Mercredi 8 mars 2006 3 08 /03 /Mars /2006 22:36

J'ai été étudiant. Mais jamais taliban. Je ne plaisante pas. Taleb, en arabe (taliban au pluriel), ça veut dire, justement "étudiant". Comme quoi il faut se méfier des mots. Ils peuvent être à l'origine de maux ...

Je n'ai jamais compris le sens d'une grêve des cours. Quand un salarié fait grêve, cela signifie qu'il accepte la perte de son salaire en échange de son refus de travailler.

Mais, pour un étudiant, qu'est-ce que cela veut dire?

Comment peut on refuser de suivre des cours que la République offre gratuitement à tous ceux qui ont la capacité de les suivre?

J'observe également que les jeunes non diplômés ne semblent pas faire grêve. Si c'était le cas, ça se saurait ...

Etonnant également cette réaction de je ne sais plus quel député UMP qui répète que le CPE prévoit une période d'essai de deux ans ... Il n'a pas du lire le texte avant de le voter. C'est facheux! Il est vrai qu'il y y a un proverbe qui dit "Méfiez-vous de vos amis!".

En tout état de cause, "ils" n'étaient  pas 1.000.000 dans les rues mais "ils" étaient quand même nombreux.

Attendons la suite... 

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Education, Jeunesse
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Samedi 4 mars 2006 6 04 /03 /Mars /2006 23:56

J'ai déjà écrit sur le thème de l'endettement de l'Etat. La critique est facile mais l'art est difficile. Maintenant, il faut proposer. "De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace" : ces célèbres paroles de Georges Jacques Danton sont le deuxième volet de la devise de ce blog.

Quand faut y aller, faut y allez ...

1. Gel rigoureux des dépenses de l'Etat à leur niveau réel de 2005 (après avoir soldé l'exercice budgétaire)

2. Accélération du processus de mise en vente des actifs détenus par l'Etat quelquesoit leur nature et leur montant dès lors qu'il est constaté que la possession de ces actifs ne présente aucune utilité particulière. Sont particulièrement concernées les participations de l'Etat dans toutes les structures du secteur marchand, l'Etat n'ayant pas vocation à posséder des entreprises. Mais aussi l'immobilier!

3. Affectation des recettes qui en découlent au seul remboursement de sa dette, à l'exclusion de tout autre possibilité.

4. Strict non-remplacement de tout fonctionnaire partant en retraite sauf ceux investis d'une mission régalienne (militaires aptes au combat, magistrats et greffiers, policiers habilités à porter une arme, agents des impôts légalement habilités à valider les déclarations fiscales et à établir les redressements fiscaux, tous autres personnels habilités à engager l'autorité de l'Etat par sa signature.

5. Tout poste de fonctionnaire ainsi libéré ne doit pouvoir être remplacé que par des contrats de droit privé conclus pour une durée de trois ans renouvelables au maximum deux fois.

6. Création d'une caisse de retraite des agents publics de l'Etat selon le principe de la répartion. Les nouveaux agents de droit privé cotisant, eux, aux caisses déjà existantes selon les mêmes principes que ceux en vigueur dans le secteur privé (Sécurité sociale, Arrco, Agirc, etc ...

Voilà déjà de quoi alimenter de solides débats!

A+  

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Réforme de l'Etat et de l'Administration
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Samedi 4 mars 2006 6 04 /03 /Mars /2006 15:38

L'invraisemblable polémique qui se développe autour de la nouvelle "affaire Suez" (la précédente, c'était en 1956 quand Gamal Abdel Nasser décida de nationaliser le canal du même nom) m'amène à développer le sujet des "Services Publics". On lit à peu tout et n'importe quoi. 

Mettons donc les points sur les i et, dans la foulée car ça ne mange pas de pain, les barres sur les t.

Première confusion : Service public = entreprise publique. 

Rien n'est plus faux. Je donne deux exemples simples :

 - les pharmacies d'officine sont des entreprises privées astreintes, de part la loi, à une mission de service public. Elles sont en effet tenues de rester ouvertes certains jours où, habituellement, les autres activités économiques sont "en berne" (le dimanche et les jours fériés). Cela se traduit, concrètement, par l'organisation des tours de garde. Cela a pour conséquence que si vous avez besoin d'un médicament qu'un médecin auquel vous avez fait appel en pleine nuit vous a prescrit, vous pouvez alors vous présenter au commissariat de police le plus proche qui réveillera le pharmacien. Ledit pharmacien a plus qu'intérêt à obtempérer sinon il risque deux types de sanctions : une amende infligée par la police et/ou une sanction infligée par le Conseil de l'Ordre des Pharmaciens.

- les boulangeries étaient, jusqu'à il n'y a pas très longtemps, tenues d'organiser un tour de maintien de l'ouverture pendant les congés (mais pas pendant la nuit!). C'est pour cela que, pendant les mois d'été, vous avez pu voir sur la vitrine de ces boutiques une petite affichette indiquant clairement "En application de loi sur les congés payés, nous sommes fermés de telle date à telle date...". Vous n'avez jamais vu une affichette de ce genre sur la vitrine d'une boucherie ou d'un magasin d'alimentation. Pour les boulangeries, cette affichette avait un caractère obligatoire. Pourquoi? Tout simplement parce que lesdites boulangeries étaient astreintes à une mission de service public.

Un service peut donc très bien être "public" sans qu'il soit "propriété publique"! 

Deuxième confusion : Un service public est rendu gratuitement. Si, par exemple, l'ANPE est autorisée à facturer ses prestations, ce ne sera plus un service public.

Faux! Il existe beaucoup de services publics payants. La SNCF, EDF, etc ... Que je sache, si on consomme du courant ou si on monte dans un train, il faut payer! Viendrait-il à l'esprit de quiconque de soutenir que la SNCF et EDF ne sont pas des services publics? J'espère que non.

Troisième confusion : La Police, l'Armée, la Justice, etc, sont des services publics.

Non! La Police, l'Armée, la Justice sont des fonctions régaliennes de l'Etat. Tout le monde est contraint de s'y soumettre, content ou pas ... Ce n'est pas parce que les trains roulent que l'on est obligé de monter dedans! Par contre, si vous recevez la notification d'un jugement vous ordonnant de payer une amende, il vaut mieux pour vous que vous vous soumettiez ...

Dans le même ordre d'idée, les Huissiers de justice, organismes privés, ne sont pas des services publics non pas parce qu'ils sont privés mais parce que leur mission a un caractère contraignant. Là où il y a "contrainte", il n'y a pas "service". Tout simplement parce que le service ne mérite sa qualification de service que si et seulement si le bénéficiaire le demande ... et l'obtient.

Quatrième confusion : Un service public, c'est forcément un monopole car le monopole est le garant de la mise en oeuvre de la mission de service public.

Faux! Un service public peut très bien fonctionner sans détenir un quelconque monopole. Les exemples abondent : les hôpitaux, les écoles, etc ... Personne n'ai obligé de faire appel à un hôpital public s'il a besoin de soins. Personne n'est obligé de mettre ses enfants dans une école publique, ni même dans une école privée sous contrat. Il est parfaitement légal de faire le choix de les inscrire dans une école privée non soumise à un contrat passé avec l'Etat. Voire même de ne les inscrire nulle part ... Dans ce dernier cas, les parents de l'enfant sont tenus de prouver qu'ils ont confié l'éducation de leur enfant à un maitre appelé précepteur (ne pas confondre avec percepteur!). Le rectorat peut alors interdire cette pratique s'il estime que les conditions de la scolarisation de l'enfant ne sont pas réunies. 

Ces explications de textes étant faites, vient une question toute simple : Un service public, c'est quoi?

Je propose la définition simple suivante (je n'ai rien inventé) :  C'est une structure qui DOIT offrir au public qui en exprime le souhait des services, jugés indispensables au bon fonctionnement de la société dans son ensemble, quand bien même ces services là s'avèreraient manifestement non rentables pour l'entrepreneur.        

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Economie et budget
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Vendredi 3 mars 2006 5 03 /03 /Mars /2006 14:05

Partant du principe que je centre mon action "bloguienne" sur les idées et non sur les hommes ou sur les femmes "quifontdelapolitique", j'étais bien décidé à ne pas parler de l'affaire Georges Frêche. Mais, le déroulé des évênements m'y conduit. Car, derrière tout ça, il y a une vraie manoeuvre politicienne de la pire espèce.

Il tombe sous le sens que les propos tenus par Frêche sont totalement inacceptables. Sorti de la bouche d'un quidam, de tels propos sont passibles de poursuites judiciaires en application de la loi Gayssot. On ne doit pas perdre de vue que le qualificatif de "sous-hommes" employé par Frêche a été employé par les nazis contre tout ce qui n'était pas "aryen". Autant dire que l'on peut se demander ce que pense vraiment le Président de la Région Midi-Pyrénnées.

Sorti de la bouche d'un Président de Région, c'est non-seulement innacceptable, mais encore carrément scandaleux et même irresponsable. Où va t-on si les leaders politiques républicains se mettent à dériver dans les eaux troubles de l'extrême-droite? Cela devient pire quand il s'agit de la Gauche qui se réclame, plus souvent qu'à son tour, des valeurs de l'humanisme, de la tolérance et du respect de l'autre.

J'ai pu constater que Frêche s'était publiquement excusé. Il était visiblement mal à l'aise. J'ai même pensé un moment qu'il n'était pas sincère.

Que des élus de la droite républicaine se sentent obligés de reprendre le flambeau et d'en  remettre une deuxième couche ne témoigne pas d'un grand esprit de probité. Il est parfois préférable de ne pas "la ramener", ce qui, au fond, est une forme de repentir quand on sait que des élus de ce bord-là avaient ouvertement négocié et obtenu le report des voix des élus du Front National pour conquérir la présidence de certaines régions (Midi-Pyrénnées et Rhônes-Alpes; je mets à part la Bourgogne)

Bien plus grave, à mes yeux, ce qui se passe au sein même du Parti Socialiste! Ma conviction est que c'est un de ces coups tordus concocté par Bartolone, le lieutenant de Fabius. Car, il faut le savoir, ça couine au sein du P.S.! A tel point que leur Premier Secrétaire, François Hollande, est obligé de donner de la voix pour rétablir l'ordre au sein de son parti. "Je ne tolèrerai aucune polémique entre nous là-dessus" écrit-il dans l'Hebdo des socialistes, le journal destiné aux militants. Il est dit que ces propos ont été tenu au sein du Bureau national du P.S (les 30 plus importants dirigeants du P.S.).

