Mardi 20 décembre 2005

Je reproduis ici un article d'un libéral qui défend son point de vue avec conviction.

Johan Norberg, Paris - Grande Arche de la Défense, 15 novembre 2003

A cette conférence, il n'y a pas d'antimondialistes ou d'altermondialistes. J'ai donc pensé qu'il fallait leur donner l'occasion de s'exprimer. Souvenez-vous : lorsqu'un général romain victorieux défilait sur son chariot, il était accompagné par un esclave chargé de lui rappeler sa mortalité. Par conséquent, je m'efforcerai de jouer le rôle de cet esclave, en rappelant à la mondialisation victorieuse ses défauts et les arguments qui s'y opposent. Or veuillez m'excuser si je donne en même temps la possibilité au général victorieux de répondre d'emblée aux accusations. Car il se peut qu'il mérite vraiment sa victoire.

1 - « La mondialisation engendre la pauvreté »

Regardez, disent les anti-mondialistes, les problèmes du monde s'aggravent de jour en jour. 1,2 milliards de personnes vivent avec moins d'un dollar par jour, la faim et la maladie font des ravages. La mondialisation libérale qui gouverne le monde, n'est-elle pas responsable de ces maux ?

Le problème, c'est que la pauvreté n'est pas un phénomène nouveau. Nous n'avons pas à expliquer pourquoi la pauvreté existe à l'heure de la mondialisation. La pauvreté a toujours fait partie de l'existence humaine. Ce qui est nouveau, c'est que certains pays et certaines régions commencent depuis quelques siècles à connaître la croissance économique, ce qui permet de réduire la pauvreté. Et grâce à la mondialisation, la croissance se répand désormais dans le monde.

Depuis la Seconde guerre mondiale, le PIB mondial par tête a augmenté deux fois plus que pendant toute l'histoire précédente. La pauvreté a diminué plus au cours de ces 50 années qu'au cours des cinq siècles auparavant. Le nombre de personnes vivant dans une pauvreté absolue - c'est-à-dire avec moins d'un dollar par jour - a diminué de plus de 200 millions depuis 20 ans selon la Banque mondiale, alors qu'au cours de la même période la population mondiale a augmenté de 1,8 milliards. Et il est possible de démontrer que la réduction de la pauvreté est encore plus importante.

Au cours des 30 dernières années, la faim chronique et le travail des enfants dans les pays en développement ont été réduits de moitié. Depuis 50 ans, l'espérance de vie a augmenté de 46 à 64 ans et la mortalité infantile a été réduite de 18 à 8%. Ces indicateurs sont meilleurs aujourd'hui dans les pays en développement qu'ils n'étaient dans les pays riches il y a 100 ans.

Pourquoi ? Parce que des idées, la communication et les technologies se sont répandues à travers le monde. La démocratie et la liberté progressent partout sur les cinq continents. C'est cela, la mondialisation. Ce progrès est le plus rapide dans les pays qui sont ouverts à la mondialisation. La hausse du niveau de vie dépend de la croissance économique, et les études démontrent qu'en moyenne les pays dont les marchés sont ouverts croissent 3 à 5 fois plus vite que les économies fermées.

2 - « La mondialisation accroît les inégalités »

D'accord, dira le dictateur cubain Fidel Castro, la prospérité augmente, mais seulement au prix d'une inégalité plus criante dans le monde, et un clivage Nord-Sud plus important. Dans un certain sens, il a raison. Ceux qui bénéficient des opportunités et de la liberté que donnent la mondialisation et le capitalisme créent des ressources et des richesses ; ceux qui en sont exclus, par exemple les Cubains, n'en font rien.

Certes, de grossières inégalités existent dans le monde. Mais celles-ci résultent d'une inégale répartition des institutions capitalistes : ceux qui vivent dans des pays capitalistes s'enrichissent - les autres restent pauvres.

La mondialisation a ceci d'étonnant qu'elle offre cette liberté à des gens qui ne vivent pas en Europe ou aux Etats-Unis. D'après un rapport récent de la Banque mondiale, 24 pays en développement avec une population totale de 3 milliards de personnes s'intègrent actuellement de plus en plus dans l'économie mondiale. Leur croissance par tête a augmenté de 1% dans les années 1960, contre 5% dans les années 1990. A cette vitesse-là, le citoyen moyen de ces pays verra son revenu doubler en moins de 15 ans.

(Petit exemple : avec un taux de croissance annuel de 3,5%, le PIB double en 20 ans. Aucune politique de redistribution ne saura jamais remplacer la croissance économique, qu'elle soit nationale ou internationale.)

3 - « La mondialisation exacerbe l'exploitation des pays pauvres »

D'accord, dira Naomi Klein, mais le problème c'est que les pays pauvres accèdent à la croissance économique seulement grâce à l'exploitation impitoyable des pauvres qui triment dur dans des ateliers dans des conditions atroces. Auteur d'un livre intitulé No Logo, elle prétend que les pays pauvres ont des emplois de pauvres. Elle a raison. Et quoi qu'en pensent ses jeunes admirateurs, ce n'est pas là un scoop digne d'un Prix Nobel. En vérité, il s'agit d'un problème de productivité : un ouvrier qui produit peu gagnera peu ; si son salaire était plus élevé, personne ne pourrait se permettre de l'embaucher. Cela n'a pas de sens que de comparer les conditions des pays pauvres avec celles des pays avancés, car la productivité dans nos pays développés est infiniment plus élevée. En revanche, ce qui est intéressant est de comparer les conditions de ceux qui travaillent au sein d'entreprises multinationales dans les pays pauvres avec les emplois alternatifs, c'est-à-dire avec d'autres personnes dans le même pays.

C'est alors que nous pouvons constater que dans les pays les moins développés, les firmes multinationales paient leurs employés deux fois plus que les employeurs du pays dans un même secteur d'activité. Et rappelons que ceux qui travaillent pour l'exportation gagnent toujours plus, quel que soit le pays. Ceux qui travaillent pour les firmes américaines dans les pays à faibles revenus gagnent en moyenne 8 fois plus que le salaire moyen du pays !

Récemment, je me suis rendu au Vietnam, un pays socialiste où l'on commence à réfléchir sur le bienfondé du socialisme. Lorsque le pays était menacé de famine au milieu des années 1980, ses dirigeants ont ouvert l'économie et libéralisé les marchés. Depuis, l'économie vietnamienne a doublé et la pauvreté a été réduite de moitié.

La raison principale en est la hausse en flèche des exportations. Autre élément essentiel : l'arrivée de multinationales étrangères qui ont offert au Vietnam l'accès aux bienfaits de la mondialisation - de nouvelles idées, des capitaux et des technologies nouvelles. L'entreprise Nike est souvent stigmatisée comme un ennemi des pauvres. Mais lorsque j'ai visité la succursale Nike de Saïgon, le délégué syndical local m'a raconté que même les dirigeants du Parti communiste utilisent les usines comme un exemple positif, où les ouvriers gagnent bien leur vie et bénéficient d'un environnement de travail sain.

Lorsque Nike s'est implanté il y a dix ans, les ouvriers marchaient des heures pour se rendre au travail ; trois ans plus tard, ils avaient les moyens d'acheter des vélos ; trois ans de plus, et ils y allaient tous en mobylette.

J'ai fait la connaissance de Tsi-Chi, une jeune femme vietnamienne. Son travail chez Nike lui a permis de délaisser son travail malsain sur la ferme familiale, où elle devait passer ses journées dehors sous le soleil brûlant ou pendant la saison des pluies. Aujourd'hui, elle gagne cinq fois plus qu'avant, plus que son mari - ce qui lui permet aussi d'être indépendante. Il y a une génération, elle aurait été obligée de mettre son fils au travail très jeune. Mais Tsi-Chi m'a dit qu'elle veut lui offrir une bonne éducation, pour qu'il puisse devenir médecin un jour. Elle n'est pas un cas exceptionnel. En réalité, la croissance a vaincu là où l'interdiction a échoué : depuis dix ans 2,2 millions d'enfants sont passés du travail à la salle de classe.

Si les multinationales et des salaires plus élevés représentent l'exploitation, alors notre problème est tout simplement que les pays pauvres ne sont pas suffisamment exploités …

Si les antimondialistes devaient obtenir gain de cause, si nous boycottions tous les produits fabriqués par la main d'œuvre bon marché, Tsi-Chi perdrait son emploi et serait contrainte de retourner à la ferme et de mettre son jeune fils au travail.

4 - « La mondialisation détruit les emplois occidentaux »

D'accord, dira l'auteur anticapitaliste Vivianne Forrester. La mondialisation signifie plus d'emplois dans les pays pauvres. Mais seulement au prix d'emplois en moins chez nous, et donc plus de licenciements et de chômage en Europe et aux Etats-Unis.

Cette préoccupation est pourtant absurde. Il y a environ 150 ans, presque 80% des Européens travaillaient dans l'agriculture. Une efficacité plus élevée a conduit à une production accrue, moins d'agriculteurs et des prix agricoles plus faibles. Et donc 70% de chômage ? Bien sûr que non, car les économies ainsi dégagées ont permis aux consommateurs d'acheter des produits qu'ils ne pouvaient s'offrir auparavant - vêtements, produits manufacturés, de meilleurs logements, de l'éducation, des soins médicaux. Et les gens étaient par conséquent embauchés pour fournir ces produits à la place. Moins de travail signifie une production plus importante, ce qui veut dire qu'à travail égal nous avons davantage de biens et de services. C'est cela, l'augmentation du niveau de vie.

Dans l'économie la plus efficiente du monde, l'économie américaine, les syndicats et des nationalistes tels que Pat Buchanan se plaignent de la déindustrialisation. Dans un sens, ils ont raison. Au cours de la seule décennie 1990, 1 million d'emplois américains ont été exportés et les entreprises réduisent constamment leurs effectifs. Il y a 50 ans, 3 Américains sur 10 travaillaient en usine, contre moins de 2 sur 10 aujourd'hui. Or cela représente une réussite et non un échec. Ceci a permis au travail et au capital américains de se consacrer à la création d'emplois nouveaux plus qualifiés dans des secteurs technologiques de pointe. A défaut de ce processus, le pays n'aurait pas ouvert la voie à l'énergie créatrice qui a donné naissance à Silicon Valley ou la croissance massive des industries du loisir et du divertissement pour lesquelles la demande est infinie. Oui, il est vrai que seul 1 Américain sur 10 travaille aujourd'hui en usine. Mais en même temps, un Américain sur dix travaille dans l'éducation, un sur dix travaille pour les industries de loisir et de divertissement, et encore un autre sur dix pour la finance, les relations publiques ou dans les technologies de l'information.

Les Etats-Unis ont peut-être perdu 1,3 millions d'emplois dans les années 1990 ; mais au cours de la même période ils ont créé au total 15 millions d'emplois nouveaux. Et ce ne sont pas là 15 millions d'emplois chez McDonald's. Car ces nouveaux emplois se situent dans les secteurs où l'économie américaine est la plus productive : plus de deux tiers des emplois créés ont un salaire au-dessus du salaire moyen.

Si en France vous craignez de perdre des emplois, au lieu d'incriminer la mondialisation, vous feriez peut-être mieux de regarder les obstacles à la création d'entreprises nouvelles et d'emplois nouveaux, c'est-à-dire les impôts, la réglementation du travail et l'interventionnisme étatique.

5 - « La mondialisation détruit l'environnement »

Nous sommes d'accord, diront Greenpeace et le Sierra Club, l'économie et le niveau de vie s'améliorent constamment. Or c'est l'environnement qui trinque, et cela se traduit par plus de pollution et la destruction des ressources naturelles non renouvelables.

S'il était ainsi, il faudrait expliquer pourquoi les villes les plus polluées ne sont pas Paris, Stockholm et New York, mais plutôt Pékin, Mexico et New Delhi. Partout dans le monde, il semblerait que la croissance économique et une meilleure protection de l'environnement aillent ensemble. Quatre chercheurs qui ont étudié cette corrélation notent avoir trouvé « un lien positif très fort entre nos indicateurs [environnementaux] et le niveau de développement économique ». Un pays trop pauvre ne peut se permettre d'avoir le souci de l'environnement. Ceux qui ne savent même pas comment nourrir leurs enfants le soir ne peuvent avoir conscience de ce qu'est la protection de l'environnement. Combattre la misère et nourrir sa famille sont nécessairement des problèmes prioritaires.

De plus, c'est la prospérité qui facilite la protection de l'environnement grâce à une société plus affluente. Une société plus riche peut se permettre d'aborder de front les problèmes écologiques pour mettre au point des technologies qui soulagent le milieu naturel - l'épuration des eaux et le contrôle des émissions polluantes, par exemple - et de corriger des erreurs du passé.

Contrairement aux idées reçues, la pollution n'augmente pas avec la croissance ; elle présente une courbe en U inversée. Lorsque la croissance économique d'un pays pauvre décolle et les cheminées commencent à rejeter des polluants, la nature souffre évidemment, mais une fois que la prospérité a atteint un certain niveau, les indicateurs environnementaux s'améliorent. Certains contre-exemples existent, tels que les CO2, mais d'une manière générale les émissions polluantes sont réduites. Au fur et à mesure, l'air et l'eau font montre de concentrations moins élevées de polluants.

