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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

L'Argent, l'Argent! Tout s'achète et tout se vend!

18 Juin 2016, 17:33pm

Publié par Jacques Heurtault

Début de citation :

Foot € 2016 – Le RDVS des usines à fric

« Le Rendez-vous », slogan officiel de l’EURO2016, est pris. Depuis le 10 juin, la France s’est mise à l’heure du foot. C’est un moment attendu du couple Hollande-Valls, les deux amoureux du foot-business, pour détourner les Français des vrais problèmes. Que vous le vouliez ou non, le foot de l’€ rythme nos journaux, remplit les tranches publicitaires et engraisse encore plus les actionnaires de multinationales. L’Euro foot n’a jamais aussi bien porté son nom. Bienvenue dans les usines à €€€€ !

Impôt 0 - foot-business 1

Le ver était dans le fruit depuis l’Euro 2008. L’UEFA (organisateur de l’Euro) a, en effet, imposé une nouvelle gouvernance aux pays hôtes, et la France, sous l’entière autorité de l’État, en fera l’essai et les frais. Le dumping social est appliqué au football au détriment des peuples. Exit le pays organisateur et son propre comité d’organisation. L’Euro 2016 est piloté par une société intitulée Euro 2016 SAS. Constituée en janvier 2011, la répartition de son capital en dit long sur le nouveau rapport de forces : 95% pour l’UEFA et 5% pour la Fédération française de football. Et pour tous les financiers du foot qui gravitent autour de l’UEFA, c’est littéralement le jackpot ! A faire pâlir tous les patrons français. Les recettes de l’Euro 2016 ne seront même pas imposées en France. Honte à ceux qui ont mis au point en 2014 une législation exonérant les sociétés organisatrices de l’Euro de foot de tout impôt sur les bénéfices, cotisations sociales et taxe d’apprentissage. Et voilà comment encore 200 millions d'euros vont échapper à l'État ! C’est évident que pour Hollande : « quand on aime, on ne compte pas ». Ce soi-disant amoureux du ballon rond fait même pire que ses prédécesseurs. Obéir aux puissants. Pour Martin Collet, professeur de droit à l'université Panthéon-Assas, « le fait d'obéir au chantage de l'UEFA crée ni plus ni moins une rupture d’égalité devant l'impôt par rapport aux autres entreprises ». Avec l’Euro de foot, c’est le retour aux privilèges fiscaux d’Ancien Régime.

Le diktat de l’UEFA

Plus l’enjeu financier est énorme, plus les vautours sont voraces. Avec près d’un milliard d’€ de bénéfices attendus par l’UEFA, l’argent va faire sa loi à l’intérieur comme à l’extérieur des stades. Bail précaire, redevance obligatoire et enseignes masquées, la pilule est dure à avaler pour les commerçants situés à proximité des stades. En plus du loyer mensuel et des charges, les petites entreprises devront payer 600€ par emplacement et par jour pour continuer à travailler et rester dans le périmètre « village » de la compétition aux abords des stades. La taille, impôt direct de l’Ancien Régime, est de retour ; et en cas de refus, c’est l’exclusion ! Les commerçants récalcitrants se retrouvent derrière une palissade occultante haute de 2,60m.

En pénétrant à l’intérieur des stades, c’est l’imperator dominator uefax. Pour l’occasion, les stades sont entièrement privatisés. Les partenaires habituels sont dégagés. Comme dans le récent stade Pierre-Mauroy de Villeneuve d’Ascq, et ce pendant les six matches, les comptoirs doivent se parer des couleurs des sponsors retenus par l’UEFA. Et pour être sélectionné comme stade officiel de la compétition, les collectivités locales ont dû courber l’échine et répondre aux exigences des maîtres du jeu. Sans compter que, business oblige, les nouveaux stades doivent disposer de 4850 places VIP (895€ l’unité pour la finale). Le carnet de chèque des collectivités aura bien servi.

Les collectivités locales, grandes perdantes

Alors réfléchissons : des centaines de millions d'euros d'argent public dépensés pour les quatre semaines d'une compétition de l'élite. Un milliard d'euros d’effort financier des collectivités territoriales pour rénover des stades qui seront bien sûr privatisés. Et dans le même temps, des centaines de millions de baisse de dotation de l’État allouée aux collectivités locales pour financer un CICE incapable de faire reculer le chômage. La facture s’annonce très salée pour les contribuables. À Bordeaux, le maire Alain Juppé, en même temps nommé président des villes d’accueil de l’Euro2016, a signé un contrat de partenariat de 175 millions d’€ avec deux multinationales Vinci et Fayat pour les cinq matchs. La moitié était à la charge de Bordeaux, sans compter le budget sécurité qui risque de monter à 1 million d’€ pour la Ville. Quant aux caméras vidéo, elles sont financées à 80% par l’État. L’Euro 2016 laissera donc un goût très amer aux collectivités. À tel point que certaines d’entre elles, ont rapidement déclaré forfait, comme Nancy, en raison des « conditions irrecevables » imposées par les groupes Bouygues et Vinci à propos de la modernisation du Stade Marcel-Picot, un projet rejeté à 57% par les Nancéiens. A Rennes, l’UEFA exigea même que la métropole débourse 36 millions d’€ pour augmenter la capacité du stade. Suite à leur refus, Platini argua avec condescendance qu’à « Rennes, ils resteront chez eux ».

