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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Je prends les paris : le Brexit n'aura pas lieu!

15 Août 2016, 16:32pm

Publié par Jacques Heurtault

Ceux qui, tel que moi, ont pu croire que le départ du Royaume Uni était désormais une affaire de quelques semaines doivent, selon le point de vue qu'ils adoptent sur la question de l'opportunité du Brexit (son bien fondé ou pas), tirer un trait quasi-définitif sur cette perspective ...

Clairement, le déroulé des évènements le plus probable va être le suivant :

1. Le Royaume Uni n'enverra jamais sa lettre de décision de quitter l'Union Européenne. Ni en Septembre 2016, ni à la fin de l'année 2016 ni plus tard, en 2017 voire en 2018.

2. Dans l'hypothèse la plus probable, alors que les plus hautes autorités de l'Union Européenne ont fait savoir qu'aucune négociation ne serait engagée avec le Royaume Uni sur les conditions de son départ (dont la date effective ce celui-ci!), on peut affirmer que ces négociations ont déjà commencé dans les faits! Le négociateur représentant l'Union est d'ailleurs d'ores et déjà nommé : il s'agit de Michel Barnier!

 

Il faut, en effet, avoir présent à l'esprit que l'envoi de la fameuse lettre mobilisant l'article 50 du traité de Lisbonne est une condition nécessaire, impérative même, pour quoi que ce soit s'enclenche. Or les plus hautes autorités de l'Union Européenne ont clairement fait savoir qu'elles n'étaient pas favorables au départ du Royaume Uni car, de toute évidence, trop d'intérêts sont en jeu, notamment des intérêts financiers et commerciaux ... D'ailleurs ni le Conseil Européen ni la Commission n'ont le moindre pouvoir pour, s'appuyant sur les résultats du référendum de Juin 2016, contraindre le Royaume Uni à faire parvenir cette fameuse lettre.

Dans ce pays, les référendums n'ont aucun caractère contraignant. Le Parlement du Royaume Uni doit donc se prononcer par un vote pour autoriser le Gouvernement (de Sa Majesté!) à faire parvenir cette fameuse lettre. Sans vote du Parlement, pas d'envoi de la lettre activant l'article 50 ...

En application des traités actuellement en vigueur, c'est donc le statu quo qui prévaut : le Royaume Uni est membre de l'Union Européenne ... et le restera aussi longtemps que les dispositifs prévus et consignés dans lesdits traités n'auront pas été conduits à leurs termes respectifs.

Ainsi des membres du Parlement Européen qui représentent le Royaume Uni! Pareillement du Commissaire européen anglais qui siège à la Commission! Faisons remarquer qu'il est heureux que le Président de la Commission ne soit pas un Anglais ... On ose à peine imaginer le bordel qui en découlerait!

 

Faut-il s'étonner que Madame May, nouvelle Premier Ministre à Londres après la démission de Cameron, vient de déclarer qu'elle n'enverrait la fameuse lettre que, au mieux, dans le courant du premier trimestre ...2018! C'est à dire pas avant 18 mois minimum (comprenons dans 20, 22 voire 24 mois ...!). Motif invoqué : la France va élire un nouveau Président et l'Allemagne un nouveau Chancelier respectivement en Mai 2017 et Octobre 2017 ... Comment négocier alors qu'on ne connait pas les noms de ses interlocuteurs?

On voit bien que tout ce bazar pue la mauvaise foi la plus évidente! Rien, absolument rien, n'empêche Madame May de faire parvenir sa lettre-article 50 dans le courant du mois de Septembre prochain! Le respect de la volonté populaire aurait - normalement - dû commander qu'il en soit fait ainsi dès la fin du mois de Juin dernier, sauf à reconnaitre, publiquement, que le peuple a tort quand il vote "mal"!

Ne perdons pas de vue que le délai entre l'envoi de la "lettre" et le départ effectif du pays qui veut quitter l'Union Européenne est de ... deux ans! C'est un minimum ... Ce n'est que lorsque ce premier délai est franchi que l'Etat membre qui veut partir peut le faire de sa propre autorité quand bien même l'Union Européenne voudrait l'en dissuader. Il est tout à fait clair, dans mon esprit, que l'Union Européenne ne veut pas que le Royaume Uni  quitte l'Union.

