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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

L'énergie : le point de vue de Lise Epailly, jeune journaliste indépendante.

19 Mai 2017, 11:11am

Publié par Jacques Heurtault

J'ai reçu, de la part de Lise Epailly, jeune journaliste indépendante, un courrier me demandant de bien vouloir publier sur mon blog et sous sa signature un article traitant du sujet, particulièrement sensible, de l'énergie.

C'est bien volontiers que j'y donne suite ... Voici donc le texte que j'ai reçu dont le contenu n'engage que son auteure même si, conformément à la loi, j'en endosse évidemment la responsabilité légale.

Début de citation :

'De chef de parti à Président de la République : quelle ligne écologique pour la France en Marche ?’

 

A l’heure où mesures et grands projets sont entrepris pour assurer la transmission de la France vers les énergies renouvelables, la question de l’écologie et la place des énergies renouvelables divisaient la sphère politique française en pleine période d’élection pour le nouveau chef d’Etat. Les présidentielles ont laissé la France dans un contexte politique complexe où tous les partis politiques sont déstabilisés. Que symbolisera l'investiture d'Emmanuel Macron, nouveau président de la République et leader d'En Marche, pour le devenir des engagements pris en faveur des énergies vertes pendant ces mois de campagne ?

 

Des engagements écologiques prometteurs

Au cours de sa campagne pour l’élection présidentielle de 2012, François Hollande voyait grand pour la France dans le domaine des énergies renouvelables, qu’il rêvait de hisser au rang de ‘leader mondial des énergies décarbonnées’. Cette ambition s’est illustré par un projet phare du mandat Hollande : ‘la loi de transition énergétique’. Porté par la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal, ce texte présentait des objectifs ambitieux : porter la part des renouvelables à 32 % de la dépense d'énergie en 2030, réduire la consommation énergétique finale de 20 %, et diminuer de 40 % les émissions de gaz à effet de serre (par rapport à 1990).

Le projet de loi promettait la réduction du poids du nucléaire et des énergies fossiles dans le mix énergétique et l’essor des énergies renouvelables.

Malgré cet enthousiasme évident et de grandes ambitions lors de la COP21 pour un pays au grand potentiel énergétique, le quinquennat de François Hollande semble se conclure sur des déceptions, notamment son incapacité à fermer la centrale de Fessenheim. La lenteur de prises de décisions en matière d’énergie donne une impression de demi-teinte. La France source désormais 14,9% de son énergie en renouvelables, mieux qu’il y a quelques années, mais bien en dessous de l’objectif fixé par la loi Royal.

 

Un manque de débat

Avec un climat planétaire déréglé et un bilan scientifique alarmant quant aux solutions apportées aux problèmes climatiques, les questions environnementales semblent être devenues un sujet d’inquiétude global que la sphère politique commence à adresser. On peut alors affirmer que de sujet d’inquiétude d’une certaine famille politique, les problèmes climatiques et la transition écologique sont bel et bien devenus un enjeu politique.

 

Il est frappant que 71% des Français interrogés avant le premier tour estimaient que le prochain président devra amplifier le rythme de développement des énergies renouvelables. Cependant, un nombre comparable considérait aussi que la question des énergies renouvelables n’était pas abordée de manière suffisante par les candidats à l’élection présidentielle. En partie, l’absence d’un candidat Europe Ecologie Les Verts explique cette absence de débat.

Le débat télévisé de l’entre-deux tours entre Marin Le Pen et Emmanuel Macron confirme l’absence de débat de fond entre ces deux partis sur les questions environnementales. Alors que les deux candidats à l’Elysée se sont affrontés sur un ensemble de points, notamment sur la place de la France dans l’Union Européenne et la prévention du terrorisme, l’environnement n’a eu qu’une brève mention au passage, lorsque Macron a indiqué vouloir suivre la ligne de l’ancien président américain sur les questions environnementales.

 

Les énergies renouvelables bénéficient toujours d’une bonne image chez les Français en raison de leur respect pour l’environnement, l’indépendance énergétique et l’économie que leur utilisation semble impliquer. Au-delà de grands débats qui contournaient la question environnementale, un retour en arrière sur le programme de chaque candidat permet de comprendre avec plus de clartés les ambitions et points sensibles du nouveau président dans le domaine des énergies renouvelables après son investiture le 14 mai 2017.

