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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Financement des syndicats : Gattaz n'a pas complètement tort!

18 Octobre 2007, 23:11pm

Publié par Jacques Heurtault

20 millions d'euros! Ce n'est quand même pas rien ... 

Soyons lucides. Ce n'est pas grand chose non plus ... 

A quoi a bien pu servir cet argent? Il est bien évident que si les mouvements de telles sommes ont eu lieu en liquide, c'est que leur destinantion finale devait rester, sinon secrète, du moins, discrète ... Croire le contraire relève de la plus imbécile des naïvetés!

Je refuse d'admettre que ça a servi à financer les syndicats de salariés ... Il est plus vraisemblable que ça puisse avoir servi à corrompre des syndicalistes ... ou bien à terminer "victorieusement" une grève ... dans des circonstances ...susceptibles de convenir aux deux camps, patronal et salarial.

On sait que F.O a été créé, en 1947, avec l'argent de la CIA. C'est désormais de notoriété publique et ça n'est plus sérieusement contesté par quiconque, même pas par les dirigeants actuels de F.O. qui n'en plus rien à "cirer" puisque, quand ça s'est fait, ils n'étaient même pas nés!

Pareillement, Renault, au bon vieux temps de Billancourt, qu'il ne fallait pas, on s'en souvient, désespérer, a fourni, gratuitement des voitures ... à la CGT. Mais sans doute pas à la seule CGT ...

L'archaïsme étant ce qu'il est, quand les responsables nationaux descendaient en province, il ne fallait pas que la note d'hôtel dépasse un certain barême ... rigoureusement introuvable! Pour pouvoir retomber sur ses pieds, il fallait donc facturer deux nuits au lieu d'une! L'honneur était sauf ... au prix d'un mensonge assez minable, d'autant plus minable qu'il était connu de tous les responsables
 
De telles pratiques ne me choquent pas vraiment ... tout comme ne m'ont pas choqués les financements occultes des partis politiques du temps de Urba! Des responsables politiques sont-ils devenus très riches grâce à de telles pratiques?  J'en doute! J'en doute encore plus en se qui concerne des responsables syndicalistes ...

Pour autant, ce genre de dérives, dans son principe même, est profondément malsain. Il est la traduction d'un manque de courage politique face à une faiblesse chronique du syndicalisme français.

Il faut en sortir ...

Comment? 

J'ai fait une proposition dans ce sens ...

Elle tient en quelques principes.

1. Les syndicats doivent pouvoir vivre, en totalité, du seul produit des cotisations qu'ils encaissent directement de la part de leurs adhérents. Il s'en suit qu'un syndicat trop faible en ADHERENTS DOIT mourrir!  Sans aucun état d'âme ...

2. Un syndicalisme puissant est une nécessité absolument vitale pour un pays moderne. S'il n'y a pas de médiation sociale, on va droit à la chienlit révolutionnaire qui ne profite qu'aux extrêmistes (de gauche dans un premier temps puis de droite par contre coup).
 
3. La combinaison des deux éléments de réflexion ci dessus conduit les Pouvoirs Publics à intervenir par le moyen fiscal. C'est à ce prix que le syndicalisme deviendra responsable ... En étant financièrement étroitement lié à la base des ses adhérents.

4. Je dis bien "adhérents" et non pas "électeurs aux élections professionnelles"! Un électeur, par définition, ça se ballade! Un coup on vote dans un sens, un autre coup, on vote dans un autre ... On connait très bien ce phénomène, en politique.

5. Mais le syndicalisme, ça n'est pas la politique. Il ne FAUT PAS que ça le devienne. Les "politiques" doivent gérer. C'est dans la nature même de leurs tâches. Les syndicalistes doivent DEFENDRE! C'est le rôle institutionnel qui leur est naturellement dévolu, de par la loi d'ailleurs ... (défense des intérêts matériels et moraux de leurs adhérents ... Et des adhérents seulement!).

6. Très logiquement, je propose que la législation du financement et du fonctionnement des syndicats réponde à cette logique ci-dessus décrite ...
 
