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La polémique cessera-t-elle un jour? Comment faire pour qu'elle cesse définitivement? Voilà deux très bonnes questions. Les réponses risquent d'être moins bonnes, précisément à cause de la polémique!
Pour tenter d'y répondre, il convient certainement de recadrer les définitions.
1. Qu'est-ce qu'un chômeur?
S'agit-il d'une personne qui a perdu son emploi ou bien d'une personne qui est indemnisable par l'assurance chômage? Ou bien encore, une personne qui recherche un emploi alors qu'elle en est privée?
Personnellement, je retiens la troisième ...
2. Qu'est-ce qu'un demandeur d'emploi?
S'agit-il d'une personne qui recherche un emploi alors qu'elle en est privée? Ou bien s'agit-il d'une personne qui recherche un emploi même si elle en a déjà un?
Personnellement, je retiens la deuxième ...
3. Les définitions retenues par la loi et par les pouvoirs publics sont-elles encore pertinentes?
A-t-on vraiment besoin de HUIT catégories de demandeurs d'emploi? Personnellement, je pense que NON ... Surtout si on prend en considération que le nombre en est, en réalité, de ONZE et non pas huit ... Une remise en ordre s'impose ....
4. Quels sont les critères pertinents?
J'en retiens trois.
4.1. Bien évidemment, le premier de tous, c'est la réalité de la recherche d'emploi. Ne peuvent, EN AUCUN CAS, restées inscrites comme demandeurs d'emploi les personnes qui, quelle qu'en soit la raison, bonne ou mauvaise, légitime ou illégitime, ne consacre pas l'essentiel de leurs efforts à trouver ou à retrouver un emploi.
La contrepartie qui s'impose, c'est d'inscrire sur la liste toute personne qui déclare être en recherche d'emploi, à charge pour l'autorité compétente de vérifier la véracité de ses déclarations et de purger en tant que de besoin les inscrits "à tort", en ayant pris soin de différencier les inscrits qui ont un emploi et ceux qui n'en ont pas.
4.2. A partir de quand doit-on être considéré comme "ayant un emploi" ou comme n'en ayant pas? Les choses se compliquent ...
Le Bureau International du Travail et l'INSEE retiennent qu'une personne ayant travaillé ne serait-ce qu'une journée, voire une heure, le mois précédent ne peut être consoidérée comme chômeur ... C'est certainement excessif. La jurisprudence du Conseil d'Etat fixe le seuil de 78 heures. Je retiendrais plus volontiers celui de 110 heures soit "avoir travaillé 5 heures par jour, 5 jours par semaine, pendant 4 semaines et deux jours" ... Je constate que bien peu retiennent cette définition. Elle est pourtant très réaliste.
4.3. Doit-on inscrire tous les bénéficiaires de minima sociaux (RMI, API, ASS principalement) comme contrepartie du versement de ces minimas?
Si on s'en tient à la règle actuelle, les bénéficiaires du RMI et de l'API (allocation de parent isolé) n'ont pas l'obligation de s'inscrire à l'ANPE. Ce serait pourtant le B.A.BA de l'exigence civique. Quitte à dispenser d'inscription les personnes qui, manifestement, sont dans l'incapacité physique ou morale, voire mentale, de fournir le moindre travail ... Cette remarque fait débat.
5. Combien y a-t-il de personnes inscriptibles comme "demandeurs d'emploi privés d'emploi" et combien y en a-t-il inscriptibles comme "demandeurs d'emploi ayant un emploi"?
J'évalue la première catégorie à, au moins, quatre millions de personnes ... en forte diminution depuis l'indiscutable renversement de tendance observé depuis environ deux ans. Beaucoup de bénéficiaires du RMI ou de l'API ne sont pas inscrits ... Plus des deux tiers, en vérité ... L'évaluation est difficile car dans le périmètre "RMI ou API" , il faut faire la différence entre les bénéficiaires, les allocataires et les ayant-droits en âge de travailler (c'est à dire âgés de plus de 16 ans et de moins de 65 ans). Doit-on contraindre les enfants de RMIstesde plus de 16 ans à travailler au motif de leur situation? Ma réponse est claire : NON, s'ils ont des aptitudes réelles à la poursuite d'études, surtout s'il s'agit d'études à caractère professionnalisant.
J'évalue le deuxième catégorie à, au moins, deux millions. La moitié au moins des personnes inscrites sur le site www.anpe.fr ne sont pas inscrites comme demandeuses d'emploi! Sauf à révolutionner le mode de fonctionnement de l'Anpe, elles ne font l'objet d'aucun suivi ... Pire encore : quand des candidats à l'inscription se présentent aux Assedic, ils font l'objet d'une fin de non recevoir ... C'est d'une complète absurdité puisqu'il est bien évident que l'intérêt tant des Assedic que de l'Anpe, c'est de les connaitre afin de les intégrer dans les stratégies globales en rapport avec la situation de l'emploi, notamment en terme d'anticipation des risques ... Préparer au plus vite et au mieux une personne à retrouver un emploi qu'elle va perdre très prochainement est de pur bon sens .... Attendre qu'elle soit "indemnisable avant de s'inquiéter de son devenir est d'une incomensurable stupidité! C'est créer les conditions d'un chômage de longue durée ...
Voilà un bon sujet de réflexion pour ceux qui, faute de soleil ou faute de SUDOKU, risquent de s'enuyer pendant ce mois d'août! Je reste ouvert à vos critiques ...
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