Selon une étude des indicateurs environnementaux, le tournant se produit en général avant que le PIB par habitant n'atteigne 8,000 dollars. A 10,000 dollars par tête, les chercheurs ont trouvé une corrélation positive entre une hausse de la croissance et une meilleure qualité de l'air et de l'eau. Cela correspond à peu près au niveau de vie en Argentine, la Corée du Sd ou en Slovénie. Et nous pouvons constater que la tendance est inversée plus tôt qu'auparavant, car les pays pauvres peuvent bénéficier de nos erreurs et importer de meilleures technologies. Un exemple : la qualité de l'air dans les mégalopoles chinoises qui sont parmi les villes les plus polluées du monde, a été stabilisée depuis le milieu des années 1980, voire s'est lentement améliorée dans plusieurs cas. Et cela s'est accompagné d'une croissance économique sans précédent.

Souvenons-nous cependant d'une chose. Le problème environnemental le plus grave ne concerne pas les usines, les cheminées ou la pollution automobile. Le pire problème environnemental, c'est le milieu naturel qui dans son état originel est un danger mortel pour les humains. Chaque jour, plus de 6,000 personnes dans les pays en développement meurent de la pollution de l'air lorsqu'ils utilisent du bois, du fumier ou des déchets agricoles pour se chauffer ou pour faire la cuisine. Chaque jour, 14,000 personnes meurent dans les pays pauvres à cause de maladies transmises par l'eau. Ce sont là des problèmes simples à résoudre, à condition de bénéficier de la croissance, de la technologie et de l'industrie - tout ce que les écologistes détestent. En vérité, la prospérité et la mondialisation permettent à la fois d'améliorer l'environnement et de sauver des vies humaines.

6 - « Le libre-échange n'est pas équitable »

Bon, disent les antimondialistes d'Attac en France, vos chiffres sont peut-être exacts, mais vous oubliez les rapports de force. Le problème dans le monde actuel est que les pays riches fixent les règles de l'économie mondiale, et les pauvres n'ont pas d'autre choix que de les accepter.

Pour une fois, je pense qu'ils ont raison ; mais non dans le sens où ils l'entendent. Le problème n'est pas que les pays riches essaient d'entraîner les pays pauvres dans un guêt-apens mondialiste libéral. Mais que nous essayons de les exclure du libre-échange mondial. Le problème n'est pas l'absence d'un « commerce équitable », mais l'absence de libre-échange.

Au cours des cinquante dernières années, les pays occidentaux ont libéralisé les flux commerciaux, mais nous avons excepté deux domaines importants : les textiles et l'agriculture. Il se trouve que ces secteurs représentent des produits à forte intensité de main d'œuvre que les pays pauvres sont capables de fabriquer aux premiers stades de leur développement. Ainsi, nous avons donné aux pays en développement le droit de vendre tout ce qu'ils ne peuvent produire. La Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement estime que les pays en développement pourraient augmenter leurs exportations à raison de 700 milliards de dollars par an si nous décidions d'abandonner notre politique protectionniste. Cela représente 14 fois le montant accordé en aide au développement à ces pays.

Depuis la libéralisation de l'économie chinoise, il ne reste plus que trois économies planifiées dans le monde : Cuba, la Corée du Nord et la Politique Agricole Commune de l'Union européenne. Cette dernière exclut les produits des pays pauvres à l'aide de quotas et de taxes, mais elle subventionne également nos agriculteurs à hauteur de milliards. Au travers de subventions à l'exportation et des « aides » alimentaires, nous nous débarrassons de nos excédents dans les pays pauvres, pour mieux éliminer l'agriculture locale. La Suède produit du sucre au prix fort, au lieu de l'importer de pays qui bénéficient de meilleures conditions et d'une main d'œuvre moins coûteuse. Une vache moyenne de l'Union européenne reçoit plus en subventions chaque jour que ce qu'ont 3 milliards de personnes dans les pays en développement pour vivre.

Or mettre fin aux subventions et au protectionnisme n'est pas un acte de générosité, mais tout simplement une décision rationnelle. Car ce que nous coûterait cette décision ne représente qu'un tout petit profit catégoriel. Les entraves au libre-échange et l'aide à l'agriculture et l'horticulture accordée par les pays de l'OCDE s'élèvent à pratiquement 1 milliard de dollars par jour. Un tel chiffre est difficile à appréhender : 1 milliard est une fortune, mais 300 milliards n'est guère plus qu'un chiffre. Pour mieux comprendre, je peux vous dire que pour cette somme, il serait possible d'emmener toutes les vaches de l'OCDE (60 millions !) faire le tour du monde en avion en classe affaires, et cela tous les ans. Et chaque vache aurait en plus près de 2,000 dollars en argent de poche à dépenser dans les magasins d'aéroport …

Voilà la somme que nous, contribuables et consommateurs, sommes contraints de verser chaque année afin d'empêcher les pays pauvres de nous faire concurrence.

Exactement, disent Oxfam et le Third World Network. Le protectionnisme occidental est un qu'il faudrait abandonner. En revanche, les pays pauvres devraient être protectionnistes et protéger leurs marchés contre les produits occidentaux.

Mais ces associations sont mercantilistes ; elles n'ont pas compris que ce dont ont besoin ces pays, ce sont non seulement des exportations, mais aussi des importations. Les importations sont nécessaires aux consommateurs, pour la concurrence et la spécialisation, et pour combattre les monopoles.

De même, l'exportation a besoin de tarifs douaniers faibles. Environ 40% des exportations venant de pays en développement vont à d'autres pays en développement. Si les consommateurs pauvres sont obligés de payer au prix fort des produits émanant de leur propre pays, ils ne seront pas libres d'acheter aux entreprises des pays voisins, auquel cas les producteurs y perdront aussi. Ils obtiendront éventuellement un monopole sur leur propre marché, mais en revanche ils ne pourront vendre ailleurs. Les droits de douane que s'infligent les pays en développement entre eux sont actuellement deux fois et demi plus élevés que ceux en vigueur dans les pays industriels par rapport aux pays en développement. Ainsi, plus de 70% des droits de douane versés par des pays en développement sont levés par d'autres pays en développement. Il s'ensuit que les pays pauvres profiteraient plus d'une libéralisation chez eux que d'une libéralisation de la part des pays riches.

Conclusion

Ce sont là les arguments les plus forts contre la mondialisation que j'ai rencontrés au cours de mes voyages et discussions. Comme vous l'aurez compris, je ne suis pas du tout convaincu. La mondialisation mérite de gagner, et encore plus aujourd'hui que hier.

Il est de bon ton chez les anti-mondialistes de conclure un discours en détaillant le nombre de personnes du Tiers Monde qui sont morts par la faim ou la maladie pendant l'exposé. Cela sert à mettre en valeur la misère du monde. Pour conclure un discours sur la mondialisation, je pense qu'il est plus utile de faire le contraire, de rappeler le progrès qui se poursuit en ce moment même. Car il convient de rappeler que la misère, la pauvreté et la mort prématurée ne sont pas des nouveautés ; la prospérité et une meilleure espérance de vie, oui.

Depuis que j'ai commencé mon discours, 345 personnes sont passées de la faim à un niveau de nutrition relativement acceptable. Depuis une demi-heure, 570 personnes ont fait la transition de la pauvreté absolue à un niveau de vie qui ressemble à une classe moyenne mondiale

C'est cela le potentiel du capitalisme, c'est cela la promesse de la mondialisation. Et c'est pourquoi j'estime qu'elle mérite d'être défendue.

 

 

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Débats et interwiews lus ici ou là
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Lundi 19 décembre 2005

L'écoute des "nouvelles" diffusées sur les "medias" (qu'il s'agisse de la radio, de la télé ou des autres), a quelque chose de pathétique.

Je veux parler de cette lamentable affaire des coups de couteau qu'un pauvre mec, lycéen à ce qu'il paraît, a donné à l'une de ses professeurs.

Les recherches ont-elles été immédiatement lancées? Pas sûr!

La professeure agressée (elle a failli en mourir!) envisage de porter plainte contre l'Education Nationale ... (Elle ne l'a donc pas encore fait : ça peut se comprendre quand on vient de prendre trois coups de couteau).

Jusque là tout va bien (enfin, si on peut dire ... qu'on me pardonne cet excès).

Là où ça ne va plus du tout, c'est quand on entend que les autres professeurs envisagent de faire jouer leur droit de retrait!

C'est à croire que ces professeurs sont de véritables analphabètes! Et que les journalistes ne sont que de pauvres perroquets...

Les uns et les autres ont ils pris la peine de lire les textes qui se rapportent au droit de retrait?

Ma réponse est simple : sûrement pas!

Que veulent-ils, ces professeurs? Je vais vous le dire : une journée sans avoir à travailler tout en étant payé ...

J'espère que le gouvernement aura la fermeté de remettre les pendules à l'heure.

Pour vous dire franchement mon sentiment, je n'en suis pas du tout certain.  

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Droit du travail
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Lundi 19 décembre 2005

Monsieur le Sénateur Alain Lambert ayant apporté un commentaire sur mon blog, je suis allé lui rendre visite. J'ai lu, j'ai commenté; Un autre participant a fait de même, il a lu, il a commenté; Alain Lambert a lu, a répondu.

Voici la reproduction intégrale des échanges de ces trois participants.

"Quand le vin est tiré, il faut le boire.

 Par Alain Lambert, samedi 17 décembre 2005 à 18:27 :: Politique

Ce proverbe bien connu nous enseigne que lorsqu'une affaire est engagée, il faut en accepter les suites, toutes les suites, même les plus délicates. C'est à cette situation qu'est désormais confronté le Gouvernement suite à la publication du Rapport Pébereau sur la dette après qu'il en ait passé commande lui même. Un constat alarmant et des préconisations très précises lui sont faites à l'unanimité par une Commission supra partisane. Ne pas en tenir compte ou surseoir serait s'affaiblir, le mettre en oeuvre immédiatement, intégralement et irrévocablement relève de la haute voltige politique, à 15 mois de la Présidentielle.

La presse m'a attribué le souhait d'une loi de programmation du retour à l'équilibre de nos comptes publics. J'indique tout de suite que cette loi n'aurait de sens que si elle était adoptée pas seulement par la majorité mais aussi par l'opposition. Chacun sait qu'une telle démarche législative peut n'être jamais suivie d'effet. Ce ne serait pas la première fois, puisque la dernière loi de ce type, en 1993, n'a pas été respectée.
Je lis que le Gouvernement réfléchit à une loi « organique » pour donner plus de solennité, de force, et de pérennité à cet engagement. C'est vite dit. Encore faudrait-il que l'on sache si, par le caractère organique de la loi, il souhaite se prémunir d'un risque ultérieur d'abrogation, en cas d'alternance ? Dans cette hypothèse, il faudrait que ladite loi organique soit « relative au Sénat », ce qui oblige, en effet, pour la modifier, à ce que le texte soit adopté dans les mêmes termes par les deux assemblées. Mais rien n'est moins sûr constitutionnellement qu'une telle voie. Puis ne serait-ce pas vouloir faire jouer au Sénat un rôle de « blocage » ? Qui ne pourrait que l'affaiblir ultérieurement dans sa mission si utile d'un bon usage des pouvoirs.
Ceci me conduit à réaffirmer à nouveau et avec force et conviction combien je crois que l'unanimité supra partisane d'adoption du rapport Pébereau appelle le Gouvernement à rechercher, d'abord et en premier lieu, un même consensus pour sa mise en oeuvre. Si l'opposition s'y refuse, il sera toujours temps d'aviser. Elle aurait d'ailleurs tort de refuser, par principe, à un engagement national de redressement des finances du Pays car ce redressement est la seule chance de trouver les marges de manoeuvre nécessaires pour mener une nouvelle politique.

Oui, quand le vin est tiré, il faut le boire. Et le temps est aussi venu pour chacun de prendre ses responsabilités. C'était le message que nous avions réussi à faire entendre en 2001 avec Didier Migaud pour l'adoption de la LOLF. Gageons que la sagesse qui a prévalu à cette époque s'exprime à nouveau aujourd'hui. Nous étions alors encore plus prêt d'une présidentielle. Comme quoi rien n'est jamais impossible dans la politique, pour peu que l'intérêt général domine l'esprit partisan.