"Quelle embrouille! On n'y comprend rien! On en a rien à faire des histoires des socialistes". C'est ce que pensent la plupart des gens. Dont moi-même jusqu'à il y a peu de temps.

Il ne faut pas perdre de vue que les socialistes n'ont pas encore désigné leur candidat pour la présidentielle de 2007. Fabius, bien que largement battu au congrès du Mans (environ 20% des voix), maintien sa volonté d'obtenir l'investiture de son parti. Je prend le pari que si les votes des militants sont très serrés au désavantage de Fabius, celui-ci se présentera devant les électeurs. Cet homme a une ambition personnelle vraiment démesurée. Il est prêt à tout pour la satisfaire. Y compris d'appeler à voter Non au référendum sur l'Europe!

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Leaders politiques de gauche
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Jeudi 2 mars 2006 4 02 /03 /Mars /2006 20:01

La rumeur court et enfle. Plus aucun doute n'est permis. La Banque Centrale Européenne, celle qui, loin de la turbulence politicienne, gère notre précieuse monnaie, a décidé de relever ses taux. C'est la deuxième fois en trois mois.

Que n'a t-on pas entendu comme sottises pendant la campagne référendaire du 29 Mai 2005! Il ressortait que, si nous étions en diffulté, ce n'était pas de la faute de nos "chers" politiques mais bien exclusivement celle de cette foutue banque.

Les textes institutionnels sont clairs : la Banque Centrale Européenne est indépendante de tous les pouvoirs "bruxellois". Elle fonctionne selon des règles qui ont été décidées par les Etats-membres dans le cadre des Traités qui organisent le fonctionnement des instances européennes, savoir : le Parlement, le Conseil et, en dernier, la Commission. Il n'est pas possible de modifier ces règles à la convenance de tel ou tel Etat. Pour cela, il faut l'unanimité des Etats. Et c'est bien difficile d'obtenir l'unanimité des Etats ... surtout lorsqu'il s'agit du pognon!

 Ainsi, le Gouverneur de la Banque Centrale est désigné par le Conseil (et non pas par la Commission). Une fois désigné, il est inamovible pendant toute la durée de son mandat sauf, bien entendu, s'il commet des fautes personnelles graves (il faut tout de même le reconnaitre : si Jean-Claude Trichet, ancien Gouverneur de la Banque de France et actuel Gouverneur de la BCE, assassine sa femme, il ne restera pas Gouverneur; ça tombe sous le sens). J'écris à titre d'illustration sans même savoir s'il est marié, ce dont je me moque complètement.

Cette indépendance-là est absolument cruciale. On les connait bien "nos politiques". Comme très peu ont le courage de faire ce qu'il faut au moment où il faut "parce que ça fait perdre des voix aux élections", "ils" ont trouvé une astuce! Il s'agit de forcer la BCE (ou bien, autrefois, la Banque de France) à prendre des décisions de commodité comme par exemple laisser "filer" la monnaie, procéder à des dévaluations ... Bref, faire preuve de laxisme en matière de gestion.

Et, bien évidemment, comme une mauvaise décision en appelle une autre, on part alors dans une spirale de dérives qu'il faut, un jour ou l'autre, payer. Dans de telles circonstances, c'est toujours les gens humbles et travailleurs qui paient les pôts cassés. Jamais les puissants. Eux, en effet, savent toujours se "débrouiller".

Parmi les missions qui incombent à la BCE, il y a, c'est vraiment le moins que l'on puisse attendre d'elle, la défense de la monnaie. Autrement dit l'euro.

Pourquoi faut-il défendre la monnaie? On se le demande, en effet. Après tout, ce ne sont que des bouts de papier ... Grave erreur! La monnaie, c'est l'instrument qui fait fonctionner l'économie toute entière. Mauvaise monnaie = mauvaise économie = appauvrissement relatif voire appauvrissement absolu. Ainsi, l'Allemagne peut témoigner de l'importance cruciale de pouvoir disposer d'une bonne monnaie.

Sous la République de Weimar, l'Allemagne a connu l'hyper-inflation accompagnant la ruine de son économie et l'appauvrissement du plus grand nombre. On sait, par la suite, ce qu'il a fait "le plus grand nombre" : Il est allé se réfugier dans les bras de Hitler avec toutes les conséquences tragiques que l'on sait. 

A l'inverse, largement échaudée (excusez l'euphémisme) par la "suite" des évênements, l'Allemagne s'est reconstruite à une vitesse fulgurante en appliquant, entre autres remèdes, une politique de stabilité rigoureuse de sa monnaie. Avec l'indiscutable succès que l'on sait.

La monnaie, c'est le garant de la stabilité des rapports économiques et le garant de la confiance mutuelle sans laquelle il est impossible de batir un avenir durable.

 

Pourquoi la BCE envisage t-elle de relever ses taux? Pour ceux dont la macro-économie n'est pas leur tasse de thé, ce n'est, a priori, pas évident.

Il faut se référer à un indicateur extrêmement important : la masse monétaire. Pour que les équilibres soient maintenus, il faut, grosso- modo, que la quantité de monnaie qui circule pour faire fonctionner le "marché" ne soit pas plus importante qu'il n'est nécéssaire. Si la masse monétaire augmente nettement plus vite que la valeur des biens en circulation, tôt ou tard, le système se rééquilibre par un phénomène de dépréciation de la monnaie : l'inflation. Autrement dit, les prix augmentent. Les salariés veulent alors un rattrappage ( ce qui est bien normal, après tout). Mais, comme on n'a pas résolu le problème, la masse monétaire augmente à nouveau ce qui provoque une augmentation générale des prix et ... rebelote, ça continue, sans fin, dans le cadre d'un "cercle vicieux" jusqu'au moment où "les politiques" s'en mêlent par une intervention administrative dans l'économie, telle par exemple, le blocage des prix, ou bien le blocage des salaires, etc ... etc.

Si la BCE relève ses taux d'intérêt, cela a une incidence immédiate sur les emprunts. Il devient plus couteux d'emprunter auprès des banques. Si on veut bien ne pas oublier que ce qui motive un investisseur, c'est, évidemment, l'espérance de profit et non pas l'existence prélable de profits qu'il faudrait coûte que coûte "investir pour que ça rapporte", les emprunts contractés se focalisent sur les opérations les plus profitables, en laissant tomber les autres. Autrement dit, l'économie, qui avait tendance à surchauffer, se calme un peu. Les prix se stabilisent, l'inflation se résorbe, la monnaie redevient fiable, la confiance revient, les investiseurs, rassurés, redémarrent sur des bases assainies et ... tout rentre dans l'ordre.

Disons le clairement : en réalité, c'est un peu moins simple ... mais l'essentiel est là.

Cette fameuse masse monétaire se mesure précisément (enfin, presque!). Si vous voyez , dans vos lectures, des termes aussi abscons que M1, M2, M3, eh, bien, vous y êtes, en plein dedans ...

M1, c'est la masse des billets de banque en circulation et des sommes inscrites sur les comptes courant (votre compte en babque personnel en fait partie) .. Les billets, au fond, ce ne sont que des bouts de papier dont la valeur est quasi nulle mais dont la contrepartie auprès des commerçants ne l'est pas! On peut s'en rendre compte tous les jours, aussi bien qu'en on n'en pas que quand on a. Le total des comptes courants est environ 8 fois plus élevé que le total des billets en circulation. La seule garantie que nous avons, c'est la confiance que nous plaçons dans le sytème bancaire (puisque c'est une simple écriture dans un compte).  

M2 , c'est M1 + les différents comptes d'épargne à court terme comme les livrets A, B, des Caisses d'épargne ou bancaire. Les Codevi en font aussi partie. Pour les rendre liquide, il suffit d'aller à sa banque pour demander le virement sur le compte courant. Dans le même esprit, tout ce qui peut être rendu liquide en moins de 3 mois rentre dans le calcul de l'agrégat M2. 

M3, c'est M2 + toutes les autres sommes que l'on peut mobiliser à court terme, en cas de besoin en les vendant sur le marché (Sicav, Fonds commun de placement, etc).

Il est aisé de comprendre que quand un acteur économique a pris des options "à cout terme" (j'achète maintenant et je prends tout de suite en payant dans trois mois), il vaut mieux pour lui qu'il puisse payer "à l'échéance" sinon gare ... dans l'immédiat et, bien plus encore, pour les prochaines fois. Pour y parvenir, soit il dispose maintenant, d'une manière certaine, des sommes exigibles, soit il emprunte ... à condition de trouver un banquier qui veuille bien le faire! Et comme les banquiers sont tout ... sauf des têtes brûlées ... Vous devinez la suite.

Il ne faut jamais oublier que le monde de la finance, bien plus encore que le monde des affaires (au sens le plus large), est d'une cruauté inouïe, surtout quand la panique s'en mêle.

Mais pourquoi deux hausses des taux en trois mois? Pourquoi pas une seule hausse d'un coup? La raison en est simple : il n'y a rien de plus détestable pour un banquier que d'être pris au dépourvu. D'où l'annonce, toujours plusieurs jours, voire semaines, à l'avance de ce que "le grand argentier" va faire (et qu'il fera certainement, car la politique du bluff est bien évidemment proscrite, bannie même) afin que l'on prenne des dispositions utiles (dans le jargon, on appelle cela "se couvrir"). Dans le même esprit, la brutalité ne convient pas à ces énormes machines. De même que, pour nous, il est dangereux d'accélerer brutalement puis de freiner tout aussi brutalement, il est dangereux, pour le phénomènal poids lourd qu'est l'économie européenne, de lui faire subir des à-coups.

Pour illustrer le propos,  voici quelques chiffres inréressants :

En rythme annualisé, la masse monétaire a augmenté de 7,6% en Janvier (en réalité douze fois moins, mais donné en rythme annuel, ça parle mieux). Bien entendu, tout le monde le sait, la croissance n'atteint pas de tels sommets (c'est bien dommage d'ailleurs ...). Même en prenant en considération l'interpénétration croissante de l'économie (ce qui appelle, naturellement, une hausse de la masse monétaire, saine celle-là), le compte n'y est pas. Donc : signal d'alarme! Tout le monde se calme. D'ailleurs l'inflation en rythme annualisé est de 2,4%. Tout cela malgré les importations massives à bas prix, en provenance de Chine entre autres, qui exercent une pression déflationniste ... Ce n'est peut-être pas  une alerte rouge, mais c'est certainement une alerte.