7. Par exemple en permettant à chaque adhérent d'un syndicat de salariés de déduire ses cotisations, à hauteur de 90% , du montant de ses impôts, étant entendu qu'il s'agit là d'un crédit d'impôts, afin que mêmes les contribuables ne payant pas d'impôt puissent en bénéficier ...

8. Corrélativement, au fur et à mesure de la montée en puissance de ce dispositif, les aides publiques ou privées de toutes natures sont supprimées ...

9. In fine, on a donc le schéma suivant : 
9.1. Un syndicat qui ne signe pas un projet d'accord ne peut en faire bénéficier ses adhérents.
9.2. Ceux qui n'adhèrent à aucun syndicat  en bénéficient encore moins!
9.3. Les salariés ont alors objectivement intérêt à adhérer à un syndicat qui signe des accords ... 
9.4. Le syndicat devient donc puissant de par le nombre de ses adhérents. Il devient financièrement autonome. Il est alors en capacité de négocier de bons accords, résultat d'un bon compromis entre des intérêts naturellement différents voire divergents. 

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GM 24/10/2007 16:07

Avec Votre proposition, Monsieur Heurtault, je n'ai aucun souci à monter autant de syndicat que la moitié des effectifs dans chaque entreprise (il faut être 2 pour en créer un, disons trois pour faire bon poid) ! Bref, pas loin de 5 millions de syndicats à gérer au final !A partir de là, chacun cotise un max pour son syndicat qui les "indemnisera de fonction"... rendant leur salaire non imposable (vous me connaissez un peu, tout ce qui peut réduire l'impôt, je prends et j'en use !). De plus, ça va me permettre de foutre le bordel dans toutes les boîtes pour avoir autant de revendications que de syndicats nouveaux, avec au bout un alignement de tout le monde sur les meilleurs clauses de chacun ! De quoi tuer n'importe quelle entreprise, pour peu que le DRH se fasse avoir !Et excusez-moi, je sais de quoi je cause, car cette technique là (pour foutre en l'air un point de blocage à la DRH et sans les déductibilités des cotisations en saturant par le nombre de syndicats libres) j'ai déjà fait (ce qui a permis à mon client, le boss, de reprendre la main sur un mek qui se la pétait en sans se tamponner un contentieux prud'homal pour faute alors même qu'il faisait l'unanimité contre lui, même à la CGT) !Désolé de passer pour un éventuel "réac", mais 5 syndicats, qui sont représentatifs pour être les seuls à avoir fait de la résistance avant 1945, c'est largement suffisant pour le moment : c'est déjà assez "merdique" comme ça, pas la peine de brouiller encore plus le jeu !L'idée est bonne en soi, mais largement insuffisante ! On attend mieux des "folles propositions audacieuses", sans vouloir vous critiquer oute mesure !

Jacques Heurtault 24/10/2007 17:23

Votre critique ne tient pas! Il sugffit de fixer un plafond d'une part et de partir non pas du syndicat d'entreprise mais de la centrale nationale (confédération) ... Quant aux critères de représentativité reposant sur l'action de Résistance pendant l'occupation, il est caduc depuis longtemps ...Fo, fabriqué de toutes pièces par la CIA  en 1947 avec des transfuges de la CGT qui, précisément, ne s'étaient montrés spécialement résistants ... ou bien la CFDT qui est le résultat de la scission (1964) de la CFTC (créée en 1919) ... difficile qu'elle ait fait de la résistance! 

Buffalo (de l'Equipe de Debattons !) 24/10/2007 15:32

On en vient au problème de l'oeuf et de la poule : les syndicats sont-ils pauvres en militants car inefficaces et peu crédibles ou inefficaces et peu crédibles parce que pauvres en miltants ?

Jacques Heurtault 24/10/2007 17:13

Pour en sortir, il faut :1. Mettre en place le dispositif fiscal à 90% avec crédit d'impôts (afin que même les pauvres puissent se syndiquer).2. Supprimer les aides publiques diverses mais le faire progressivement afin de leur laisser le temps de s'adapter.3. Pour ne pas mourrir, ils vont devoir faires des adhésions, voire fusionner (comme les entreprises).4. Mais pour faire des adhésions, ils vont devoir changer de discours. Après, ça finit par rouler tout seul!