Par Jacques Heurtault, le dimanche 18 décembre 2005 à 11:13

Merci, Monsieur le Sénateur d'avoir laissé votre commentaire sur mon blog! Et moi qui ai commis l'incroyable bévue de vous avoir rabaissé au rang de député ... Mille excuses! Je vais me couvrir la tête de cendres ...
Ma proposition d'une révision CONSTITUTIONNELLE tient d'autant plus la mer que nous sommes à une brêve échéance électorale majeure. Même en cas d'alternance, il est peu probable qu'elle joue dans toute la panoplie "Président, Assemblée nationale, Sénat". Donc, en votant cette réforme de la constitution interdisant au Gouvernement de présenter un projet de budget en déficit, nous avons toutes les chances de donner à la France les moyens juridiques forts dont elle a besoin.
Qu'il s'agisse des communes, des départements, des régions ou de l'Europe, toutes ces structures se voient, avec bonheur à mes yeux mais au grand dam de la plupart des politiques (dont vous ne semblez pas faire partie, bravo pour vous), interdire de faire du déficit. Seuls les Etats ont ce droit (tient donc; comme c'est bizarre!).
Vous soulevez avec justesse l'exemple de la LOLF. Il est vrai que les "politiques" (les vrais, c'est à dire la gauche de gouvernement et la droite républicaine) se sont rendus compte qu'ils ne parvenaient plus à mettre en oeuvre leurs politiques respectives : c'était les fonctionnaires qui se chargeaient, tout seuls, de mettre en oeuvre la leur, celle de leur caste!
Je crains qu'ils ne finissent par avoir le dernier mot! D'où mon idée d'une réforme CONSTITUTIONNELLE pour verrouiller les voies d'eau ... car, vous le savez mieux que moi, on ne peut pas mettre le bateau France en cale sêche! Il faur réparer en pleine mer... Or, il y a des creux de 10 mètres!
Excusez ces allusions : je suis breton!

Par Catteau Damien, le dimanche 18 décembre 2005 à 16:10
Une telle loi "organique" de programmation ne pourrait que très artificiellement être considérée comme une loi "relative au Sénat". Ceci-dit si l'idée d'une loi de programmation est séduisante (mais nécessiterait en effet un certain consensus), le problème réside dans le fait que les lois de programmation sont généralement assez partiellement appliquée... Concernant le rétablissement des finances publiques, 1993 en est une illustration frappante...

Pourquoi ne pas se servir de la Loi Organique sur les Lois de Finances sur ce point ? Vous savez, monsieur le ministre, comme je suis favorable à l'élaboration d'une démarche de performance au niveau des missions... Pourquoi ne pas envisager un document à un niveau encore supérieur (sur le modèle, même si c'est un peu différent, de ce qui se fait dans certains pays anglo-saxons). L'idée serait dans un document sur un modèle proche du PAP de développer la stratégie du gouvernement et de mettre en avant certains objectifs "clefs" sur lequel le premier-ministre et son gouvernement s'engage personnellement. Pourraient figurer parmi ces objectifs, des objectifs en matière d'emplois, de réforme etc. mais surtout un objectif concernant le redressement financier...
Objectifs mesurés par des indicateurs bien sûr... intégrée dans une vision annuelle et pluriannuelle avec un engagement de responsabilité annuel... Si le gouvernement n'arrive pas à atteindre ces objectifs "clefs" sa responsabilité serait engagée (plutôt que de parler de responsabilité politique "constitutionnelle", on pourrait plutôt envisager une démission spontanée)...

(oups! un tel document existe : le pacte de stabilité... étant donné sa portée, d'autres solutions (internes) doivent elles être envisagées ?)

Finalement le principe de la LOLF est celui-ci : par le biais des PAP, les responsables de programme (par extension, osons (rêvons), les ministres pris individuellement) s'engagent sur des résultats à atteindre... Pourquoi alors ne pas envisager que ce principe s'applique également spécifiquement sur quelques sujets clefs... au gouvernement et plus précisément au premier ministre.... ?

Mais sans doute que tout ceci reste un peu trop "théorique", vous m'en excuserez...

Par Catteau Damien, le dimanche 18 décembre 2005 à 18:43
Je me permettrais de répondre à Monsieur Heurtault...

Une telle réforme constitutionnelle constitue à mon sens une solution un peu radicale et qui non seulement ne garantirait pas un assainissement des finances publiques mais poseraient plusieurs difficultés.
D'abord, une telle règle ne me paraît pas nécessairement du domaine constitutionnel... Mais qu'à cela ne tienne, on pourrait envisager de la faire figurer dans la loi organique ce qui aurait les mêmes effets...
Je passe aussi sur les difficultés pratiques de modifier la Constitution ou l'improbabilité d'obtenir un consensus sur la constitutionalisation d'une telle règle...

A mon avis, le problème est ailleurs... A supposer qu'une telle règle existe, il serait alors impossible pour le gouvernement d'adopter une loi de finances en déficit...
Or, assainir les finances publiques est une oeuvre de longue haleine qui par ailleurs dépend certes d'une certaine volonté politique mais également d'un contexte économique et financier...
Bref, imaginons simplement qu'une telle règle existe... il me semble que cette dernière n'aurait pour effet que de pousser le gouvernement à transiger avec la sincérité budgétaire et le respect de l'autorisation budgétaire. Imaginons seulement que le Gouvernement ne puisse pas en pratique adopter un budget en équilibre. Soit il respecte scrupuleusemnt les textes et on aboutit à une situation de blocage, impossible au regard du principe de continuité du service public... Soit il transige avec la sincérité budgétaire et fait adopter articficiellement un budget en équilibre... quitte d'ailleurs, par modifications règlementaires des crédits et/ou loi de finances rectificative à modifier l'équilibre en cours d'année... puisque cette règle ne viserait que la LFI...
Une telle solution viendrait donc mettre à mal le principe de sincérité déjà bien malmené depuis plusieurs années... Sans garantir un redressement...

Je passe également sur l'opportunité d'une règle visant à prohiber TOUT déficit dans un contexte économique en mouvement... Je ne suis pas certain qu'on puisse tout à fait comparer la situation de l'Etat et celle d'une collectivité locale

En bref, je crois personnellement que plus que l'introduction d'une règle intangible et raidicale, il faudrait plutôt une programmation pluriannuelle (quel qu'en soit le support) assortie d'un engagement de responsabilité "effectif" de la part de l'équipe gouvernementale...
En somme, la réduction des déficits publics doit devenir une priorité gouvernementale sur laquelle le Premier ministre doit engager sa responsabilité

Mais ce n'est que mon avis....

Par Alain Lambert, le dimanche 18 décembre 2005 à 21:30
Le débat engagé entre Jacques Heurtault et Damien Catteau est passionnant car il éclaire toutes les difficultés (même juridiques) de l’exercice. Ils partagent le même objectif. Ils cherchent le bon instrument susceptible de pallier à une volonté évanescente des dirigeants. Pas facile.
La voie d’une réforme constitutionnelle ne me semble pas vraiment appropriée. En effet, ce que l’on rencontre dans certaines constitutions c’est l’instauration d’une « règle d’or » qui interdit d’emprunter pour le fonctionnement, c’est à dire pour les dépenses courantes. C’est la seule disposition qui pourrait utilement être introduite, me semble-t-il, dans la nôtre. Mais cela ne règle pas la question urgente du retour à l’équilibre qui est vivement recommandé par la Commission Pébereau. En effet, si l’on peut tout à fait convenir qu’un déficit soit admissible en bas de cycle, il est tout autant nécessaire, dès lors, d’être en excédent en haut du cycle. Or, nous constatons que nous nous sommes affranchis de cette règle de bonne gestion en restant en déficit pendant 30 années successives et ininterrompues dans l’ignorance absolue des périodes de croissance qui auraient pu permettre de revenir à l’équilibre.
La voie de la loi organique serait sans doute plus appropriée, mais comme le dit très bien Damien, rien ne garantit pour autant qu’elle rende incontournable et irréversible le retour réel à l’équilibre dans la durée de 5 ans. Ma recommandation viserait plutôt d’ailleurs à ce que les engagements ne traitent que des dépenses qui seraient stabilisées en valeur (en euros courants). Les recettes, même à droit constant, peuvent varier considérablement en fonction de la conjoncture. On peut cependant imaginer qu’une stabilisation réelle et sincère des dépenses en valeur ainsi qu’une stabilisation des taux de prélèvements obligatoires pourraient favoriser un rééquilibrage en 5 ans.
J’ai lu avec attention naturellement la suggestion de Damien de l’élaboration d’un document de type PAP qui engage la responsabilité du Gouvernement. Je ne crois guère cette voie là non plus empruntable. La difficulté tient à ce que les gouvernements depuis 30 ans ont, sans vergogne, présenté des budgets en déficit ! C’est donc un choix constant et explicite devant les Français. Il ne s’agit pas d’un dérapage en gestion que les dirigeants se promettraient de corriger l’année suivante ! Non ils ont structurellement choisi de faire vivre l’action publique à crédit. Ce qui mène tout droit à la crise de régime lorsque les taux d’intérêts exploseront.
A la vérité, je n’ai jamais cru que les lois pouvaient tenir lieu de vertu. Lorsque les peuples et leurs dirigeants, toutes tendances confondues, feignent d’ignorer pendant si longtemps les règles les plus élémentaires de la saine gestion pour une soutenabilité à moyen et long terme de leurs finances publiques, la crise politique grave survient. Dans le passé, l’inflation, les dévaluations et le refus de payer les dettes des régimes précédents annulaient les endettements excessifs. Ces méthodes ne sont plus envisageables. Il faudra donc bien s’engager au redressement. Les préconisations du rapport Pébereau sont raisonnables. Elles ont été approuvées par un groupe supra partisan. Si un texte dessinant le sentier de retour à l’équilibre sur 5 ans était adopté de la même manière supra partisane, n’aurions-nous pas là au moins une pétition de bonnes intentions susceptibles de se transformer en réalisation ? C’est sans doute naïf, mais lorsque nous avons ouvert la piste de réforme de l’Ordonnance de 1959, c’était aussi très naïf et nous étions bien peu nombreux à y croire !
Merci de vos contributions qui aident au débat public sur ce sujet si grave.

Par Jacques Heurtault, le lundi 19 décembre 2005 à 13:27

Débat en effet passionnant! Merci, Monsieur le Ministre pour vos encouragements.
Ne nous faut-il pas un gouvernement de grande coalition façon Allemagne. En France, cela donnerait un gouvernement UMP/PS. Evidemment, vu les traditions françaises, ce serait ... NOUVEAU!
Il n'est pas interdit d'esperer ni d'avoir la volonté d'entreprendre ...
J'en viens alors à une autre proposition que j'ai faite sur la réforme du mode de scrutin laquelle permet la parité, une nette majorité et la representation des minorités marginales, le tout en faisant des économies puisqu'il n'y a qu'un seul tour! Que demander de mieux?
Voyez ma rubrique "élections" ...C'est mon tout premier article. Merci
Pour avancer sur le débat "réforme constitutionnelle" ou "Loi organique", ne peut-on envisager une réforme constitutionnelle pour l'équilibre en dépenses de fonctionnement et une loi organique pour l'équilibre en dépenses d'investissement? On ouvre ainsi la voie à la nécessaire rigueur en fonctionnement et à la possibilité de faire du déficit en investissement (ce qui est parfaitement concevable et même légitime : j'adhère, évidemment, à cette logique de cycle. Qui peut être décemment contre?)."

Espérons que le débat se poursuive. On est à 100 lieues de la "politicaillerie" qui m'exaspère.

Rendez visite au site d'Alain Lambert. Si vous vous intéressez à la "vraie politique" vous ne perdrez pas votre temps!  

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Economie et budget
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Dimanche 18 décembre 2005

Il suffit de lire n'importe quel quotidien pour se rendre compte que le secret de l'instruction, en matiére pénale, n'est rien d'autre qu'une chimère, violée allègrement depuis au moins trois décennies. Et les violeurs courrent toujours ... (Mais que fait la Police?).

L'Histoire vient, là encore, à notre secours et nous permet de comprendre les tenants et aboutissants.

A l'origine, la personne inculpée subissait, elle aussi, le secret de l'instruction! Elle n'avait, elle non plus, pas accès au dossier ...aussi longtemps que durait l'instruction.

Ce qui nous paraît aujourd'hui complètement inconcevable était la norme il y a guère plus d'un siècle! L'inculpé découvrait ce qu'on lui reprochait pendant le très court laps de temps qui suivait la fin de l'instruction et précédait l'audience et sa conclusion : le jugement ...

Mais comment se fait-il, alors, que le secret de l'instruction soit si souvent transgressé ... quand l'affaire est "journaleusement" intéressante?

Imaginez un secret que vous êtes le seul à détenir : s'il est trahi, c'est vous qui l'avez trahi ...; si vous détenez ce secret avec une seule autre personne, comme ce n'est pas vous qui l'avez trahi (vous ne feriez pas ça!), c'est forcément l'autre!

Mais si il y a trois personnes au moins ... Qui? Qui a trahi le secret de l'instruction? Mystère!

Et voilà élucidé le mystère de la transgression du secret de l'instruction.

Car, vous l'avez remarqué, quand vous lisez votre journal préféré, on vous parle toujours d'une source proche de l'enquête ... sans jamais vous donner son nom! Forcément, la loi réprime avec sévérité la transgression dudit secret ... Sans parler des poursuites en dommage et intérêt engagées par la partie lésée!

Les "journalistes", eux, ont le droit de révéler des "faits" (peu importe qu'ils soient vrais ou faux) sans jamais avoir de compte à rendre à personne ...

Comment sortir de cette impasse et préserver ainsi les principes les plus élémentaires du droit des gens?

