En parcourant la blogosphère, je suis tombé sur un article critique vis à vis de l'Anpe. Il s'agit d'une usagère (je ne suis pas certain de la validité de ce néologisme) qui raconte son vécu personnel dans ses relations avec les services de l'Anpe.
Etant professionnellement impliqué (puisque je suis agent de l'Anpe), j'ai décidé de reproduire cet article afin d'engager un débat constructif.
Début de citation :
ASSEDIC-ANPE : les 2 mamelles du chômage et de l’exclusion...
Par Cécile Guilhaume
Par amour, voici deux fois que je démissionne de mes fonctions pour suivre mon conjoint qui a accepté une mission de deux ans à la Réunion. A l’aller, ce fut simple : l’île de la Réunion manque de personnel qualifié et expérimenté en Ressources Humaines (RH) et en moins d’un mois, j’avais 3 propositions. Tel ne fut pas le cas à notre retour sur Paris, début juin 2005.
Disciplinée, je suis allée m’inscrire aux ASSEDIC : une première fois, j’attendis 2 heures pour m’entendre dire qu’il manquait une pièce à mon dossier, la seconde fut un triomphe, puisque après 3 heures d’attente, j’étais inscrite et sensée toucher mes allocations chômages 22 jours plus tard.
Dans la foulée, je rendis une petite visite à l’agence ANPE ........., et après dix minutes d’attente dans un hall vide (pas même une chaise pour s’asseoir), une consultante me reçut, mit vaguement à jour mon dossier et me conseilla de reprendre un RDV pour bénéficier d’un bilan de compétences, car elle n’avait pas le temps de s’en occuper.
Je pris donc RDV et fus convoquée le 21 juin, à un "BCA" (Bilan de Compétences Approfondi). Une consultante survoltée m’expliqua qu’elle ne pouvait me faire faire un BCA à midi, qu’elle n’avait pas déjeuné et qu’elle était débordée. Je lui répondis que je n’avais pas demandé à être convoquée à midi. Elle m’expliqua ensuite que l’APEC (Association pour l’emploi des cadres) faisait également des bilans de compétence mais que je ne pouvais pas être suivie par cet organisme, car je n’en avais pas fait la demande lors du premier entretien. Perdant patience, je rétorquai que je n’avais pas été mise au courant de cette formalité indispensable. Devant tant de bonne volonté, je demandai qu’on transfère mon dossier vers l’APEC, ce qu’elle fit après avoir obtenu l’accord de l’APEC.
Rassurée, je partis 2 petites semaines en vacances et à mon retour, un courrier de l’ANPE me convoquait à un nouvel entretien. Bizarre ! ? ! Je m’y rendis, expliquai mon histoire à une troisième consultante qui, après avoir consulté son informatique, m’apprit que l’APEC avait retourné mon dossier vers l’ANPE. Elle refit la manipulation dans l’autre sens et m’assura que tout était réglé.
En date du 26 juillet, toujours sans nouvelle de l’APEC, je m’y rendis, mais l’hôtesse ne trouva nulle part trace de mon existence dans son informatique et m’apprit que l’ANPE n’avait pas transféré mon dossier. Je l’assurai du contraire, elle ne voulut rien entendre et me renvoya vers l’ANPE. J’y retournai, telle la balle de ping-pong, expliquai mes déboires avec l’APEC et implorai la consultante de bien vouloir enfin transférer mon dossier à l’APEC. Quand elle m’indiqua que le transfert avait été demandé en date du 21 juin, je lui répondis qu’il avait manifestement échoué, le ton monta rapidement et elle alla chercher le Directeur de l’Agence précisant qu’il "réussirait peut-être à me faire comprendre le français". Pendant quelques instants, j’eus l’impression d’être prise pour une demeurée...
A son retour, elle me signifia d’un petit ton sec que j’étais convoquée chez ce Monsieur, le lendemain matin, munie de mes justificatifs d’emploi. Je sortis, ulcérée, avec le sentiment d’être convoquée comme une vulgaire "mauvaise élève" parce que j’avais commis une mauvaise action...
Le fameux Directeur de l’ANPE me reçut avec 20 minutes de retard et fut des plus désagréables. Sur ma demande pressante, il appela l’APEC et insista avec sarcasme sur le fait que mon dossier ne semblait pas passionner l’APEC. Quand je lui demandai ce que j’étais sensée faire ensuite, il me rétorqua que je n’avais plus qu’à attendre et que l’ANPE me tiendrait informée de la suite.
Puis, il me réclama mes justificatifs de recherche d’emploi, sur un petit ton péremptoire. Je lui expliquai que toutes mes recherches s’effectuaient sur Internet et que je n’avais donc pas de justificatifs sous forme "papier" à produire. Je lui proposai d’aller vérifier depuis sa connexion mais il ne voulut pas en entendre parler, indiqua que "ça ne se faisait pas" et qu’il voulait des documents papier.
J’argumentai que les employeurs susceptibles de recruter une DRH, disposaient maintenant de sites dédiés au recrutement, ce qui évitait toute la lourdeur de la paperasse. Il ne voulut rien savoir et menaça d’inscrire dans mon dossier, "n’est pas en mesure de justifier ses recherches d’emploi". Je me défendis tant bien que mal, ajoutai que je voyais bien qu’il me prenait pour une "emmerdeuse", mais que je n’avais pas les moyens de me payer une imprimante pour faire plaisir à l’ANPE.
