Jeudi 23 février 2006 4 23 /02 /Fév /2006 12:02

Voici maintenant une vidéo amateur. Vous y verrez Nicolas Sarkosy défendant ses convictions, manifestement sans langue de bois, et Pierre Lellouche, député de Paris, candidat à l'investiture UMP pour la mairie de Paris contre celle, plus que vraisemblable, de Bertrand Delanoë, socialiste, actuel maire de Paris.  


Lellouche avec Sarkozy - Paris 2008
Vidéo envoyée par JeunesavecLellouche

Ce sont évidemment les propos de Nicolas Sarkosy qui m'intéressent le plus.

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Nicolas Sarkozy
Donnez votre point de vue ... - Voir les 0 commentaires
Jeudi 23 février 2006 4 23 /02 /Fév /2006 11:49

Voici, ci-dessous, un très large extrait du billet d'Alain Lipietz, membre du Parlement européen, militant "vert" du Val de Marne (mon département) qui s'est prononcé contre le compromis passé entre le Parti populaire européen (droite républicaine, majoritaire à Strasbourg) et le Parti des socialistes européens (gauche de gouvernement, minoritaire au Parlement européen).

Il a soutenu le OUI au réferendum sur l'Europe. Il n'y a aucune contradiction : la Constitution, c'est le cadre général de fonctionnement sur lequel se construisent les orientations politiques classiques droite/gauche avec les inflexions normales faisant  suite au changement de majorité susceptibles de se produire, tous les cinq ans, à chaque renouvellement du Parlement européen.

Début de citation :
...
Le soir du mercredi, nous débriefons au groupe Vert, avec consternation, les nouvelles de la nuit précédente. Le PSE a renégocié à la baisse avec le PPE son compromis du 8 février. Non seulement, à propos de l’article 16 sur le principe du pays d’origine, il n’a pas été possible de réintroduire la possibilité pour un Etat d’imposer le principe du pays d’activité aux artisans (ce qui ouvre la porte au contournement des lois sociales par la prolifération des faux-indépendants), mais il a retiré de cet article 16 la mention explicite de l’application de la loi locale pour la défense du consommateur et pour la politique sociale. Argument : c’est écrit ailleurs dans la législation européenne ! C’est bien possible, mais le rappeler ici aurait été une contrainte supplémentaire pour la Cour de justice de Luxembourg qui aura à régler tous les litiges.

Car n’oublions pas que nous ne votons qu’une directive, c’est à dire que chaque pays aura ensuite à la transposer dans sa législation nationale. Et c’est là qu’interviendra la Cour de justice européenne : un pays A pourra porter plainte contre un pays B qui aura, à travers telle ou telle disposition locale, entravé l’accès des entreprises du pays A au marché national du pays B...

Quant à l’exclusion totale de l’ensemble des services publics marchands (SIEG) du champ de la directive, il ne faut plus y songer. Même l’enseignement n’y sera pas (mais la santé, si). Décryptage : pour les pays ayant deux systèmes d’enseignement, un public et un privé, le secteur public sera considéré comme relevant des SIG (services d’intérêt général, qui sont bien exclus de la directive), mais le privé relèvera de la directive. Pour les cours privé du genre dactylographie, langues vivantes etc, c’est normal. Mais quid des pays qui ont des relations institutionnelles et contractent des obligations de service public avec des établissements privés d’enseignement général ou technique-professionnel, et à ce titre les subventionnent, comme en France ?

Bref, on s’achemine vers une directive extrêmement floue en première lecture, même si le principe du pays d’origine n’est plus explicitement mentionné, même si le droit syndical du pays d’activité y est conforté (puisqu’il est dit explicitement que les conventions collectives en font partie).

Ce résultat médiocre traduit assez fidèlement les formes de la mobilisation. La Confédération européenne des syndicats n’a pas desserré ses crocs des mollets de la Bolkestein, depuis que le projet de directive a été publié début 2004. Jusqu’à la dernière minute, son représentant Josep Nemec a quasiment campé dans le Parlement. L’énorme manifestation de Strasbourg, succédant d’ailleurs à une longue série de manifs commencées dès avril 2004 (500 000 personnes à Berlin et à Rome), se traduit par un résultat net : le droit social du pays d’activité est bel et bien réaffirmé dans la directive.

Mais, limite de toute mobilisation syndicale : elle défend les salariés, et principalement les salariés du segment central, régi par des conventions collectives. Elle ne défend pas le vaste secteur des indépendants, dont beaucoup sont tellement sous-traitants qu’ils deviennent de quasi-salariés. Par ailleurs, les mouvements de consommateurs ont été presque totalement absents de la mobilisation. Cela se reflète directement dans le résultat final.

Pendant le débat, mon assistante Coralie m’apporte un e-mail personnel d’une collègue française du PPE (UMP), avec qui j’ai noué des rapports amicaux. Elle m’explique qu’au sein du PPE, la bataille s’est concentrée entre l’Est et l’Ouest. Les PPE de l’Ouest étaient partisans d’un large accord avec la gauche. Les députés de droite issus de l’Europe orientale tenaient mordicus au principe du pays d’origine, considéré comme leur seule parade contre le protectionnisme des pays occidentaux. Il faut dire que nous continuons à payer la campagne des Le Pen, Villiers, Fabius, etc contre le « plombier polonais ». Et ça continue : sur mon téléphone portable, je peux capter par WAP les informations rédigées par mon fournisseur, Orange World. J’y ai cherché des nouvelles de la manif de mardi et de la reprise de la discussion sur la Bolkestein. Je les ai trouvées sous le titre : « Le retour du plombier polonais » !!

Ce matin, nous passons au vote. Il y a des centaines d’amendements. En fait, les amendement se regroupent en trois cas :

  Les amendements soutenus par les communistes et nous : ils plafonnent dans les 140 votes. Manifestement, quelques socialistes français, mais pas seulement, votent avec nous.

  Les amendements présentés par le PSE (et sur les quels nous nous rabattons quand les notres ou ceux des communistes sont battus), mais qui n’ont pas l’assentiment du PPE. Ils sont régulièrement battus d’une quarantaine de voix (genre : 340/380). Autrement dit, la coupure gauche-droite joue à plein, même si quelques députés de la droite française votent peut-être avec nous. Ce qui indique que les trois groupes « à la droite de la droite », qualifiés de « populistes », votent à la fois comme des nationalistes de l’Est qu’ils sont très majoritairement, et des libéraux qu’ils sont aussi, pour le principe du pays d’origine.

  Les amendements du compromis PSE-PPE atteignent ou dépassent les 500 voix. Il reste quand même plus d’une centaine de voix contre : la plupart des libéraux-démocrates (par libéralisme), mais aussi les voix nationalistes des pays de l’Est en faveur du principe du pays d’origine.

Le résultat est particulièrement médiocre en ce qui concerne l’exclusion des SIEG. Comme prévu, si nous avons fait exclure explicitement les services d’intérêt général non marchands, un petit nombre de services marchands est exclu. Le rêve de faire voter une directive-cadre générale sur les services publics semble s’évanouir. Ce qui indique que si, un jour, s’ouvre une renégociation des traités, le résultat aura beaucoup de mal à faire au moins aussi bien, en la matière, que le TCE avec son article 122.

Finalement, comme prévu, les Verts votent Non, comme les communistes, et comme les socialistes français.

Quant au résultat final, ben, vous le connaissez. Voici le texte intégral.

Mais ce n’est qu’un début. Il faut encore que le Conseil vote, puis 2è et sans doute 3è lecture. Ce sera à partir d’un texte que la Commision s’est engagée mardi à réécrire en fonction des votes d’aujourd’hui...

Fin de citation.

La dernière phrase du billet d'Alain Lipietz est très importante : le fonctionnement institutionnel du Parlement, du Conseil et de la Commission ne se compare pas au fonctionnement de nos Parlements nationaux.

A cause de la victoire du NON, le Parlement européen n'a pas pu devenir véritablement majeur. Certes, si le OUI l'avait emporté, il ne serait pas encore devenu complètement comparable à un "vrai" parlement mais des progrès substantiels auraient été engrangés.

Vingt fois, cent fois si nécessaire, sur le métier remettre son ouvrage avec la même obstination que Jean Monnet dont je suis en train de lire les mémoires. Je vous recommande vivement cette lecture. Elle permet de comprendre la méthode Jean Monnet : mettre autour d'une table des gens de convictions diverses intéressés par un problème concret et les mettre en situation de le résoudre, loin des préoccupations idéologiques et des querelles politiciennes. Cette méthode a porté ses fruits et l'arbre n'est pas devenu stérile, loin s'en faut.  

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Europe
Donnez votre point de vue ... - Voir les 0 commentaires
Jeudi 23 février 2006 4 23 /02 /Fév /2006 10:41

Ci dessous, la vidéo avec François Hollande.

 


3 questions - François Hollande
Vidéo envoyée par valeriomotta

Je l'ai choisi car l'intervieweur est, clairement, engagé au Parti socialiste. Nous avons donc une vision "de l'intérieur".  

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Débats et interwiews lus ici ou là
Donnez votre point de vue ... - Voir les 2 commentaires
Jeudi 23 février 2006 4 23 /02 /Fév /2006 10:34

Le plus dur, c'est de commencer ... Aussi, pardonnez-moi si ça ne fonctionne pas. Merci d'avance.

Grace au développement prodigieux d'Internet et des blogs, il semble possible de diffuser des vidéos. Comme toujours, on aura droit aux inévitables abus de vidéos "suggestives" (et même un peu plus...) placées dans des endroits non-spécifiquement réservés. Les nouvelles lois, en responsabilisant les éditeurs, les fournisseurs d'accès et les gestionnaires des plates-formes techniques devraient permettre de clarifier assez vite la situation. Il faut l'espérer!

Je ne crée pas de rubrique particulière pour ces videos. Elles seront rangées dans celle qui se rapporte le mieux au sujet traité.

J'en ai repéré deux, pour l'instant. Une avec François Hollande, l'autre avec Nicolas Sarkosy.  

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Débats et interwiews lus ici ou là
Donnez votre point de vue ... - Voir les 2 commentaires
Mercredi 22 février 2006 3 22 /02 /Fév /2006 19:03

Voici un point de vue, clairement défendu par les libéraux, que je souihaite porter à votre connaissance. On peut, bien sûr, ne pas être d'accord. Il n'empêche qu'il faut reconnaître, dans sa concision même, une qualité indiscutable à cet argumentaire.

Il est extrait d'un récent numéro des "Echos" paru le 7 février et que je n'avais pas remarqué. Son auteur Cécile Philippe est directeur de l'Institut économique Molinari.

Début de citation :

Avec le contrat première embauche présenté aujourd'hui à l'Assemblée nationale, le Premier ministre, Dominique de Villepin, a donné à ses opposants de quoi nourrir la polémique sur la précarité de l'emploi en France. Ainsi, Sergio Coronado, porte-parole des Verts, commente : « La porte est désormais ouverte à la précarité globale pour la jeunesse, déjà durement touchée par le chômage. Désormais les jeunes ne bénéficient pas des mêmes droits que les autres salariés au moment de leur embauche. » Au-delà des « vives déclarations », il est important de se demander si la quasi-interdiction de licencier en France n'explique pas au moins en partie le taux de chômage record de 23 % chez les jeunes de moins de 25 ans.