En finir avec les voyous du foot

Si le football est la proie du capitalisme qui se moque bien des effets néfastes sur l’humain et son environnement, c’est justement parce que l’État a tricoté une législation favorable aux puissants. Récemment, Thierry Braillard, secrétaire d'État aux sports, remettait au gouvernement ses 67 propositions pour « promouvoir la régulation du sport professionnel et en valoriser l’exemplarité ». Hypocrisie du titre lorsque l’on sait qu’une des propositions veut développer la pratique du naming – le fait de donner le nom d’une marque privée à une enceinte sportive financée par l’argent public – mais également d’y autoriser la publicité virtuelle. Voilà déjà les puissants de la finance qui sautent de joie …

Alors pour assainir les sports gangrenés par l’argent, il est urgent d’adopter de nouveaux dispositifs législatifs simples. Interdire le financement d’une compétition avec de l’argent public si l’essentiel des bénéfices revient à quelques-uns. Considérer ces sociétés organisatrices comme de vraies entreprises à but lucratif. Aucune exonération ne devrait s’appliquer. Enfin, décourager les collectivités à mener la course au gigantisme des stades si la viabilité de leur investissement était trop tributaire des résultats de leur club local. Cela évitera la construction de nombreux « éléphants blancs » comme le stade des Alpes à Grenoble inauguré en 2008 mettant aujourd’hui la majorité municipale dans l’embarras.

Sauvons le football du business outrancier. Pour que vivent le sport et le football, la loi des puissants ne doit pas être le prélude d’autres compétitions. Le sport OUI – le business NON !

François Fasquel, L’Heure du Peuple du 17 juin 2016

Fin de citation.

J'en terminerai par un commentaire personnel. C'est, désormais, chaque jour ou presque que je rends compte à quel point, en votant Hollande dès le premier tour de la "primaire" socialiste, je me suis fait lamentablement rouler dans la farine! "Ils" ne sont pas prêt de m'entuber une fois encore! J'ai dépassé le stade de l'écoeurement. J'en suis à celui du dégoût, du mépris et de la haine! Je dis bien LA HAINE!  Parmi les informations que François Fasquel (dont j'apprends l'existence et le nom aujourd'hui), celle qui me révulse le plus, c'est l'installation d'une palissade de bois de 2,60 mètres devant chaque boutique installée dans le secteur des compétitions qui refuse de payer le racket de 600 euros par jour!

Ces "socialistes" sont décidément très en dessous de la fange la plus abjecte!

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I-Cube 19/06/2016 12:29

Tien à propos, il paraît que les "soces" vont organiser une primaire, parce que d'après l'un d'eux, le "Capitaine-de-pédalo-à-la-fraise-des-bois" se ferait battre par n'importe qui, même une chèvre !

Ca nous change de 2012 où "Bling-bling" pouvait déjà être battut par n'importe qui, même pas un "canasson-boiteux" en avais-je dit dès 2010...

On va finir par ouvrir une ferme !

Bien à vous !

I-Cube

Jacques Heurtault 19/06/2016 18:43

Oui, mais c'est compter sans le bougre qui a, hélas!, plus d'un tour dans son sac! La preuve, je me suis fait rouler dans la farine sans me rendre compte de rien en 2011! Pourtant, il me semble bien que, en politique, je ne suis quand même pas né de la dernière pluie ... Mais, au fond, peut-être suis-je un peu présomptueux? On verra bien! L'avenir nous le dira ...

jacqueshenry 19/06/2016 01:56

Il y a trois sports créés par les Anglais : le cricket, le rugby et le football.
Le cricket est un sport de gentlemen joué par des gentlemen.
Le rugby est un sport de voyous joué par des gentlemen.
Le football est un sport de voyous joué par des voyous.
La professionnalisation du rugby, relativement récente, n'a pas encore pollué ce sport car les règles du jeu sont très strictes.
Pour le foot c'est depuis bien longtemps un sport de voyous avec tous les voyous qui gravitent autour comme vous l'avez si bien dit dans votre billet !
Si vous me le permettez je vais le copier-coller et le publier sur mon blog
j'attend votre réponse.
Cordialement

Jacques Heurtault 19/06/2016 08:10

Cet article, du moins sa première partie, n'est pas de moi. Mais je suis bien certain que vous pouvez le publier sur votre blog car l'auteur (que je ne connais pas personnellement) n'est certainement pas motivé par l'argent. Le contenu de l'article est là pour le prouver. Je crois même pouvoir affirmer qu'il recherche certainement de la notoriété positive.
Par contre, je ne partage pas votre point de vue développé dans votre commentaire. Il ne faut pas confondre le sport et sa pratique d'une part avec l'argent qui, décidément, pourrit tout ce autour de quoi il gravite. Personnellement, je ne regarde que les matches internationaux (coupe du monde, Euro, etc ...) et ne m'intéresse qu'à la technicité du jeu. Je ne souhaite pas particulièrement que l'équipe de France gagne. Je souhaite vraiment que ce soit l'équipe qui développe la meilleure technique de jeu qui emporte le trophée ...