention terrestre occidentale qui risquerait d’être immédiatement assimilée à une nouvelle opération des « croisés » au Moyen-Orient. Par ailleurs, il n’est pas politiquement souhaitable de mettre en place une forme de coordination avec le régime d’Assad, laquelle ne ferait qu’attiser la propagande de Daech sur la « duplicité » des Occidentaux.

Commentaire J.H.

"Cela apparait d'autant moins souhaitable à l'auteur de l'article que, à l'évidence, il n'entend pas que Bachar Al Assad soit maintenu dans son poste, oubliant ainsi que ce n'est pas le rôle d'un occidental de choisir les dirigeants des autres pays que le sien propre!"

Quel rôle pour les Européens ?

Paris a décidé de recourir à l’outil de solidarité contenu dans le Traité de Lisbonne – l’article 42-7 plutôt que l’article V du Traité de l’Atlantique-Nord. Ce choix est doublement politique.

 Premièrement, Paris fait traditionnellement montre d’une grande prudence vis-à-vis de l’OTAN. Il ne faudrait pas laisser entendre que la France aurait besoin des États-Unis (via l’Alliance atlantique) et ne serait pas totalement souveraine… Ce qui est en jeu ici, c’est avant tout un choix d’affichage motivé par des raisons de politique intérieure.

Commentaire J.H.

"Soyons juste : Hollande n'a jamais caché son désir de construire une défense propre à l'Union Européenne afin de pouvoir prendre ses distances vis à vis des Etats Unis."

Deuxièmement, se tourner vers l’UE fait davantage partie de l’ADN de la diplomatie française, tout en répondant à la volonté de mobiliser les Européens trop absents de la gestion des crises liées au terrorisme international et aux questions de sécurité internationale. Avec quelles conséquences concrètes ? Au-delà d’une expression unanime de solidarité avec la France, il est peu probable que l’UE participe activement à la coalition contre Daech.

Le clivage indépassable chiites-sunnites

Quoi qu’il arrive, ce clivage survivra à Daech, même si l’État islamique devenait un groupe de second rang, comme Al-Qaeda aujourd’hui. L’engagement de l’Iran sur le terrain pose de nombreux problèmes. La forte présence de combattants iraniens et du Hezbollah libanais aux côtés du régime de Bachar al-Assad a contribué à l’essor de Daech, qui se présente comme le protecteur des sunnites en Irak et en Syrie. C’est pour cette raison, précisément, que les pays arabes sunnites sont les plus légitimes pour mener une opération terrestre.

Commentaire J.H.

Quel magistral aveu! L'auteur espère gagner sur les deux fronts ... Démolir Daesh et démolir Bachar Al Assad! C'est ce qui s'appelle prendre ses désirs pour des réalités.

Les attentats commis à Beyrouth, contre l’avion russe en Égypte, puis à Paris semblent attester d’un changement de stratégie du côté de Daech qui multiplie les opérations à l’extérieur de sa zone d’action. Il faut remonter aux attentats sanglants de Madrid, en 2005, pour déplorer un tel carnage. Cette inflexion tactique majeure a lieu alors que Daech donne des signes de faiblesse sur le terrain, qu’il apparaît sur la défensive. L’EI a en effet perdu le contrôle de Sinjar, qui assurait la continuité territoriale sur l’axe Rakka (en Syrie) et Mossoul (Irak). Dès lors, Daech n’est plus en mesure d’assurer ses fonctions de proto-État. À cet égard, les attentats de Paris sont sans doute une façon de mettre en scène sa capacité à monter des opérations complexes qui frappent l’imagination, alors même que l’organisation perd du terrain au plan militaire au Levant.

Commentaire J.H :

Je ne demande qu'à y croire! Je crains, hélas!, d'avoir tort, tout comme l'auteur : Nous avons porter la guerre chez des Arabes. Ils viennent, en retour, la porter chez nous! 

Cependant, nous ne pouvons plus reculer! L'élimination physique de Daesh est désormais un impératif! 

Commenter cet article

Bons Baisers de Moscou 21/11/2015 17:03

"Il n'en est pas de même pour les Kurdes et les révoltés hostiles à Bachar Al Assad!" La seule milice kurde opérationnelle en Syrie est le YPG-YPJ Rojava . Pendant très longtemps, ils ont entretenu des relations courtoises avec l'armée du Lion ... tant que cette armée "officielle" ne menace pas de Kurdes et ils préfèrent réserver leurs forces de **défense** à ceux qui les attaquent (même si ces forces ont été accrues par des parachutages US, ils ont assez d'ennuis avec les Turcs et le Califat pour ne pas se lancer hors de zones kurdophones où ils seraient malvenus)

Jacques Heurtault 21/11/2015 18:47

Merci pour ces précisions.