Les limites au droit de licencier pour les employeurs sont nombreuses en France. Les syndicats et de nombreux hommes politiques pensent qu'elles favorisent la lutte contre la précarité et assurent la sécurité professionnelle pour tous les salariés. D'aucuns réalisent qu'une complète liberté de licencier favorise la hausse de l'emploi et qu'elle est en particulier favorable aux jeunes inexpérimentés. Et voilà pourquoi : dans une économie de marché, l'employeur n'est pas le maître de ses employés en ce sens qu'il doit simplement acheter des services du travail en vue de produire des biens qu'il espère vendre à des consommateurs, au prix qu'ils seront prêts à payer. Ce sont ces derniers qui dirigent l'activité économique, la sanctionnent ou la récompensent. Les employeurs essaient d'anticiper les humeurs changeantes des consommateurs et de ce fait embauchent ou licencient en fonction de celles-ci.

Contrairement à une idée largement répandue, l'intervention du gouvernement dans le processus d'embauche et de licenciement n'est pas source de plus grande sécurité pour les travailleurs, en particulier ceux qui recherchent un emploi. Elle peut certes assurer la sécurité de certains employés, mais seulement au mépris du droit des autres de travailler. La « précarité » dont nous parlent les syndicats est plus facile à vivre que les longues années de chômage sans espoir de retrouver un emploi. Elle requiert certes des efforts, elle n'offre aucune garantie, mais c'est justement pour cette raison qu'elle offre la possibilité de trouver un emploi.

En empêchant un employeur de licencier, on l'oblige à assumer un risque supplémentaire qui consiste à garder une personne pas ou plus adaptée à un emploi. C'est ainsi qu'on le force à s'assurer contre le risque de voir un nouvel employé se transformer en un employé impossible à congédier et pourtant incompétent pour la tâche qui lui a été assignée. Cela conduit à une hausse des coûts potentiels et perçus liée à toute nouvelle décision d'embauche. Cette dernière sera de ce fait moins importante, ainsi que l'emploi en général. D'autre part, en l'absence de liberté de licencier, l'employeur est beaucoup moins enclin à donner sa chance à des jeunes inexpérimentés, le risque avec ces derniers étant encore plus élevé qu'avec des salariés confirmés. En revanche, s'il peut s'en séparer plus facilement, il sera aussi davantage tenté de donner à des jeunes l'opportunité de prouver leurs compétences et ainsi d'augmenter le niveau de l'emploi dans toute l'économie.

Loin d'être synonyme de précarité, la reconnaissance du droit de licencier et la mobilité qui l'accompagne favorisent la sécurité, celle d'obtenir un emploi plutôt que de rester de façon permanente au chômage. Ainsi, la disposition autorisant le licenciement pendant une période de deux ans de certains salariés contenue dans le contrat première embauche (ainsi que dans le contrat nouvelles embauches) est de nature à favoriser l'embauche et à assurer une plus grande sécurité à l'ensemble des salariés. Il faut souhaiter que seront bientôt reconnus les bénéfices d'une totale liberté d'embauche et de licenciement.

CÉCILE PHILIPPE est directeur de l'institut économique Molinari.  

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Droit du travail
Donnez votre point de vue ... - Voir les 0 commentaires
Mercredi 22 février 2006 3 22 /02 /Fév /2006 13:49

Jacques Baumel, Compagnon de la Libération, ancien maire de Rueil-Malmaison, est décédé.

Gaulliste, de droite (ce n'est pas un péché), sa dépouille vient d'être saluée en l'église Saint-Louis des Invalides. Une chorale de jeunes (c'est très important qu'ils soient jeunes) a interprété le Chant des Partisans, de Maurice Druon, Joseph Kessel et Anna Marly.

Mon hommage sera de reproduire ce chant que je connais presque par coeur.

En voici les paroles :

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines?
Ami entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne?
Ohé! partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme!
Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang e
t des larmes…

Montez de la mine, descendez des collines, camarades
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades.
Ohé! les tueurs! A la balle et au couteau, tuez vite!
Ohé! saboteur! Attention à ton fardeau… Dynamite…

C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères.
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère.
Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves.
Ici, nous, vois-tu, nous, on marche et nous, on tue! nous, on crève…

Ici, chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe
Ami, si tu tombes, un ami sort de l'ombre à ta place.
Demain du sang noir séchera au grand soleil sur les routes.
Chantez, compagnons! Dans la nuit, la liberté nous écoute…

Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne!…
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines !…

 

 

Anna Marly est, elle aussi, récemment décédée. Moins connue, elle n'en mérite pas moins l'hommage que l'on doit à tous les patriotes qui ne se comptent que parmi les partisans de la Liberté.

Ce Chant a été composé entre midi et 16 heures, le 30 Mai 1943, dans la banlieue de Londres. 

 

Ceux qui, pieusement, sont morts pour la Patrie
Ont droit qu'à leur cercueil la foule vienne et prie
(Victor Hugo) 

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Chansons populaires de langue française - Communauté : Réformer la France
Donnez votre point de vue ... - Voir les 2 commentaires
Mercredi 22 février 2006 3 22 /02 /Fév /2006 12:34

Je viens de faire connaissance avec un support dont je n'avais qu'une vague connaissance, par blogs interposés. Il s'agit de Respublica qui s'affiche clairement comme "de gauche, laïc, républicain. Je comprend qu'il est, peut-être, proche des idées de Chevênement.

Toujours est-il qu'il maintien en ligne depuis quelques temps une étude de Patrick Artus, économiste très connu, qui exerce à la Caisse des Dépôts et Consignations.

On ne saurait taxé Patrick Artus de gauchisme déviationniste invétéré. Aussi faut-il lui accorder du crédit quand il tend à démontrer que Marx n'est pas mort...

Certes, l'étude date de 2002. On pourrait croire qu'elle est complètement dépassée. Combien de journalistes peuvent se targuer de la persistance de la pertinence de leurs publications, quand elles en ont une (ce qui est loin d'être le cas)?

Donc, lisez ... Si les graphiques sont rébarbatifs, vous pouvez laissez de côté. C'est sans dommage pour la compréhension du texte.

Début de citation :

Karl Marx is back

de Patrick ARTUS

L'accumulation de capital productif aux Etats Unis entre 1992 et 2000 a provoqué, à partir de 1997, une baisse forte de la rentabilité du capital, due sans doute aux rendements décroissants. Elle n'aurait pu être évitée que par le maintien d'un chômage élevé, permettant de réduire les hausses de salaires, conformément aux thèses de Karl Marx.

 

   

Problématique : une perte de profitabilité aux Etats-Unis correspondant complètement aux thèses de Karl Marx.

Rappelons ces thèses en simplifiant :
Les entreprises accumulent du capital et accroissent l'intensité capitaliste (rapport stock de capital/production) ;

Pour maintenir la rentabilité du capital, il faut que la part des profits dans le revenu national (dans la valeur ajoutée) s'accroisse au même rythme que l'intensité capitalistique ; si ce n'est pas le cas, il y a "baisse tendancielle du taux de profit " ;

La hausse de la part des profits implique que les salaires réels croissent moins vite que la productivité du travail, donc que les salariés soient en situation de faiblesse dans les négociations. Ceci impose en régime de croisière un taux de chômage élevé (c'est "l'armée de réserve des travailleurs ").

Montrons que ces évolutions sont présentes aux Etats-Unis.

 

L'évolution de la profitabilité est conforme à la théorie

Le graphique 1 montre que l'intensité capitalistique s'est accrue aux Etats-Unis en volume (en termes réels), mais pas en valeur, en raison de la baisse du prix relatif des biens d'équipement. En ce qui concerne la rentabilité du capital, il n'y a donc pas de déformation du ratio capital/PIB en valeur, et on peut donc regarder lesprofits rapportés au PIB

.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le graphique 2 montre l'évolution de la profitabilité économique (calculée comme profits-taxes/PIB) et de la profitabilité financière (profits-taxes-intérêts sur la dette/PIB)

La profitabilité s'accroît de 1992 à 1997, replonge de 1997 à 2000, cette chute étant bien sur accentuée par la récession. Au premier semestre 2002, on retrouve le niveau de profitabilité de 1994. On voit aussi que la hausse de la profitabilité financière est plus forte, de 1992 à 1997, grâce à la baisse des intérêts payés sur la dette.

Le graphique 3 montre que l'écart entre la rentabilité du capital (économique ou financière) et le taux réel s'accroît considérablement de 1992 à 1997, puis diminue de 1997 à 2001. C'est cet écart qui détermine normalement l'incitation à investir.
Il y a donc bien, à partir d'une certaine étape du processus d'accumulation de capital, baisse de la rentabilité du capital et de la profitabilité. Ceci vient, dans la théorie des rendements décroissants du capital. La productivité marginale du capital (en volume) étant décroissante, le rapport profit/capital diminue au fur et à mesure de l'accumulation de capital.
La seule manière d'éviter cette évolution est de freiner le coût salarial.

 

Coûts salariaux et chômage

Le graphique 4 montre que le coût salarial horaire total (incluant les charges sociales, les bénéfits) croît moins vite que la productivité horaire de 1993 à la fin de 1997, plus vite que la productivité depuis la fin de 1997.
Ceci correspond bien à l'évolution de la profitabilité, en hausse jusqu'en 1997, en baisse ultérieurement. La rupture sur l'évolution des salaires se produit au moment où le taux de chômage atteint 5%, avec les créations d'emploi, fortes depuis 1993 (graphique 5). A partir de 1997, " l'armée de réserve des travailleurs " disparaît.

L'analyse économétrique confirme ce résultat. On obtient, pour l'équation expliquant le coût salarial total (y compris charges sociales) :


Croissance du coût salarial = 0,61 + 0,18 inflation + 0,35 gains de productivité
(1,0) (2,2) (4,2)
- 0,14 taux de chômage
(2,0)
+ 0,76 croissance du coût salarial
(13,4)

R2 = 0,84 ec.type : 0,6
Dw = 1,48

Données trimestrielles, 1985 à 2001


On voit que les gains de productivité profitent largement aux salariés américains, puisqu'une hausse de 1 point de la croissance (annuelle) de la productivité accroît la hausse des salaires de 1,4 point.

Il y aurait donc spontanément hausse de la part des salaires dans le PIB. Pour l'éviter, un chômage élevé est nécessaire.

Supposons que les gains de productivité horaire soient en moyenne de 2,5 % par an (voir graphique 4) ; le salaire réel progresserait donc de " 1 point de trop " (0,4 x 2,5), ce qui nécessite un taux de chômage supérieur de 1 point 2/3 au chômage d'équilibre pour stabiliser le partage des revenus (l'élasticité à long terme de la croissance du salaire au taux de chômage est de - 0,6).

En 1998-1999-2000, le coût salarial réel a progressé de 1,5 point par an de plus que la productivité, avec un taux de chômage moyen de 4,5 % (graphique 5). Pour réégaliser la hausse du salaire réel et celle de la productivité, il faudrait donc une hausse de 2,5 points du taux de chômage (1,5/0,6), l'amenant à 6,75%, soit certainement au-dessus du chômage qu'il est possible d'obtenir en phase de croissance aux Etats-Unis.

Tout montre donc que la profitabilité ne peut être stabilisée aux Etats-Unis qu'au prix d'un chômage remontant près de 7 %, son niveau de 1993 après la récession.

