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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Bruits de chiottes ... au ministère de l'Education Nationale

10 Mars 2016, 18:39pm

Publié par Jacques Heurtault

Comme vous ne savez peut-être pas, je suis, depuis plusieurs années, un fidèle de SOS Education, association animée par Madame Claire Pollin. Je suis en effet très affecté par l'incroyable dégradation de la qualité de l'enseignement dispensé à nos élèves, collégiens et lycéens. 

Je reçois donc, à ce titre, divers documents, pétitions, courriers en rapport direct avec les problèmes rencontrés dans notre système en principe "éducatif".

Précisément, je viens de recevoir la copie d'une lettre qu'une enseignante a fait parvenir à Madame Najat Vallaud Belkacem, Ministresse de l'Education Nationale. Il nous est demandé d'en faire une large distribution ... Ce que je fais bien volontiers par le truchement de mon blog.

Cette lettre est précédée d'une introduction émanant de Claire Pollin elle-même afin d'en préciser le contexte.

Début de citation :

Chère amie, cher ami,

Si quelque chose mobilise toute l'attention et une grande partie du temps de la ministre, c'est son équipe de communicants. De l'avis même de François Hollande, Najat Vallaud-Belkacem est « le top de l'accro aux médias ». Croyez-le bien, chacun de ses gestes, le moindre de ses éléments de langage, est minutieusement scruté par ses conseillers avant son passage aux informations.

C'est dire que lorsque la ministre de l'Éducation a répondu, mardi dernier sur France Info, au sujet d'un dîner qu'elle aurait eu à Matignon, qu'elle n'entendait pas commenter des « bruits de chiottes », cela n'avait rien d'un incident de conversation. Bien au contraire. Il s'agissait probablement d'une expression tout à fait choisie, pour se présenter comme moderne, proche de la jeunesse et de sa manière supposée de parler.

On ne saurait lui faire de meilleure réponse que cette enseignante, dont le courrier m'a été transmis ce matin par un de ses collègues, membre de SOS Éducation.

Lisez plutôt :

« Madame la ministre,

Mes élèves à moi apprennent à dire "wesh", "nique", "encule", "salope" dès le primaire.
Mes élèves à moi grandissent très souvent dans des familles où les parents ne parlent pas français, et où le summum de la réussite consiste à passer manager chez KFC.
Mes élèves à moi n'écoutent pas Boris Vian et Desproges, ignorent l'existence de Bach et Mahler. Mes élèves à moi n'ont droit qu'à Booba, La Fouine, Orelsan et Gradur.
Mes élèves à moi doivent passer dix minutes sur chaque vers de Du Bellay pour espérer comprendre quelque chose. Parce que leur référentiel principal, c'est Nabila et Touche pas à mon poste.
Mes élèves à moi poussent dans un environnement où les filles doivent dès la 6eme s'habiller et se comporter en bonhommes, ou se voiler, si elles veulent avoir la paix. Mes élèves à moi découvrent le porno bien avant d'avoir la chance de rencontrer Balzac.

Nos élèves, madame la ministre, comprennent que s'ils veulent s'en sortir, accéder aux postes que leurs talents et un travail acharné leur feraient mériter, ils doivent d'abord se défaire de leurs codes vestimentaires et langagiers, découvrir les pronoms relatifs, atteindre le pluriel et le passé simple, se reposer sur le subjonctif. Ils savent, croyez-moi, madame, que si je m'escrime à leur faire répéter dix fois une phrase avec la bonne syntaxe et le ton juste, c'est parce que je refuse que nos lâchetés et nos faiblesses fassent d'eux ce que la société imagine et entretient : des racailles, des jeunes privés d'avenir car privés d'exigences, de langue, de style, de beauté, de sens, enfin.

Nous luttons quotidiennement au milieu de nos gosses de REP et REP+ contre les "salope !", "sale chien !", "tu m'fous les seum !". Nous luttons pour leur donner une noble vision d'eux-mêmes quand tout pousse au contraire à faire d'eux des êtres hagards, décérébrés, violents. Nous tentons de leur transmettre le Verbe, dans un monde qui ne leur offre qu'Hanouna et Ribéry. Nous ne passons pas nos journées à jouer les thuriféraires de la pensée unique, rue de Grenelle, nous. Nous ne nous faisons pas de courbettes entre deux numéros de cirque à l'Assemblée Nationale. Nous avons les pieds dans la boue, une boue qui nous donne quelquefois la nausée, tant nous sommes seuls, et isolés, et décriés, tant notre tâche paraît ridicule et vaine.

Quand donc, à la radio, madame la ministre, vous lâchez votre "bruit de chiottes", en bonne petite bourge qui ne voudrait pas avoir trop l'air d'être loin du petit peuple, qui ne voudrait surtout pas faire le jeu de cet abominable élitisme dont tout le monde sait que notre société crève, n'est-ce pas, quand donc vous vous soulagez verbalement, ce n'est pas tant votre fonction que vous abîmez : c'est notre travail auprès des élèves, nos mois d'épuisement et leur espoir, nos années de travail et leurs efforts, nos séances passées à essayer de leur dire que ce n'est pas parce que ce monde-ci est laid qu'il faut lui ressembler.