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Economie et budget
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Mercredi 1 mars 2006 3 01 /03 /Mars /2006 22:54

L'affaire se joue sur l'immense marché mondial du combustible nucléaire et des centrales qui vont avec. Pas besoin d'être un aigle pour comprendre que l'énergie risque fort de manquer compte tenu des immenses besoins à satisfaire et des insuffisantes capacités de production actuellement installées pour y faire face.

Au premier rang, la Chine qui ne parviendra pas à calmer ses appetits de développement. Faut-il s'en plaindre? Non! Au nom de quoi voudrions nous justifier la poursuite d'une pareille chimère? La Chine, tout comme les autres pays en développement, a le droit, elle aussi, au même niveau de vie que le nôtre!

Autant dire que la voie de l'avenir, c'est bien évidemment le nucléaire ...

Avec Areva, la France dispose d'un atout considérable : nous savons produire du combustible (uranium enrichi à 3% environ). Nous savons le retraiter dans des conditions parfaitement sécurisées.

Alors, allons-y! Il faut vendre nos procédés de productions. Jacques Chirac a évidemment raison de se déplacer en Inde pour aider à la conquête des marchés. D'autant que Georges Bush n'est pas en reste. Lui aussi, il a fait le voyage ... preuve qu'il n'est pas aussi "con" que certains veulent bien le dire. D'autant moins qu'à Harvard, ses notes étaient meilleures que celle de Bob Clinton, son prédécesseur, lequel est bien loin d'être un "con" (qui peut croire que l'on arrive à ce niveau de responsabilité si on n'a pas grand chose dans la cervelle?).

Personne n'ignore les difficultés qui se présentent quand on veut percer le marché américain. Mais on peut percer!

Evidemment,il ne faut pas faire comme Renault dans les années 80 ... Renault n'avait pas, semble-t-il compris que c'est au producteur de s'adapter à la demande et non le client au produit! J'ai encore le souvenir de cette "Alliance" (la Renault 9) que je ne suis parvenu qu'à grand peine à hisser au sommet d'une des innombrables buttes de San Francisco. C'était en 1984. Ce jour là, j'ai eu honte d'être français ...

Il vaut mieux faire comme Areva en 2006.

Areva cherche à s'implanter sur le marché américain. Elle crée une filiale de droit américain en prenant appui sur une entreprise américaine déjà implantée, Constellation, productrice d'énergie. Et elle confie la présidence de cette entreprise à ... Spencer Abraham.

Ah, bon! Et alors? C'est qui, ce mec? Jamais entendu parlé ...

Pourtant, Spencer Abraham n'est rien d'autre que le ministre de l'énergie de Georges Bush fils, pendant son premier mandat (2000 - 2004).

Puissions nous avoir, une bonne fois pour toutes, ces réflexes élémentaires :

1. Nous n'avons rien d'exceptionnel

2. Nous ne sommes pas le nombril du monde

3. Nous ne pesons que 1% de la population mondiale

4. C'est au fournisseur de s'adapter au marché car ce n'est certainement pas le marché qui va s'adapter. Surtout pas le marché américain! Celui là encore moins que les autres.

Bravo Areva! Bravo Anne Lauvergeon! L'ancienne sherpa de François Mitterrand semble être mieux perçu, là-bas, que notre Président. Il faut bien reconnaître que ce dernier n'aura pas beaucoup aidé à faire aimer la France par les habitants de la plus plus puissante  et la plus riche nation de la planète.

Debout la France! Partons vers de larges horizons! Stop à la sinistrose!

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Economie et budget
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Mercredi 1 mars 2006 3 01 /03 /Mars /2006 19:08

Voilà une très intéressante novation dans le fonctionnement de notre Justice. Précisons, d'emblée, qu'elle ne concerne que la "justice civile" et pas du tout la "justice pénale".

La justice civile, c'est celle qui s'occupe des conflits entre personnes (physiques ou morales). Le champ est vaste. Par exemple, les divorces, les héritages, le droit de la propriété, les questions de filiation (droit de la paternité), les questions "d'argent" et quantité d'autres choses ... 

Une partie importante de la Justice va être bouleversée dans son mode de fonctionnement même. C'est une réforme extrêmement importante. Valérie de Senneville, journaliste au quotidien "Les Echos", parle même de "Contrat de procédure". Rien moins qu'un contrat passé entre un des piliers de l'Etat (la Justice) et les citoyens qui font appel à elle pour régler leurs différents, pacifiquement comme on doit toujours le faire quand on est "civilisé".

Il y a de cela au moins 40 ans, quand il avait été évoqué que l'Etat puisse négocier avec les syndicats de ses "salariés", des fines bouches offusquées disaient : "Comment? L'Etat négocie? Mais alors, ce n'est plus l'Etat! L'Etat doit commander, doit ordonner et ses administrés, eux, doivent exécuter. Un point, c'est tout!"

Eh, bien, non!

L'Etat n'est pas "au dessus" des citoyens ... Il est, dans ce domaine, une "personne" parmi d'autres, certes investie de responsabilités particulières, mais pas plus qu'il n'est nécessaire au bon fonctionnement de l'ensemble. Et encore, parce que les citoyens en ont décidé ainsi ... selon les règles de la démocratie. On est, là, à cent lieues des conceptions monarchiques de droit divin, des conceptions aristocratiques (le gouvernement des "meilleurs") où ce sont les "aristocrates" qui décident de qui sera aristocrate ou ne le sera pas. A deux cents lieues des Etats théocratiques où, là, ce sont carrément des humains qui décident que c'est Dieu qui leur a donné le pouvoir et que, par conséquent, le Peuple doit sa soumission, un point c'est tout.

Le "contrat de procédure" (ce terme ne figure pas dans le décret pour ne pas trop violenter les âmes sensibles), c'est un pas très important allant dans le sens de la modernisation et du dépoussiérrage de l'Etat lui même au travers d'une ses fonctions "régaliennes" majeures.

C'est un juge qui en sera le maitre d'oeuvre de la procédure de "mise en état" et qui fixera, en accord avec les "plaideurs", de qui doit être fait, pas fait, selon telles formes et selon tel calendrier. Une fois acceptés les éléments du "contrat", les avocats doivent s'y soumettre.

Cette procédure a telles conséquences que l'on peut concevoir qu'il ne soit plus nécessaire de tenir une audience ...

Avec la mise en place de la loi "organique" relative au budget de l'Etat, voilà un nouveau pan de la "muraille Etat" qui se lézarde pour permettre, précisément, de faire "peau neuve".

Qui s'en plaindra? Certainement pas moi.   

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Administration de la Justice
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Mercredi 1 mars 2006 3 01 /03 /Mars /2006 09:33

Ce mois de Janvier, les résultats sont conformes aux attentes. Certes le seuil des 8.000 visiteurs uniques n'est pas franchi. Mais, avec 7636 visiteurs, compte tenu que j'ai du le laisser "en friche" pendant 5 jours complets, du fait de mon escapade à Limoges, et  23.234 pages vues depuis sa création (Octobre 2005), tout démontre que ce blog suscite l'intérêt malgré son caractère un peu aride.

En bon manager que je m'efforce d'être, je me fixe comme objectif, pour la fin Mars, d'atteindre les 11.000 visiteurs et 31.000 pages vues (en cumul).

J'ai, quand même, une interrogation : pourquoi si peu de commentaires? Certes, j'ai choisi de rejeter la démarche polémique car c'est vraiment trop facile. De même, je me refuse à "centrer" le blog (et donc les articles) sur de considérations de personnes. Vous ne trouverez pas, sur ce blog, des prises de positions "pour" ou "contre" telle ou telle personne. Ce sont les idées qui m'intéressent. Les personnes, c'est à dire, pour être parfaitement clair, les futurs candidats potentiels (sans oublier les candidates, évidemment!) à l'élection présidentielle, feront l'objet de mon attention très spéciale plus tard. Pour le moment, cap sur les idées!

Petit rappel : vous êtes autorisés à me piller! Faites le donc, sans retenue. Vous êtes absouts d'avance ...

Soyez quand même sympa. Citez la source ...     

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Météo, administration et gestion du blog.
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Dimanche 26 février 2006 7 26 /02 /Fév /2006 19:48

Après avoir appelé à la manifestation en réplique à l'ahurissante barbarie dont a été victime le jeune Iloud Halimi et qu'il a payé de sa vie, il me semble assez naturel que je vous raconte ce que j'ai vécu.

Car j'y étais, bien évidemment.

Pour autant que je m'en souvienne, cela doit faire grosso modo plus de vingt ans que je n'avais pas participé à une manifestation de rue. Jadis, dans une vie antérieure, je battais le pavé parisien nettement plus souvent.

Point de départ : Place de la République (République pour tous les parisiens et, probablement, un très fort contingent de franciliens)

Point de dislocation : Place de la Nation (Nation, tout court, cf. supra)

Parcours : Boulevard Voltaire.

Autrement dit, trois symboles majeurs : la République est le ciment fédérateur de la Nation et, pour y parvenir, on fait appel à un éminent représentant du Siècle des Lumières.

Je l'aurai voulu parfaitement silencieuse, tout comme l'avaient souhaité les organisateurs (dont la Ligue Internationale Contre le Racisme et l'Antisémitisme, notamment). Force est de constater que ce ne fut pas tout à fait le cas.

Moi qui aurait souhaité protester contre la barbarie, j'ai failli être mèlé à un groupe de trublions de l'Union des Etudiants Juifs de France qui criaent "Vengeance!". Certains ont même brandi un drapeau d'Israël ...

Quel rapport avec Israël? Après recherche et réflexion, je n'en vois AUCUN!

Comme ça n'avançait pas (signe qu'il y avait beaucoup de monde), mon épouse et moi-même avons pris les trottoirs. Les circonstances ont voulu que ce fut celui de droite. Après tout, dans la plupart des pays modernes, on circule à droite. N'en tirez aucune conclusion hâtive.

