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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Intervention de la BCE. Possibles révisions des critères(Reuters) ...

2 Mars 2016, 12:18pm

Publié par Jacques Heurtault

Vous trouverez ci-dessous un article en forme de dépêche d'agence de presse (Reuters, volontiers spécialisée dans le domaine économique et financier). La lecture en est assez aride pour un non-spécialiste voire carrément abscons pour un béotien. Si vous décrochez assez vite, pas de panique! On peut vivre sans comprendre l'essence de cette dépêche.
Toutefois, si cela vous intéresse, je vous livre, avant lecture, une petite grille d'aide à la compréhension qui, je l'espère, vous sera utile.
 
Du fait de l'entrée en vigueur des nouvelles règles de gestion des banques (règles dites de Bâle parce cette ville est le siège de la Banque des Règlements Internationaux qui est, pour faire court, la Banque des Banques Centrales), les banques privées doivent se soumettre à des règles renforcées afin d'éviter les gros problèmes tels que ceux que l'on a connu en 2008. Ces banques détiennent, dans leurs actifs et/ou dans leurs passifs, des titres dont la valeur marchande réelle vaut bien moins que leur valeur nominale, phénomène qui a pour conséquence de perturber la lecture de l'état de santé réel de ces banques ("on" la croit saine alors qu'elle ne l'est pas, tant et si bien que, si les choses tournent mal, la banque, fragilisée, peut tout simplement faire faillite, évènement gravissime).
Pour assainir la situation, en toute "indépendance", la BCE a décidé d'agir sur le marché des mouvements de capitaux en utilisant des instruments "non conventionnels" tels agir sur ses taux de prêt habituellement utilisés. Ces moyens non conventionnels consistent, pour la BCE, à racheter des créances douteuses détenues par les banques et provenant des Etats principalement (combien vaut vraiment un titre de créance sur l'Etat grec? Bien moins que sa valeur nominale ...). Autrement dit, la BCE prend à sa charge ces titres "douteux" car il est impensable que la BCE fasse faillite ... alors qu'il n'est pas stupide que la Société Générale fasse faillite (c'est d'ailleurs ce qui a failli lui arriver ...).
Toutefois, si la BCE rachète ces créances douteuses, elle doit le faire en respectant des règles afin de ne pas avantager telle banque par rapport à telle autre ni tel Etat participant à son capital. L'Allemagne veille au grain! Pas question qu'elle subisse les effets de la mauvaise gestion de certains Etats tel la Grèce ou le Portugal ou ... la France.
La banque qui a vendu à la BCE des titres plutôt pourris reçoit en paiement de bons et trébuchants euros ... que la BCE n'a pas... mais qu'il lui suffit de créer ... sans contrepartie d'aucune sorte! Logiquement, ça provoque de l'inflation puisqu'il y a plus d'argent en circulation qu'il n'en faut. En pratique, comme la tendance est à la déflation, on dira que cette "manip" aide à rectifier cette mauvaise tendance sans pour autant provoquer de l'inflation.
Tout cela doit, normalement, assainir le bilan des banques et, donc, les mettre en capacité de jouer leur vrai rôle qui consiste à prêter de l'argent aux entreprises afin que ces dernières puissent financer leurs investissements (ce qui doit amener au redémarrage de l'économie et à la création d'emplois).
Et quand le bilan de certaines banques est "assaini", que fait-on? On poursuit avec les autres banques non encore assainies? Pas question! Sinon, ce serait un encouragement donné aux banques mal gérées à poursuivre leurs activités d'une manière non responsable ...
Il faut donc revoir les critères de répartition de l'effort de la BCE vis à vis des banques et vis à vis des Etats ... C'est l'objet de la dépêche ci dessous que d'expliquer les moyens d'action que la BCE peut développer tout en respectant des principes d'équité.
 
Début de citation :
 
* Certains plafonds d'achats pourraient être atteints
    * Dettes publiques allemande, finlandaise et portugaise concernées.
    * Possible abandon de la règle du rendement sous le taux de dépôt.
    * La règle de la clé de répartition du capital devrait demeurer. 
    par Marius Zaharia et Dhara Ranasinghe

    LONDRES, 23 février (Reuters) - Une augmentation du programme d'achats d'actifs de la Banque centrale européenne(BCE) devrait être accompagnée d'un assouplissement des règles qu'elle s'est elle-même fixée.