 

Synthèse : pas une solution à long terme

Devoir avoir recours périodiquement à une récession pour faire remonter le chômage et redresser la rentabilité du capital n'est pas une solution efficace à long terme.

La seule issue au conflit de répartition est que l'accumulation de capital génère suffisamment d'externalités positives : hausse de la productivité globale des facteurs, accumulation de capital humain. Ces externalités font disparaître la décroissance des rendements du capital. Cela n'a pas été le cas aux Etats-Unis dans la phase d'expansion de 1992-2000, où l'accumulation de capital productif n'a donc pas été assez efficace.

Etude de Patrick ARTUS
chef du service d'études économiques
de la Caisse des Dépôts et Consignation.
(Flash du 4 janvier 2002, CDC Ixis).

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Economie et budget
Donnez votre point de vue ... - Voir les 0 commentaires
Mardi 21 février 2006 2 21 /02 /Fév /2006 14:54

Et voilà que, maintenant, de très hauts fonctionnaires de la République, en l'occurrence les 35 Premiers Présidents de Cour d'Appel se piquent de transgresser le principe du devoir de réserve qui s'applique avec d'autant plus de rigueur que le rang hiérarchique du fonctionnaire est élevé!

Au passage, on peut se demander pourquoi il y a 35 Cours d'Appel alors que nous n'avons que 22 Régions (ce qui, à mon sens, est sensiblement trop élevé, mais c'est un autre débat que j'ai lancé sur mon blog; ne mélangeons pas les genres, c'est déjà bien assez compliqué comme cela).

Ne cherchons pas! C'est encore un héritage du passé que, décidément, on ne veut pas réformer dans le sens d'une modernisation poussée (car il faut bien rattraper le retard accumulé depuis si longtemps...).

On savait que le Premier Président de la Cour de Cassation, Mr Canivet, avait écrit au Président du Conseil Supérieur de la Magistrature qui, constitutionnellement, est le Président de la République. N'ayant pas suivi ce dossier (on ne peut pas être partout ...), j'ignore dans quelles circonstances le contenu de ce dossier a été porté sur la place publique. Si c'est le Président du CSM, Jacques Chirac, il n'y a rien à y redire. Si c'est Mr Canivet, il n'y a que du mal à en penser. D'autant que le même s'est offert le luxe de rendre public son discours d'ouverture de session avant de le prononcer devant le Premier Ministre.

Voilà que l'on prétend interdire aux élus de la Nation le droit de s'exprimer librement sur des sujets politiques! Un comble!

Non seulement ce droit existe pour tous les citoyens, mais encore, il est expressément garanti pour les parlementaires qui disposent, pour rendre cette garantie effective, de l'immunité parlementaire, droit conquis de haute lutte il y a plus d'un siècle et demi (si ma mémoire ne me fait pas défaut). Ce n'est pas parce que ce droit a été outragé par des usages scandaleux (au fil du temps, il est devenu un moyen de couvrir des délits, voire des crimes, commis par les parlementaires, en interdisant les poursuites judiciaires), qu'il faut songer à en contester le bien fondé.

Si l'Assemblée nationale décide de constituer une commission d'enquête, c'est son droit le plus strict. Il n'y a même aucune limite à ce droit. Tous les sujets, absolument tous, peuvent y passer, y compris les sujets "privés" dès lors qu'ils ont une résonnance publique.

C'est ce que ladite assemblée a fait! Et elle a eu raison.

Partant, elle a également décidé de l'ouvrir au public. Chose étrange car on aurait pu penser que, à priori, tous les débats de l'Assemblée Nationale sont publics, sauf si des règles précises en disposent préalablement autrement et, bien entendu, sauf si l'Assemblée nationale en décide autrement.

Encore une fois, ce sont les journalistes qui ne font pas correctement leur travail ...

Quant aux magistrats qui se croient autorisés à transgresser le devoir de réserve, sans doute va t-on devoir, là aussi, y mettre bon ordre.

Chiche! Et si on élisait, comme aux Etats unis, les juges de premère instance? C'est une idée qui me trotte dans la tête. Je n'ai pas arrêté ma position sur cette question.

Bien entendu, le débat est ouvert! 

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Administration de la Justice
Donnez votre point de vue ... - Voir les 5 commentaires
Lundi 20 février 2006 1 20 /02 /Fév /2006 14:23

On croit rêver! Entendu, ce matin, sur France Inter (que je cite parce que c'est la même chose qu'Europe I, ou RTL, la pub en moins) : la filère "aviaire" demande des aides pour compenser le manque à gagner résultant de la mévente des volailles!

Il y a des moments où je me demande si je vis bien sur la même planète que certains parmi ceux que j'écoute.

A ce jour, aucune perte n'a été constatée (et pour cause : c'est en fin d'année que l'on procède à l'établissement des bilans, pas en février). Tout au plus a-t-on constaté une baisse du chiffre d'affaire, chose qui peut se constater chaque semaine ou bien lors de chaque enlèvement de lot de volaille issu des poulaillers industriels.

A quand le versement d'une "aide" à toutes les entreprises qui n'ont pas eu "la chance" de dégager une marge bénéficiaire suffisante? Notez bien, je ne dis pas "perte"! Non, simplement "pas de marge bénéficiaire suffisante" ... 

Pendant encore combien de temps allons nous devoir vivre dans une économie "assistée", quémandant tous les quatre matins une "aide" pour ceci, une "aide" pour cela, encore une "aide" pour autre chose ...?

Nos industriels de la filière aviaire vont-ils enfin comprendre qu'ils gèrent des entreprises dont la finalité est de faire du profit?

Cela fait au moins un an que l'on sait que le risque d'une pandémie "aviaire" existe ... Depuis tout ce temps, combien de nos industriels de cette filière ont-ils eu l'idée de créer une mutuelle? Je ne parle même pas d'une compagnie d'assurance, pensez-donc! une telle compagnie, c'est une entreprise "capitaliste", autrement dit un blasphème ... Aucun, je suis prêt à en faire le pari. Ils ont raison : ils sont certains que s'ils ne créent pas de mutuelle, ils seront indemnisés par les pouvoirs publics!

Il est temps, il est grand temps que vienne 2007 ...   

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Economie et budget
Donnez votre point de vue ... - Voir les 10 commentaires
Dimanche 19 février 2006 7 19 /02 /Fév /2006 16:11

Beaucoup s'accordent à dire que nos prisons sont dans un état lamentable et qu'il faut donc réformer, ici aussi.

On lit plutôt des justifications reposant sur une sorte de misérabilisme ("pauvres prisonniers maltraités...").

Plus rarement, des idées reposant sur une adhésion inavouée à la "loi du talion" que j'ai eu l'occasion de condamner, clairement.

Je vois cette question sous un angle pragmatique.

1. La société ne supporte pas que les criminels ne soient pas "sous les verrous". J'appouve cette logique en ce sens que nous avons tous besoin d'être rassurés.

2. Beaucoup voudraient que ces criminels et délinquants soient chatiés d'une manière "exemplaire". Je suis plus réservé sur cette approche. Les bases élémentaires de la civilisation nous conduisent à dire que nous n'avons pas besoin de vengeance mais seulement d'une garantie contre une éventuelle récidive par une mise à l'écart, autrement "sous les verrous".

3. Encore faut-il s'assurer que la prison n'a pas pour effet d'endurcir les criminels et les délinquants en les mettant en situation de récidiver dès leur sortie! De ce point de vue, le traitement convenable du prisonnier s'impose naturellement.

4. Et si nous mettions les prisonniers en situation de reconquérir, par eux-mêmes, les moyens de leur réinsertion? Peut-on parler, sans être traité d'affreux réactionnaire, de la nécéssité d'une obligation de travail (dans mon esprit, normalement rémunéré)? Il ne s'agit donc pas du rétablissement des "travaux forcés", lesquels n'étaient pas rémunérés. mais, plus justement de la constitution d'un pécule permettant au détenu, à sa sortie de prison, de redémarrer une nouvelle vie. Rien à voir avec la pratique actuelle, laquelle consiste ni plus ni moins qu'à exploiter une main d'oeuvre à laquelle on verse un salaire diminué dont on récupère une grande partie par la vente à des prix prohibitifs de quelques services et biens d'agrément.

5. Astreindre le prisonnier à suivre une formation générale, telle l'apprentissage du français, écrit et parlé, et une formation professionnelle qualifiante? lui donnant les moyens de se réinsérer.   

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Administration de la Justice
Donnez votre point de vue ... - Voir les 4 commentaires
Samedi 18 février 2006 6 18 /02 /Fév /2006 15:01

L'école est évidemment le fondement de la civilisation. Selon ce que l'on y enseigne, on fait, une ou deux générations plus tard, évoluer toute la société dans un sesn ou dans un autre.

J'ai appris qu'il était plus facile de détruire que de construire; que quelques années suffisaient pour détruire irrémédiablement ce qui aura nécessité plusieurs décennies voire deux siècles d'efforts à construire ...

Je vous livre une réflexion de Catherine Kintzler ... en vous disant que je crois en l'avenir et que la raison et le bon sens finissent toujours par l'emporter. Bonne lecture!

Début de citation :

"Voilà trente ans que, pour l’école, les réformes produisent l’échec qu’elles sont censées corriger. Et à chaque fois l’incendiaire se transforme en pompier : « on a échoué, mais c’est parce qu’on n’a pas été assez loin : vous en reprendrez bien une louche ? »  


Je m'apprêtais à entrer dans le débat sur l'enseignement relancé ces jours derniers dans le sillage de la question des violences urbaines, quand j'ai retrouvé sur mon disque dur cet article paru en 1998 mais dont la première version remonte à…. 1992 ! 

 A part quelques références qui trahissent la date, pratiquement rien à modifier : je me suis contentée de suggérer en note ou entre crochets une ou deux variantes…

 L'école des ressources humaines et du moralement correct

 Il faudrait rappeler pourquoi la pensée politique qui se déploie depuis vingt [30] ans à travers les mesures scolaires a rompu, malgré un vocabulaire de façade, avec le modèle républicain. Il faudrait inlassablement redire pourquoi une école qui prend pour règle les faits de société, les exigences du marché et le dogme de « valeurs morales » auxquelles tout citoyen devrait nécessairement adhérer, n'est qu'un instrument de soumission et pourquoi ce n'est pas, finalement, un très bon calcul.

 Les projets d'établissement, l'ouverture systématique à l'environnement, la critique de l'encyclopédisme, le discrédit jeté sur la notion de discipline scolaire, la légitimation des groupes de pression locaux, les passages automatiques de classe : il faudrait dire et redire en quoi tout cela, sous des apparences libérales, est profondément contraire à la liberté. La version universitaire de cette vulgarité réductrice s'étale dans le Rapport Attali : accroissement du rôle des régions, constitution de « pôles » riches et pauvres, droit de regard du patronat local sur les programmes et la gestion des Universités par une « agence supérieure d'évaluation ».

 Il faudrait montrer que la gestion et les bons sentiments se substituent à l'interrogation politique et que l'État, qui devrait maintenir et protéger les droits de chacun contre les pesanteurs sociales, coutumières et morales, l'État, en institutionnalisant la force des choses et la férocité des bons sentiments, les amplifie : il se conduit en manager et en prédicateur.