Nous fûmes carrément bloqués un bon moment au métro Oberkampf (pour mémoire, c'est l'inventeur du procédé d'impression des tissus appelés "indiennes"), c'est à dire juste après la station de départ. Renseignements pris, le groupe de tête n'avait pas, semble t-il, encore démarré! Il était au moins 15h50. Il y avait donc beaucoup de monde (ou bien des problèmes d'organisation).

Un métro plus loin (Saint Ambroise), j'ai pu observer que des excités, jeunes pour la plupart, tout en reprenant les mêmes slogans qui, à mon avis, n'avaient rien à faire là, se sont mis à invectiver des personnes avec force gestes obscènes. La police était là, en nombre. Nous nous sommes prudemment éloignés. Nous avions convenu, mon épouse et moi-même, qu'au moindre dérapage nous quittions la manifestation. Détail intéressant : au moment de la petite algarrade, j'ai vu des gens, moins jeunes, accourrir vers l'endroit ... Qu'étaient-ils venus faire, dans cette manifestation? Participer ou voir du spectacle plus ou moins "nerveux", voire sanglant? Pas de sang. Tant mieux, personne de sensé ne peut s'en plaindre!

Nous avons continué, toujours sur le trottoir, pour aller plus vite. Devant, le cortège est beaucoup plus clairsemé : une personne pour 3 ou 4 mêtres carrés (rappel : statique, une manifestation bien pleine, c'est 4 personnes au mêtre carré; en mouvement  compact, c'est un personne pour un mêtre carré).

Et nous avons vu un groupe qui s'est avéré être le groupe de tête, à hauteur du métro "rue des boulets" (juste avant Nation). J'y ai reconnu Georges Sarre, maire du XIe arrondissement. Un peu avant, François Chérêque, secrétaire général de la CFDT, qui s'était retiré de la manifestation au moment où les slogans idiots (Vengeance!) ont fleuri et que mon épouse est allée saluer puisqu'ils se connaissent personnellement.

Nous avons repris le RER à Nation : il était 16h50. Autrement dit une bonne heure et demie pour faire un parcours de trois kilomètres en doublant tout le monde chaque fois qu'on le pouvait. J'évalue à au moins deux heures, voire deux heures et demie, le temps qu'ont dû mettre les participants de la rue.

Combien étions nous? Au moins 50.000 personnes. Peut-être 100.000 ... N'ayant pas une vue d'ensemble, je ne puis en dire plus.

Vient maintenant le temps de la réflexion.

1. Aujourd'hui, "on" ne sait plus organiser une manifestation sans le moindre grabuge. Faut-il que je leur montre comment on fait?

2. Tout le monde n'est pas venu avec les mêmes idées en têtes. Certain ont tenté une "récupération" (l'Union des Etudiants Juifs de France et la Ligue de Défense Juive). Moi, je ne suis pas venu manifester prioritairement contre l'antisémitisme mais contre la barbarie. Si Ilan avait été arabe, je serais également venu. L'antisémitisme est, évidemment,  une circonstance agravante.

3. Pourquoi le Président de la LICRA ne voulait-il pas que Philippe de Villiers participe au sein du groupe de tête? Je n'ai pas compris. Que Le Pen en soit exclu, c'est normal; mais de Villiers? Si on commence à mettre un signe "égal" entre Le Pen et de Villiers, on ne tarde pas à en mettre un entre Le Pen et Sarkosy. Cette amalgame me parait tout à fait hors de propos et ne correspond pas du tout à la réalité.

Maintenant vous pouvez comparer avec votre journal télévisé préféré, votre quotidien préféré ...   

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Cohésion sociale
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Dimanche 26 février 2006 7 26 /02 /Fév /2006 12:00

Je l'avais annoncé sur mon blog, il y a quelques semaines. J'ai créé une rubrique spéciale : "Conseiller municipal de Nogent sur Marne" pour y placer mes "billets" en rapport assez direct avec ma ville de Nogent sur Marne dont je suis l'un des élus, dans l'une des trois oppositions à Monsieur Jacques J.P. Martin.

J'étais candidat sur la liste "Alliance pour Nogent" conduite par Estelle Debaecker, titulaire du mandat de Maire,  en 8e position. Le résultat - nous avons été battus de 80 voix environ  sur un total de plus de dix mille suffrages exprimés alors qu'il y avait trois listes en compétition au deuxième tour dont une liste de gauche - m'avait placé en position de premier des non-élus de notre liste qui en compte sept sur un total de 35.

Un de nos élus étant décédé, je suis "monté" au Conseil municipal en Avril 2005.

Notre maire, M. Martin, ayant une tendance mégalo-maniaque assez prononcée (il dépense beaucoup, vraiment beaucoup) a, par la force des choses comptables, augmenté les impôts locaux d'environ 60% (vous avez bien lu : soixante pour cent) depuis Mars 2001.

Après avoir promis qu'il réaliserait un programme pharaonique sans augmenter les impôts, il a fallu qu'il transgresse une première fois sa promesse dès la préparation du budget 2002 : +17%.

Bien évidemment, la simple lecture de l'évolution des dépenses d'une part, et le chiffrage, même rudimentaire, des projets annoncés ont amené à une conclusion simple : ça coince!

D'où, nouvelle augmentation des impôts! La première fois, ce n'était déjà pas avec le dos d'une cuiller (+17%). Cette deuxième fois ce fut avec une grosse louche : +25%! Pas moins ... Mais, direz vous, ça ne fait pas 60%, ça! Exact ... N'oubliez pas qu'il ne faut pas additionner les pourcentages. Il faut les "cumuler". Les journalistes, en général, ne savent pas faire cela.

Si vous y ajoutez la révision des bases d'imposition (la valeur "locative" de votre logement), vous arrivez, sans trop de difficulté, aux environs des 60% annoncés. 

Moi, j'ai eu plus de "chance" que certains autres Nogentais. J'ai eu droit à une majoration spéciale! Tiens donc! Comme c'est bizarre ... Ma maison a été changée de catégorie (pourtant, je vous assure que je n'ai effectué aucun travaux en dehors des travaux d'entretien normaux que tout propriétaire se doit d'effectuer périodiquement), ce qui a conduit à une hausse des bases me concernant d'environ 10%.

Bref, je ne vais pas vous raconter ma vie fiscale. Je ne m'en sers que pour illustration. De toute façon, je n'ai rien à cacher. Ma maison est ouverte sur le monde, il y a plein de fenêtres. Nous l'avons voulu comme ça!

J'en suis quand même à environ 4.000euros par an d'impôts locaux (Commune, Département, Région) et mon salaire personnel est d'environ 2.000 euros par mois.

L'idée de ce volet municipal de mon blog m'est venue en consultant le blog http://www.monputeaux.com qui , paraît-il, fait la vie dure à Mme Ceccaldi-Raynaud, fille de M. Ceccaldi, ancien maire de Puteaux (au moins 30 ans de mandat!), lequel a cédé la place à sa fille, non sans quelques apréhensions justifiées, semble t-il, puisque, depuis, ils se sont fâchés! Maire de père en fille : c'est comme ça à Puteaux. Etant républicain dans l'âme, cet aspect dynastique ne me plait pas du tout mais c'est plus l'affaire des habitants de Puteaux que la mienne (encore que ...).

Prenez le temps de visionner la vidéo ci-dessous et jugez sur pièces. Je vous apporterai des précisions et des commentaires après.

   


Lettre à Joëlle Ceccaldi-Raynaud
Vidéo envoyée par grebert

Monsieur Grebert, socialiste (c'est évidemment son droit; moi, je ne le suis pas), évoque deux sujets :

1. Quand on adresse un courrier à son maire, celui-ci doit répondre au plus tard dans le mois. Cela semble être un délai raisonnable quand on se comporte en homme courtois mais ce n'est pas une obligation légale. Du moins, pas à ma connaissance.

Par contre, il est tout à fait certain que l'orsque l'on s'adresse à une administration, celle doit répondre dans les quatre mois faute de quoi la demande est réputée acceptée ou bien rejetée, selon les cas. Il n'y a pas d'incertitude. Passé le délai, le "pétionnaire" sait exactement à quoi s'en tenir.

2. Il soulève aussi un sujet beaucoup plus intérressant : le séminaire à La Cluzaz. Je connais un peu. Il faut reconnaitre que c'est pas mal du tout ... surtout quand c'est gratuit pour les participants (le maire et ses adjoints).

Dans quelle mesure un maire est-il autorisé à engager l'argent des contribuables pour un séminaire "confortable"? Légalement, il ne semble pas y avoir d'obstacle. Et moralement? A mon avis, il y en a un ...

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Conseil Municipal de Nogent sur Marne.
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Dimanche 26 février 2006 7 26 /02 /Fév /2006 00:55

Un récent arrêt de la Cour de Cassation vient de décider de rejeter le pourvoi introduit par le Parquet général contre un arrêt rendu par une cour d'appel qui reconnaissait qu'une mère pouvait décider d'accorder l'autorité parentale sur ses deux enfants à sa compagne homosexuelle qui partage sa vie.

Dont acte!

De ce fait, l'arrêt rendu par la Cour d'Appel devient définitif et exécutoire.

Depuis le vote du Pacs, la législation n'a cessé d'évoluer dans un sens favorable à l'union "maritale" entre deux personnes du même sexe, autrement dit entre personnes homosexuelles.

La législation en vigueur interdit désormais d'effectuer des discriminations sur le fondement de l'orientation sexuelle. C'est certainement un très grand progrès. Les attitudes hostiles aux homosexuels assorties d'insultes diverses et mêmes parfois ignobles sont désormais bannies de la société et punissables au plan pénal.

Fallait-il pour autant voter le Pacs? Je le dit franchement, si j'avais eu à me prononcer, par mon vote, à ce moment, j'aurai voté contre dans sa dimension "homosexuelle". Mais j'aurais certainement voté pour que soient bannies les discriminations fondées sur l'orientation sexuelle. On peut d'ailleurs préciser que les textes fondamentaux de l'Union européenne relatives à ce sujet sont entrés en vigueur avant la législation française.

Pour le pays qui prétend être à l'avant garde des libertés, ça pèche un peu ... Mais pour un pays qui est capable de porter au deuxième tour de l'élection majeure qui structure sa vie politique, à savoir l'élection présidentielle, un adversaire avoué des Droits de l'Homme tels qu'ils sont reconnus par l'Histoire, il ne faut plus s'étonner de rien.

