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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Ne pas céder aux sirènes!

27 Avril 2017, 16:30pm

Publié par Jacques Heurtault

Début de citation :

La France insoumise ne cédera pas aux «injonctions absurdes» à voter Macron

Médiapart, le 26 avril 2017 Par stéphane alliès

 

Après le lancement d'une consultation de ses adhérents, les proches de Jean-Luc Mélenchon ont tenu une conférence de presse pour dire que « pas une voix » des leurs ne devrait aller au FN, tout en considérant toute autre option (abstention, vote nul ou vote Macron) « légitime et compréhensible ». Mélenchon devrait « garder sans doute son vote pour lui ».

Face à « toute une vieille scène politique qui est morte », les responsables de la France insoumise (FI) entendent tenir une ligne de crête, entre le rejet du FN et la volonté de rester indépendants des partis et des appels à voter Emmanuel Macron, ainsi qu'ils l'ont exprimé lors d'une conférence de presse ce mercredi 26 avril. « Ce second tour ne réglera rien des grandes problématiques que nous avons portées », a expliqué l'une des responsables du programme de la FI, Charlotte Girard, détaillant par la suite à quel point « aucun des deux finalistes » ne répondrait « aux urgences » portées durant la campagne de Mélenchon.

« Urgence démocratique », en dénonçant l'usage des ordonnances promises par Emmanuel Macron pour réformer le code du travail ou « la passion du cumul des mandats » du FN ; « urgence sociale », en évoquant « l'école payante pour les enfants étrangers » de Le Pen et les discours de Macron sur les retraites, la Sécurité sociale ou l'absence d'augmentation du Smic ; « urgence écologique », dénonçant « le vide dramatique » dans les programmes des deux candidats du second tour. Et enfin « l'urgence de la paix », car « l'une comme l'autre reviennent à un alignement contraire au principe d'indépendance » (l'une étant « alignée » sur la Russie, l'autre sur les États-Unis).

Face à ce duel entre « le préféré de la finance » et « l'assurance vie du système », qui promet selon Girard « un quinquennat explosif » quel que soit le gagnant « à l'issue d'un vote forcé », la France insoumise a défendu son choix, annoncé il y a plus d'un an, d'une consultation de sa base militante. Non pas pour « être des chefs qui donnent une consigne dont plus personne ne veut », dit le porte-parole Alexis Corbière, mais pour donner un « avis », une indication de ce que pense le mouvement.

Quant à Jean-Luc Mélenchon, il devrait, selon son directeur de campagne Manuel Bompard, « garder sans doute son vote pour lui ». « Nous avons tiré l'expérience depuis le 21 avril 2002, dit Charlotte Girard, c'est la montée en puissance des programmes libéraux qui a favorisé la montée du FN. Le “tout sauf Le Pen” de l'époque ne peut plus tenir. » « Même si le fond antirépublicain et réactionnaire du programme du FN n'a pas changé, le contexte politique est complètement différent », appuie Bompard.

Si Alexis Corbière a laissé entendre dans la matinée qu'il glisserait, quant à lui, un bulletin Macron dans l'urne (« Je sais ce que je ferai, et que j'ai toujours fait »), il n'entend pas céder aux « injonctions absurdes » et aux « insultes de Myriam El Khomri ou de Michel Sapin » (qui ont critiqué l'absence de consigne claire de la FI à battre le Front national), qui sont pour lui « un honneur ». À ses yeux, le message « Pas une voix au FN » fait partie de « l'ADN politique » du candidat Mélenchon, et il n'entend pas recevoir de leçon de ses anciens camarades socialistes sur le sujet : « Pendant quatorze mois, je n'ai croisé personne qui m'a dit qu'il voterait FN à cause de nous, mais je n'ai cessé de l'entendre à cause du quinquennat Hollande. »

Estimant que « par leurs propos contre nous », ce sont François Hollande et Benoît Hamon « qui ont permis à Marine Le Pen d'être au second tour », il a tenu la même ligne critique vis-à-vis d'Emmanuel Macron et son « irresponsabilité » : « Il y a 15 ans, quand Le Pen était au second tour, il y avait des manifestations. Aujourd'hui, celui qui est face à Le Pen va festoyer dans une brasserie bourgeoise. » « Macron pense qu'il surfe sur une adhésion à son projet, ajoute-t-il. Non, nous n'y adhérons pas… Et il se permet de nous insulter… C'est irresponsable… »

Corbière, qui a écrit trois livres contre le FN et était l'un des inspirateurs de la campagne « Front contre Front » menée par Jean-Luc Mélenchon pour le Front de gauche en 2012 (puis aux législatives à Hénin-Beaumont face à Marine Le Pen), se dit « fier » d'avoir « fait reculer le FN ». « Ça, ce sont des actes concrets de lutte contre le FN, pas du bavardage mondain ou de l'arrogance contre-productive », dit-il, avant de marteler à l'attention de ceux qui seraient tentés par le vote FN : « Il ne le faut pas. Aucune stratégie ne peut reposer sur un vote Front national, c'est une menteuse et une ennemie du monde du travail. »

Corbière assume que « dans la crise politique actuelle », le vote Macron ne soit que « l'une des options, mais pas la seule ». Et celui qui estime que la France insoumise est « la seule force à combattre le FN » de préciser : « Faites-nous confiance sur la méthode de lutte, le reste ne sont que des grincements du vieux système »

Cette assurance n'est pas limitée à cet entre-deux-tours, puisque les questions sur les élections législatives ont vu les trois représentants de la France insoumise défendre leur stratégie insoumise et indépendante de tout accord d'appareil avec d'autres forces politiques. « Nous avons 494 candidats investis et dépassons le seuil des 12,5 % des inscrits nécessaire pour être présent au second tour dans 451 circonscriptions, explique Manuel Bompard. Il y a des discussions avec le PCF, mais à cette étape, il a refusé l'ensemble de nos propositions d'accord national ou de désistements réciproques. Mais toutes les forces politiques qui souhaitent participer à notre dynamique sont les bienvenues. »

Autrement dit, pour Manuel Bompard : « La cohérence politique veut que nos candidats aux législatives portent la même cohérence et le même programme que pendant la campagne présidentielle. » Quitte à prendre le risque, face à la division des postulants à gauche et compte tenu du fait majoritaire du scrutin, de ne finalement pas avoir un nombre de députés en adéquation avec les 19,4 % de Mélenchon, comme cela était arrivé au Modem en 2007 ? « C'est une possibilité, répond Bompard. Mais vous oubliez qu'il y a le travail de conviction. Il y a un an, tout le monde disait que nous n'y arriverions jamais… »

Fin de citation.

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