 Car le dogme désormais officiel est que la société, telle qu'elle est, avec ses déchirements et ses sacralités, est un dieu, et qu'il faut s'incliner devant ce dieu. Nouveau credo féodal, qui allie le fatalisme de la précarité à l'intouchable action humanitaire, le tout résumé dans le cynisme de la gestion des ressources humaines. Lorsque s'installe la confusion entre le prochain et le citoyen (baptisée « tolérance à l'autre »), et parallèlement entre le citoyen et "l'usager", on peut craindre que bientôt la cité ne soit récusée au profit de la juxtaposition sociale. Pour former l'humanité il faut se soustraire un moment à la société ; pour former un sujet libre il faut l'inviter d'abord à rompre avec lui-même : une école républicaine ne peut pas s'installer dans l'évidence de la proximité ni dans celle de la productivité.

Le décervelage par le bas

D'abord, il faut bien se mettre dans la tête que le droit au travail à temps complet avec un salaire décent, c'est un archaïsme et que, par conséquent, ceux qui défendent leur salaire, leur qualification, leurs droits, sont des corporatistes qui s'accrochent à des « privilèges » : il convient de leur faire honte en leur montrant tous ceux qui n'ont plus d'emploi, plus de droits, plus de dignité. L'avenir serait dans cet alignement sur la précarité, réclamé par le ressentiment. Le charitable mot d'ordre du « partage du travail » n'est que le nom moral du très technique principe de flexibilité. On peut proposer une autre appellation : le nomadisme des petits boulots. Rien de tel pour rendre un homme humble et fragile. L'une des réussites les plus marquantes des républiques françaises, la création d'une petite bourgeoisie salariée d'Etat3 principalement composée d'enfants issus des classes populaires mises en contact avec la haute culture, cette réussite est explicitement vouée à la disparition programmée. Disparition qui s'accompagne d'un discours imprégné de la haine des intellectuels.

Cela suppose une politique scolaire dont le premier volet repose sur l'acceptation de la déqualification. Vos élèves ne savent pas ou savent mal lire ? Ils ne savent pas rédiger ? Ils sont incapables de se tenir tranquilles une demi-heure devant une table ? Il faut « les accueillir tels qu'ils sont » et figer cet état en essence, négocier avec eux toute forme de discipline, s'installer dans le brouhaha qui serait une forme d'expression et les laisser passer sans discuter dans la classe supérieure. Ne leur donnez plus de sujets exigeant une rédaction trop soutenue, conformez-vous à leur état présent, remplacez la pédagogie sur programme si étouffante par la pédagogie sur « objectifs », passez avec eux un contrat pédagogique de dupes aux termes duquel vous vous engagez à valider leur ignorance et leur aliénation. Et pour débarrasser le marché du travail des dernières « rigidités » qui l'encombrent, il faudra penser à assouplir les examens nationaux. Bien entendu, on n'a que faire des professeurs pour appliquer une telle démission : un enseignant abstrait et déqualifié suffira : un « prof ».

C'est ici que l'alliance entre le libéralisme et le pédagogisme révèle son utilité. Parce qu'il se méfie du savoir en lui-même, parce qu'il ne le supporte qu'asservi à une fin qui lui est étrangère (communication, sociabilité, adaptation, vie en communauté), le pédagogisme est l'instrument privilégié d'une école transformée en lieu de vie, en animation sociale, d'une école garderie où le petit boulot devient la loi. C'est aux petits boulots qu'on prépare les élèves, et on peut craindre que les métiers d'instituteur et de professeur ne soient transformés en jobs de colmatage social. Et vous, étudiants, qui réclamez des postes aux concours de recrutement, vous qui réclamez votre place dans l'ascenseur social qu'était cette petite bourgeoisie salariée d'Etat, vous qui croyez que le professeur a encore de l'avenir et que ce n'est pas un crime de mettre les loubards de banlieue en contact avec des hommes de haute culture, vous êtes crispés sur des ringardises ! Devenez des enseignants indifférenciés et caporalisés, ces enseignants modèles qui promènent les enfants.

Voilà la première partie de la gestion en ressources humaines, celle qui s'adresse au grand nombre. Il y a deux manières de l'entendre. Côté mélodie : la chaleur des banlieues, les charmes de la spontanéité de l'enfant et l'exaltation des sentiments « de proximité » (visites d'hôpitaux et de foyers, opérations caritatives) ; côté basse fondamentale : flexibilité, déqualification et précarité. Il s'agit d'ériger la force de travail abstraite et indistincte en vertu, alors qu'elle n'est qu'une déchéance pour ceux qui la vivent et une menace pour ceux qui n'y sont pas encore réduits.

La mutilation intellectuelle par le haut : les humanités font place au supplément d'âme

Seulement, de même que le charitable principe du partage du travail indistinct ne vaut pas pour tout le monde, de même le décervelage par le bas et la réduction à l'animation sociale ne valent pas pour tous. Ceux qui ont eu la bonne fortune d'échapper à la chaleur des banlieues - et qui feront à leur tour la leçon à ceux qui y travaillent en leur disant « soyez des animateurs, des grands frères qui apaisent, et non des professeurs qui instruisent » - , ceux qui, voyant que leurs parents leur ont appris à lire aux meilleures sources le soir après l'école, diront à leur tour que la lecture dans une langue soutenue, après tout, n'est qu'un code de reconnaissance sociale, bref ceux qui sont destinés à appliquer les techniques de ressources humaines aux autres, ceux-là, les futurs décideurs, on leur réserve autre chose.

En dehors de l'indistinction des petits boulots, le marché réclame une force de travail valorisée, qualifiée, habile. Habile à quoi ? Cette habileté se réduit, semble-t-il, à « faire du fric ». Mais il en existe une version chic: « il faut davantage d'ingénieurs ». Faut-il entendre par là plus d'hommes instruits et plus de citoyens éclairés ? Pas sûr. Du fait qu'elle aura échappé aux ravages de l'alliance entre le libéralisme et le pédagogisme, la crème n'en restera pas moins la proie de l'alliance techno-libérale.

Le décervelage par le bas fait alors place à la mutilation intellectuelle. Aux yeux de l'alliance techno-libérale, la calculette tient lieu de pensée et tout ce qui ne peut se traduire en univocité rentable, en discours positif et monnayable ou en pédagogie communicationnelle n'est que supplément d'âme que l'on encense et esthétise d'autant plus qu'on l'enseigne moins.

Supplément d'âme, l'étude des classiques, la théorie littéraire, le goût de « l'expression belle et forte ». On fera de la technique de communication, de peur que l'expression belle et forte devienne « la règle et le modèle de nos pensées ». Même chose pour les langues vivantes : qui se douterait, à lire certaines instructions officielles, qu'elles ont des grammaires et de grandes littératures ?

Supplément d'âme, la réflexion sur le passé de l'humanité, le jugement réfléchissant et critique que donne la conscience de l'histoire, qui est conscience de l'homogénéité et de l'immanence de l'humain. On fera plutôt de l'histoire des idées et des idéologies, variante de la révolte des vivants contre les morts. Mais il ne faudra pas oublier de mettre à part les bons morts : pour eux sera institué un « devoir de mémoire ».

Supplément d'âme, les questions problématiques, métaphysiques, esthétiques, morales et politiques. Qu'a-t-on besoin d'exercer péniblement sa raison sur des problèmes insolubles ? N'est-ce pas plutôt le domaine de la foi et des croyances ? D'ailleurs, c'est bien connu, les êtres humains ont besoin de merveilleux, d'un au-delà de la nature. Mais comme on aura déjà amputé les humanités, qui en donnent décidément une version trop distanciée, on fera de l'histoire des idées religieuses, de peur que l'esprit n'étouffe la spiritualité. On apprendra à s'agenouiller devant toute iniquité, pourvu qu'elle se réclame d'une forme de conscience religieuse ou d'une particularité ethnique ; on appellera « culture » ce que l'on interdira d'appeler « préjugé ».

Supplément d'âme encore, l'exercice patient, laborieux et raisonné des beaux-arts, ces arts libéraux, du moins lorsqu'il portent dignement et distinctement leurs grands noms scolaires : musique et dessin. Mais c'est jusqu'à leur nom, leur nom propre, qui est effacé de l'enseignement, remplacé par des gros mots comme "expression artistique".

S'en prendre aux humanités, c'est aussi s'en prendre aux sciences et aux techniques

Cette mutilation intellectuelle, n'en doutons pas, a pour cible préférée ce que, pour être bref, on appelle ordinairement les humanités. Elle a pour effet, nous l'avons souligné, l'abolition de toute une classe moyenne de promotion sociale formée à la haute culture, et avec elle la disparition du contact institutionnel entre le peuple et les savoirs contemplatifs.

Mais les sciences, au nom desquelles prétend s'autoriser cette mauvaise action, les sciences elles-mêmes ne sont pas à l'abri de l'utilitarisme étroit et de la sacralisation du social. A quoi bon s'intéresser au nombre, pris en lui-même, si ce n'est pour compter quelque collection - de préférence des sous ? A quoi bon démontrer une proposition, apprendre à démontrer et réfléchir sur ce qu'est une démonstration, puisque l'important, c'est d'appliquer les théorèmes et d'être bien dans ses baskets ? A quoi bon s'intéresser à la méthode expérimentale, qui se demande avant tout et fort inutilement ce qui pourrait ne pas marcher, puisque n'est vrai que ce qui marche ?

Il est faux que la logique techno-libérale ait besoin des sciences, en tant qu'elles sont toutes (et quel que soit leur objet) des disciplines libres ; elle n'a besoin, dans les sciences, que de ce qui peut fonctionner pour ce qu'elle croit être son intérêt. Ce n'est pas que cette logique haïsse tout savoir (et d'ailleurs, au fond, elle n'a que mépris pour le pédagogisme qu'elle se garde bien d'introduire dans ses grandes écoles), c'est plutôt qu'elle est étrangère à l'esprit même du savoir désintéressé - au mieux et dans les périodes fastes, dites "de croissance", elle le traitera en mécène.

Il est faux même que la logique techno-libérale ait besoin des techniques, des arts et métiers pris dans l'humaine encyclopédie. Préférant toujours l'apprentissage à l'enseignement, elle n'aime dans les techniques que ce qui est intéressé, mais elle n'aime pas l'intérêt pour les techniques, qui est savoir désintéressé, savoir pour voir et pour éprouver sa propre force.

Car le savoir désintéressé, poussé par l'intérêt spéculatif dont tout être humain est pourvu, n'a d'autre fin que de faire de celui qui se l'approprie l'auteur de ses pensées, c'est-à-dire de lui donner la vraie force, celle dont on ne peut être dessaisi. Auteur de sa propre pensée, voilà ce que devient un enfant qui a compris un théorème; comprenant cela, il voit bien que Descartes ou même le fabuleux Pythagore n'auraient pas fait mieux : il devient un dieu. Quand on y réfléchit bien, on voit que tous les autres effets du savoir sont dérivés de cet effet fondamental qui se nomme puissance ou liberté. C'est pourquoi l'école n'a pas besoin d'être ouverte sur son environnement immédiat : elle est elle-même et par définition ouverture, pourvu qu'elle prenne au sérieux cette dimension spéculative de l'émancipation.