Je propose, tout simplement, que le secret de l'instruction soit purement et simplement abrogé. Ainsi, quiconque voudra suivre telle ou telle "affaire" pourra en prendre connaissance, à charge pour lui de subir les rigueurs de la loi s'il porte atteinte à la réputation de telle ou telle personne nommée dans le dossier en divulgant des informations fausses, voire simplement inexactes.

Je parie que les journalistes sont opposés à cette proposition de réforme! Normal, c'est leur gagne-pain qu'on leur retire de la bouche ...

 

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Administration de la Justice
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Dimanche 18 décembre 2005

Nous avons, dans notre système judiciaire pénal, une situation des plus étranges : le juge d'instruction.

Hiérachiquement, il est rattaché au Procureur de la République, lequel est sous l'autorité du Ministre de la Justice, lequel procureur a en charge de défendre la Société (il est donc de "parti pris", ce qui est normal).

Cependant, le juge d'instruction (dont l'évolution de carrière normale est de devenir procureur adjoint puis procureur) doit instruire "à charge et à décharge".

On notera, bien sûr, l'ordre dans lequel sa mission d'instruction est présentée ("à charge" en premier ...).

Il s'ensuit que le juge d'instruction est, très naturellement, toujours ou presque toujours du coté de l'accusation ...

On a donc les résultats ... que l'on a!

1. Malgré les modifications qui ont pu avoir lieu, au fil du temps, la personne convoquée est toujours, dans les faits, présumée coupable. Il lui revient de démontrer qu'elle est innocente ...

2. Quand on est pris dans les mailles du filet de la Justice, il est extrêmement difficile de s'en sortir ... surtout quand on est une personne publiquement en vue (engagée dans la "politique" par exemple).

3. Il en résulte des séquelles ... politiques. C'est d'ailleurs pour cela que certaines personnes, manifestement mal intentionnées porte plainte ... contre X car, sait-on jamais, si la plainte n'aboutit pas, cela peut se retourner contre le plaignant s'il s'en prend nominativement contre quelqu'un.

De l'auttre coté de la Manche, au Royaume Uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord (ouf!), il n'en est pas ainsi.

Les rôles "à charge" et "à décharge" sont séparés, clairement.

C'est la Police qui détient le premier rôle ("à charge"); l'équivalent du juge d'instruction a, lui, pour rôle de veiller à ce que les droits de la ou les personnes impliquées (qualifiées de "premier témoin") soient respectés.

Cette séparation claire des rôles fait que, en règle générale, la Justice, de ce coté là de la Manche, est plus sereine.

Est-il interdit de copier, de temps en temps, sur nos amis anglais? Pour autant que je sache, NON! Il y a même fort à parier que nos amis anglais en seraient plutôt fiers.

Alors, qu'est-ce-qu'on attend?

Moi, j'attends une réponse de Monsieur le Ministre de la Justice. Peut-être que Monsieur Alain Lambert, qui a bien voulu apporter ses commentaires à un de mes précédents articles, m'aidera-t-il?

Je n'ose l'espérer : j'ai commis l'impair de croire qu'il était député alors qu'il est sénateur ... Me pardonnera-t-il?

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Administration de la Justice
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Vendredi 16 décembre 2005

Je reproduis un bref article que j'ai trouvé en furetant sur le web. Edifiant! J'ai même du mal à croire que ce soit vrai ...

"Aujourd’hui, être fonctionnaire dans les DOM-TOM relève du rêve éveillé. En activité : majoration de traitement variant de 35 % à la Réunion à plus de 100 % en Nouvelle-Calédonie, gratuité des déménagements et emménagements, vacances supplémentaires et transports aériens payés pour la famille, primes d’éloignement pouvant atteindre un an de traitement supplémentaire tous les quatre ans à la Martinique et en Guadeloupe, presque deux ans à Mayotte, tous les deux ans… A la retraite : bonifications d’annuités et majorations de pension comprises entre 35 % et 75 %, nombreux dégrèvements fiscaux…

On comprend pourquoi, qu’ils soient natifs d’Outre-mer ou de métropole, les fonctionnaires se bousculent au portillon pour profiter, parfois jusqu’à la fraude, de cette manne providentielle !
Mais ces privilèges d’un autre âge, ayant perdu toute légitimité, grèvent le budget de l’Etat de millions d’euros chaque année. La cinquième étude* de Sauvegarde Retraite leur est consacrée. Elle décrit une situation génératrice d’une très grande injustice envers les retraités du secteur privé.

Pour y mettre fin, Sauvegarde Retraites sensibilise les responsables politiques dans le but de modifier la loi."

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Retraites
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Jeudi 15 décembre 2005

Précisons, tout de suite, que le titre vaut aussi bien pour Mesdames (voire Mesdemoiselles ... ) puisqu'il s'agit des "politiques", en général!

Il vient de sortir! Quoi? Mais, le rapport Pébereau, bien sûr!

Monsieur Michel Pébereau est l'actuel grand patron du groupe BNP-Paribas. Il vient de remettre un rapport de synthèse des travaux de la Commission qu'il présidait sur le thème de l'endettement public et des moyens d'y faire face. Cette commission, précision importante, était PLURALISTE (majorité, opposition, économistes, représentants de la "sociéte civile", etc; que du "beau monde"; c'est pour cela que je n'en faisais pas partie!).

Les solutions qu'il préconise ne sont pourtant pas révolutionnaires :

- les dépenses publiques doivent être circonscrites à leur niveau ACTUEL en VALEUR (c'est à dire pas en "volume", laquelle approche permet de glisser sur la dérive automatique).

- il faut rompre avec la facilité de la dépense publique

Suivent également beaucoup d'autres préconisations qu'il n'est pas possible de reproduire ici. Le rapport fait 135 pages format A4! Un bouquin, ni plus (encore heureux!) ni moins ...

Monsieur Alain Lambert, éminent député UMP, (et c'est vrai : en matière de finances publiques, il sait de quoi il parle; il était membre de la commission "Pébereau") préconise que le gouvernement prenne l'engagement irrévocable de suivre les recommandations qui lui sont faites ...

Il suffit donc que Monsieur Alain Lambert dépose une proposition de loi fixant cet objectif au Gouvernement!

Il dispose des moyens de contrainte pour cela : l'Assemblée Nationale fixe son ordre du jour et ... vote la loi!

Mieux, la Constitution prévoit qu'un parlementaire ne peut pas déposer un amendement à la loi de finance provoquant une augmentation des dépenses s'il ne propose pas, EN MÊME TEMPS, une augmentation des recettes. Le Gouvernement n'est pas, lui, assujetti à cette contrainte : il peut provoquer du déficit budgétaire ...

Donc, si le même Alain Lambert dépose une proposition de modification de la Constitution allant dans ce sens, la majorité dont il fait partie ayant les moyens arithmétiques de faire passer son texte (certes, le Sénat doit le suivre ... Mais, la majorité est du même bord, donc, pas de problème), le texte passera.

Le processus étant ce qu'il est, il faudra un certain délai ... Soit!

Précisément, la modification pourrait devenir effective quelques mois AVANT le vote de la loi de finances pour 2007, c'est à dire très peu de temps avant ... l'élection présidentielle!

Alors, UN PEU DE COURAGE, MESDAMES et MESSIEURS ...

CHICHE!! 

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Editoriaux
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Jeudi 15 décembre 2005

Je crée, aujourd'hui, une nouvelle catégorie que j'intitule "Editoriaux".

Le contenu en sera calqué sur le même genre de rubrique que l'on trouve, habituellement, dans les journaux d'opinion.

Vous y trouverez donc aussi bien un texte sur l'actualité du jour qu'un commentaire politiquement engagé sur un évènement récent, en prise directe sur l'actualité politique, économique ou sociale.

J'ambitionne de faire de ce blog une sorte de quotidien politique.

En outre, les élections approchent : il serait dommage de ne pas y penser!

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Editoriaux
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Mercredi 14 décembre 2005

Voici le quatrième volet de l'article de Maurice Mac Tigue, ancien ministre néo-zélandais. 

"Assurer à l'Etat d'abondantes recettes fiscales ?
Diminuer le taux de l'impôt !


Passons maintenant à un autre sujet : le poids de la fiscalité et la capacité concurrentielle des entreprises. Beaucoup de personnes du secteur public ne voient pas que la compétition économique est maintenant mondiale : les capitaux et les hommes peuvent se déplacer si rapidement que la seule façon d'empêcher les délocalisations d'entreprises est de faire de telle sorte que l'environnement institutionnel et culturel soit plus favorable au développement des entreprises qu'ailleurs. Il convient de s'arrêter quelques instants sur ce qui s'est passé en Irlande, il n'y a que deux ans. L'Union Européenne, sous l'impulsion de la France, a critiqué fortement la politique fiscale irlandaise, tout particulièrement en matière d'impôt sur les sociétés, parce que le gouvernement irlandais avait décidé de réduire cet impôt de 48 à 12 % et que, de ce fait, cela avait créé un mouvement important de délocalisations des entreprises vers l'Irlande. L'Union Européenne a alors voulu forcer l'Irlande à augmenter le taux d'impôt sur les sociétés de 17 points, pour le ramener à un niveau comparable à celui des autres pays européens. Les Irlandais ont refusé de suivre cette recommandation, cela va sans dire. L'Union Européenne a alors argumenté en disant que la politique fiscale irlandaise était déloyale et créait des distorsions dans la concurrence. Le Ministre des Finances d'Irlande a alors répondu qu'il était parfaitement d'accord avec cet argument : en effet, c'était inéquitable que le taux d'impôt sur les sociétés soit 12 % alors que celui de l'impôt sur les revenus personnels était de 10 % . En conséquence, le gouvernement irlandais a décidé de ramener le taux de l'impôt sur les sociétés à 10 %. Une autre bataille perdue pour les Français !

Quand nous nous sommes penchés sur notre système fiscal, nous avons découvert qu'il était extrêmement compliqué, et à tel point qu'il conduisait les entreprises et les particuliers à gérer leurs affaires en dépit du bon sens. Nous nous sommes alors posés un certain nombre de questions sur les objectifs de notre système fiscal : est-il destiné, pour l'essentiel, à faire rentrer les fonds dont l'Etat a besoin ? ou a-t-il en même temps comme objectif d'être un outil de la politique sociale du gouvernement ? ou, enfin, en sus de ces deux objectifs, a-t-il aussi pour objet d'influencer et modifier les comportements des citoyens ? Nous avons conclu qu'un système fiscal raisonnablement conçu ne pouvait poursuivre simultanément autant d'objectifs et qu'il fallait le limiter à son rôle propre, à savoir faire rentrer de la façon la plus efficace les fonds dont l'Etat a besoin. Nous avons donc décidé qu'il n'y aurait que deux types d'impôts, un impôt sur les revenus et un impôt sur la consommation, que la détermination de l'impôt serait faite de la manière la plus simple possible et que les taux d'impôt seraient réduits autant qu'il serait possible. Ainsi, pour les revenus élevés, alors que le taux d'impôt de la tranche supérieure était de 66 %, nous n'avons prévu qu'un seul taux uniforme de 33 %. Pour les petits contribuables, un taux uniforme de 19 % a été retenu, alors que les tranches inférieures étaient auparavant taxées à 38 %. Nous avons créé une taxe uniforme sur la consommation de 10 % et supprimé tous les autres impôts : impôts sur les plus values en capital, impôts sur le patrimoine, etc. Nous avons apporté une grande attention à concevoir le système de telle sorte que cela ne réduise pas les recettes fiscales et que nous puissions le présenter à la population comme un jeu à somme nulle. Mais, en définitive, ce qui est arrivé est que les recettes ont augmenté de 20 % ! Pourquoi cela ? Parce que les contribuables ont moins cherché à trouver les failles de la loi et à réduire leur charge fiscale. Si les taux d'impôts sont peu élevés, les contribuables ne vont pas chercher à tout prix, notamment en dépensant des fortunes pour les services de juristes et de comptables cher payés, les failles dans la loi qui leur permettront de réduire leur charge d'impôts. En vérité, la constatation que j'ai pu faire est que, dans tous les pays où on avait réduit les taux d'impôt et simplifié le système d'imposition, les recettes fiscales ont toujours augmenté. Dans tous les cas, elles n'ont jamais diminué.


Faire respecter la réglementation ?
En réduire la complexité !


Abordons maintenant la question de la multiplicité des réglementations. Toutes les règles et réglementations détaillées que doivent respecter les citoyens sont généralement rédigées par des fonctionnaires non élus et qui n'ont pas à rendre de comptes aux électeurs. Le problème est que, dès lors que ces réglementations existent, il devient extrêmement difficile de les supprimer. Pour cela donc il fallait trouver un moyen radical. Il fallait attaquer le mal à la racine. La solution retenue a été de réécrire en les simplifiant les lois qui avaient été à l'origine de ces réglementations. Ainsi, par exemple, nous avons réécrit les lois relatives à l'environnement : la nouvelle loi sur l'environnement, le « Resource Management Act », faisait 348 pages ; mais elle remplaçait une loi qui, elle, remplissait un volume d'une épaisseur de près d'un mètre. Autres exemples : le code des impôts, les lois relatives à l'agriculture, celles relatives à la sécurité et la santé ; nous les avons tous réécrits. Pour ce faire, nous avons fait travailler ensemble les meilleurs éléments de nos services, leur demandant de réfléchir au problème suivant : à supposer qu'il n'existe pas actuellement de lois encadrant la vie économique, quelles lois devraient être imaginées qui soient les plus favorables au développement économique ? A l'issue de ces travaux, pour bien faire accepter ces changements dans les lois, nous avons insisté sur les économies d'impôt qui en résulteraient. Finalement, ces lois nouvelles, créant de nouvelles bases de départ, ont permis de rendre caduques tous les règlements que les lois précédentes avaient engendrés.