Nous sommes maintenant au milieu du gué. Il devient malsain, à 14 mois de l'élection structurante présidentielle, que le débat électoral qui s'y rapporte soit "pollué" par un débat transverse qui est à cent lieues des préoccupations urgentissimes qui doivent être les nôtres.

Ma crainte se résume d'une manière simple :

1. la société civile (et donc politique) s'atomise de plus en plus. Il ne fait aucun doute que si nous n'avions pas le verrou des "cinq cents signatures" de parainage nous aurions en Avril 2007 au moins 50 candidats, peut-être même 70 ou 80! Cette situation est malsaine. Il faut hiérarchiser les problèmes. Aujourd'hui, la question fondamentale, ce n'est pas le mariage entre homosexuels.

2. Si on ne tranche pas le sujet avant l'élection, cette ques tion viendra à coup sûr dans le débat et cela amènera inévitablement à l'amoindrissement du sens de cette élection car s'il y aura bien un élu au début du mois de Mai 2006, qui pourra affirmer qu'il le sera légitimement pour mettre en oeuvre un programme en matière économique? Personne! La "majorité" de l'élu sera complètement composite et explosera au premier accident conjoncturel dont la vie politique est en permanence jonchée.

Je propose donc que le Parlement se saisisse de cette question avant l'élection importante que nous attendons tous avec plus ou moins d'apréhension.

A mon avis, deux options doivent ressortir :

1. Adoption pure et simple du mariage entre homosexuels. Plusieurs pays l'ont déjà fait (Angleterre, Pays Bas, Espagne ...).

2. Abrogation pure et simple du dispositif du Pacs dans sa dimension homosexuelle.

On ne peut pas, on ne doit pas rester en l'etat. C'est trop dangereux.

Peut-on concevoir qu'un referendum soit organisé pour trancher? C'est assez peu réaliste compte tenu des délais. Mais ce n'est pas inconcevable.

Un tel referendum serait certainement beaucoup plus significatif que celui que l'on nous a infligé en Mai 2005 avec les résultats, désastreux, que l'on connait et dont nous n'avons pas fini de payer les dégats, hélas.

Le débat est ouvert.  

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Cohésion sociale
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Vendredi 24 février 2006 5 24 /02 /Fév /2006 15:10

On sait depuis quelques jours qu'un salarié a obtenu gain de cause devant le Conseil des Prud'hommes de l'Essone dans un conflit qui l'opposait à son ex-employeur. Il a obtenu d'excellentes indemnités. Supérieuresmêmes à celles qu'il escomptait.

Tant mieux! C'est la preuve que l'institution juridictionnelle des prud'hommes est excellente et efficace. Un encouragement à son développement.

Très étrange, par contre, est la réaction que j'ai entendue sur France Inter.

Selon cette radio, ce serait un camouflet infligé à Dominique de Villepin.

Essayons de résumer les faits.

Un salarié est embauché dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée classique dont la période d'essai dure DEUX mois. Peu de temps avant la fin de cette période, il est mis un terme à son contrat pour inadéquation à son poste de travail. Jusque là, il n'y a que peu de chose à en dire, sauf peut-être que la période d'essai est un peu longue compte tenu des tâches qu'il lui était demander d'effectuer.

Il est alors réambauché, pour faire le même travail, dans le cadre, cette fois, d'un contrat "nouvelles embauches", dans la même entreprise. Voilà déjà une première vraie bizarrerie.

Il est à nouveau mis un terme à son contrat, trois semaines plus tard.

Dès lors l'arnaque apparait clairement : l'employeur avait besoin d'un remplaçant pour une période de courte durée. Or, il trouvait que l'intérim lui coutait trop cher. Il a donc détourné une disposition nouvelle du droit du travail en en faisant une lecture manifestement erronée.

Le Conseil des prud'hommes a, très légitimement, sanctionné avec la sévérité qu'il fallait.

Il faut souhaiter que tous les salariés qui seront licenciés après avoir été embauchés dans le cadre de ce nouveau contrat agissent devant la juridiction prud'homale territorialement compétente afin d'obtenir gain de cause et fixer ainsi une jurisprudence favorable aux salariés.

Un "petit" détail : les juges prud'homaux sont ELUS par les salariés et par les employeurs, en collèges séparés. On peut regretter que le taux de participation à ces élections (tous les cinq ans) soit aussi faible (surtout chez les salariés).

Et si on faisait de même avec les juges de premier niveau aussi bien dans la juridiction civile que pénale, voire même administrative?

Cette idée me trotte dans la tête. Ce sera vraisemblablement une nouvelle proposition audacieuse! 

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Droit du travail
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Vendredi 24 février 2006 5 24 /02 /Fév /2006 14:32

Ayant pris depuis quelque temps la bonne habitude de regarder moins souvent les "journaux" télévisés, je n'ai pris conscience de la gravité de la situation créée par le meurtre d'Ilan Halimi que depuis quelques jours.

Peut-être ai-je tort de ne pas être planté devant ma télé?

Pour l'heure, passé le temps de la légitime émotion, il faut que le PEUPLE réponde par l'arme puissante dont il dispose : la MANIFESTATION SILENCIEUSE!

On n'imagine pas bien la formidable force d'une puissante manifestation. Lorsque 100.000 personnes sont dans la rue, en SILENCE, ça a autrement plus de poids que le double ou le triple SANS le silence!

Dimanche, j'irai à cette manifestation. Si vous habitez la région parisienne, je vous presse de faire même.

Le SILENCE est une forme de puissance, une excellente expression de tout le dégout qu'inspire ce CRIME.

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Editoriaux
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Jeudi 23 février 2006 4 23 /02 /Fév /2006 15:37

Début de citation :

"20-26 mars 2006 : Iran-USA - Déclenchement d’une crise mondiale majeure
Dans les cadres des travaux dont j’ai assuré la coordination, le Laboratoire européen d’anticipation politique Europe 2020 (LEAP/E2020) estime désormais à plus de 80% la probabilité que la semaine du 20 au 26 mars 2006 voie se déclencher la principale crise politique mondiale depuis la chute du Rideau de fer en 1989, accompagnée d’une crise économique et financière d’une ampleur comparable à celle de 1929.

 

Cette semaine de la fin mars 2006 marquera le point d’inflexion d’évolutions critiques, entraînant une accélération de tous les facteurs conduisant à une crise majeure, même sans intervention militaire américaine ou israélienne contre l’Iran. Dans le cas d’une telle intervention, les probabilités d’une crise majeure, selon LEAP/E2020, atteignent 100%[1].

 

L’annonce de cet événement résulte de l’analyse de décisions prises par les deux acteurs-clés de la crise internationale principale actuelle que sont les Etats-Unis et l’Iran:

 

. il s’agit d’une part de la décision iranienne d’ouvrir à Téhéran le 20 Mars 2006 la première bourse pétrolière en euros, ouverte à tous les producteurs de pétrole de la région

 

. et d’autre part, de la décision de Réserve fédérale américaine d’arrêter à partir du 23 Mars 2006 de publier les chiffres de M3 (l’indicateur le plus fiable sur la quantité de dollars circulant dans le monde[2]).

 

Ces deux décisions constituent à la fois les indices, les causes et les conséquences de la transition historique en cours entre l’ordre créé après la 2e Guerre mondiale et le nouvel état d’équilibre international en gestation depuis l’effondrement de l’URSS. Leur magnitude comme leur simultanéité vont agir comme un phénomène catalyseur de toutes les tensions, faiblesses et déséquilibres accumulés depuis plus d’une décennie dans le système international.

 

Les chercheurs et analystes de LEAP/E2020 ont ainsi identifié 7 crises convergentes, que les décisions, américaine et iranienne, de la semaine du 20 au 26 Mars 2006 vont catalyser en crise globale, affectant toute la planète dans les domaines politique, économique et financier, et probablement militaire:

 

  1. Crise de confiance dans le dollar
  2. Crise des déséquilibres financiers américains
  3. Crise pétrolière
  4. Crise du leadership américain
  5. Crise du monde arabo-musulman
  6. Crise de la gouvernance mondiale
  7. Crise de la gouvernance européenne

 

 

 

L’ouverture par l’Iran d’une bourse pétrolière libellée en euros à la fin de mars 2006 marquera la fin du monopole du dollar sur le marché mondial du pétrole. Le résultat immédiat sera de nature à bouleverser le marché mondial des devises, puisque les pays producteurs pourront désormais utiliser l’euro également pour facturer leur production. Parallèlement, les pays européens en particulier pourront acheter le pétrole directement dans leur devise sans passer par le relais du dollar. Concrètement, dans les deux cas, cela signifie qu’un moins grand nombre d’acteurs économiques auront besoin d’un moins grand nombre de dollars[3]. Cette double évolution s’exercera donc dans le même sens, à savoir celui d’une réduction très significative de l’importance du dollar comme monnaie internationale de réserve, et donc d’un fort affaiblissement, durable, de la devise américaine, en particulier par rapport à l’euro. Les évaluations les plus conservatrices placent l’euro à 1,30 dollar à la fin 2006. Mais si la crise est de l’ampleur qu’anticipe LEAP/E2020, les estimations donnant l’euro à 1,70 dollar en 2007 ne paraissent plus irréalistes.

 

 

 

La suppression de la parution de l’indicateur M3[4] (ainsi que d’autres indicateurs connexes) par la Réserve fédérale américaine, décision fortement critiquée par la communauté des économistes et analystes financiers, aura pour conséquence, à la même date, de rendre invisibles les évolutions du nombre de dollars en circulation dans le monde. On assiste, déjà depuis quelques mois, aux Etats-Unis, à une forte augmentation de M3 (ce qui indique que la «planche à billets» tourne déjà à un régime élevé à Washington); or, le nouveau président de la Réserve fédérale, Matt Bernanke, est un adepte déclaré de la «planche à billets»[5]. Comme une forte baisse du dollar se traduira probablement par une vente massive de bons du Trésor américain détenus en Asie, en Europe ou dans les pays producteurs de pétrole, LEAP/E2020 estime que la décision américaine de ne plus publier M3 vise uniquement à cacher le plus longtemps possible deux décisions américaines, en partie imposées par les choix politiques et économiques de ces dernières années[6]:

 

. la monétarisation de la dette US

 

. le soutien monétaire à l’activité économique américaine.

 

... et ceci au moins jusqu’aux élections «mid-term» d’octobre 2006, afin d’éviter une déroute du Parti républicain.