Seulement, ce qui est gênant, c'est que cette position d'autorité que chacun peut conquérir puisse le mettre au-dessus du marché et des lois, au-dessus de la liturgie moralement correcte qui célèbre et exalte les communautés, qu'elle puisse le mettre en mesure de prendre ses distances. Car le savoir, si on y pense bien, renvoie à une autorité plus haute que celle de la loi elle-même. Cela fait peur. Voilà justement de quoi une République éclairée n'a pas peur, voilà même de quoi elle a besoin, voilà ce qui fait sa grandeur et sa fragilité.

La République n'a pas peur des humanités

Il y aurait beaucoup à dire sur une société qui considère que le temps mis à comprendre un théorème, à s'approprier l'expression belle et forte, à méditer sur la forme et la perfection d'un outil, à ruminer l'objet métaphysique en se frottant aux plus grands esprits, ce temps du loisir et de la félicité, est du temps perdu, et que seul compte le temps d'utiliser et de finaliser, le temps du négoce et de la production, le temps de l'utilité sociale et de la féroce charité. Il y aurait beaucoup à dire sur une philosophie qui, confondant morale et politique, oublie le minimalisme républicain selon lequel le but de l'association politique est le maintien, la défense et l'extension des droits de chaque individu et non le bonheur commun. Une telle société et une telle philosophie n'aiment pas que les hommes puissent devenir des dieux et puissent détrôner les faux dieux.

C'est pourquoi l'école républicaine devrait d'abord être un lieu de pensée et non un lieu de vie et d'adaptation ; un lieu protégé d'égalité par la réflexion et non le reflet de la jungle et du tourbillon social ; un lieu où la pensée libérale est sollicitée et élevée en chacun - surtout en ceux qui n'en ont pas le loisir ailleurs - et non un lieu d'asservissement au libéralisme du marché ; un lieu où la discipline raisonnée délivre chacun, maître et élève, des aliénations. Mais à travers cela se pose une question politique, relative à la nature même de la cité, celle de l'usage de cette école.

Car elle a bien un usage, l'école qui détourne l'élève de n'être qu'un enfant, qui détourne l'homme de n'être qu'un travailleur, qui détourne l'animal métaphysique de n'être qu'une bête superstitieuse, qui détourne le citoyen de n'être qu'un acteur social, qui détourne la volonté générale de n'être qu'une collection de volontés particulières, qui détourne la liberté de n'être qu'un libre-échange. A quoi peut donc bien servir le temps pris à comprendre, à quoi peut bien servir le détour par les raisons ? A se saisir comme liberté et à former l'idée d'humanité. C'est parce que la République n'a pas peur de cela, et c'est parce qu'elle en a besoin que l'école républicaine pense toujours toute forme de savoir, quel qu'en soit l'objet et quels qu'en soient les usages dérivés, sur le modèle et dans l'ordre des humanités."

Fin de citation.

 

 

 

 

 

 

 

Pour approfondir votre réflexion, le site de Catherine Kintzler est accessible à partir de la colonne de gauche, rubrique "Allez-y".

Je pense, pour ma part, moi qui suis, professionnellement, sur le terrain, qu'on ne peut pas apprendre à nos enfants des techniques obsolètes et pas davantage se complaire dans l'enseignement de "valeurs" utilitaristes. C'est comme cela que je comprends la nécessité d'enseigner les "humanités" à nos enfants.

Je rappellerai simplement une proposition audacieuse (?) que j'ai déjà formulée : remplacer l'enseignement du latin et du grec ancien par un véritable enseignement de l'éthymologie des mots (de tous les mots ...) et des bases de la linguistique (qui suppose l'enseignement des mouvements de populations à travers l'Histoire et, donc, de l'intensification de la recherche dans cette spécialité). Qui a entendu parler de la "lingua franca"? Bien peu ... Pourquoi dit-on "Maman"? Quel est le rapport entre "Maman" et le mouvement des lèvres qu'un bébé fait en têtant le sein de sa mère?

Etc ... 

 

 

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Education, Jeunesse
Donnez votre point de vue ... - Voir les 3 commentaires
Samedi 18 février 2006 6 18 /02 /Fév /2006 14:22

En parcourant des blogs, j'ai trouvé celui de Catherine Kintzler. Sur la plateforme Over-blog d'ailleurs. Pourquoi aller chercher ailleurs ce que l'on a sous la main? Mon lectorat n'étant pas, vraisemblablement, le même que celui de Catherine, je me permets de reproduire certains de ses articles en mentionnant évidemment la source, conformément aux règles de droit et plus encore aux règles de bienséance.

Début de citation :

"Ecrit en février 1996, ce texte a été publié peu après par L'Evénement du Jeudi. Dix ans… et rien n'a changé… ! Pour l'actualisation, je me suis contentée de mettre entre crochets quelques rares variantes. 


Inspirée par la haine de l'institution, mais produite à l'abri de l'institution, l'idéologie pédagogique contemporaine a réclamé une école "ouverte" et exempte de sanctions. Son succès a remis en cause la notion de discipline - organisation d'un savoir et règle qui libère. Après avoir cassé la classe, mettant chaque maître en demeure d'instituer seul, jour après jour, l'autorité sans laquelle rien ne peut s'apprendre, après avoir ruiné toute justice en imposant les passages automatiques dans la classe supérieure, effrayée par les conséquences d'une telle déstructuration, elle propose de verser de l'huile sur le feu : et si, pour culpabiliser davantage les enseignants, on faisait de la dynamique de groupe ? [et si, quand un élève est racketté, un professeur poignardé, on organisait une réunion ?]

Lui répondre serait retrouver un débat dépassé. L'opinion ne veut pas d'une école sans discipline et sans règle. Une école sans principe de réalité, où l'enfant devient centre au détriment de l'élève et de ses progrès mesurables, est bien une école où personne n'échoue. Mais l'abolition de l'échec, loin d'engendrer l'océan de bonheur où est censée baigner la pédagogie de la réussite, plonge l'école dans le désespoir.

S'il est nécessaire de réaffirmer institutionnellement le principe de réalité à l'école, il faut oser parler des vertus de la sanction, qui n'a d'autre fonction que de situer l'élève sur le chemin des progrès exigés de tous. Car, pourvu qu'elle soit fondée sur une idée nette du savoir élémentaire, cette exigence rend le progrès possible, y compris et surtout pour ceux qu'on appelle étourdiment "les nouveaux publics". Du reste, le savoir ne s'acquiert pas par collection infaillible de réussites, mais plutôt par des erreurs rectifiées et des échecs surmontés.

En l'absence de sanction, l'école devient un lieu illusoire d'anesthésie. S'interdire de penser la sanction scolaire, c'est laisser la plus aveugle des sélections s'exercer partout, sauvagement. Si la précarité menace chaque jeune adulte, faut-il abandonner la tâche émancipatrice qui consiste, non à produire de l'illusion, mais à exercer les jeunes talents sur des fictions renvoyant au réel ?

Tandis que l'opinion redécouvre les mérites de l'institution forte, un autre débat s'ouvre. La question maintenant est de savoir sous quelle forme le principe de réalité va prévaloir. La forme ultralibérale ou la forme républicaine ? La réalité du marché avec ses inégalités ou le détour par une fiction qui éclaire et corrige le réel tout en le préparant ? Les deux s'accordent sur un point : l'acquisition de savoirs est l'objet d'une appréciation. Mme Shephard, [alors qu'elle était] ministre britannique de l'Éducation et de l'Emploi, déclarait: "il n'y aura pas d'emploi pour ceux qui ne savent ni lire, ni calculer, ni s'exprimer"1. Elle en concluait que l'école et l'entreprise obéissent à un même modèle, celle-ci prescrivant ses choix à celle-là.

Ici divergent les deux formes du principe de réalité. Pour trancher entre elles, rien de plus discriminant que la question de l'intégration. Une école soumise aux demandes économiques amplifie la sélection sociale, elle sacrifie les pans du savoir jugés non rentables et cautionne des "examens maison". Une école soucieuse de citoyenneté considère le développement du savoir comme condition de l'émancipation et propose des examens nationaux. Elle y convie et y confronte chacun sans rien concéder, ni à la prétendue spontanéité de l'enfant, ni aux prétendus "nouveaux publics", ni au modèle de l'entreprise - car la liberté suppose le détour par un moment rigoureux de méditation."

Fin de citation.

Ma conclusion personnelle sera simple : Comment se peut-il que dix ans après, selon les dires de Catherine (que je ne remets pas en cause, loin de là), rien n'a changé? Nous vivons dans un monde qui subit des bouleversements phénoménaux et, cependant, pour ce qui concerne la question de l'école soulevée ici, "rien n'a changé"? 

Il va bien falloir que l'on ose non seulement (non solum) se poser la question mais encore (sed etiam) qu'on essaie, enfin, d'y apporter une réponse ... et même plusieurs possibilités de réponse!

Pour mieux connaître Catherine Kintzler, voyez dans la colonne de gauche, la rubrique "Allez-y". Bonne lecture chez elle et aussi ... chez moi.


 

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Education, Jeunesse
Donnez votre point de vue ... - Voir les 0 commentaires
Mercredi 15 février 2006 3 15 /02 /Fév /2006 14:15

En consultant le blog de François Gonnot, Député de l'Oise, Premier adjoint au maire de Compiègne, je trouve un texte particulièrement accusateur et qui présente toutes les caractéristiques de la bonne foi et qui, en tout état de cause, semble bien documenté. 

Ou bien le Député use et abuse de son immunité parlementaire en portant des accusations graves (ça semble très peu probable voire franchement invraisemblable) ou bien il dit la vérité et c'est alors à la CGT et à Patrice Carvalho, député communiste, de s'expliquer. Lisez plutôt :

Début de citation :   

"L'histoire est incroyable. Mais cette histoire est vraie, du moins si l'on en croit la presse.

Thourotte est une commune de l’Oise de 3.500 habitants. Elle doit sa richesse à la présence sur son territoire, depuis 1920, d’une usine Saint-Gobain qui offre encore aujourd’hui plus de 800 emplois.

La mairie, le canton et la communauté de communes sont entre les mains d’un communiste, Patrice Carvalho, qui avec quelques autres élus, souvent issus de sa famille, régente tout cela d’une main de fer.

On aura deviné, bien sûr, que le comité d’entreprise de Saint-Gobain est entre les mains des amis communistes de M. Carvalho, membres de la CGT. M. Carvalho ayant lui-même été responsable CGT de Saint-Gobain pendant de très longues années, mandat hérité de son père. Il est d’ailleurs toujours salarié de l’entreprise.

Tout ce petit monde vit en vase clos. Tout est bien vérouillé, cadenassé, et malheur à qui ne fait pas allégeance. Il est aussitôt exclu, calomnié et désigné à la vindicte populaire, qu’il soit élu, responsable d’association ou simple citoyen. La presse de l’Oise est ainsi pleine de ces histoires de chasse aux sorcières d’un autre âge.

Mais parfois, la presse ose aller plus loin et rapporte de drôles d’affaires…

700.000 EUROS ONT DISPARU…

Tout commence en septembre 2004. Une plainte est déposée contre X pour faux et usages de faux après la découverte dans la comptabilité des trois dernières années du comité d’entreprise de Saint-Gobain (branche bâtiment), d’un trou d’un montant alors estimé à 500.000 euros.