La raison d'être de toutes ces réformes dont je viens de parler trouve finalement son origine dans une approche différente de la façon de gouverner. Ainsi, permettez-moi de vous raconter comment nous avons résolu le problème que nous posent les cervidés. En Nouvelle Zélande, il n'y avait pas de gros gibiers naturels jusqu'à ce que les Anglais introduisent des cervidés. Certains de ces animaux ont fini par s'échapper dans la nature et se sont multipliés au point de devenir un véritable fléau. Les années qui ont suivi, pendant 120 ans, nous avons essayé de nous en débarrasser, sans succès. Jusqu'au jour où quelqu'un a suggéré que nous donnions aux agriculteurs le droit de les attraper et d'en faire l'élevage. Nous leur avons donc dit qu'ils pouvaient attraper et élever ces animaux à la condition qu'ils soient élevés en enclos dont les clôtures aient au moins 2,5 mètres de haut. Depuis, le gouvernement n'a plus eu à dépenser même un dollar pour se débarrasser des cerfs sauvages. Mais une autre conséquence en est que la Nouvelle Zélande fournit maintenant 40 % du marché mondial de ce type de viande. Il suffisait d'un peu de bon sens pour supprimer un problème et en faire une nouvelle source de revenus !


Réformer l'Etat ?
Veiller à l'utilité de ses services !


Laissez-moi pour finir vous donner encore un exemple. Les services administratifs du Ministère des Transports sont venus nous voir un jour en nous disant qu'ils devaient augmenter les taxes sur les permis de conduire. Nous leur avons demandé de nous justifier pourquoi il fallait augmenter cette taxe. La raison qui nous a été donnée était que le coût du renouvellement des permis de conduire était supérieur au produit de la taxe au taux actuel. Nous avons donc demandé pour quelle raison les permis de conduire étaient ainsi systématiquement renouvelés. On nous a regardés de façon bizarre comme si cette question était idiote : tout le monde en effet a besoin d'un permis de conduire ! Je leur ai alors fait remarquer que j'avais eu mon premier permis de conduire à l'âge de quinze ans ; je leur ai ensuite posé la question suivante : « Le renouvellement du permis de conduire a-t-il pour objet de s'assurer des capacités du conducteur à conduire ? » Nous avons donné dix jours à nos interlocuteurs pour réfléchir. Un des arguments qui nous a alors été donné était que le permis de conduire permettait à la police de s'assurer de l'identité des personnes. A cela, nous avons répondu que ce qui était nécessaire à cet effet était une carte d'identité mais qu'un permis de conduire n'était pas fait pour cela. Ils ont fini par admettre qu'il n'y avait pas de bonne raison qui puisse justifier ce renouvellement périodique des permis de conduire. Nous l'avons donc supprimé. Maintenant, un permis de conduire est valable jusqu'à ce que la personne atteigne l'âge de 74 ans. Ensuite, elle doit passer tous les ans un examen médical pour s'assurer qu'elle n'a pas d'empêchement physique pour conduire. Ainsi, non seulement il n'a pas été nécessaire d'augmenter la taxe mais encore il a été possible de supprimer un département administratif. C'est ce que j'appelle avoir un regard neuf sur la façon de gérer l'Etat.

Dans cet ordre d'idées, il se passe actuellement des choses dignes d'intérêt aux Etats-Unis. Peut-être ne vous en rappelez-vous pas, mais en 1993, le Congrès a voté une loi appelée « Loi sur la performance et les résultats de l'action gouvernementale » (« Government Performance and Results Act »). En application de cette loi, les divers services de l'Etat doivent préparer un plan à long terme sur les objectifs qu'ils visent et faire un rapport annuel sur l'état d'avancement de ce plan et les avantages qu'ont déjà apportés aux citoyens les réalisations en cours. Dans le même esprit, le Président Bush a institué ce qu'il a appelé le « Rapport opérationnel du Président » (« President's Management Agenda ») ; il y passe en revue les informations que donnent les rapports des divers services et décide les actions qu'il conviendra d'entreprendre. De tels procédures sont pleines de promesses si elles sont mises en œuvre correctement.

Réfléchissez à ceci : il y a actuellement, aux Etats-Unis, 187 programmes fédéraux destinés à aider les gens qui cherchent à retrouver un emploi. Le coût de ces programmes est de 8,4 milliards de dollars et, pour leur gestion, 2,4 millions de personnes y sont employées. Si on ne retenait que les trois programmes les plus efficaces et si on supprimait tous les autres, et si on consacrait la totalité des 8,4 milliards de dollars à ces trois programmes, il a été estimé que 14,7 millions de personnes trouveraient du travail. Le statu quo coûte aux Etats-Unis plus de 11 millions d'emplois. Ce nouveau regard sur la façon de gérer l'Etat, telle que je viens de l'illustrer, conduirait à responsabiliser directement d'une façon ou d'une autre ceux qui gèrent ces programmes de telle sorte qu'ils supportent les conséquences de la mauvaise gestion des fonds prélevés sur les contribuables. C'est dans cette direction que devrait s'orienter l'action du gouvernement."


Par Maurice P. Mac Tigue
Publié par la revue Point de Rencontre, numéro 78, d'octobre 2005

Voilà de quoi inspirer d'importantes réflexions!

Certes, la Nouvelle Zélande n'est pas la France ...

Il n'empêche que Maurice Mac Tigue ne réclame aucun droit de propriéte sur les méthodes qui ont été employées. Pas de brevet d'invention, rien ...

Alors ne nous gênons pas! Pillons-le!

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Economie et budget
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Mardi 13 décembre 2005

Voici le troisième volet de l'article de Maurice Mac Tigue, ancien ministre néo-zélandais. Je vous laisse apprécier, en positif et, éventuellement, en négatif. 

"Encourager la créativité ?
Supprimer les subventions !


Parlons maintenant de cet envahissement de la société civile par l'Etat au travers des multiples formes de subventions et d'aides gouvernementales. Il faut bien mesurer, pour traiter de cette question, les conséquences d'une telle politique : trop d'assistance gouvernementale crée une mentalité d'assistés ; et, quand se répand une telle mentalité, les gens perdent leurs capacités d'innovation et de créativité, et ont de plus en plus besoin d'être assistés.

Laissez-moi vous donner un exemple. A l'époque, en 1984, les aides gouvernementales représentaient quelques 44 % des revenus des éleveurs de moutons en Nouvelle Zélande. Le principal débouché de cet élevage est la viande d'agneau. L'agneau se vendait 12,50 dollars la bête sur le marché mondial. L'Etat donnait en sus aux éleveurs le même montant : 12,50 dollars par bête. Et bien, nous avons supprimé en un an toutes les aides gouvernementales aux éleveurs de moutons. Vous imaginez que ceux-ci n'étaient pas très heureux ! Pourtant, après avoir accepté comme une nouvelle donne qu'ils ne devaient plus s'attendre à recevoir de subventions gouvernementales, ils ont constitué un groupe d'études chargé de réfléchir aux moyens de gagner 30 dollars par agneau. La conclusion de ces réflexions a été que cela serait difficile, mais pas impossible. Néanmoins, il fallait que le produit mis sur le marché soit conçu différemment, il allait falloir modifier les processus de production, il fallait prospecter de nouveaux marchés. En deux ans, c'est à dire vers 1989, ce qu'ils mettaient maintenant sur le marché, équivalant à un agneau, se vendait 30 dollars au lieu de 12,50 initialement. D'évolution en évolution, ce chiffre d'affaire par agneau est passé, deux ans après, à 42 dollars ; en 1994 il passait à 74 dollars, puis vers 1999 il atteignait les 115 dollars. La leçon à tirer est claire : les éleveurs de moutons de Nouvelle Zélande sont allés à la recherche de nouveaux marchés et ils ont trouvé des clients qui acceptaient de payer plus cher leurs produits. Ainsi, si vous allez dans les meilleurs restaurants, aux Etats-Unis, et si vous commandez de l'agneau de Nouvelle Zélande, vous le paierez aujourd'hui entre 35 et 60 dollars la livre.

Comme on pouvait s'y attendre, quand nous avons décidé de supprimer les aides gouvernementales aux éleveurs, beaucoup ont prédit qu'il en résulterait un exode massif de ceux-ci. Pourtant, cela n'a pas été le cas. Je donnerai un seul exemple pour illustrer mon propos : n'ont cessé leur exploitation que 0,75 % des exploitations consacrées à l'élevage du mouton ! Et, clairement, ceux qui les exploitaient n'étaient pas à leur place dans cette activité. En outre, certains prévoyaient la disparition d'un grand nombre d'exploitations familiales au profit d'entreprises de type capitaliste. Finalement, c'est le contraire qui s'est produit : les exploitations de type capitaliste ont reculé, et celles de type familial sont devenues plus nombreuses. La raison en est probablement que les exploitations familiales peuvent se permettre une rentabilité moins forte que des entreprises de type capitaliste. En définitive, il est arrivé ce qui pouvait arriver de mieux. Cela a démontré une chose : si les gens n'ont d'autre choix que de faire preuve de créativité et d'esprit d'innovation, ils trouveront par eux-mêmes des solutions.


Redresser le niveau scolaire ?
Responsabiliser les enseignants !


J'en viens maintenant aux problèmes que posait notre système éducatif. Il était en complète déconfiture : c'était notamment un échec complet pour environ 30 % des enfants scolarisés et particulièrement pour les enfants venant principalement des zones économiquement et socialement les plus défavorisées. Depuis vingt ans, il avait été consacré toujours plus d'argent à l'éducation mais les résultats empiraient d'année en année. En vingt ans, les sommes consacrées à l'éducation avaient doublé, avec des résultats plus mauvais qu'au départ. Nous en avons conclu qu'il fallait réfléchir très sérieusement à ce problème.

Nous avons tout d'abord cherché à voir à quoi servait précisément tout l'argent consacré à l'éducation nationale. Et comme nous n'étions pas sûrs de l'objectivité des services gouvernementaux, nous avons confié cette mission d'investigation à des consultants internationaux. Il ont fait apparaître que 70 % des fonds consacrés à l'éducation nationale allaient au financement des services administratifs. En conséquence, nous avons décidé immédiatement de supprimer tous les Conseils d'Education (« Boards of Education ») du pays. A leur place, chaque école a été dotée d'un Conseil de Gestion (« Board of Trustees ») dont les membres étaient élus par les parents d'élèves de l'école et par personne d'autre. Il a été décidé que les fonds alloués aux écoles par l'Etat seraient uniquement fonction du nombre d'élèves de l'établissement. En même temps, nous avons informé les parents qu'ils avaient le droit le plus absolu du choix de l'école de leurs enfants. Il me paraît en effet inadmissible qu'une autorité quelle qu'elle soit puisse obliger les parents à envoyer leurs enfants dans une école qu'ils jugent mauvaise. Ce nouveau système a été appliqué le même jour à 4.500 établissements d'enseignement.

Mais nous avons fait plus : nous avons donné aux écoles privées la possibilité de bénéficier des mêmes avantages financiers que les écoles publiques. Les parents bénéficient ainsi d'un « bon scolaire » qui leur permet d'avoir un plus grand choix en matière d'écoles pour leurs enfants. Là encore, tout le monde prévoyait qu'il y aurait un véritable exode des écoles publiques vers les écoles privées, l'écart de niveau entre celles-ci et celles-là étant estimé entre 14 et 15 %. Cette crainte ne s'est pas concrétisée et, qui plus est, la différence de niveau a disparu rapidement. Cela a pris environ 18 à 24 mois. Pourquoi cela ? Parce que, tout simplement, les enseignants des écoles publiques ont réalisé tout d'un coup que, si leurs élèves partaient ailleurs, les financements qu'ils recevraient seraient réduits d'autant, les fonds alloués, et destinés entre autres à rémunérer les enseignants, dépendant du nombre d'élèves de l'établissement. C'était donc leur emploi qui risquait d'être remis en question. Avant que nous ne lancions cette réforme, 85 % des élèves fréquentaient l'école publique. Un an après, à la suite de ces réformes, ce pourcentage ne s'était que peu réduit puisqu'il était passé à 84 %. Mais, trois ans plus tard, il était remonté à 87 % ! Pour autant, ce n'est pas le plus important : avant ces réformes, le niveau scolaire de notre pays était considéré comme inférieur à celui des pays comparables au nôtre d'un pourcentage estimé à 14 ou 15 % ; à la fin du processus, le niveau scolaire était estimé supérieur à ces autres pays d'un pourcentage de l'ordre de 14 à 15 %."