Vous avez réussi, en quelques mois, à démontrer avec éclat votre conformisme, votre arrogance, votre paresse intellectuelle. Nous n'ignorions rien de tout cela. Désormais, nous savons que vous êtes aussi vulgaire. On ne vous mettra pas de 0/20, puisque vous avez aussi décidé que l'évaluation, c'était mal, péché, Sheitan, vilainpasbeau. Vous aurez simplement gagné le mépris absolu de milliers d'enseignants qui bien souvent, eux aussi, quand ils sont un peu à bout, aimeraient en lâcher une bonne grosse bien vulgaire, en classe, mais se retiennent, par souci d'exemplarité. »

Je crois que l'on ne saurait mieux dire... n'hésitez pas à faire suivre ce message à vos amis !

Claire Pollin

Fin de citation.

Je n'ai rien à rajouter à ce texte. Il se suffit à lui même! Il me conforte dans l'idée que notre Education Nationale va mal. C'est pourtant, et de loin, le premier budget de l'Etat. Comme quoi, la solution n'est pas obligatoirement plus de pognon ("On n'a pas de crédits, il nous faut des moyens!") ... Il est tout à fait évident que le problème vient d'ailleurs ...

   

 

 

       

Commenter cet article

Julien 14/03/2016 14:09

Dans le domaine de l'education ,je vous conseille de rechercher egalement des''sources alternat itves''comme vous dites le faire par ailleurs.sos education?.?un militantisme reactionnaire,a la droite de la droite,ultra liberal en tout.Lecture unique,qui ne cadre pas avec votre volonte,apparente?,de sources differentes.

Jacques Heurtault 14/03/2016 15:11

Je rejoins partiellement votre appréciation au sujet de "S.O.S Education". Depuis longtemps, j'émets de fortes critiques contre notre Education Nationale car je suis rien moins qu'effaré par certaines statistiques, notamment celles relatives à l'illétrisme. On lit, dans plusieurs sources, notamment les enquêtes internationales, que près de 30% de nos écoliers qui entrent en 6ème ne savent pas vraiment lire, écrire et compter. C'est absolument tragique! Dans 15 ans, nous allons en payer le prix qui sera terrible ...

J'ai donc décidé de me tourner vers S.O.S Education qui, pendant de longues années, a développé une orientation certes "conservatrice" mais pas obligatoirement "réactionnaire". Depuis plusieurs mois - est-ce dû à l'approche des échéances électorales? - S.O.S Education est devenue résolument "hostile par principe" au pouvoir en place au point de s'opposer à la réforme dite du "collège". Or, il se trouve que, une fois n'est pas coutume, j'approuve plutôt les réformes en cours!

Il est clair, pour moi, que les parents qui protestent contre la réforme du collège ne veulent qu'une chose : pouvoir mettre leurs chérubins dans une "bonne" école, c'est à dire une école où il n'y a pas beaucoup "d'Arabes, d'étrangers, etc...". J'ai pu constater que ces parents sont, idéologiquement, très hostiles à la mise en place de "classes de niveau"! C'est complètement contradictoire! Si on est hostile aux "classes de niveau", on doit être hostile aux "collèges de niveau"!

En fait on parviendra à résoudre les difficultés de l'Education Nationale lorsque les écoles sous contrat d'association pourront satisfaire toutes les demandes d'admission. Actuellement, le quota est limité à 20% alors qu'il semblerait que la demande soit autour de ...50%! C'est dire la connotation négative de l'Education Nationale chez les parents!

Quoi qu'il en soit, pour l'année 2016, le nombre d'adhérents de S.O.S Education a baissé de 80.000 à 60.000 ... Vraisemblablement à cause du raidissement "hostilité par principe" ... Moi même, je n'ai pas encore versé mon don annuel. Il se peut que je ne le fasse pas! En tout état de cause, mes autres sources ne seront pas sélectionnées parmi les sources de la "gauche" laïcarde! J'ai largement soupé de ce discours sectaire genre "Les fonds publics à l'école publique" alors même que les parents n'ont pas le droit de choisir l'école dans laquelle ils veulent mettre leurs enfants - sauf s'ils sont disposés à payer pour les mettre dans des écoles "privées" (qui n'ont de "privées" que le fait qu'elles disposent d'une certaine autonomie dans leurs organisations respectives).

En tout état de cause, l'objet de mon article, c'était une critique émise contre la ministre de l'Education Nationale qui, du fait de sa fonction, moins que tout autre, ne peut se permettre d'employer un langage aussi grossier! Ce comportement s'explique par le fait que les "socialistes" se savent perdus pour 2017 au point qu'ils en deviennent "nerveux".

I-Cube 11/03/2016 11:44

Moi, je ne comprends pas bien : C'est quoi un "bruit de chiotte" ?
Radio-lavabo ou des bruits d'égouts ?

Parce qu'en revanche "Ciotti" (je prononce à la Corse : Tchiotti), je connais.
Mais ça n'a peut-être rien à voir, je ne sais pas !

Bien à vous !

I-Cube

Jacques Heurtault 11/03/2016 12:20

J'ai cru comprendre que Najat (joli prénom!) a fait allusion à certaines rumeurs se rapportant à un diner qui aurait eu lieu à "Matignon" se rapportant à de possibles (mais non confirmées) attentions particulières de la part du maitre de céans envers son invitée ... On s'en fout! Par contre, on peut ne pas se foutre du fait qu'un ministre emploie des mots aussi crûs sur une chaine de radio ... D'où la réaction un peu verte de cet enseignant rapportée par S.O.S. Education ...