 

 

 

Cette décision illustre également l’impuissance des autorités monétaires et financières américaines et internationales face à une situation qui les conduit à préférer supprimer les indicateurs, plutôt que d’agir sur la réalité.

 

Outre les atouts géostratégiques de l’Iran dans la crise actuelle, qui notamment lui permettent d’intervenir aisément et avec un impact majeur sur l’approvisionnement pétrolier de l’Asie et de l’Europe (en bloquant le Détroit d’Ormuz), sur les conflits en cours en Irak et en Afghanistan, sans même mentionner le recours éventuel au terrorisme international, le contexte global de défiance envers Washington crée une situation particulièrement problématique. Loin de calmer les craintes éventuelles concernant l’accession de l’Iran au statut de puissance nucléaire, tant en Asie qu’en Europe[7], une intervention militaire contre l’Iran entraînerait une désolidarisation quasi immédiate des opinions publiques européennes, dans un contexte d’absence quasi complète de crédibilité de Washington sur ce type de dossiers depuis l’invasion de l’Irak, qui empêcherait les gouvernements européens de faire autre chose que suivre leurs opinions publiques. Parallèlement, le risque de flambée des cours du pétrole, qui suivrait une telle intervention, conduirait les pays asiatiques, Chine en tête, à s’opposer à une telle option, obligeant dans ce cas les Etats-Unis (ou Israël) à intervenir seuls, sans caution de l’ONU, et ajoutant donc une grave crise militaire et diplomatique à la crise économique et financière.

 

LEAP/E2020 estime également que ces deux décisions, non officielles, vont entraîner les Etats-Unis et le monde dans une crise monétaire et financière, puis économique, sans précédent à l’échelle planétaire. La monétarisation de la dette américaine est en effet un terme très technique pour décrire une réalité d’une simplicité catastrophique: les Etats-Unis entreprennent de ne pas rembourser leur dette, ou plus exactement de la rembourser en «monnaie de singe». Et ils anticipent une accélération du processus fin mars en coïncidence avec le lancement de la Bourse iranienne du pétrole, qui ne peut que précipiter les ventes de bons du Trésor US par leurs détenteurs non américains.

 

A ce propos, il est utile de méditer l’information suivante[8]: la part de la dette du gouvernement américain possédée par les banques américaines est tombée à 1,7% en 2004, alors qu’elle était de 18% en 1982. Parallèlement, la part de cette même dette détenue par les opérateurs étrangers est passée de 17% en 1982 à 49%. Question: comment se fait-il qu’au cours des dernières années, les banques américaines se soient débarrassées de presque toute leur part de la dette publique américaine?

 

Parallèlement, afin d’essayer d’éviter en interne l’explosion de la «bulle immobilière», sur laquelle repose l’essentiel de la consommation des ménages américains, et à un moment où le taux d’épargne américain est devenu négatif pour la première fois depuis 1932 et 1933 (au creux de la «Grande dépression»), l’administration Bush, en partenariat avec le nouveau patron de la Fed, adepte de cette approche monétaire, va inonder le marché américain de liquidités.

 

Pour LEAP/E2020, la conjonction, non accidentelle, des décisions iranienne et américaine marque donc une étape décisive dans le déclenchement d’une crise systémique marquant la fin de l’ordre international tel que constitué après la 2e Guerre mondiale, et se caractérisera notamment d’ici fin 2006 par une chute brutale de la valeur du dollar US (pouvant conduire à 1 euro = 1,70 dollar en 2007) et par une pression à la hausse immense sur l’euro, une hausse importante du prix du pétrole (plus de 100$ le baril), une aggravation de la situation militaire américaine et britannique au Moyen-Orient, une crise budgétaire, financière et économique américaine comparable par son ampleur à celle de 1929, des conséquences économiques et financières très graves pour l’Asie en particulier (et notamment la Chine) mais aussi pour le Royaume-Uni[9], un arrêt brutal du processus économique de globalisation, un effondrement de l’axe transatlantique, et une montée générale connexe de tous les dangers politiques intérieurs et extérieurs sur l’ensemble du globe.

 

 

 

Pour le particulier détenteur de dollars, comme pour l’entreprise transnationale ou les décideurs politiques et administratifs, les conséquences de cette semaine de la fin mars 2006 seront cruciales. Ils impliquent dès aujourd’hui de prendre des décisions difficiles (anticiper une crise est toujours un acte complexe, puisque cela se fonde sur un pari) mais urgentes, car une fois la crise déclenchée, c’est le «sauve-qui-peut» général, et l’échec assuré pour ceux qui auront choisi d’attendre.

 

Pour les particuliers, le choix s’impose de lui-même: le dollar n’est plus une valeur refuge. La montée vertigineuse de l’or depuis un an prouve d’ailleurs que nombreux sont ceux qui ont anticipé cette évolution de la monnaie américaine.

 

 

 

Pour les entreprises et les gouvernements, en particulier européens, il est désormais urgent d’anticiper cette crise et de mettre en œuvre les mesures stratégiques et opérationnelles qui, si elles sont intégrées dans le processus décisionnel dès aujourd’hui, peuvent permettre d’amortir considérablement le «tsunami monétaire, financier et économique» qui va commencer à déferler sur la planète à la fin du mois prochain. Pour prendre une image simple, qui est d’ailleurs directement issue du scénario d’anticipation politique «USA 2010»[10], les évènements de la semaine du 20 au 26 mars 2006 vont déclencher une évolution comparable en termes d’impact sur l’ «Occident» tel qu’on le connaît depuis 1945, à celui de la chute du Rideau de fer en 1989 sur le «bloc soviétique».

 

Si cette anticipation est si précise, c’est qu’à ce stade des analyses, nous estimons désormais que tous les scénarios envisageables conduisent à une seule et même conclusion: nous approchons collectivement d’un «nœud historique» qui est dorénavant inévitable, quelle que soit l’action des acteurs internationaux ou nationaux. A ce stade, seule une action directe et immédiate de l’administration américaine visant d’une part à empêcher une confrontation militaire avec l’Iran, et d’autre part, à ne pas «monétariser» la dette extérieure des Etats-Unis, pourrait changer le cours des évènements. Pour LEAP/E2020 il est évident que non seulement une telle action ne sera pas entamée par les dirigeants actuels à Washington, mais qu’au contraire ils ont déjà choisi de «forcer le destin» en se défaussant de leurs problèmes économiques et financiers sur le reste du monde. Les gouvernements européens, et en particulier ceux de l’Euroland, doivent en tirer très rapidement les conséquences.

 


 


 

 

[1] Pour information, la méthode d’anticipation politique de LEAP/E2020 a notamment permis à plusieurs de ses experts d’anticiper (et de publier): dès 1988, la prochaine fin du Rideau de fer; dès 1997, l’effondrement progressif de la capacité d’action et la légitimité démocratique du système communautaire; dès 2002, de prévoir l’enlisement US en Irak et surtout l’effondrement durable de la crédibilité internationale américaine; dès 2003, d’anticiper l’échec des référendums sur la Constitution européenne. Sa méthodologie d’anticipation des «ruptures systémiques» étant désormais bien établie, il apparaît de notre devoir de chercheurs et de citoyens d’en faire part aux citoyens et aux décideurs européens en particulier; surtout que pour beaucoup d’acteurs individuels ou collectifs, privés ou publics, il est encore temps d’agir afin de réduire de manière significative l’impact de cette crise sur leurs positions, qu’elles soient économiques, politiques ou financières.

 

 

 

 

 

[2] Ces décisions ont été prises il y a déjà plusieurs mois:

 

. les informations sur la création par le gouvernement iranien d’une bourse pétrolière en euros (http://www.mehrnews.com/en/NewsDetail.aspx?NewsID=260851 ) ont commencé à être citées par la presse spécialisée dès l’été 2004.

 

. la Réserve fédérale a annoncé le 10 novembre 2005 qu’elle cesserait de publier les informations concernant M3 à partir du 23 Mars 2006: http://www.federalreserve.gov/releases/h6/discm3.htm

 

 

 

 

 

[3] Il est intéressant de noter en consultant le tableau 13B des statistiques financières de décembre 2005 de la Banque des règlements internationaux intitulé International Bonds and Notes (in billions of US dollars), by currency, qu’à la fin de 2004 (hors Chine), 37,0% des actifs financiers internationaux étaient labellés en dollars US contre 46,8% en euros; alors qu’en 2000, la proportion était inverse avec 49,6% labellés en dollars US et seulement 30,1% en euros. Cela indique que les décisions de fin mars 2006 ne vont faire qu’accélérer une tendance de fuite hors du dollar qui est déjà en cours.

 

 

 

[4] Les agrégats monétaires (M1, M2, M3, M4) sont des indicateurs statistiques économiques. M0 est la valeur d’une monnaie, en l’occurrence le Dollar, qui existe sous forme de billets et de pièces. M1 représente M0 plus les comptes bancaires dans cette monnaie. M2 est constitué de M1 plus les dépôts d’épargne et les certificats de dépôts (CD) inférieur à 100.000$. M3 comprend M2 plus les dépôts à terme au sens large (réserves d’eurodollars, instruments financiers plus importants ainsi que la plupart des réserves des pays non-européens) de 100 000 dollars ou plus. L’élément décisif, c’est donc qu’avec la fin de la publication de M3 par la Réserve fédérale américaine, le monde entier perdra toute visibilité sur la valeur des réserves en dollars par les autres pays et les institutions financières majeures.

 

 

 

[5] Voir son discours éloquent sur ce sujet devant le Club des économistes à Washington DC en Novembre 2002 (http://www.federalreserve.gov/... )

 

 

 

[6] L’évolution prévisible des taux d’intérêts aux Etats-Unis et dans la zone Euro indique d’ailleurs que la hausse des taux d’intérêts américains est en phase finale alors qu’elle commence dans la zone Euro. Cela réduira d’autant l’attractivité du dollar par rapport à l’euro. Il faut noter que l’évolution à la hausse du dollar en 2005 a été essentiellement nourrie par ce différentiel de taux d’intérêts favorable au dollar, et par la loi de rapatriement des avoirs américains à l’étranger (valable uniquement pour une année) qui a fait revenir plus de 200 milliards $ aux Etats-Unis au cours de l’année 2005 (source: CNNmoney.com http://money.cnn.com/2005/10/05/news/economy/jobs_overseas_profits ).