Il y a, là, matière à débat!

La suite très prochainement ...


Par Jacques Heurtault - Publié dans : Economie et budget
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Lundi 12 décembre 2005

Voici un deuxième morceau de l'article de Maurice Mac Tigue, ancien ministre néo-zélandais. Pas de doute, ça décape! Lisez ... C'est saisissant!

"Alléger l'Etat ?
Donner pour objectifs la diminution du nombre des allocataires !


Le nouveau gouvernement réformateur élu en 1984 se trouva confronté à trois types de problèmes : trop de dépenses publiques, trop d'impôts, trop d'Etat. Il fallait réduire les dépenses publiques et les impôts ; il fallait diminuer le rôle de l'Etat dans l'économie. La question était : comment ? La première chose à faire dans ce cas est bien évidemment de se demander si tous les fonds dépensés par l'Etat produisaient des résultats tangibles pour les citoyens de Nouvelle Zélande. Pour être sûr que ce serait désormais le cas, nous avons complètement changé la méthode de détermination des budgets alloués à chaque agence gouvernementale. Ainsi, nous avons en quelque sorte passé un contrat avec les responsables de ces agences : nous leur avons demandé de nous préciser clairement les résultats concrets auxquels ils comptaient aboutir avec les fonds ainsi mis à la disposition de leurs administrations. Nous avons aussi changé le mode de recrutement de ces hauts responsables administratifs : nous avons recruté ceux que nous jugions les plus compétents pour ces fonctions, non seulement en Nouvelle Zélande mais encore dans le monde entier, sur la base d'un contrat de cinq ans, renouvelable éventuellement pour trois ans supplémentaires. Ils ne pouvaient être licenciés avant la fin de leur contrat que s'il n'avaient pas atteint les objectifs sur lesquels nous nous étions mis d'accord avec eux ; ainsi cela stabilisait leur position en cas d'élections conduisant à un changement de majorité gouvernementale. Motivés par cette obligation de résultats, ces hauts fonctionnaires n'avaient d'autre choix vis à vis de leurs subordonnés directs, tout comme les dirigeants du secteur privé, que de leur fixer aussi des objectifs très clairs et leur faire comprendre qu'eux aussi avaient une obligation de résultat.

Nous avons tout d'abord demandé aux diverses administrations publiques des avis et des conseils sur les politiques à mettre en oeuvre dans les domaines respectifs de leur agence. C'était en quelque sorte notre premier « contrat » avec elles. Cette demande de conseils était destinée à susciter un débat de fond entre le gouvernement et les hauts responsables administratifs sur les moyens d'atteindre les objectifs fixés comme, par exemple : comment réduire le nombre de mal nourris ou de sans-logis ? Au passage, je signale que la question posée n'était pas de savoir comment l'Etat pourrait assurer à chacun ses besoins alimentaires ou un logement suffisant. La vraie question était de savoir comment il pourrait y avoir moins de personnes mal nourries ou mal logées. En d'autres termes, comme nous l'avons clairement fait comprendre à nos interlocuteurs, le succès ne serait pas mesuré par le nombre de personnes qui bénéficieraient des subsides gouvernementaux en ces domaines, mais par le nombre de personnes qui cesseraient de dépendre des aides gouvernementales et deviendraient ainsi capables de subvenir par elles-mêmes à leurs propres besoins.


Réduire les impôts ?
Diminuer la fonction publique !


En même temps que nous nous engagions dans cette voie, nous avons posé un certain nombre de questions de fond aux responsables des administrations publiques. La première question était : que font réellement ces administrations ? Et la seconde : font-elles ce qu'elles devraient faire par rapport à leur rôle propre ? Une fois obtenue la réponse à ces deux questions, il leur a été demandé de restreindre le domaine d'intervention de chacune de leurs administrations à ce qui correspondait à leur raison d'être, à ce qu'elles devaient faire. En d'autres termes, si ce que faisaient ces administrations ne ressortait pas du rôle propre de l'Etat, elles devaient désormais ne plus le faire. Enfin venait une dernière question : qui devaient payer les services que rendent les administrations gouvernementales : les contribuables ? les usagers ? les consommateurs ? les entreprises ? Cette question est importante car, dans de nombreux cas, les contribuables financent un certain nombre de dépenses dont ils ne reçoivent, en définitive, aucun avantage. Et si on ne fait pas payer le coût d'un service par ceux qui l'utilisent, d'une part, on incite au gâchis et, d'autre part, les services rendus perdent leur vraie valeur.

Quand nous nous avons engagé ce processus au ministère des transports, celui-ci employait 5.600 personnes. A la fin du processus, il n'y en avait plus que 53. Pour l'agence des forêts, nous sommes passés de 17.000 personnes à 17. Le ministère de l'industrie employait 28.000 personnes. J'étais alors ministre de l'industrie. A la fin du processus, il ne restait qu'une personne, moi-même. La principale activité de ce ministère était la conception et la construction d'unités de production industrielle mais il n'est pas nécessaire d'être employé de l'Etat pour être compétent et capable en ces domaines. On va me dire : « Vous avez détruit tous ces emplois ! » Grossière erreur ! L'Etat a bien cessé d'utiliser son personnel pour effectuer toutes ces tâches ; elles n'ont pas disparu pour autant et il a bien fallu trouver des gens pour les accomplir. J'ai rencontré un certain nombre de travailleurs forestiers quelques mois après leur licenciement par le gouvernement ; ils étaient loin d'être malheureux. Ils m'ont dit qu'ils gagnaient maintenant trois fois plus que ce qu'ils gagnaient auparavant ; bien plus, ils avaient découvert avec surprise qu'ils avaient pu augmenter leur productivité d'environ 60 % par rapport à leur productivité antérieure ! Le phénomène a été similaire dans tous les domaines que je viens de prendre en exemple.

Tout simplement, ce n'est pas le rôle de l'Etat de faire par lui-même un certain nombre de choses. C'est pourquoi nous avons privatisé les télécommunications, les transports aériens, les services d'irrigation, les entreprises informatiques, les imprimeries gouvernementales, les compagnies d'assurances, les banques, les institutions financières, les institutions de crédit immobilier, les chemins de fer, les transports routiers de personnes, les hôtels, les transports maritimes, les firmes de conseils du monde agricole, etc. Au total, le transfert au secteur privé de toutes ces activités s'est traduit par une augmentation de leur productivité et une baisse des prix de leurs produits ou services. Ce fut, en définitive, un gain net important pour l'économie du pays. Il a aussi été décidé que d'autres administrations étatiques pouvaient être gérées comme des entreprises du privé : elles devraient alors être capables de faire des profits et de payer des impôts. Ainsi, par exemple, nous avons regroupé toutes les activités relatives au contrôle aérien dans une société de droit privé. Cette société, avons-nous demandé à ses dirigeants, devrait désormais réaliser un taux de profit raisonnable par rapport aux capitaux investis. De plus, nous leur avons fait comprendre qu'elle ne devait plus espérer de capitaux frais de son actionnaire, l'Etat. Nous avons procédé de la sorte pour 35 agences gouvernementales. Toutes ces agences coûtaient à l'Etat environ un milliard de dollars par an. Maintenant elles versent à l'Etat, en dividendes et impôts, un milliard de dollars par an.

Nous avons pu ainsi réduire les effectifs des administrations publiques de 66 %, et donc alléger d'autant le poids de l'Etat sur la société civile. La part de l'Etat dans le PNB est tombée de 44 à 27 %. Le budget de l'Etat est alors devenu excédentaire. Il n'était pas question cependant de conserver des excédents disponibles. Nous savions en effet que, s'il y avait de l'argent non utilisé, il se trouverait bien quelque inconscient pour trouver une raison de le dépenser. En conséquence, nous avons utilisé ces excédents d'abord pour éponger la dette de l'Etat ; la dette publique est tombée de 63 % à 17 % du PNB. Les excédents budgétaires non affectés au remboursement de la dette nous ont par ailleurs permis de réduire le poids de la fiscalité. Ainsi, nous avons réduit de moitié le taux de l'impôt sur le revenu et supprimé un certain nombre de taxes annexes. Paradoxalement, les recettes de l'Etat ont augmenté de 20 %. Oui ! Ronald Reagan avait raison : réduire les taux de l'impôt a effectivement pour conséquence l'augmentation des recettes fiscales."

La suite prochainement ...

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Economie et budget
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Dimanche 11 décembre 2005

Ce que vous allez lire ci-dessous est la première partie d'un article rédigé par Monsieur Maurice Mac Tigue, ancien ministre néo-zélandais. Il est édifiant à plus d'un titre.

J'ai du tronçonner l'article car il était vraiment long. Or je tiens à ce que vous fassiez l'effort de le lire dans son intégralité. Vous aurez donc les suites (au moins trois autres publications) dans les prochains jours.

"Si nous regardons l'histoire, l'importance prise par l'Etat dans la société est un phénomène relativement récent. A partir du milieu du XIXe siècle et jusqu'aux années 1920-1930, dans la plupart des pays industrialisés, les dépenses gouvernementales représentaient seulement 6 % du PNB environ. La période qui a suivi, et plus particulièrement à partir des années cinquante, a vu une explosion gigantesque des dépenses publiques. Elles ont pu représenter, dans certains pays, jusqu'à 35 à 45 % du PNB. Dans le cas de la Suède, les dépenses publiques sont allées jusqu'à représenter 65 % du PNB, ce qui a conduit à une quasi destruction de son économie. Maintenant, pour redonner un peu d'air à son économie, la Suède est en train de démanteler un certain nombre de ses programmes sociaux. Cette augmentation continue des dépenses publiques peut-elle être arrêtée ? Est-il même possible de faire machine arrière ? Pour moi, et en me fondant sur mon expérience vécue, la réponse est positive. Mais une telle volte-face requiert de la part de ceux qui conduisent ce changement un grand art de la communication pour faire comprendre les buts poursuivis et les moyens mis en oeuvre. Il faut aussi avoir le courage de prendre le risque de se tromper, et aussi celui de tirer les leçons de ses erreurs. Tout cela n'est évidemment pas facile.

Nous voyons actuellement dans le monde ce que j'appellerais une révolution silencieuse : les gens veulent maintenant savoir si l'argent dépensé par leur gouvernement a réellement été utilisé à bon escient. Autrefois, il leur suffisait de savoir que les fonds publics n'avaient pas été détournés de l'affectation décidée par leur gouvernement. Aujourd'hui, ils veulent connaître concrètement les services qu'ils ont reçus en échange de ce que leur prélèvent les pouvoirs publics. Au coeur de la vie économique, dans le monde des affaires, dans les milieux industriels et commerciaux, on s'interroge constamment sur les avantages retirés des dépenses effectuées. Jusqu'à récemment, on ne se posait pas nécessairement cette question pour les dépenses publiques. Pourtant, si les gouvernements ont le courage de se la poser, il peut en résulter d'extraordinaires conséquences. C'est ce qui est arrivé dans mon propre pays, la Nouvelle Zélande.

Sur la base d'un classement fondé sur le revenu national par habitant, la Nouvelle Zélande se classait au troisième rang mondial vers la fin des années cinquante, juste après les Etats-Unis et le Canada. En 1984, selon ce même classement, la Nouvelle Zélande avait chuté au 27ème rang, au niveau du Portugal et de la Turquie. De plus, le taux de chômage avait atteint 11,6 %, le budget de l'Etat était en déficit continuel depuis 23 ans : il s'était même élevé certaines années jusqu'à représenter 40 % du PNB, la dette publique s'était élevée à 65 % du PNB et la confiance accordée aux emprunts publics allait en se dégradant régulièrement (ce qui renchérissait d'autant le coût des emprunts de l'Etat). Les dépenses publiques représentaient plus de 44 % du PNB, les capitaux fuyaient le pays en masse, et l'Etat s'impliquait de mille et une façons et dans les moindres détails de la vie économique. Le contrôle des changes était draconien. Ainsi, je ne pouvais pas souscrire un abonnement à une revue anglaise comme, par exemple, The Economist sans l'autorisation du ministre des finances et il me fallait abandonner ma nationalité si je voulais acheter des actions d'une société étrangère. Le contrôle des prix s'étendait à tous les biens et services, quelle que soit l'activité. Les rémunérations étaient soumises au contrôle des revenus et, à l'occasion, gelées. Je n'avais pas le droit d'augmenter les salaires de mes employés, ni de leur accorder une prime, même si je le considérais justifié. Les importations étaient sévèrement contrôlées. Des subventions énormes étaient versées aux entreprises industrielles pour leur permettre simplement de survivre. Les jeunes en âge de travailler s'expatriaient en masse." ...

Vous venez de lire la partie "constat de la situation".

Pour les réformes et leurs conséquences, il faudra revenir ...

A bientôt! 

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Economie et budget
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Dimanche 11 décembre 2005

Notre Justice est actuellement régie par une règle : le principe de "l'opportunité des poursuites" que détient le Procureur de la République.

Cela signifie que si une infraction est commise, ledit procureur apprécie, souverainement, le bien fondé de poursuivre le fautif (connu ou inconnu). Il peut considérer qu'en dans cette affaire-là, il n'y a pas matière à donner une suite judiciaire parce que, selon lui, aucune faute légitimant des poursuites n'a été commise.