En octobre, on apprend que la société Apétito qui assure la cantine n’arrive pas à se faire payer. La facture est de 272.000 euros ! Par ailleurs, une somme de 227 000 € (dont il ne resterait que 437 € sur un livret) a d’autre part disparu. Enfin, le budget des œuvres sociales et le budget de fonctionnement du CE présentent respectivement des déficits de 19.858,76 € et 1.523,18 € 

Le 15 octobre, une information judiciaire est ouverte pour abus de confiance, faux et usage de faux par le Procureur de la République de Compiègne.

On peut se demander, et la presse le fait, comment on a pu attendre si longtemps, vu l’importance des sommes volatilisées, pour que cette affaire de détournements de fonds soit dévoilée. Le dispositif de fraude était apparemment très sophistiqué puisque les experts-comptables ont validé les comptes sur les trois années incriminées et la direction de l’usine (qui paye le CE et voit donc ces comptes) affirme ne rien avoir vu.   

 

 

 

Toujours est-il que le CE est en cessation de paiement. Un administrateur judiciaire est nommé par le Tribunal de Compiègne.

Et l’on continue d’aller de découvertes en découvertes…

PAS DE COMPTABILITE, PAS D’ARCHIVES, LE LIQUIDE A DISPARU…

Le 17 octobre 2004, la secrétaire-comptable salariée est mise en garde à vue. Elle explique que si des erreurs ont été commises, elle l’a fait sur ordre…

Le 23 novembre, le CE est à nouveau perquisitionné par les gendarmes. Le lendemain, l’escroquerie est revue à la hausse. Ce sont en fait au moins 700.000 euros qui ont disparu des comptes en trois ans !

Les gendarmes découvrent que le CE n’avait aucune comptabilité, ou du moins qu’elle est trafiquée quand elle n’a pas disparu. Pas de factures, pas d’archives, pas d’ordinateurs, pas de cahiers d’écritures ou que des faux. Les enquêteurs sont obligés de tout reconstituer à partir des relevés que leur donnent les banques où le CE avait ses comptes.

Ils s’aperçoivent stupéfaits que la comptabilité de la cantine ne retrace aucun encaissement en espèces. L’examen des relevés bancaires montre qu’aucun dépôt en espèces n’a été fait à la banque en 2001, 2002 et 2003. Le montant des espèces encaissé mensuellement par la cantine est évalué à 10 000 € ! Près de 360.000 euros en liquide auraient ainsi disparu !

Le 30 décembre, le trésorier du CE est mis en garde à vue, puis relâché, aucune charge n’est retenu contre lui.

LES RETRAITES AUSSI ONT ETE ESCROQUES

Le scandale prend de l’ampleur. De nombreux retraités expliquent aux journaux que le CE refuse de les rembourser depuis des mois d’avances (de 400 à 800 euros) faites pour des voyages dans le Gard ou à Agadir qui n’ont jamais eu lieu, mais pour lesquels ils ont payé. Quinze d’entre eux déposent plainte.

Le 12 mai 2005, trois personnes sont mises en examen et placées sous contrôle judiciaire après des gardes à vue de 48 heures. Il s’agit de l’ancien secrétaire du CE, Claude Patron (oui, c’est son vrai nom !) accusé d’abus de confiance. L’actuel secrétaire du CE, Laurent Papon, est lui aussi mis en examen pour abus de confiance, de même que l’ex-secrétaire-comptable salariée du CE, Léone Romain, pour abus de confiance et faux en écriture.

Le dénommé Claude Patron est un gros poisson du Parti communiste et de la CGT. Patrice Carvalho voulait en faire son successeur au conseil général de l’Oise. Il préside aussi la Mutuelle interprofessionnelle de Chantereine à laquelle adhèrent les ouvriers et les retraités de Saint-Gobain ainsi que ceux de toutes les villes et organismes contrôlés par le PC dans le secteur.

Depuis, le 12 mai 2005, plus rien… L’instruction, soit-disant, continue. Mais une chape de plomb est tombée sur cette affaire énorme.

M. Patron préside toujours sa Mutuelle, M. Carvalho prépare sa candidature aux législatives de 2007, comme si de rien n’était. La direction de l’usine continue à verser de l’argent au CE (3% de la masse salariale de l’usine). Les autres syndicats se taisent. La vie continue, comme s’il ne s’était rien passé !

Où sont allés les 700.000 euros ? L’argent a-t-il servi à financer le parti et/ou la CGT au niveau local ? Au niveau national ? L’argent des ouvriers de Saint-Gobain a-t-il enrichi quelques-uns ?

Connaîtrons-nous seulement la vérité un jour ? On peut se le demander…"

Fin de citation.

700.000 euros, ce n'est pas rien! C'est le prix de cinq ou six beaux appartements dans la région ...

Affaire à suivre ... L'argent des Comités d'entreprise, c'est, légalement, l'argent des salariés de l'entreprise ...   

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Humeurs
Donnez votre point de vue ... - Voir les 0 commentaires
Mardi 14 février 2006 2 14 /02 /Fév /2006 19:35

Faut-il en rire? Faut-il en pleurer? S'il s'agit de rire, il risque d'être amer ...

Que sait-on? Cette directive (autrement dit une "loi" européenne mais le mot ne peut pas être employé puisque le 29 Mai est passé par là) qui a été, avec la volonté tenace et conjointe du Parti socialiste européen et du Parti populaire européen, autrement dit grace à un consensus gauche/droite, largement amendé dans le cadre d'un "rapport" qui porte le nom de son auteur (Gebhardt), risque de capoter, purement et simplement.

Pour comprendre les enjeux, il faut connaitre la "mécanique" des instances européennes (la Commission, le Conseil, le Parlement). Disons que, en gros, le Parlement peut, sous certaines conditions de majorité (dite "qualifiée") forcer la Commission à revoir son texte. C'est encore plus vrai si le Conseil apporte son soutien au Parlement.

En l'occurrence, le compromis Gebhardt est susceptible de rassembler une large, très large même, majorité au Parlement (Parti populaire européen et Parti socialiste européen font, ensemble, nettement plus que les deux tiers). 

Ce compromis est excellent en ce sens que la notion même de "pays d'origine" a été bannie du projet de directive. Plus de quarante amendements ont été apportés dans le cadre de ce compromis. Certes, la notion de pays d'accueil n'a pas, pour autant, été prise en compte dans son intégralité.

Qu'est-ce à dire?

Une directive, lorsqu'elle entre en application, prend effet tout de suite. Si on retient le pays d'origine, une entreprise polonaise de plomberie peut effectuer des travaux, avec des travailleurs polonais ou de n'importe quel pays d'europe, en France, dans les conditions du droit du travail polonais (car le siège social de l'entreprise est en Pologne et non pas parce que les travailleurs sont polonais). Si on retient le pays d'accueil, c'est, dans tous les cas, le droit du travail de ce pays qui s'applique, obligatoirement.

Le compromis retient, en gros, l'idée que le droit applicable est à l'appréciation du pays d'accueil, lequel peut donc retenir que, dans ce cas, on applique le droit du pays d'accueil ou bien celui du pays d'origine.

Où est le problème?

Il est tout simplement dans le fait que, si ce compromis ne passe pas, de par la volonté des extrêmistes de gauche et de droite réunis qui semblent, une fois de plus, décidés à méler leur voix, c'est le point de vue des ultra-libéraux qui va l'emporter.

Pourquoi?

Tout simplement parce que le Parlement Européen ne fonctionne pas comme un parlement national : il ne peut pas, à lui seul, avec une courte majorité, imposer sa volonté à la Commission et encore moins au Conseil. On peut le regretter mais c'est ainsi.

Autrement dit, l'extrême-gauche, anti-libérale, peut, par son obstination, provoquer l'effet inverse de celui qu'elle prétend obtenir! Exactement le même scénario que le 29 mai! Ce jour-là, des électeurs de gauche, anti-libéraux, ont, en votant NON, offert un boulevard aux ultra-libéraux. Ceux-ci, en effet, n'ont pas besoin de Constitution européenne ... Le marché est leur seule bible. Pareillement, ce qu'ils n'auront pas obtenu avec la directive Bolkestein (pourtant largement amendée, à tel point que les pays européens les plus libéraux regardent d'un très mauvais oeil ce projet amendé), ils l'obtiendront en Inde et en Chine ...

La sagesse commande de souhaiter que ce projet amendé soit approuvé par une très large majorité (75%, c'est possible) afin que la Commission n'ait plus la possibilité de s'appuyer sur les nouveaux Etats membre pour bloquer les amendements au niveau du Conseil.

Si vous n'avez pas tout compris, n'en prenez pas ombrage ... C'est objectivement difficile. Je peux répondre à vos interrogations.

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Europe
Donnez votre point de vue ... - Voir les 0 commentaires
Dimanche 12 février 2006 7 12 /02 /Fév /2006 23:12

J'étais, pendant trois jours, à Limoges. Une simple escapade dans une ville de France dont j'ai retiré la meilleure impression. Un maire socialiste depuis au moins 1956 (le premier de 1956 à 1990, le second de 1990 à maintenant). Une ville agréable, très aérée (larges espaces, en plein centre-ville).

C'est en 1895 que s'est tenu le congrès fondateur de la Confédération Générale du Travail, autrement mieux connue sous le sigle CGT. On y voit une (petite) plaque commémorative datée de 1995 pour marquer le centième anniversaire de cette date. Rien d'anormal ...

Sauf que, sur la plaque, on parle bien de Léon Jouhaux, mais pas de Benoît Frachon, de ... Marc Blondel et d'André Bergeron, mais pas de Georges Séguy ni de Henri Krasucki!

Il y faut une petite explication de texte.

Bondel et Bergeron ont été des leaders incontestés de F.O., c'est à dire de Force ... Ouvrière. Quand on connaît la composition sociologique des adhérents de F.O. et même des électeurs, cela prête à sourire, voire même à s'esclafer.

Il faut cependant rappeler que le véritable sigle de F.O., c'est "CGT-FO". FO, en effet, est issu de la scission d'une tendance de la CGT qui s'appelait "Force Ouvrière", en 1947. Cette scision a eu lieu lorsque les communistes ont pris le contrôle de la CGT en 1945. Avant cela, ils étaient minoritaires au sein de la CGT, laquelle a eu, c'est le moins que l'on puisse en dire, une attitude pas très propre pendant l'occupation. Disons simplement que les dirigeants d'alors ont tout simplement sombré dans la collaboration avec le régime de Vichy.

Les historiens ont établi que cette scission a été financé par les américains. Les mauvaises langues disent mêmes que c'est la CIA (mais sont-elles des mauvaises langues?), d'autres disent par l'AFL-CIO ...la plus grande centrale syndicale américaine.

Je trouve tout de même assez fantastique que pour la commémoration du centenaire de la CGT, le maire de l'époque (le même qu'aujourd'hui, Alain Rodet), n'ait pas cru devoir y inviter des représentants de l'actuelle CGT!

Ce pays, décidément, est traversé par des rancunes tenaces. Ce n'est pas demain que je verrai mon souhait d'un puissant syndicalisme de masse émerger.

Dommage! Ce n'est pas faute d'avoir fait des propositions audacieuses pour y concourir. Notamment en matière de financement.    

Par Jacques Heurtault - Publié dans : Cohésion sociale
Donnez votre point de vue ... - Voir les 0 commentaires

Vive le débat!

Débattre! Règles d'éthique ..