 

 

 

[7] Et en ce qui concerne l’Europe, LEAP/E2020 souligne que les gouvernements européens ne sont plus en phase avec leurs opinions publiques sur les grands sujets, en particulier concernant l’intérêt collectif européen. Le GlobalEuromètre de janvier 2006 souligne d’ailleurs très bien cette situation avec un indice TIDE-Légitimité à 8% (qui indique que pour 92% des sondés les dirigeants de l’UE ne représentent pas leurs intérêts collectifs) et un indice TIDE-Action à 24% (qui indique que moins d’un sondé sur quatre pense que les dirigeants européens sont capables de traduire leurs décisions en actions concrètes). Selon LEAP/E2020, les déclarations publiques de soutien à Washington venues de Paris, Berlin ou Londres ne doivent pas cacher le fait que les Européens se désolidariseront très vite des Etats-Unis en cas d’attaque militaire.

 

 

 

 

[9] Le Royaume-Uni est en effet détenteur de près de 3000 milliards de créances en $, soit près du triple de pays comme la France ou le Japon. (source Banque des Règlements Internationaux, Table 9A, Consolidated Claims of Reporting Banks on Individual Countries )

 

 

 

 

 Fin de citation.

Pas de panique, même si la lecture de cet article peut faire peur.

Attendons la suite et en particulier la fameuse troisième semaine de mars. Epreuve de vérité. J'ai naturellement tendance à me méfier des scénarios catastrophe. Cependant, il faut reconnaitre la très grande qualité de l'argumentaire, très charpenté, étayé et ne pas oublier que les scénarios catastrophe sont fait pour éviter qu'ils ne se réalisent ...

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Politique extérieure
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Jeudi 23 février 2006 4 23 /02 /Fév /2006 14:11

Il s'agit, cette fois, de Joël de Rosnay dont je lisais, autrefois, les ouvrages de vulgarisation scientifique. Il a un blog, évidemment. Le contraire eut étonné ... Il s'appelle Agoravox. J'en avais entendu parler mais sans faire véritablement le lien. Certains jours, il a 18.000 lecteurs! Dix huit mille ... ça me laisse un peu rêveur, moi qui en ai eu au maximum 183 courant février.

Regardez, écoutez et prenez-en de la graine!

 


Rosnay La révolte du pronétariat
Vidéo envoyée par arc1
Voilà! C'est tout simple ... Du coup Agoravox va faire partie de mes favoris.
Par Jacques Heurtault - Publié dans : Débats et interwiews lus ici ou là
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Vive le débat!

Débattre! Règles d'éthique ..

Je souhaite vivement que tous mes lecteurs apportent leurs contributions personnelles au débat politique. Personne ne doit craindre une quelconque censure politique.
Je demande seulement, à tous et à chacun, de respecter quelques règles élémentaires, universellement admises ...
1. Vous devez, nécessairement, rester raisonnablement courtois. Des dérapages de vocabulaire, sur ce blog, sont tolérés car ils font partie du risque de l'expression passionnée qui peut naître de la confrontation, parfois "un peu" vive, des idées.
2. Ne peuvent, par contre, être tolérés les propos contraires aux règles issues du droit pénal. Il n'est pas question que je prenne le risque de subir les rigueurs de la loi pénale pour permettre à certains de se "lâcher" par des propos racistes, xénophobes, graveleux, antisémites, homophobes, etc ...  Ce blog n'est pas un défouloir.
3. Il est possible - et même recommandé - de reprendre tout ou partie de mes articles qui sont tous, nécessairement, signés de mon nom "Jacques Heurtault". Il est demandé, en contrepartie, de  citer la source : le nom de l'auteur (Jacques Heurtault) et le titre du blog (Propositions audacieuses). Je ne perçois aucun droit d'auteur et ne veux, en aucun cas, en percevoir. Je ne peux donc pas accepter que quiconque puisse en percevoir par une quelconque "reprise" de mes écrits.
4. Je souhaite que vous fassiez tout comme moi, c'est à dire que vous signiez de votre nom vos commentaires. Toutefois, il ne s'agit que d'un souhait. Pour des raisons que je désapprouve, une habitude a été prise sur Internet : l'usage des pseudonymes. J'en prends acte tout en continuant de le déplorer.
5. L'orthographe est, paraît-il, la science des ânes. N'ayez pas peur de passer pour un âne en EVITANT de massacrer la langue française et son orthographe. Moi-même, je fais des efforts dans ce sens mais je ne parviens pas, hélas!, à obtenir la médaille d'or des ânes : je fais des fautes, le plus souvent parce que je ne me relis pas. C'est une garantie de spontanéité, certes, mais le mimétisme, dans ces circonstances, n'est pas recommandé.
Bonne lecture! Bon débat!

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Les fondements de ce blog

Je suis un citoyen, comme vous. Je ne suis membre d'aucun parti politique. Je l'ai été mais les "politiques", décidément, me déçoivent trop. On est tenu de limiter sa propre liberté d'expression,  ce que je ne supporte tout simplement plus!

Comme vous, j'ai besoin d'air! Comme vous, j'ai des choses à dire.
Je suis fatigué de tous ces journalistes qui écrivent et qui parlent sans connaitre les sujets qu'ils entendent traiter, ne craignant pas de commettre de grossières erreurs.
Je suis fatigué de tous ces responsables politiques qui confisquent la parole à leur propre usage exclusif.
Je suis fatigué de tous ces organisateurs de débats qui, lorsque l'on veut parler, nous répondent "Posez votre question, Monsieur!".
Je n'ai pas de question à poser! J'ai des réponses à proposer ... Elles valent ce qu'elles valent.

Mais, à en juger par la pauvreté de certaines propositions de tel parti politique, le caractère manifestement irréaliste des propositions de tel autre, j'ai l'outrecuidance de penser que les miennes méritent, peut-être, d'être lues et commentées, voire, bien sûr, d'être battues en brèche.

Les deux extrêmes du champ politique - l'extrême-droite et les extrême-gauche - viennent de prendre "une grande claque". Je m'en réjouis. J'espère que cette redéfinition vers une plus grande responsabilité va se maintenir et même se renforcer. La démocratie ne s'en portera que mieux.  

Jacques Heurtault

Ancien conseiller municipal de Nogent sur Marne (Val de Marne).

"Sommes nous obligés de subir et de financer les incompétences de ceux qui nous dirigent?" Johnny Hallyday.

 

Qui suis-je?

  • Jacques Heurtault
  • Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.
  • Homme
  • 09/12/1949
  • Europe
  • France Europe Politique Economie Débat
  • J'ai 61 ans. Je suis agent de Pôle Emploi. Je suis aussi engagé dans l'action politique depuis l'age de 17 ans.
  • En couple

Voici mon blog!

  • : Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.
  • : Politique Gauche UMP Parti socialiste Droite Politique
  • : Des propositions de réformes qui me paraissent INDISPENSABLES et que je formule en termes quelquefois un peu rudes. "Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles qu'on n'ose pas les faire! C'est parce qu'on n'ose pas les faire qu'elles sont difficiles!
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  • : 30/09/2005
  • Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

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Bonnes citations et maximes...

Pas de manequins dans le Parti!
Que les bouches s'ouvrent!
 (Maurice Thorez)

Vingt fois sur le métier,
remettre son ouvrage!
 (Pénélope)

O! Tempora! O! Mores!
 (Cicéron)

 Panem et circenses!
 (Juvenal)

Ici et maintenant.
 (François Mitterrand)

La religion, c'est l'opium du peuple,
 c'est aussi son espérance.
 (Karl Marx)

L'incroyance est la ruine
 non seulement des individus,
 mais des sociétés.
 (Lammenais)

L'amour n'est qu'un plaisir,
l'honneur est un devoir.
 (Pierre Corneille)
(Le Cid)

 Combat terrible,
 au corps à corps,
 voilà déjà longtemps
 que leurs chevaux sont morts.
(Victor Hugo)

 L'humoriste, c'est un homme
 de bonne mauvaise humeur.

 (Jules Renard)

 La terre n'aime pas
 le sang et les ordures.
 (Agrippa d'Aubigné)

 Passer pour un idiot aux yeux d'un imbécile
 est une volupté de fin gourmet.

 (Georges Courteline)

 La France est un pays extrêmement fertile.
 On y plante des fonctionnaires
 et il y pousse des impôts.
 (Georges Clemenceau)

 Selon que vous serez
puissant ou misérable
les jugements de cour
vous feront blancs ou noirs.
 (Jean de La Fontaine)

 L'injustice est une mère qui n'est jamais stérile
 et qui produit des enfants dignes d'elle.

(Adolphe Thiers)

 Le journalisme est une grande catapulte
 mise en mouvement par de petites haines.
(Honoré de Balzac)

 La justice consiste à mesurer la peine et la faute,
 et l'extrême justice est une injure.
 (Montesquieu)


 Mieux vaut une tête bien faite qu'une tête bien pleine.
 (Michel de Montaigne)

 Dans ces meubles laqués,
Rideaux et dais moroses,
 Danse, aime, bleu laquais,
Ris d'oser des mots roses.
 (Charles Cros)

 Dieu fit la liberté, l'homme a fait l'esclavage.
 (Marie-Joseph Chénier)

 O! liberté, que de crimes on commet en ton nom!
 (Madame Roland)
(Dernières paroles sur l'échafaud)

 Caesar pontem fecit.
 (Jules César)
(La guerre des Gaules)

 Pour arriver, il faut mettre de l'eau dans son vin,
 jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de vin.

 (Jules Renard)
 (Ndr : C'est pour cela que je ne suis pas arriviste.
J'aime le bon vin!
 Je préfère boire beaucoup de bon vin
 plutôt que peu de mauvais).


 Mon Dieu, le plus souvent
 l'apparence déçoit.
 Il ne faut pas toujours
 juger sur ce qu'on voit.
 (Molière)
(Le Tartuffe)

 L'Angleterre,
 cette colonie française
 qui a mal tourné.

 (Georges Clemenceau)

 Il faut aimer les gens,
 non pour soi, mais pour eux.

 (Colin d'Harleville)
(L'Optimiste)

 Une société d'athées
 inventerait aussitôt une religion.