Si donc vous portez à la connaissance de l'autorité judiciaire des faits qui vous semblent relever d'une infraction au code pénal, il n'est pas du tout certain qu'une suite quelconque y sera donnée. Votre courrier peut tout simplement être classé, "sans suite".

Ce pouvoir exhorbitant du procureur doit être, selon moi, supprimé, étant entendu que l'auteur de la lettre révélant les faits doit pouvoir être lui-même poursuivi si sa "révélation" s'avère fantaisiste.

J'estime, en effet, que chaque citoyen doit pouvoir porter à la connaissance de la Justice les faits qu'il estime être une infraction aux lois, à charge pour lui d'assumer les conséquences de son initiative.

Aujourd'hui, nous sommes loin du compte!

Non seulement le procureur peut "classer sans suite", mais encore, il n'est même pas tenu de vous en informer. Tant et si "bien" que vous ne pouvez même pas, de votre propre chef, aller plus avant. Sauf si vous êtes vous-même victime ...

En obligeant le procureur à se saisir du dossier DANS TOUS LES CAS, on peut être sûr qu'une décision sera prise, que vous en serez informé, et que vous pourrez faire appel de cette décision si vous estimez qu'elle ne vous satisfait pas. Que vous soyez victime vous-même ou pas ...

On voit poindre une objection, souvent évoquée dans les médias : ne va-t-on pas, de la sorte, favoriser la délation?

Je réponds clairement : NON!

Il convient tout de même de rappeler la définition précise de la délation : "dénonciation par vengeance ou par intérêt".

Or, dans ma démarche, il ne s'agit pas de vengeance ni d'intérêt mais simplement d'un appel à un comportement CITOYEN.

Autrement dit, vous êtes le témoin (ou bien vous avez connaissance) d'un fait qui vous semble relever de la catégorie des actes punissables et vous portez ce fait à la connaissance de la Justice qui, DANS TOUS LES CAS, donne une suite connue à votre initiative, contre laquelle vous avez le DROIT de faire appel si elle ne vous convient pas.

C'est tout simple!

Il faut croire que ce n'est pas aussi simple et qu'une telle proposition a bien le caractère "audacieux" qui légitime que j'en parle sur ce blog. Bizarre, non?

Est-ce que, par hasard, il n'y aurait pas, dans notre pays, une proportion significative de gens qui, tout compte fait, se disent que "c'est bien comme ça; la loi peut être violée; d'ailleurs, d'autres le font, alors pourquoi pas moi? et puis de toutes façon, il y a la police pour s'occuper de ça ..."?

Eh, bien! NON! La police ne peut pas tout faire ... D'ailleurs, si nous voulons plus de policiers (pourquoi pas? Je n'ai personnellement rien "contre"), il faudra les payer (c'est quand même le moins que l'on puisse faire) et ... donc ... augmenter les impôts (Eh, oui!).

C'est la philosophie que je défends.     

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Administration de la Justice
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Samedi 10 décembre 2005

On observe un bien triste phénomène depuis dejà plusieurs années : le rétablissement insidieux de la Loi du Talion, en vigueur du temps de Moïse, il y a au moins 3.500 ans.

Certes, Moïse fut un législateur hors du commun : il a inventé le repos hebdomadaire, ce qui, à l'époque, était tout simplement révolutionnaire ... Il a inventé bien d'autres règles de vie dont beaucoup ont encore, de nos jours, une portée significative.

Pour autant, notre Siècle des Lumières nous a apporté, lui aussi, des progrès indéniables, notamment le concept d'Etat de Droit.

Un retour sur la signification de la Loi du Talion s'impose pour comprendre où je veux en venir.

"Oeil pour oeil, dent pour dent". Ainsi se résume la loi dite du "talion". Elle repose, fondamentalement, sur le constat, simple et terrible à la fois, que l'Autorité judiciaire n'est pas capable d'évaluer correctement le dommage causé par le coupable à la victime, ou bien n'a pas le courage de dire le droit dans ce domaine. D'où cette idée simple mais primaire : faire autant de dommage au coupable que ce dernier en a causé à la victime ...

Qu'observe-t-on dans les salles d'audience de nos tribunaux répressifs? 

1. Les "parties civiles" (c'est à dire les victimes) sont représentées à l'audience, en tant que telles, avec un statut particulier et des "droits" spécifiques.

2. "L'opinion publique" est aussi présente. Pas forcément pour surveiller le bon déroulement de la procédure. Souvent pour soutenir l'accusé ou la victime. Rarement pour autre chose ...

Posons-nous quelques questions :

1. Quel est le but d'un procès pénal? A priori, infliger une sanction "exemplaire" au coupable reconnu tel afin de montrer à la "société" que les crimes et les délits sont "lavés" et que les justiciables ont donc intérêt à bien se tenir.

2. En quoi cela concerne-t-il les victimes? Elles sont sensées demander réparation pécuniaire du préjudice causé par le coupable, rien de plus! 

3. Que font-elles, en réalité? Elles cherchent à obtenir la condamnation du coupable! A quel titre? En quoi cela les concerne-t-elles?

Il est temps de remettre les choses à plat :

1. Le coupable doit être puni parce que cela est nécessaire à la stabilité du corps social et parce que l'une des voies possibles consiste à "amender" le coupable en cherchant à le réinsérer dans la société après avoir corrigé ses comportements déviants.

2. Les victimes doivent être, DANS TOUS LES CAS, indemnisées des dommages qui leur ont été infligés. Même si le coupable n'est pas solvable  (c'est à dire n'est pas capable, pécuniairement, de faire face aux conséquences de son geste dommageable).

Et c'est là que le bât blesse!

Qu'advient-il, en réalité?

1. Si le coupable n'est pas solvable, la victime n'a plus que ses yeux pour pleurer.

2. La "vox populi" est contente car on a, de facto, appliqué la loi du talion (largement édulcorée, il est vrai).

J'en viens donc à ces propositions audacieuses :

1. Le procès pénal (action de la société civile pour maintenir l'ordre) doit toujours être complètement dissocié du procès civil (action d'une victime pour obtenir réparation des dommages qui lui ont été infligés alors qu'elle ne demandait qu'à vivre tranquillement). Les "parties civiles " n'ont donc pas lieu d'être présentes, autrement qu'en qualité de témoins éventuels.

2. Le procès civil doit se dérouler devant une autre juridiction afin de déterminer le montant des dommages, lesquels seront, DANS TOUS LES CAS, compensés à la victime ou à ses ayants-droits. Soit par le coupable lui-même s'il est solvable, SOIT PAR LA PUISSANCE PUBLIQUE se substituant au coupable si ce dernier est, même momentanément, défaillant.

3. Dans un troisième temps, la puissance publique doit se retourner contre le coupable pour obtenir qu'il rembourse sa dette auprès de ladite puissance publique, y compris en travaillant sous la contrainte s'il n'est pas ou est insuffisamment solvable.

Eh, oui! Il faut que ça décape ... Il faut oser faire des propositions audacieuses pour faire avancer les choses. 

Le débat est ouvert ...            

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Administration de la Justice
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Samedi 10 décembre 2005

Je crée, aujourd'hui, une nouvelle rubrique : Administration de la Justice. Vous remarquerez le "J" majuscule. J'ai des choses à dire quant au fonctionnement de notre système judiciaire ... La lamentable affaire d'Outreau n'est qu'une toute petite manifestation des dysfonctionnements de notre Justice.

Or, la Justice, c'est un des trois piliers "régaliens" de l'Etat, les deux autres étant le législatif et l'exécutif. Ce n'est pas une mince affaire.

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Administration de la Justice
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Si vous voulez trouver ...

Vive le débat!

Débattre! Règles d'éthique ..

Je souhaite vivement que tous mes lecteurs apportent leurs contributions personnelles au débat politique. Personne ne doit craindre une quelconque censure politique.
Je demande seulement, à tous et à chacun, de respecter quelques règles élémentaires, universellement admises ...
1. Vous devez, nécessairement, rester raisonnablement courtois. Des dérapages de vocabulaire, sur ce blog, sont tolérés car ils font partie du risque de l'expression passionnée qui peut naître de la confrontation, parfois "un peu" vive, des idées.
2. Ne peuvent, par contre, être tolérés les propos contraires aux règles issues du droit pénal. Il n'est pas question que je prenne le risque de subir les rigueurs de la loi pénale pour permettre à certains de se "lâcher" par des propos racistes, xénophobes, graveleux, antisémites, homophobes, etc ...  Ce blog n'est pas un défouloir.
3. Il est possible - et même recommandé - de reprendre tout ou partie de mes articles qui sont tous, nécessairement, signés de mon nom "Jacques Heurtault". Il est demandé, en contrepartie, de  citer la source : le nom de l'auteur (Jacques Heurtault) et le titre du blog (Propositions audacieuses). Je ne perçois aucun droit d'auteur et ne veux, en aucun cas, en percevoir. Je ne peux donc pas accepter que quiconque puisse en percevoir par une quelconque "reprise" de mes écrits.
4. Je souhaite que vous fassiez tout comme moi, c'est à dire que vous signiez de votre nom vos commentaires. Toutefois, il ne s'agit que d'un souhait. Pour des raisons que je désapprouve, une habitude a été prise sur Internet : l'usage des pseudonymes. J'en prends acte tout en continuant de le déplorer.
5. L'orthographe est, paraît-il, la science des ânes. N'ayez pas peur de passer pour un âne en EVITANT de massacrer la langue française et son orthographe. Moi-même, je fais des efforts dans ce sens mais je ne parviens pas, hélas!, à obtenir la médaille d'or des ânes : je fais des fautes, le plus souvent parce que je ne me relis pas. C'est une garantie de spontanéité, certes, mais le mimétisme, dans ces circonstances, n'est pas recommandé.
Bonne lecture! Bon débat!

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    Rajout du 11 Mars 2009 : Depuis, le débat, qui s'est déroulé dans un esprit de franche camaraderie, a révélé que c'était faux ... Je présente donc mes excuses à Jacques II et exprime ma satisfaction que ce débat ait pu avoir lieu ... C'est une importante contribution à la nécessité de crever les abcès qui gangrène le pays et qui pourissent les fondements de notre République à laquelle nous sommes tous attachés. Fin du rajout. ...
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Les fondements de ce blog

Je suis un citoyen, comme vous. Je ne suis membre d'aucun parti politique. Je l'ai été mais les "politiques", décidément, me déçoivent trop. On est tenu de limiter sa propre liberté d'expression,  ce que je ne supporte tout simplement plus!

Comme vous, j'ai besoin d'air! Comme vous, j'ai des choses à dire.
Je suis fatigué de tous ces journalistes qui écrivent et qui parlent sans connaitre les sujets qu'ils entendent traiter, ne craignant pas de commettre de grossières erreurs.
Je suis fatigué de tous ces responsables politiques qui confisquent la parole à leur propre usage exclusif.
Je suis fatigué de tous ces organisateurs de débats qui, lorsque l'on veut parler, nous répondent "Posez votre question, Monsieur!".
Je n'ai pas de question à poser! J'ai des réponses à proposer ... Elles valent ce qu'elles valent.

Mais, à en juger par la pauvreté de certaines propositions de tel parti politique, le caractère manifestement irréaliste des propositions de tel autre, j'ai l'outrecuidance de penser que les miennes méritent, peut-être, d'être lues et commentées, voire, bien sûr, d'être battues en brèche.

Les deux extrêmes du champ politique - l'extrême-droite et les extrême-gauche - viennent de prendre "une grande claque". Je m'en réjouis. J'espère que cette redéfinition vers une plus grande responsabilité va se maintenir et même se renforcer. La démocratie ne s'en portera que mieux.  

Jacques Heurtault

Ancien conseiller municipal de Nogent sur Marne (Val de Marne).

"Sommes nous obligés de subir et de financer les incompétences de ceux qui nous dirigent?" Johnny Hallyday.

 

Qui suis-je?

  • : Jacques Heurtault
  • propositions-audacieuses
  • : Homme
  • : 09/12/1949
  • : Bretagne Europe Ile de France
  • : France Politique Europe Economie Emploi
  • : J'ai 58 ans. Je suis agent de l'ANPE. Je suis aussi engagé dans l'action politique depuis l'age de 17 ans.
  • : Marié/Pacsé/Union libre

Voici mon blog!

  • : Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.
  • : Politique Sarkozy Gauche UMP Modem Politique
  • : Des propositions de réformes qui me paraissent INDISPENSABLES et que je formule en termes quelquefois un peu rudes. "Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles qu'on n'ose pas les faire! C'est parce qu'on n'ose pas les faire qu'elles sont difficiles!
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  • : 30/09/2005
  • propositions-audacieuses

Bonnes citations et maximes...