Si la BCE augmente la taille de ce programme actuellement d'un montant de 60 milliards d'euros par mois, comme l'a évoqué son président Mario Draghi, elle pourrait devoir renoncer à s'abstenir d'acquérir des titres dont le rendement est inférieur à son taux de dépôt voire aller jusqu'à inclure des obligations d'entreprise dans le champ des actifs potentiellement concernés.
En l'absence de modifications des règles, la BCE pourrait se trouver à court d'obligations à acheter, émises par certains émetteurs souverains, au premier rang desquels l'Allemagne dont les titres servent de référence sur le marché de la dette publique de la zone euro.
Le programme d'assouplissement quantitatif de la BCE, lancé en mars 2015, prévoit un certain nombre de règles encadrant ses achats à la fois pour limiter les distorsions de marché et la concentration des risques dans son bilan.
En plus de la limite de rendement, ces règles prévoient que la BCE n'achète pas plus d'un tiers de l'encours de la dette d'un pays ou d'un emprunt donné. Elle ne peut par ailleurs acheter des obligations d'un pays qu'à proportion de la contribution de ce pays à son capital, règle dite de la répartition du capital.
Une baisse par la BCE de 10 points de base de son taux de dépôt à -0,40% lors de la réunion de son conseil des gouverneurs le 10 mars est largement attendue. Des économistes interrogés par Reuters anticipent aussi qu'elle pourrait augmenter de 10 à 30 milliards d'euros le montant de ses achats mensuels d'actifs.


OBSTACLES POLITIQUES

Une telle expansion soulèverait des difficultés pour ses achats de dette publique allemande mais aussi finlandaise et portugaise, préviennent des économistes.
Un relèvement des achats à 70 milliards mensuels
impliquerait que la limite du tiers de l'encours de la dette d'un pays serait atteinte pour l'Allemagne et la Finlande et presque atteinte pour le Portugal avant la fin prévue du programme en mars 2017, selon ABN Amro dont les calculs sont fondés sur une stabilité des rendements par rapport à leurs
niveaux actuels.
Si les rendements augmentent, l'univers des titres qui peuvent être acquis par la BCE s'accroît lui aussi.
"La pénurie de titres est la plus sensible pour les Bunds (allemands) et il faut trouver une solution", a dit le stratégiste taux d'UniCredit, Luca Cazzulani.
La BCE pourrait renoncer à la limite des 30% mais une telle initiative risque d'être source de litiges si des pays comme le Portugal, qui a dû être renfloué en 2011, étaient concernés.
La BCE pourrait difficilement éviter de constater des pertes dans le cas d'une éventuelle restructuration de la dette du Portugal dont elle détiendrait plus du tiers de l'encours.
Mais cette option serait de toute façon plus facile qu'un changement de la règle dite de répartition de capital qui se
heurterait à de très importants obstacles politiques.


OBLIGATIONS D'ENTREPRISE ? 

L'hypothèse la plus probable serait un abandon de la limite de rendement, estiment responsables monétaires et économistes.
Cela permettrait d'accroître de plusieurs centaines de milliards de dollars le montant des titres éligibles au programme sans en modifier le profil de risque.
Même si la BCE ne relève pas le montant de ses achats mensuels, elle risque d'être bientôt confrontée aux limites qu'elle s'est imposée dans le cas de la dette publique allemande, estime Kim Liu, stratégiste taux d'ABN Amro.
"C'est la raison pour laquelle nous pensons que la BCE devra recourir à des mesures plus drastiques comme l'abandon de la règle du rendement inférieur aux taux de dépôt". 
L'encours des emprunts d'Etat affichant un rendement inférieur à 0,30% atteint actuellement environ 600 milliards d'euros, a dit Liu.
En maintenant un rythme d'achats mensuels de 60 milliards d'euros, la BCE devrait buter sur les limites fixées autour de la mi-2017 pour l'Allemagne et un peu avant pour le Portugal, estime Hendrik Lodde, analyste taux de DZ Bank.
Une autre option consiste à élargir la gamme des échéances des obligations incluses dans le programme. La BCE achète pour l'instant des titres d'une maturité comprise entre 2 et 30 ans.
Inclure des titres d'une maturité d'un an augmenterait le champ des possibles.
La BCE a dit qu'elle examinerait et reverrait éventuellement l'orientation de sa politique monétaire en mars tout en ajoutant
qu'aucun instrument ni aucune mesure spécifique n'avait été débattu jusqu'à présent. Les travaux doivent être poursuivis jusqu'au prochain conseil des gouverneurs pour mettre en place les conditions techniques nécessaires afin que la gamme complète des options de politique monétaire soit disponible en cas de
besoin. 
L'achat d'obligations d'entreprise est une autre possibilité pour accroître le programme d'assouplissement quantitatif sans risquer de tester les limites actuelles et certains fonds ont commencé à se positionner dans cette perspective.
Eric Vanraes, gérant obligataire chez El Sturdza Investment Funds, explique que la possibilité d'achat d'obligations d'entreprise par la BCE est une des raisons pour lesquelles il a renforcé son exposition sur les dettes d'entreprises majoritairement contrôlées par des Etats. Il cite notamment
Aéroports de Paris  ADP.PA  en France ou Gas Networks en Irlande.  
(Marc Joanny pour le service français, édité par Bertrand Boucey)
 
Fin de citation.
 
Si vous n'avez pas tout compris, il n'y a pas lieu de paniquer ...

Commenter cet article

I-Cube 05/03/2016 16:29

Qu'est-ce qu'il y a à ne pas comprendre ? C'est là où je ne comprends pas...

Bien à vous !

I-Cube

Jacques Heurtault 05/03/2016 17:36

Ben, c'est simple : tous mes lecteurs n'ont pas votre culture financière!