Autrement dit, lorsqu'auront lieu les nouvelles élections au Parlement Européen - c'est à dire en Mai 2019 - le Royaume Uni, compte tenu des annonces faites par Madame May, sera toujours membre de l'Union ... Il enverra, comme n'importe quel autre Etat membre, des représentants au Parlement Européen et aura donc un Commissaire européen ... de même que des juges à la Cour Europénne de Justice! Il pourra participer, de plein droit, comme c'est le cas actuellement, aux réunions du Conseil. Il pourra voter au sein de ce Conseil!

 

Bref! On n'est pas sorti de l'auberge!

 

Que va-t-il se passer? Madame May, en bonne tacticienne, va, de facto, négocier, en sous-main, divers "avantages" qui, très opportunément, s'appellerons "conditions du départ du Royaume Uni de l'Union Européenne"... Quand le dossier sera bien "ficelé", un nouveau vote aura lieu au Royaume Uni, à la faveur du renouvellement du Parlement, par exemple, lequel doit avoir lieu en ... 2019, en principe entre Mars et Juin! L'Ecosse et l'Irlande du Nord diront, dans le cadre de la campagne électorale, que s'ils n'obtiennent pas le maintien dans l'Union, ils feront sécession ... Les électeurs anglais, toujours très "nationalistes", finiront par se laisser convaincre de voter pour une majorité de députés favorables au maintien dans l'Union ...

Le Premier Ministre dira alors que le Royaume Uni accepterait de rester dans l'Union ... aux conditions - qui viendront tout juste d'être négociées - de son départ envisagé!

 

Ce scénario vous parait difficile à comprendre? Je vous concède qu'il est complexe ... Il est toutefois parfaitement réaliste ... et même plus que vraisemblable!

 

Il est temps de réagir, maintenant, en exigeant :

- que le Royaume Uni envoie sa lettre d'intention dans le courant du prochain mois de Septembre 2016

- que le Parlement du Royaume Uni soit dissout afin que de nouvelles élections soient organisées APRES l'envoi de la "lettre" (afin qu'il ne soit pas permis de revenir en arrière!)

- que les députés du Royaume Uni aient la décence de ne plus siéger au Parlement Européen

- que le Commissaire anglais ait, lui aussi, la décence de ne plus siéger à la Commission

- que le Royaume Uni ait la décence de ne plus siéger au Conseil.

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Rey de los Huevones 19/08/2016 12:15

Quelle étrange logique rend la première phrase de ce "billet" laborieux incompréhensible?

Et si on veut vraiment faire respecter la vonté du Peûûûple britannique de quitter l'Europe, sans blablas pompeux, il y a des solutions simples; la plus simple consistant à faire des pétitions (change.org est très efficace) pour :
a) qu'une majorité d'Européens puissent éjecter, sans avantages étonnants, une nation qui s'incruste dans l'UE
b) qu'une clause gastronomique empêche l'entrée/le maintien de peuples ayant une cuisine infecte

c) une clause automobile empêche l'entrée/le maintien de nations ayant une conduite dangereuse; les modalités d'adaptation (progressives ou brutales) aux règles de conduite de bon sens étant, si le besoin s'en fait sentir, à la charge du pays tentant der (re)gagner l'UE

Jacques Heurtault 23/08/2016 23:42

Avez vous bien compris que je suis favorable au Brexit?
En tout état de cause mes arguments ne sont pas les vôtres!

Jacques H Julliard 15/08/2016 19:28

Vous oubliez que la CIA ne veut pas entendre parler de Brexit car c'est la Maison-blanche qui dirige l'Europe et ce qui s'y passe dans les moindres détails. Autant les Anglais que les Allemands ou les Français sont des marionnettes du Département d'Etat américain et la situation en va qu'empirer si Hillary est élue présidente, elle qui est soutenue par le lobby hyper-puissant de l'armement.
Si la Grande-Bretagne, le plus fidèle soutien des USA, quittait l'Europe il faudrait que le Pentagone, la CIA et le Département d'Etat repensent leur stratégie de domination de l'Europe et la Maison-blanche ne veut pas en entendre parler. Point barre.
Tout ce qu'on raconte à propos du Brexit est du pipeau !

Jacques Heurtault 15/08/2016 23:19

Sans allez jusqu'à l'adhésion à votre thèse, je dois constater que nos points de vue convergent. Wait and see ... and do!