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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Manifestation à Paris : j'y étais! Témoignage ... Du vécu authentique!

15 Juin 2016, 08:34am

Publié par Jacques Heurtault

Le rassemblement en vue du départ avait lieu, pour Paris, Place d'Italie, dans le 13ème arrondissement. Craignant d'être en retard (à cause de la grève des transports! un comble!), j'avais pris la précaution de partir de chez moi vers 11H30. Je suis arrivé sur les lieux à 12H15. Pour ceux qui ne connaissent pas le processus d'organisation d'une manifestation, il convient de préciser que les organisateurs, en accord avec les autorités civiles (la préfecture de police de Paris), choisissent un lieu tel qu'une grande place car non seulement  il y a de l'espace mais, surtout, il y a des rues qui rayonnent tout autour, ce qui est bien commode pour permettre aux participants de se regrouper selon leurs entreprises respectives, leur lieux de travail, de vie, affinités diverses, etc ...

Premier détail qui saute aux yeux : le nombre significatif d'échopes de brochettes/frites, merguez/frites, boissons, etc. C'est un signe que l'on attend beaucoup de monde, les participants n'ayant matériellement pas le temps de s'alimenter chez eux

Deuxième détail : l'incroyable proportion de "décorum" CGT. Au moins 90%! F.O et les 5 autres organisateurs se partageaient le reste. Conclusion évidente : quand la CGT est là, il y a du monde! Donc, ceux qui viendront me raconter que la CGT est moribonde, qu'elle joue son va-tout, que, pour elle, c'est l'hallali, etc ... peuvent aller se rhabiller! S'ils ne veulent pas me croire, qu'ils viennent voir par eux mêmes ...

Troisième détail : ne connaissant personne et étant donc venu seul, j'ai entrepris de faire le tour de la place d'Italie. Deux fois, tranquillement ... Durant toutes ces minutes, j'ai pu constater le grossissement du nombre ... Ca arrive de partout. Lors de la précédente, place de la Bastille, il m'avait fallu 10 bonnes minutes pour sortir du métro ...mais j'étais venu presque en retard.

Quatrième détail : J'entreprends de descendre le boulevard des Gobelins (à moins qu'il ne s'appelle Avenue des Gobelins, c'est sans importance). Il est large, sans terre-plein central. En bas , un barrage physique, avec des sortes de herses  et des policiers en tenue de combat qui font clairement comprendre deux choses aux participants :

- on ne passe pas plus bas, on doit tourner à gauche vers la gare Montparnasse.

- vous n'êtes pas les bienvenus aux yeux de la police (c'est à dire du Gouvernement car c'est lui qui donne les ordres!).

Comme comité d'accueil, on fait mieux et plus sympa ...

Cinquième détail : à environ deux cents mètres un groupe d'environ deux cents manifestants, habillés, eux aussi, en tenue de "combat", c'est à dire, des gants, des casques en bandoullière, des grosses chaussures, certains avec une sorte de vareuse de travail, des masques pas encore posés sur la bouche, etc ... Ce groupe occupe la tête de la manifestation!  Les choses sont claires : la manifestation ne peut pas, physiquement, démarrer à cause de la présence de ce groupe qui, aussi longtemps qu'il occupe la rue, contrôle, de fait, le déroulement de la manifestation. Cet endroit revient - c'est l'évidence même - aux organisateurs, pas à ces gens-là qui, visiblement, ont des intentions malveillantes. Il est alors aux environs de 13H15.

Sixième détail : j'ai vu des policiers, casqués, bottés, équipés de pied en cap se masser du côté du boulevard où je me trouvais (j'étais sur le trottoir). Ils se préparaient, manifestement (sic!), à dégager la rue pour permettre le départ de la manifestation. Curieusement, ils ne sont pas intervenus tout de suite! Soucieux de ne pas me confondre ni avec la police ni avec les "emmerdeurs" (qui allaient, par la suite, devenir des casseurs), j'ai migré de l'autre côté, à hauteur des grilles du Val de Grâce.

Septième détail :  j'ai vu une pauvre femme (cinquante kilos toute mouillée, pas plus!) en larmes. Elle venait de se faire tabasser ... Je ne sais pas par qui. J'ai vu un type, cagoulé qui détenanit dans ses mains, une sorte de "grille" d'où partaient, visiblement sur sa commande, des projectiles-pétards, lesquels étaient dirigés contre les policiers qui se trouvaient à 30 mètres. Manifestement pas dangereux mais bruyants, très bruyants ces pétards "en batterie" ... qui n'étaient pas en mesure d'impressionner la police mais étaient en mesure d'accroitre la tension, d'affoler la foule ... 

Huitième détail : Tout d'un coup, la police a chargé. EN MOINS DE CINQ SECONDES, LE BOULEVARD A ETE DEGAGE! Je dis bien cinq secondes ... Le temps de compter jusqu'à dix ... (et encore, je dirai plutôt jusqu'à cinq!). Deux conclusions s'imposent :

- quand la police veut dégager un endroit, elle le peut, sans effort apparent, sans violence sérieuse, en à peine plus de temps qu'il n'en faut pour le dire.

- quand des "manifestants" viennent avec des intentions manifestement malveillantes, ils sont aisément repèrables, photographiables et, donc, neutralisables en peu de temps ...

Tirez en vous-même les conclusions!

Ai-je besoin de préciser que, à aucun moment, la police, par mégaphone, n'a demandé à qui que ce soit de dégager la rue à cet endroit précis (chose que j'aurais fait immédiatement, bien évidemment!). Il s'ensuit que, mécaniquement, des manifestants de bonne foi se trouvent pris dans une sorte nasse dont ils ne peuvent pas sortir car il n'y a aucune issue, toutes les rues perpendiculaires étant soigneusement cadenassées par des grilles, des herses, des camions, des rangées de CRS équipées de pied en cap. J'ai demandé à pouvoir passer. Tant mon âge que mon équipement vestimentaire permettaient de se rendre compte que je n'avais aucune intention violente ... Cela m'a été refusé!

 

Il s'en est suivi que j'ai fini par passer au fur et à mesure que la cohorte de voitures de police qui bloquait le boulevard avançait vers la gare Montparnasse. Les stations de métro sur le parcours étaient fermées... Mais, physiquement, je n'ai pas pu participer à la manifestation! J'étais, de fait, devant, avec l'impossibilité de refluer pour réintégrer le cortège "normal"!

Commenter cet article

I-Cube 16/06/2016 09:24

Et alors, les merguez étaient bonnes ou non ?

Jacques Heurtault 16/06/2016 09:45

Je n'en ai aucune idée! Je me garde bien de consommer ces "machins" ... dont je ne sais rien de l'origine, de la qualité. Tout au plus le mode de cuisson m'est-il apparu comme douteux ...