Je souhaite vivement que tous mes lecteurs apportent leurs contributions personnelles au débat politique. Personne ne doit craindre une quelconque censure politique.
Je demande seulement, à tous et à chacun, de respecter quelques règles élémentaires, universellement admises ...
1. Vous devez, nécessairement, rester raisonnablement courtois. Des dérapages de vocabulaire, sur ce blog, sont tolérés car ils font partie du risque de l'expression passionnée qui peut naître de la confrontation, parfois "un peu" vive, des idées.
2. Ne peuvent, par contre, être tolérés les propos contraires aux règles issues du droit pénal. Il n'est pas question que je prenne le risque de subir les rigueurs de la loi pénale pour permettre à certains de se "lâcher" par des propos racistes, xénophobes, graveleux, antisémites, homophobes, etc ...  Ce blog n'est pas un défouloir.
3. Il est possible - et même recommandé - de reprendre tout ou partie de mes articles qui sont tous, nécessairement, signés de mon nom "Jacques Heurtault". Il est demandé, en contrepartie, de  citer la source : le nom de l'auteur (Jacques Heurtault) et le titre du blog (Propositions audacieuses). Je ne perçois aucun droit d'auteur et ne veux, en aucun cas, en percevoir. Je ne peux donc pas accepter que quiconque puisse en percevoir par une quelconque "reprise" de mes écrits.
4. Je souhaite que vous fassiez tout comme moi, c'est à dire que vous signiez de votre nom vos commentaires. Toutefois, il ne s'agit que d'un souhait. Pour des raisons que je désapprouve, une habitude a été prise sur Internet : l'usage des pseudonymes. J'en prends acte tout en continuant de le déplorer.
5. L'orthographe est, paraît-il, la science des ânes. N'ayez pas peur de passer pour un âne en EVITANT de massacrer la langue française et son orthographe. Moi-même, je fais des efforts dans ce sens mais je ne parviens pas, hélas!, à obtenir la médaille d'or des ânes : je fais des fautes, le plus souvent parce que je ne me relis pas. C'est une garantie de spontanéité, certes, mais le mimétisme, dans ces circonstances, n'est pas recommandé.
Bonne lecture! Bon débat!

Des articles au hasard

  • Les fonctionnaires doivent fonctionner!
    J'ai parfois du mal à en croire mes oreilles! Encore un nouveau truc ... Des fonctionnaires qui prétendent avoir le droit de ne pas exécuter les instructions de leurs ministres ... On aura décidément tout vu! Je vois d'ici le tollé que va soulever cette remarque ... "Et le droit de grève, alors?" . Autant dire les choses clairement. Il n'est absolument pas question de toucher, si peu que ce soit, au droit de grève! ce n'est pas ce que je réclame ......
  • Joyeux Noël à tous!
    Joyeux Noël à tous mes lecteurs ... Et aussi à mes futurs lecteurs ... Joyeux Noël aux militants de la Gauche anti-libérale! Le débat reprendra très bientôt. Joyeux Noël aux ségolénistes! J'ai des tas de désirs d'avenir ... Joyeux Noël aux partisans de François Bayrou! Rien n'est joué ... Joyeux Noël aux sarkozystes! Pour l'instant, votre programme est le plus structuré ......
  • ANPE : échanges d'arguments par blogs interposés.
    Jean Daumont et moi-même venons d'échanger des arguments sur le devenir de l'Anpe. Je vous invite à lire son article sur le sujet qui résulte de la lecture du livre de Fabienne Brutus. J'y apporte mes commentaires. Il y répond ... Instructif pour ceux que cela intéresse et ils sont, sans aucun doute, assez nombreux, l'Anpe ayant été, à tort ou à raison, mise en cause ces derniers temps. Pour y accéder, vous cliquez...
  • Premier des blogs, toutes catégories confondues
    Pour la quatrième fois en quelques mois, mon "blog rank" (note indiciaire attribuée par le gestionnaire de la plateforme "Over-Blog" au gestionnaire du blog) est, ce matin de 91 et je suis classé "Premier" des 560.000 blogs gérés par cette plateforme.Je ne vais pas bouder mon plaisir.  
  • Ségo soutient Hollande ... Cela me fait plaisir et me rassure!
    Dimanche prochain, les enjeux sont clairement posés. D'un côté un candidat qui, mois après mois, semaines après semaines, jours après jours, a fait la démonstration de sa capacité personnelle à rassembler autour de lui. Il est parti de rien en terme d'appareil mais il a bien évidemment, en homme avisé, conservé les relais dont il disposait quand il était Premier Secrétaire du P.S.   De l'autre un pur produit de congrès dont la seule mission...
  • Jacques Attali face à Nicolas Baverez
    Voici la reproduction du débat opposant Jacques Attali et Nicola Baverez, première d'une série de documents extraits de mes lectures. J'ai "piqué" l'idée à François Fillon qui l'a, lui, édité sur son blog. J'espère qu'aucun des protagonistes ne m'en voudra de faire indirectement sa publicité. Historien et économiste, Nicolas Baverez vient de publier un essai fracassant, La France qui tombe...
  • Intermittents du spectacle
    La suppression des régimes d'indemnisation des intermittents du spectacle d'une part et des intérimaires d'autre part ne signifie nullement le refus de prendre en compte la spécificité de ces deux types de contrats de travail, bien au contraire. Dans la mesure où, lorsqu'un intermittent du spectacle reçoit 100 euros d'indemnités, 87 euros proviennent du régime général et seulement 13 des cotisations émanant de ce...
  • Les chauffards vont enfin avoir le feu aux fesses!
    Sages décisions en perspectives, si on en croit les journaux ... Ce n'est pas moi qui vais m'en plaindre!   1. Suppression des panneaux annonçant les radars. Très bien! 2. Augmentation conséquente du nombre de radars. Très bien! Combien? Au moins 10.000 de plus, j'espère! 3. Interdiction absolue d'utiliser les téléphones en conduisant. Très bien! Mais comment la faire respecter? Je suggère la confiscation immédiate, à titre...
  • Y en a que pour Nogent ...
    En réponse pratique à un certain "A" qui se permet, dans un commentaire de me tutoyer sans même avoir la courtoisie de se présenter, je publie un tract diffusé, notamment par moi, dans Nogent sur Marne mettant en cause Monsieur Martin et sa gestion dispendieuse ... Lisez ci-dessous! LE VERDICT DE LA CHAMBRE REGIONALE DES COMPTES SUR L’AUGMENTATION DES IMPÔTS À NOGENT. 20 secondes pour vous tenir informé sur la...
  • Procédure civile, procédure pénale
    La blogosphère permet des rencontres ... lesquelles permettent des échanges sur des sujets plus ou moins actuels. C'est ce qui vient de m'arriver. J'en ressot avec la nécessité d'apporter des précisions sur ma conception des procédures pénales et des procédures civiles. Je soutiens que les "parties civiles" dans un procès pénal (c'est à dire, pour parler comme tout le monde, les victimes) ne...
Liste complète

Navigation dans le temps

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Les fondements de ce blog

Je suis un citoyen, comme vous. Je ne suis membre d'aucun parti politique. Je l'ai été mais les "politiques", décidément, me déçoivent trop. On est tenu de limiter sa propre liberté d'expression,  ce que je ne supporte tout simplement plus!

Comme vous, j'ai besoin d'air! Comme vous, j'ai des choses à dire.
Je suis fatigué de tous ces journalistes qui écrivent et qui parlent sans connaitre les sujets qu'ils entendent traiter, ne craignant pas de commettre de grossières erreurs.
Je suis fatigué de tous ces responsables politiques qui confisquent la parole à leur propre usage exclusif.
Je suis fatigué de tous ces organisateurs de débats qui, lorsque l'on veut parler, nous répondent "Posez votre question, Monsieur!".
Je n'ai pas de question à poser! J'ai des réponses à proposer ... Elles valent ce qu'elles valent.

Mais, à en juger par la pauvreté de certaines propositions de tel parti politique, le caractère manifestement irréaliste des propositions de tel autre, j'ai l'outrecuidance de penser que les miennes méritent, peut-être, d'être lues et commentées, voire, bien sûr, d'être battues en brèche.

Les deux extrêmes du champ politique - l'extrême-droite et les extrême-gauche - viennent de prendre "une grande claque". Je m'en réjouis. J'espère que cette redéfinition vers une plus grande responsabilité va se maintenir et même se renforcer. La démocratie ne s'en portera que mieux.  

Jacques Heurtault

Ancien conseiller municipal de Nogent sur Marne (Val de Marne).

"Sommes nous obligés de subir et de financer les incompétences de ceux qui nous dirigent?" Johnny Hallyday.

 

Qui suis-je?

  • Jacques Heurtault
  • Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.
  • Homme
  • 09/12/1949
  • Europe
  • France Europe Politique Economie Débat
  • J'ai 61 ans. Je suis agent de Pôle Emploi. Je suis aussi engagé dans l'action politique depuis l'age de 17 ans.
  • En couple

Voici mon blog!

  • : Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.
  • : Politique Gauche UMP Parti socialiste Droite Politique
  • : Des propositions de réformes qui me paraissent INDISPENSABLES et que je formule en termes quelquefois un peu rudes. "Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles qu'on n'ose pas les faire! C'est parce qu'on n'ose pas les faire qu'elles sont difficiles!
  • Partager ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • : 30/09/2005
  • Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Faites-moi de la pub!

Bonnes citations et maximes...

Pas de manequins dans le Parti!
Que les bouches s'ouvrent!
 (Maurice Thorez)

Vingt fois sur le métier,
remettre son ouvrage!
 (Pénélope)

O! Tempora! O! Mores!
 (Cicéron)

 Panem et circenses!
 (Juvenal)

Ici et maintenant.
 (François Mitterrand)

La religion, c'est l'opium du peuple,
 c'est aussi son espérance.
 (Karl Marx)

L'incroyance est la ruine
 non seulement des individus,
 mais des sociétés.
 (Lammenais)

L'amour n'est qu'un plaisir,
l'honneur est un devoir.
 (Pierre Corneille)
(Le Cid)

 Combat terrible,
 au corps à corps,
 voilà déjà longtemps
 que leurs chevaux sont morts.
(Victor Hugo)

 L'humoriste, c'est un homme
 de bonne mauvaise humeur.

 (Jules Renard)

 La terre n'aime pas
 le sang et les ordures.
 (Agrippa d'Aubigné)

 Passer pour un idiot aux yeux d'un imbécile
 est une volupté de fin gourmet.

 (Georges Courteline)

 La France est un pays extrêmement fertile.
 On y plante des fonctionnaires
 et il y pousse des impôts.
 (Georges Clemenceau)

 Selon que vous serez
puissant ou misérable
les jugements de cour
vous feront blancs ou noirs.
 (Jean de La Fontaine)

 L'injustice est une mère qui n'est jamais stérile
 et qui produit des enfants dignes d'elle.

(Adolphe Thiers)

 Le journalisme est une grande catapulte
 mise en mouvement par de petites haines.
(Honoré de Balzac)

 La justice consiste à mesurer la peine et la faute,
 et l'extrême justice est une injure.
 (Montesquieu)


 Mieux vaut une tête bien faite qu'une tête bien pleine.
 (Michel de Montaigne)

 Dans ces meubles laqués,
Rideaux et dais moroses,
 Danse, aime, bleu laquais,
Ris d'oser des mots roses.
 (Charles Cros)

 Dieu fit la liberté, l'homme a fait l'esclavage.
 (Marie-Joseph Chénier)

 O! liberté, que de crimes on commet en ton nom!
 (Madame Roland)
(Dernières paroles sur l'échafaud)

 Caesar pontem fecit.
 (Jules César)
(La guerre des Gaules)

 Pour arriver, il faut mettre de l'eau dans son vin,
 jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de vin.