 

Macron et Le Pen : un même sujet, deux opinions opposées

Les entreprises investies dans l’énergie verte, notamment l’industrie photovoltaïque et éolienne, ont bénéficié d’avancées technologiques importantes ces dernières années. Mais un soutien politique continu reste central pour une industrie qui ne peut pas encore se battre à armes égales face à un baril de pétrole à moins de 50 euros.

Le programme de Le Pen et de Macron s’accordait pour interdire l’exploitation du gaz de schiste. La période d’interdiction diffère : Macron s'engageait pour une interdiction sur l’ensemble du quinquennat, alors que Le Pen semblait prête à le tolérer  « tant que des conditions satisfaisantes en matière d’environnement, de sécurité et de santé ne seront pas réunies ».

Cette interdiction, quelle que soit sa durée, est bien sûr une bonne nouvelle pour les renouvelables, car l’entrée sur le marché de sources d’énergies fossiles à bas cout pénaliserait fortement le développement des énergies vertes.

Le Président Macron veut fixer un prix plancher du carbone sur l’ensemble de l’Union Européenne et propose de fermer toutes les centrales à charbon de France d’ici à 2022. Le fondateur d'En Marche! s'inscrit aussi fidèlement dans la droite ligne de François Hollande sur l’application de la loi sur la transition énergétique, notamment en promettant d’abaisser (comme prévu dans cette loi) de 75% à 50% en 2025 la part du nucléaire dans la production électrique française

 

Les législatives : Un enjeu de taille pour la ligne écologique ‘En Marche’

 

La solidité politique de ce jeune parti résolument progressiste s’avère d’autant plus ‘légitime’ à l’approche des élections législatives où il devra obtenir la majorité parlementaire et ainsi assurer un soutien légal au président et ses décisions pendant son quinquennat. Le fait qu’Emmanuel Macron ait été élu avec 65,5 % des votes comme le dernier repart ‘républicain’ face au Front National ne ‘garantie’ en rien ses chances de trouver une majorité législative avec laquelle gouverner. Les chiffres restent en sa faveur : un récent sondage (Kantar Sofres One Point) donne le nouveau parti en tête des intentions de vote au premier tour des élections législatives avec  24% tandis que d’autres (Opinionway) donnent La République En Marche en tête avec un groupe de députés entre 249 et 286 députés à l’assemblée.

 

Pour éviter la cohabitation dès son arrivée à l’Elysée, le parti En Marche est obligé d’établir une alliance non seulement politique mais également citoyenne. Le parti a dévoilé Lundi le nom des 511 candidats de la République en marche aux législatives. Cette liste propose un panel significatif quant au désir de restructuration de la vie politique Française prôné par Emmanuel Macron au cours de sa campagne. On y retrouve des figures politiques clés pour le jeune mouvement comme  Richard Ferrand (secrétaire général) et Benjamin Griveaux (porte-parole) le directeur de la communication de l’Elysée ainsi que la députée européenne Marielle de Sarnez et Marc Fesneau, secrétaire général du parti, dans le Loir-et-Cher, tous deux issus du MoDem. S’ajoute à cette liste l’ancienne secrétaire d’Etat à l’écologie Barbara Pompili. 

L’ancienne ministre devenue secrétaire d’Etat chargée de la biodiversité était l’un des premiers membres du gouvernement Cazeneuve à afficher son soutien à En marche pendant la campagne.  Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron entretenait une relation particulière avec le parti EELV car il était vu comme "le seul qui peut porter l’écologie au second tour de la présidentielle".

 

Salué et soutenu pour les premières mesures écologistes proposées, ce parti invite Emmanuel Macron à ne pas perdre de temps sur les questions d’écologie. Dans une interview pour le nouvel Obs, Nicolas Hulot, maintenant ministre d’Etat en charge de la Transition écologique, décrivait la candidature du leader d’En Marche comme l’espoir de l’écologie pour 2017. Pour compter sur un soutien écologique en vue des élections législatives, Emmanuel Macron devra veiller à respecter les objectifs suivants : réinventer la vie politique, sortir de la logique des partis et ne pas perdre de temps avec l’écologie’ 

Lise Epailly

Fin de citation.

Cet article peut évidemment faire l'objet de commentaires de la part de tout lecteur qui le juge opportun. A vos plumes!

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