 (Honoré de Balzac)

 Sans la liberté de blâmer,
 il n'est point d'éloge flatteur.
 (Beaumarchais)

 Si on batissait la maison du bonheur,
 la plus grande pièce serait la salle d'attente.

 (Jules Renard)

 Science sans conscience n'est que ruine de l'âme.
 (François Rabelais)

Être contesté, c'est être constaté.
 (Victor Hugo)

 Dieu bénit l'homme,
 non pour avoir trouvé
 mais pour avoir cherché.

 (Victor Hugo)

 Le courage, c'est l'art d'avoir peur
 sans que cela paraisse.

 (Pierre Véron)

 La critique est aisée,
mais l'art est difficile.
 (Destouches)
(Le Glorieux)

 L'univers m'embarrasse
et je ne puis songer
 Que cette horloge existe
et n'ait pas d'horloger.
 (Voltaire)

 Aux vertus qu'on exige d'un domestique,
 Votre Excellence connaît-elle
 beaucoup de maîtres qui fussent dignes
 d'être valets?

 (Beaumarchais)
(Le Barbier de Séville)

 C'est le devoir qui crée le droit
 et non le droit qui crée le devoir.

 (Chateaubriant)
(Mémoires d'outre-tombe)

 Les fous sont aux échecs
 les plus proches des rois.
 (Mathurin Régnier)

 Combien l'éducation durera-t-elle?
 Juste autant que la vie.
Quelle est la première partie de la politique?
 L'éducation.
La seconde?
 L'éducation.
Et la troisième?
 L'éducation.
(Jules Michelet)
(Le Peuple)

 Trop de bonté dans les parents
 cause la perte des enfants.

 (Charles Perrault)

 Il ne faut pas mépriser l'homme
 si l'on veut obtenir des autres et de soi
 de grands efforts.

 (Alexis de Tocqueville)

 C'est toujours par là
 que commencent les partisans de l'égalité :
ils établissent les catégories
 et se mettent dans la première.

 (Boucher de Perthes)

 Les Français vont instinctivement au pouvoir;
ils n'aiment point la liberté;
l'égalité seule est leur idole.
Or l'égalité et le despotisme
ont des liaisons secrètes.
 (Chateaubriand)
(Mémoires d'outre-tombe)

 L'égalité entre les hommes est une règle
 qui ne compte que des exceptions.

 (Ernest Jaubert)

 Entre tous les ennemis,
 le plus dangereux est celui dont on est l'ami.

 (Alphonse Karr)

 Si vous voulez vous faire des ennemis,
 surpassez vos amis;
 mais si vous voulez vous faire des alliés,
 laissez vos amis vous surpasser.

 (La Rochefoucauld)

 Quand on a le droit de se tromper impunément,
 on est toujours sûr de réussir.

 (Ernest Renan)

 La raison d'Etat est une raison mystérieuse
 inventée par la politique
 pour autoriser ce qui se fait sans raison.

 (Charles de Saint-Evremond)

 Les événements sont plus grands
 que ne le savent les hommes.

 (François Guizot)
(Essai sur l'Histoire de France)

 C'est faire le plus grand des excès
 que de n'en faire aucun.

 (Joseph Léonard)

 Le mot ne manque jamais
 quand on possède l'idée.
 (Gustave Flaubert)

 Les financiers ne font bien leurs affaires
 que lorsque l'Etat fait mal les siennes.

 (Talleyrand)

 Les fonctionnaires sont un peu
comme les livres d'une bibliothèque.
 Ce sont les plus haut placés qui servent le moins.

 (Georges Clemenceau)

 La France compte trente-six millions de sujets
 sans compter les sujets de mécontentement.

 (Henri Rochefort).

 C'est une grande habileté
 que de savoir cacher son habileté.

(La Rochefoucauld)

 La haine, c'est la colère des faibles.
 (Alphonse Daudet)
(Lettres de mon moulin)

 Le trop de promptitude
à l'erreur nous expose.
 (Pierre Corneille)

 On ne ment jamais autant
qu'avant les élections,
pendant la guerre
 et après la chasse.
(Georges Clemenceau)

 Il est difficile de vaincre ses passions,
 et impossible de les satisfaire.

 (Mme de la Sablière)

 J'aime les paysans,
 ils ne sont pas assez savants
 pour raisonner de travers.
(Montesquieu)


 Un poème est un mystère
 dont le lecteur doit chercher la clef.

 (Stéphane Mallarmé)

 Ce n'est point règner qu'être trois à règner.
 (Pierre Santucci)
(Commentaires sur le Consulat)

 Le silence des peuples
est la leçon des rois.
 (Mirabeau)

 Le capital, c'est du travail accumulé.
 Seulement, comme on ne peut pas tout faire à la fois,
 ce sont les uns qui travaillent
et les autres qui accumulent.

 (L. Barenton)

 La sagesse est le contrepoids nécessaire
 de la liberté.

 (Talleyrand)

 La liberté ne se reconnaît qu'à ses limites.
 (Louis Latzarus)

 Pour violer une règle,
il faut la connaître.
 (Paul Eluard)

 Il ne faut pas juger un homme d'après ses fréquentations;
 Judas avait des amis très corrects.

 (Ernest Hemingway)

 Le peuple ne veut pas qu'on lui donne;
 il veut prendre.
 (Henri de Montherlant)

 C'est avec des mots qu'on gouverne les hommes.
 (Disraëli)

 Les hommes sont toujours sincères ;
ils changent de vérité, voilà tout.

 (Tristan Bernard)

 Il faut une bonne mémoire
 après qu'on a menti.
 (Pierre Corneille)

 Si le monde progresse par les extrêmes,
 il ne survit que par les centres.

 (Paul Valéry)

 Le talent est devenu le nom biblique de l'argent.
 (Hervé Bazin)

 L'Histoire est le produit le plus dangereux
 que l'intellect ait élaboré;
 elle justifie ce qu'on veut.

 (Jean-Marc Paulhan)

 Plus l'Etat se corrompt,
 plus les lois se multiplient.

 (Tacite)

 Il n'appartient qu'aux grands hommes
 d'avoir de grands défauts.

(La Rochefoucault)

 De tous les signes de la puissance,
 c'est la retenue qui impressionne le plus.
(Thucidide)


 On voit que de tout temps,
 les petits ont pâti
 des sottises des grands.
 (Jean Racine)
(La Thébaïde)

 Le monde est un théatre, la vie une comédie.
 Tu entres, tu vois, tu sors.

 (Démocrite)

 L'espace est la forme de notre puissance ...
 le temps celle de notre impuissance.

 (Jean d'Ormesson)

 Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.
 (Montesquieu)

 La grande aventure et le grand risque,
 en ces temps désordonnés,
 c'est un jugement sain et qui s'exprime.

 (Henry de Montherlant)

 Triste époque que celle où il est plus difficile
 de briser un préjugé que l'atome.

 ( Albert Einstein)

 La France compte 36 millions de sujets ...
sans compter les sujets de mécontentement.
 (Henri Rochefort)


 Il est des temps
 où on ne doit dépenser le mépris qu'avec économie,
 à cause du grand nombre de nécessiteux.

 (Chateaubriand)
(Mémoires d'outre-tombe)

 La chose la plus importante
 à toute vie est le choix du métier.
 Le hasard en dispose.
 (Blaise Pascal)

(Pensées)

 Un ministère qu'on soutient
 est un ministère qui tombe.

 (Talleyrand)

 La modestie est au mérite
 ce que les ombres sont aux figures dans un tableau.
 Elle lui donne de la force et du relief.

 (La Rochefoucauld)
(Maximes)

 La fausse modestie consiste
 à se mettre sur le même rang que les autres
 pour mieux montrer qu'on les dépasse.

 (Sully Prud'homme)
(Pensées)

 La nécessité nous délivre de l'embarras du choix.
 (Vauvenargues)
(Réflexions et Maximes)

 Oui et Non sont les mots les plus courts
 et les plus faciles à prononcer
 et ceux qui demandent le plus d'examen.

 (Talleyrand)

 C'est un grand avantage dans les affaires de la vie
 que de savoir prendre l'offensive.
L'homme attaqué transige toujours.

 (Benjamin Constant)

 C'est mon opinion et je la partage.
 (Henri Monnier)
(Mémoires de Monsieur
 Joseph Prud'homme)

 L'opinion est si bien la reine du monde
 que quand la raison veut la combattre,
 la raison est condamnée à mort.

 (Voltaire)

 Si j'avance, suivez-moi;
 si je meurs, vengez-moi;
 si je recule, tuez-moi.
 (Henri de La Rochejaquelein)

 Il est difficile de vaincre ses passions,
 et impossible de les satisfaire.

 (Mme de la Sablière)

 La patience est le courage de la vertu.
 (Bernardin de Saint-Pierre)

 Ceux qui pieusement
sont morts pour la patrie
 Ont droit qu'à leur cercueil
 la foule vienne et prie.
 (Victor Hugo)
(Les Chants du crépuscule)

 La pensée n'est qu'un éclair dans la nuit.
 Mais cet éclair est tout.

 (Henri Poincaré)

 Te voilà donc redevenu homme
 puisque tu pleures.

 (Jules Verne)
(L'Ile mystérieuse)

 Il n'y a que deux puissances dans le monde.
 Le sabre et l'esprit.
 J'entends par l'esprit les institutions civiles et religieuses.
A la longue, le sabre est toujours battu par l'esprit.

(Napoléon)
(Le Mémorial de Sainte-Hélène)

 L'une des plus grandes sagesses en l'art militaire,
 c'est de ne pas pousser son ennemi au désespoir.

 (Michel de Montaigne)
(Essais)

 Il ne peut pas y avoir de science immorale
 pas plus qu'il ne peut y avoir de morale scientifique.

 (Henri Poincaré)

 La science a fait de nous des dieux
 avant même que nous méritions d'être des hommes.
 (Jean Rostand)


 Mon âme a son secret, ma vie a son mystère.
 (Félix Arvers)
(Mes heures perdues)

 La séduction suprême n'est pas
 d'exprimer ses sentiments,
 c'est de les faire soupçonner.

 (Barbey d'Aurevilly)

  Ndr : Vous voyez bien que je suis
 tout le contraire d'un séducteur!

 L'art de plaire est l'art de tromper.
 (Vauvenargues)
(Réflexions et Maximes)

 Servir! C'est la devise
 de ceux qui aiment commander.

 (Jean Giraudoux).

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