Pas de manequins dans le Parti!
Que les bouches s'ouvrent!
 (Maurice Thorez)

Vingt fois sur le métier,
remettre son ouvrage!
 (Pénélope)

O! Tempora! O! Mores!
 (Cicéron)

 Panem et circenses!
 (Juvenal)

Ici et maintenant.
 (François Mitterrand)

La religion, c'est l'opium du peuple,
 c'est aussi son espérance.
 (Karl Marx)

L'incroyance est la ruine
 non seulement des individus,
 mais des sociétés.
 (Lammenais)

L'amour n'est qu'un plaisir,
l'honneur est un devoir.
 (Pierre Corneille)
(Le Cid)

 Combat terrible,
 au corps à corps,
 voilà déjà longtemps
 que leurs chevaux sont morts.
(Victor Hugo)

 L'humoriste, c'est un homme
 de bonne mauvaise humeur.

 (Jules Renard)

 La terre n'aime pas
 le sang et les ordures.
 (Agrippa d'Aubigné)

 Passer pour un idiot aux yeux d'un imbécile
 est une volupté de fin gourmet.

 (Georges Courteline)

 La France est un pays extrêmement fertile.
 On y plante des fonctionnaires
 et il y pousse des impôts.
 (Georges Clemenceau)

 Selon que vous serez
puissant ou misérable
les jugements de cour
vous feront blancs ou noirs.
 (Jean de La Fontaine)

 L'injustice est une mère qui n'est jamais stérile
 et qui produit des enfants dignes d'elle.

(Adolphe Thiers)

 Le journalisme est une grande catapulte
 mise en mouvement par de petites haines.
(Honoré de Balzac)

 La justice consiste à mesurer la peine et la faute,
 et l'extrême justice est une injure.
 (Montesquieu)


 Mieux vaut une tête bien faite qu'une tête bien pleine.
 (Michel de Montaigne)

 Dans ces meubles laqués,
Rideaux et dais moroses,
 Danse, aime, bleu laquais,
Ris d'oser des mots roses.
 (Charles Cros)

 Dieu fit la liberté, l'homme a fait l'esclavage.
 (Marie-Joseph Chénier)

 O! liberté, que de crimes on commet en ton nom!
 (Madame Roland)
(Dernières paroles sur l'échafaud)

 Caesar pontem fecit.
 (Jules César)
(La guerre des Gaules)

 Pour arriver, il faut mettre de l'eau dans son vin,
 jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de vin.

 (Jules Renard)
 (Ndr : C'est pour cela que je ne suis pas arriviste.
J'aime le bon vin!
 Je préfère boire beaucoup de bon vin
 plutôt que peu de mauvais).


 Mon Dieu, le plus souvent
 l'apparence déçoit.
 Il ne faut pas toujours
 juger sur ce qu'on voit.
 (Molière)
(Le Tartuffe)

 L'Angleterre,
 cette colonie française
 qui a mal tourné.

 (Georges Clemenceau)

 Il faut aimer les gens,
 non pour soi, mais pour eux.

 (Colin d'Harleville)
(L'Optimiste)

 Une société d'athées
 inventerait aussitôt une religion.

 (Honoré de Balzac)

 Sans la liberté de blâmer,
 il n'est point d'éloge flatteur.
 (Beaumarchais)

 Si on batissait la maison du bonheur,
 la plus grande pièce serait la salle d'attente.

 (Jules Renard)

 Science sans conscience n'est que ruine de l'âme.
 (François Rabelais)

Être contesté, c'est être constaté.
 (Victor Hugo)

 Dieu bénit l'homme,
 non pour avoir trouvé
 mais pour avoir cherché.

 (Victor Hugo)

 Le courage, c'est l'art d'avoir peur
 sans que cela paraisse.

 (Pierre Véron)

 La critique est aisée,
mais l'art est difficile.
 (Destouches)
(Le Glorieux)

 L'univers m'embarrasse
et je ne puis songer
 Que cette horloge existe
et n'ait pas d'horloger.
 (Voltaire)

 Aux vertus qu'on exige d'un domestique,
 Votre Excellence connaît-elle
 beaucoup de maîtres qui fussent dignes
 d'être valets?

 (Beaumarchais)
(Le Barbier de Séville)

 C'est le devoir qui crée le droit
 et non le droit qui crée le devoir.

 (Chateaubriant)
(Mémoires d'outre-tombe)

 Les fous sont aux échecs
 les plus proches des rois.
 (Mathurin Régnier)

 Combien l'éducation durera-t-elle?
 Juste autant que la vie.
Quelle est la première partie de la politique?
 L'éducation.
La seconde?
 L'éducation.
Et la troisième?
 L'éducation.
(Jules Michelet)
(Le Peuple)

 Trop de bonté dans les parents
 cause la perte des enfants.

 (Charles Perrault)

 Il ne faut pas mépriser l'homme
 si l'on veut obtenir des autres et de soi
 de grands efforts.

 (Alexis de Tocqueville)

 C'est toujours par là
 que commencent les partisans de l'égalité :
ils établissent les catégories
 et se mettent dans la première.

 (Boucher de Perthes)

 Les Français vont instinctivement au pouvoir;
ils n'aiment point la liberté;
l'égalité seule est leur idole.
Or l'égalité et le despotisme
ont des liaisons secrètes.
 (Chateaubriand)
(Mémoires d'outre-tombe)

 L'égalité entre les hommes est une règle
 qui ne compte que des exceptions.

 (Ernest Jaubert)

 Entre tous les ennemis,
 le plus dangereux est celui dont on est l'ami.

 (Alphonse Karr)

 Si vous voulez vous faire des ennemis,
 surpassez vos amis;
 mais si vous voulez vous faire des alliés,
 laissez vos amis vous surpasser.

 (La Rochefoucauld)

 Quand on a le droit de se tromper impunément,
 on est toujours sûr de réussir.

 (Ernest Renan)

 La raison d'Etat est une raison mystérieuse
 inventée par la politique
 pour autoriser ce qui se fait sans raison.

 (Charles de Saint-Evremond)

 Les événements sont plus grands
 que ne le savent les hommes.

 (François Guizot)
(Essai sur l'Histoire de France)

 C'est faire le plus grand des excès
 que de n'en faire aucun.

 (Joseph Léonard)

 Le mot ne manque jamais
 quand on possède l'idée.
 (Gustave Flaubert)

 Les financiers ne font bien leurs affaires
 que lorsque l'Etat fait mal les siennes.

 (Talleyrand)

 Les fonctionnaires sont un peu
comme les livres d'une bibliothèque.
 Ce sont les plus haut placés qui servent le moins.

 (Georges Clemenceau)

 La France compte trente-six millions de sujets
 sans compter les sujets de mécontentement.

 (Henri Rochefort).

 C'est une grande habileté
 que de savoir cacher son habileté.

(La Rochefoucauld)

 La haine, c'est la colère des faibles.
 (Alphonse Daudet)
(Lettres de mon moulin)

 Le trop de promptitude
à l'erreur nous expose.
 (Pierre Corneille)

 On ne ment jamais autant
qu'avant les élections,
pendant la guerre
 et après la chasse.
(Georges Clemenceau)

 Il est difficile de vaincre ses passions,
 et impossible de les satisfaire.

 (Mme de la Sablière)

 J'aime les paysans,
 ils ne sont pas assez savants
 pour raisonner de travers.
(Montesquieu)


 Un poème est un mystère
 dont le lecteur doit chercher la clef.

 (Stéphane Mallarmé)

 Ce n'est point règner qu'être trois à règner.
 (Pierre Santucci)
(Commentaires sur le Consulat)

 Le silence des peuples
est la leçon des rois.
 (Mirabeau)

 Le capital, c'est du travail accumulé.
 Seulement, comme on ne peut pas tout faire à la fois,
 ce sont les uns qui travaillent
et les autres qui accumulent.

 (L. Barenton)

 La sagesse est le contrepoids nécessaire
 de la liberté.

 (Talleyrand)

 La liberté ne se reconnaît qu'à ses limites.
 (Louis Latzarus)

 Pour violer une règle,
il faut la connaître.
 (Paul Eluard)

 Il ne faut pas juger un homme d'après ses fréquentations;
 Judas avait des amis très corrects.

 (Ernest Hemingway)

 Le peuple ne veut pas qu'on lui donne;
 il veut prendre.
 (Henri de Montherlant)

 C'est avec des mots qu'on gouverne les hommes.
 (Disraëli)

 Les hommes sont toujours sincères ;
ils changent de vérité, voilà tout.

 (Tristan Bernard)

 Il faut une bonne mémoire
 après qu'on a menti.
 (Pierre Corneille)

 Si le monde progresse par les extrêmes,
 il ne survit que par les centres.

 (Paul Valéry)

 Le talent est devenu le nom biblique de l'argent.
 (Hervé Bazin)

 L'Histoire est le produit le plus dangereux
 que l'intellect ait élaboré;
 elle justifie ce qu'on veut.

 (Jean-Marc Paulhan)

 Plus l'Etat se corrompt,
 plus les lois se multiplient.

 (Tacite)

 Il n'appartient qu'aux grands hommes
 d'avoir de grands défauts.

(La Rochefoucault)

 De tous les signes de la puissance,
 c'est la retenue qui impressionne le plus.
(Thucidide)


 On voit que de tout temps,
 les petits ont pâti
 des sottises des grands.
 (Jean Racine)
(La Thébaïde)

 Le monde est un théatre, la vie une comédie.
 Tu entres, tu vois, tu sors.

 (Démocrite)

 L'espace est la forme de notre puissance ...
 le temps celle de notre impuissance.

 (Jean d'Ormesson)

 Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.
 (Montesquieu)

 La grande aventure et le grand risque,
 en ces temps désordonnés,
 c'est un jugement sain et qui s'exprime.

 (Henry de Montherlant)

 Triste époque que celle où il est plus difficile
 de briser un préjugé que l'atome.

 ( Albert Einstein)

 La France compte 36 millions de sujets ...
sans compter les sujets de mécontentement.
 (Henri Rochefort)


 Il est des temps
 où on ne doit dépenser le mépris qu'avec économie,
 à cause du grand nombre de nécessiteux.

 (Chateaubriand)
(Mémoires d'outre-tombe)

 La chose la plus importante
 à toute vie est le choix du métier.
 Le hasard en dispose.
 (Blaise Pascal)

(Pensées)

 Un ministère qu'on soutient
 est un ministère qui tombe.

 (Talleyrand)

 La modestie est au mérite
 ce que les ombres sont aux figures dans un tableau.
 Elle lui donne de la force et du relief.

 (La Rochefoucauld)
(Maximes)

 La fausse modestie consiste
 à se mettre sur le même rang que les autres
 pour mieux montrer qu'on les dépasse.

 (Sully Prud'homme)
(Pensées)

 La nécessité nous délivre de l'embarras du choix.
 (Vauvenargues)
(Réflexions et Maximes)

 Oui et Non sont les mots les plus courts
 et les plus faciles à prononcer
 et ceux qui demandent le plus d'examen.

 (Talleyrand)

 C'est un grand avantage dans les affaires de la vie
 que de savoir prendre l'offensive.
L'homme attaqué transige toujours.

 (Benjamin Constant)

 C'est mon opinion et je la partage.
 (Henri Monnier)
(Mémoires de Monsieur
 Joseph Prud'homme)

 L'opinion est si bien la reine du monde
 que quand la raison veut la combattre,
 la raison est condamnée à mort.

 (Voltaire)

 Si j'avance, suivez-moi;
 si je meurs, vengez-moi;
 si je recule, tuez-moi.
 (Henri de La Rochejaquelein)

 Il est difficile de vaincre ses passions,
 et impossible de les satisfaire.

 (Mme de la Sablière)

 La patience est le courage de la vertu.
 (Bernardin de Saint-Pierre)

 Ceux qui pieusement
sont morts pour la patrie
 Ont droit qu'à leur cercueil
 la foule vienne et prie.
 (Victor Hugo)
(Les Chants du crépuscule)

 La pensée n'est qu'un éclair dans la nuit.
 Mais cet éclair est tout.

 (Henri Poincaré)

 Te voilà donc redevenu homme
 puisque tu pleures.

 (Jules Verne)
(L'Ile mystérieuse)

 Il n'y a que deux puissances dans le monde.
 Le sabre et l'esprit.
 J'entends par l'esprit les institutions civiles et religieuses.
A la longue, le sabre est toujours battu par l'esprit.

(Napoléon)
(Le Mémorial de Sainte-Hélène)

 L'une des plus grandes sagesses en l'art militaire,
 c'est de ne pas pousser son ennemi au désespoir.

 (Michel de Montaigne)
(Essais)

 Il ne peut pas y avoir de science immorale
 pas plus qu'il ne peut y avoir de morale scientifique.

 (Henri Poincaré)

 La science a fait de nous des dieux
 avant même que nous méritions d'être des hommes.
 (Jean Rostand)


 Mon âme a son secret, ma vie a son mystère.
 (Félix Arvers)
(Mes heures perdues)

 La séduction suprême n'est pas
 d'exprimer ses sentiments,
 c'est de les faire soupçonner.

 (Barbey d'Aurevilly)

  Ndr : Vous voyez bien que je suis
 tout le contraire d'un séducteur!

 L'art de plaire est l'art de tromper.
 (Vauvenargues)
(Réflexions et Maximes)

 Servir! C'est la devise
 de ceux qui aiment commander.

 (Jean Giraudoux).

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