 (Jules Renard)
 (Ndr : C'est pour cela que je ne suis pas arriviste.
J'aime le bon vin!
 Je préfère boire beaucoup de bon vin
 plutôt que peu de mauvais).


 Mon Dieu, le plus souvent
 l'apparence déçoit.
 Il ne faut pas toujours
 juger sur ce qu'on voit.
 (Molière)
(Le Tartuffe)

 L'Angleterre,
 cette colonie française
 qui a mal tourné.

 (Georges Clemenceau)

 Il faut aimer les gens,
 non pour soi, mais pour eux.

 (Colin d'Harleville)
(L'Optimiste)

 Une société d'athées
 inventerait aussitôt une religion.

 (Honoré de Balzac)

 Sans la liberté de blâmer,
 il n'est point d'éloge flatteur.
 (Beaumarchais)

 Si on batissait la maison du bonheur,
 la plus grande pièce serait la salle d'attente.

 (Jules Renard)

 Science sans conscience n'est que ruine de l'âme.
 (François Rabelais)

Être contesté, c'est être constaté.
 (Victor Hugo)

 Dieu bénit l'homme,
 non pour avoir trouvé
 mais pour avoir cherché.

 (Victor Hugo)

 Le courage, c'est l'art d'avoir peur
 sans que cela paraisse.

 (Pierre Véron)

 La critique est aisée,
mais l'art est difficile.
 (Destouches)
(Le Glorieux)

 L'univers m'embarrasse
et je ne puis songer
 Que cette horloge existe
et n'ait pas d'horloger.
 (Voltaire)

 Aux vertus qu'on exige d'un domestique,
 Votre Excellence connaît-elle
 beaucoup de maîtres qui fussent dignes
 d'être valets?

 (Beaumarchais)
(Le Barbier de Séville)

 C'est le devoir qui crée le droit
 et non le droit qui crée le devoir.

 (Chateaubriant)
(Mémoires d'outre-tombe)

 Les fous sont aux échecs
 les plus proches des rois.
 (Mathurin Régnier)

 Combien l'éducation durera-t-elle?
 Juste autant que la vie.
Quelle est la première partie de la politique?
 L'éducation.
La seconde?
 L'éducation.
Et la troisième?
 L'éducation.
(Jules Michelet)
(Le Peuple)

 Trop de bonté dans les parents
 cause la perte des enfants.

 (Charles Perrault)

 Il ne faut pas mépriser l'homme
 si l'on veut obtenir des autres et de soi
 de grands efforts.

 (Alexis de Tocqueville)

 C'est toujours par là
 que commencent les partisans de l'égalité :
ils établissent les catégories
 et se mettent dans la première.

 (Boucher de Perthes)

 Les Français vont instinctivement au pouvoir;
ils n'aiment point la liberté;
l'égalité seule est leur idole.
Or l'égalité et le despotisme
ont des liaisons secrètes.
 (Chateaubriand)
(Mémoires d'outre-tombe)

 L'égalité entre les hommes est une règle
 qui ne compte que des exceptions.

 (Ernest Jaubert)

 Entre tous les ennemis,
 le plus dangereux est celui dont on est l'ami.

 (Alphonse Karr)

 Si vous voulez vous faire des ennemis,
 surpassez vos amis;
 mais si vous voulez vous faire des alliés,
 laissez vos amis vous surpasser.

 (La Rochefoucauld)

 Quand on a le droit de se tromper impunément,
 on est toujours sûr de réussir.

 (Ernest Renan)

 La raison d'Etat est une raison mystérieuse
 inventée par la politique
 pour autoriser ce qui se fait sans raison.

 (Charles de Saint-Evremond)

 Les événements sont plus grands
 que ne le savent les hommes.

 (François Guizot)
(Essai sur l'Histoire de France)

 C'est faire le plus grand des excès
 que de n'en faire aucun.

 (Joseph Léonard)

 Le mot ne manque jamais
 quand on possède l'idée.
 (Gustave Flaubert)

 Les financiers ne font bien leurs affaires
 que lorsque l'Etat fait mal les siennes.

 (Talleyrand)

 Les fonctionnaires sont un peu
comme les livres d'une bibliothèque.
 Ce sont les plus haut placés qui servent le moins.

 (Georges Clemenceau)

 La France compte trente-six millions de sujets
 sans compter les sujets de mécontentement.

 (Henri Rochefort).

 C'est une grande habileté
 que de savoir cacher son habileté.

(La Rochefoucauld)

 La haine, c'est la colère des faibles.
 (Alphonse Daudet)
(Lettres de mon moulin)

 Le trop de promptitude
à l'erreur nous expose.
 (Pierre Corneille)

 On ne ment jamais autant
qu'avant les élections,
pendant la guerre
 et après la chasse.
(Georges Clemenceau)

 Il est difficile de vaincre ses passions,
 et impossible de les satisfaire.

 (Mme de la Sablière)

 J'aime les paysans,
 ils ne sont pas assez savants
 pour raisonner de travers.
(Montesquieu)


 Un poème est un mystère
 dont le lecteur doit chercher la clef.

 (Stéphane Mallarmé)

 Ce n'est point règner qu'être trois à règner.
 (Pierre Santucci)
(Commentaires sur le Consulat)

 Le silence des peuples
est la leçon des rois.
 (Mirabeau)

 Le capital, c'est du travail accumulé.
 Seulement, comme on ne peut pas tout faire à la fois,
 ce sont les uns qui travaillent
et les autres qui accumulent.

 (L. Barenton)

 La sagesse est le contrepoids nécessaire
 de la liberté.

 (Talleyrand)

 La liberté ne se reconnaît qu'à ses limites.
 (Louis Latzarus)

 Pour violer une règle,
il faut la connaître.
 (Paul Eluard)

 Il ne faut pas juger un homme d'après ses fréquentations;
 Judas avait des amis très corrects.

 (Ernest Hemingway)

 Le peuple ne veut pas qu'on lui donne;
 il veut prendre.
 (Henri de Montherlant)

 C'est avec des mots qu'on gouverne les hommes.
 (Disraëli)

 Les hommes sont toujours sincères ;
ils changent de vérité, voilà tout.

 (Tristan Bernard)

 Il faut une bonne mémoire
 après qu'on a menti.
 (Pierre Corneille)

 Si le monde progresse par les extrêmes,
 il ne survit que par les centres.

 (Paul Valéry)

 Le talent est devenu le nom biblique de l'argent.
 (Hervé Bazin)

 L'Histoire est le produit le plus dangereux
 que l'intellect ait élaboré;
 elle justifie ce qu'on veut.

 (Jean-Marc Paulhan)

 Plus l'Etat se corrompt,
 plus les lois se multiplient.

 (Tacite)

 Il n'appartient qu'aux grands hommes
 d'avoir de grands défauts.

(La Rochefoucault)

 De tous les signes de la puissance,
 c'est la retenue qui impressionne le plus.
(Thucidide)


 On voit que de tout temps,
 les petits ont pâti
 des sottises des grands.
 (Jean Racine)
(La Thébaïde)

 Le monde est un théatre, la vie une comédie.
 Tu entres, tu vois, tu sors.

 (Démocrite)

 L'espace est la forme de notre puissance ...
 le temps celle de notre impuissance.

 (Jean d'Ormesson)

 Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.
 (Montesquieu)

 La grande aventure et le grand risque,
 en ces temps désordonnés,
 c'est un jugement sain et qui s'exprime.

 (Henry de Montherlant)

 Triste époque que celle où il est plus difficile
 de briser un préjugé que l'atome.

 ( Albert Einstein)

 La France compte 36 millions de sujets ...
sans compter les sujets de mécontentement.
 (Henri Rochefort)


 Il est des temps
 où on ne doit dépenser le mépris qu'avec économie,
 à cause du grand nombre de nécessiteux.

 (Chateaubriand)
(Mémoires d'outre-tombe)

 La chose la plus importante
 à toute vie est le choix du métier.
 Le hasard en dispose.
 (Blaise Pascal)

(Pensées)

 Un ministère qu'on soutient
 est un ministère qui tombe.

 (Talleyrand)

 La modestie est au mérite
 ce que les ombres sont aux figures dans un tableau.
 Elle lui donne de la force et du relief.

 (La Rochefoucauld)
(Maximes)

 La fausse modestie consiste
 à se mettre sur le même rang que les autres
 pour mieux montrer qu'on les dépasse.

 (Sully Prud'homme)
(Pensées)

 La nécessité nous délivre de l'embarras du choix.
 (Vauvenargues)
(Réflexions et Maximes)

 Oui et Non sont les mots les plus courts
 et les plus faciles à prononcer
 et ceux qui demandent le plus d'examen.

 (Talleyrand)

 C'est un grand avantage dans les affaires de la vie
 que de savoir prendre l'offensive.
L'homme attaqué transige toujours.

 (Benjamin Constant)

 C'est mon opinion et je la partage.
 (Henri Monnier)
(Mémoires de Monsieur
 Joseph Prud'homme)

 L'opinion est si bien la reine du monde
 que quand la raison veut la combattre,
 la raison est condamnée à mort.

 (Voltaire)

 Si j'avance, suivez-moi;
 si je meurs, vengez-moi;
 si je recule, tuez-moi.
 (Henri de La Rochejaquelein)

 Il est difficile de vaincre ses passions,
 et impossible de les satisfaire.

 (Mme de la Sablière)

 La patience est le courage de la vertu.
 (Bernardin de Saint-Pierre)

 Ceux qui pieusement
sont morts pour la patrie
 Ont droit qu'à leur cercueil
 la foule vienne et prie.
 (Victor Hugo)
(Les Chants du crépuscule)

 La pensée n'est qu'un éclair dans la nuit.
 Mais cet éclair est tout.

 (Henri Poincaré)

 Te voilà donc redevenu homme
 puisque tu pleures.

 (Jules Verne)
(L'Ile mystérieuse)

 Il n'y a que deux puissances dans le monde.
 Le sabre et l'esprit.
 J'entends par l'esprit les institutions civiles et religieuses.
A la longue, le sabre est toujours battu par l'esprit.

(Napoléon)
(Le Mémorial de Sainte-Hélène)

 L'une des plus grandes sagesses en l'art militaire,
 c'est de ne pas pousser son ennemi au désespoir.

 (Michel de Montaigne)
(Essais)

 Il ne peut pas y avoir de science immorale
 pas plus qu'il ne peut y avoir de morale scientifique.

 (Henri Poincaré)

 La science a fait de nous des dieux
 avant même que nous méritions d'être des hommes.
 (Jean Rostand)


 Mon âme a son secret, ma vie a son mystère.
 (Félix Arvers)
(Mes heures perdues)

 La séduction suprême n'est pas
 d'exprimer ses sentiments,
 c'est de les faire soupçonner.

 (Barbey d'Aurevilly)

  Ndr : Vous voyez bien que je suis
 tout le contraire d'un séducteur!

 L'art de plaire est l'art de tromper.
 (Vauvenargues)
(Réflexions et Maximes)

 Servir! C'est la devise
 de ceux qui aiment commander.

 (Jean Giraudoux).

overblog

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés