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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Allocations Assedics

14 Novembre 2005, 00:00am

Publié par Jacques Heurtault

C'est une histoire que je veux raconter car je la crois très édifiante et révélatrice du derraillage complet de nos procédures de négociations actuellement en vigueur.

Déjà, en 1997, le régime indemnitaire des Assedics étaient en déficit.

Il fut donc décidé de mettre en place une degressivité de l'allocation selon la durée du chômage. Les "partenaires sociaux" se mirent d'accord là-dessus et, "courageusement", le pouvoir politique en place tint à peu près ce langage : "Puisque les "partenaires sociaux" sont d'accord, alors, moi aussi, je suis d'accord".

L'allocation unique dégressive venait de naître!

En contre-partie, la durée d'indemnisation fut augmentée de façon que, globalement, la même somme soit redistribuée. De la sorte, pensait-on dans les hautes sphères du "pouvoir", les travailleurs n'auraient pas l'impression d'être volés.

Et le système dura, dura ... jusqu'au moment où les mêmes "partenaires sociaux" s'apperçurent que le chômage, qui aurait dû diminuer, ne diminuait pas. Pire, même, il continuait d'augmenter ... ce qui creusait le déficit.

On entendit alors toutes sortes de récriminations contre ce système "pervers" conçu pour obliger les chômeurs à accepter n'importe quel emploi.

Ainsi naquît l'idée de suppression pure et simple de la dégressivité. Laquelle fut adoptée haut la main.

Mais, quid de la durée d'indemnisation, contre-partie de la mise en place du "système"? 

Normalement, elle aurait dû revenir au niveau antérieur. C'est à dire un an, comme avant 1997, au lieu des trois ans que l'on a connu à cette époque.

Comment? Diminuer la durée d'indemnisation alors que, malgrè un allongement de celle-ci, les chômeurs ne retrouvaient pas d'emploi? Scandale!

Ainsi naquît la suppression de la dégressivité avec un quasi-maintien de la durée d'indemnisation, pourtant considérablement allongée.

Cette histoire est édifiante car elle montre bien que nous sommes arrivés au bout du rouleau de la démagogie : des gens qui ne sont pas réellement représentatifs décident de triturer un des piliers de la protection sociale, au gré de leurs humeurs (intestinales?).

Je fais donc la proposition audacieuse suivante : 

- Fixer la durée d'indemnisation à un an maximum, sous condition d'avoir cotisé trois ans minimum et fixer le niveau d'indemnisation à 80% du salaire moyen des trois dernières années travaillées (en équivalent temps plein, évidemment).

- Calcul de la cotisation nécessaire à l'équilibre permanent du régime sur une base de répartition "fifty/fifty" entre employeurs et salariés.

Cela implique que ce taux soit révisé automatiquement tous les mois et que le régime des intermittents du spectacle disparaisse pûrement et simplement ainsi que celui des intérimaires.

Bien entendu, l'allocation spécifique de solidarité disparaît, elle aussi.

Seul subsiste le revenu minimum d'INSERTION.

Il y a là matière à débattre ...

Vos commentaires m'intéressent et n'oubliez jamais que vous avez le droit de me piller mes idées. Je ne demande aucun droit d'auteur. Ayez simplement la gentillesse de citer la source.

  

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Jacques Heurtault 27/11/2005 08:56

Vos remarques sont très intéressantes car elles posent des questions de fond.
Vous trouverez une partie des réponses que vous cherchez en consultant ... mon blog (Allocation d'existence ...). N'oubliez pas qu'il faut chiffrer le coût total et qu'il faut, si possible, indiquer une méthode réaliste de mise en oeuvre des transformations proposées.
En outre, les obstacles sont rarement techniques et beaucoup plus souvent politiques (il faut faire comprendre aux autres le bien fondé de ce que l'on propose). J'ai cet objectif. Gardons le contact.

chambon 26/11/2005 16:59

Bonjour
Plutot que de savoir qui touche quoi et combien de temps, il serait temps d'etre honnete et de declarer que notre systeme de rémunération du chomage ne fonctionne plus aujourd'hui et que le RMI ne tient pas ses promesses (reconnu par son "inventeur" Michel Rocard)
On dépense chaque année en prestations sociales (chomage, RMI, allocations familiale) a peu prés 365 millards d'euro
Question:
Ne serait il pas plus simple et juste de verser a VIE un "REVENU MINIMUM VIE" de 500 euro par mois et par adulte sans conditions aucunes et 150 euro par enfant par mois.
Cet argent est déja la..il existe et il est déja dépensé.
Limitons les allocations chomages a 500 euro/mois quelques soit les sommes gagnées auparavent par le salarié (soit un revenu de 1000 euro minimum pour un chomeur avec le RMV). Par contre l'alocation chomage devra etre versée dés le premier mois de la perte d'emploi.
Si dans tout les foyer 1000 euro (minimum sans compter les enfants) rentre tout les mois..je vous laisse imaginer les implications sur les rentrées de TVA (environ 2 points de croissance annuelle) de plus perdre son emploi ne devient plus un tramatisme puisque les 1000 euro sont garantis. On pourrait meme premettre aux entreprises d'embaucher et de licencier sans contraites (histoire de nous prouver que c'est bien ces contraintes qui bloquent l'emploi......sinon on pourra toujours remettre en activité les divers lois et contraintes existantes en cas d'echec)
La TVA devra etre modifiée en 3 taux uniques
5,5 % pour tout produits de bases et entreprises de main d'oeuvre
19,6 % consommations courantes
25 % pour le reste (caviar, voiture de luxe...)
Sur le taux de 5,5% on prelevera 2% pour la secu, cotisations sociale, retraite, ect..
Sur le taux de 19,6 on prelevera 6%
Sur le taux de 25% on prelevera 9%
Ainsci les devoirs de l'etat seront assurés, sans compter que les 100 millions de visiterus que la france reçoit chaque année contribuerons aussi au "modele social francais".
Voila j' aimerais beaucoup avoir votre avis la dessus
cordialement
Mr Chambon

Jacques Heurtault 11/12/2005 21:09

Sur la masse d'argent effectivement distribuée, vous avez raison. Techniquement il est possible de financer l'allocation unique sur les bases que vous indiquez. Toutefois, le problème est politique ... Comment faire avaler la "pilule"? Comment faire comprendre que c'est bon pour tout le monde, surtout pour les plus démunis?
Votre approche sur la TVA oublie un point essentiel : les décisions ne peuvent se prendre qu'au niveau communautaire (et à l'unanimité!). J'ai un point de désaccord : vous introduisez, par la bande, de la progressivité.
Je reviendrai sur tout cela ...