A ces mots, je vis qu’il jubilait, il se leva et aller chercher un classeur, dans lequel il consigna mes derniers mots avec soin. Je lui demandai s’il s’agissait du " livre d’or " de l’ANPE, il ne prit pas la peine de me répondre et me mit dehors avec la même amabilité et le même sens du service qu’à mon arrivée. Je rentrai chez moi, humiliée, mortifiée de ne pas avoir pu m’exprimer.
Les bonnes nouvelles s’enchaînant, je reçus, le 18 août, une notification "annulant et remplaçant la précédente", précisant qu’au motif d’un "changement du droit", mes allocations avaient été revues à la baisse, soit 300 euros de moins chaque mois et que j’étais également redevable de la somme de 389 euros, correspondant au trop perçu en juin et juillet.
Suivaient ensuite les formules classiques sur la manière dont je pouvais m’acquitter de ma dette et les poursuites auxquelles je m’exposais si je ne réagissais pas avant le 11 septembre 2005. Ils avaient tout simplement supprimé une prime contractuelle perçue en décembre 2004 ! Je passai un après-midi à rédiger une réponse circonstanciée, dans laquelle je leur détaillai comment mes droits auraient dû être calculés, quels éléments de salaire entraient dans la base de calcul, leur demandant enfin, comme précisé dans leur seconde notification, une "remise gracieuse de dette" et un réexamen de mes droits, au regard des éléments nouveaux fournis dans mon courrier.
Entre temps, je déclarai en ligne, ma situation mensuelle aux ASSEDIC et scrutai attentivement l’évolution de mon dossier. Le 9 septembre, je pus constater sur internet que mes allocations avaient été amputées de 700 euros par rapport au mois précédent. Non seulement, le calcul est faux et me lèse de 300 euros tous les mois, mais en outre, les ASSEDIC se "servent" sur les allocations du mois suivant, sans recours possible pour l’allocataire...
Je reçus le même jour, un appel de l’APEC, me convoquant à un entretien appelé le PAP (Plan d’Action Personnalisé), le 13 septembre. Après 3 mois et demi, il était temps ! Le fruit de mes recherches d’emploi estivales n’ayant pas été probant, je me réjouissais de pouvoir recueillir quelques conseils et bénéficier enfin du suivi d’un professionnel, mais la veille, l’APEC me rappela pour m’annoncer que l’ANPE n’avait pas transféré mon dossier et que le RDV ne pourrait donc pas avoir lieu ! J’eus l’impression de revenir 2 mois en arrière... Je rappelai l’APEC, mon interlocutrice fut compréhensive et m’expliqua le fin mot de l’histoire : l’ANPE ayant fait une erreur dans sa codification au moment du transfert et inscrit que j’étais "un demandeur d’emploi depuis plus de 6 mois", l’APEC a refusé mon dossier et l’a retourné vers l’ANPE. Celle-ci n’a jamais daigné vérifier si l’erreur ne provenait pas d’un de ses agents et a systématiquement remis ma parole en cause ainsi que la compétence de l’APEC. La consultante APEC me fixa finalement un RDV pour la fin du mois de septembre. A cette date, je totaliserai 4 mois de chômage et bénéficierai peut-être enfin, d’un suivi personnalisé dans des recherches d’emploi qui s’avèrent ardues ?
Que penser de cette succession d’infortunes ? Suis-je un cas particulièrement complexe ? Ai-je fait preuve de mauvaise volonté et de laxisme dans mes recherches ? Que faire à part remercier l’ANPE et les ASSEDICS pour leur professionnalisme et leurs précieux encouragements. Au cours d’une période que les chômeurs n’ont généralement pas choisie, et pendant laquelle leur confiance en eux est particulièrement fragile, les sarcasmes du Directeur de l’ANPE de l'agence de ........ sont autant d’atteintes à l’intégrité morale des demandeurs d’emploi qui n’ont nul besoin qu’on les enfonce encore un peu plus, alors que la conjoncture est déjà si morose ! Quant aux calculs savants des ASSEDIC, il conviendrait de s’interroger sur les conséquences d’une baisse de revenus de 33%... Serait-ce le pas à franchir pour basculer dans la précarité et la marginalité ?
Fin de citation.
Dans le texte initial, le nom de l'agence locale figurait d'une manière très explicite. Connaissant et l'agence locale en question et son directeur et le personnel qui y travaille, j'ai délibérément effacé les signes de reconnaissance.
J'ai tout lieu de penser que les faits rapportés sont exacts.
A charge, je dirai qu'il y a, dans les Anpe, des collègues qui manquent de la plus élémentaires courtoisie. Ils sont en nette diminution depuis les vagues succssives de recrutement qui ont apportés du "sang neuf"
A décharge, je dirai que l'avalanche de "nouveautés" (qui ressemblent étrangement à des dispositions ou dispositifs que l'on a connu) font que certains collègues, en toute bonne foi, ne savent plus où donner de la tête.
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