Buffalo (de l'Equipe de Debattons !) 24/10/2007 09:03

Oui, je suis d'accord, ce n'est pas la même chose d'adhérer à un parti ou à un syndicat, et le faire ne répond pas à la même finalité. Cependant, pourquoi ne devrait-on pas participer financièrement à un niveau non négligeable à la défense de ses propres intérêts ? Les syndicats y gagneraient-ils vraiment en crédibilité en alignant des légions de salariés qui ont adhéré parce que c'était gratuit (ou presque) ?

Jacques Heurtault 24/10/2007 12:35

Voyez comment ça se passe actuellement! le dégrèvement est de 60%. Y a-t-il des adhésions en masse? Non! Pourquoi? Parce que l'essentiel des moyes d'existence des syndicats NE VIENNENT PAS des cotisations ... tout simplement!

Buffalo (de l'Equipe de Debattons !) 22/10/2007 12:56

Je ne suis pas sur que ce soit à l'Etat de finncer les syndicats, en tout cas, pas à hauteur de 90% !De mémoire, adhérer à un parti politique, à une association ou faire des donc offrent 50%, et je ne vois pas pourquoi aller au-delà pour les syndicats.Il faut que le geste d'adhésion "coûte" un minimum au salarié, pour qu'il ne se contente pas de faire comme tout le monde et ce à un prix modique, car ce geste doit avoir un poids, doit avoir du sens

Jacques Heurtault 22/10/2007 17:32

C'est bien là le grand danger! Il ne faut surtout pas assimiler le syndicalisme à une action politique dans l'entreprise ... La finalité n'est pas la même et ne doit en aucun cas être la même !Financer des partis politiques sur la base du nombre de voix obtenues aux élections et du nombre de députés est, somme toute, plutôt bien. Les partis politiques ont vocations à fonctionner avec des militants et rien qu'avec des militants.Les syndicats, eux, doivent fonctionner avec des adhérents qui, pour l'essentiel, ne militent pas. ce qui doit motiver un militant politique, c'est l'idéologie. Ce qui doit motiver un adhérent d'un syndicat, c'est son intérêt matériel ( son salaire, ses conditions de travail principalement). Ce n'est pas du tout la même chose!  

GM 19/10/2007 11:00

Oui... enfin vous ne réglez rien comme ça ! Le syndicalisme patronal ? 600 M€ de fortune occulte rien que pour l'UIMM (qui va en financer une fondation : Miss Lolo du Medef s'en étrangle encore !)Des salariés qui bénéficient et d'autres qui ne bénéficient pas des accords...Déjà qu'avec 5 smic un temps, on a eu du mal à gérer... Alors 6 ou 7 régimes dans les feuilles de paye dans chaques entreprise, ça va pas être drôle tous les jours !Et ne croyez quand même pas qu'on changera de syndicat à la faveur de tel ou tel avantage : ce sera encore plus le bordel tous les mois !La seule vraie réforme pour un syndicalisme salarial fort arrivera quand ce seront les adhérants qui feront ou déferont les directions ! Et ce n'est pas pour demain :Aujourd'hui, vous pouvez adhérer à n'importe quel syndicat, il n'en fait qu'à sa tête en entreprise (c'est une bonne chose : ils sont proches des salariés dans l'entreprise).Ceux-ci adhèrent à des unions locales... Pour élire des réprésetants : C'est déjà des "élus" du second degré !Ces élus du second degré adhèrent à une centrale et participent à l'élection d'élus du "3° degré". Ceux-là déterminent la politique générale de la centrale et du coup contrôlent et coordonnent les actions "terrains"... Avec une marge de manoeuvre étroite quand même : Un délégué CGT/EDF qui vient "négocier" dans une PME quelconque en conflit ouvert avec la direction, il est naturellement le bien venu, jouant un pseudo rôle de "juge de paix". Mais sa marge reste vraiment très étroite !En bref, voilà pourquoi SUD s'est développée et que le syndicalisme reste du "nanisme" appliqué. Donc il leur faut des financements fort et beaucoup d'abnégation de ses permanents pour arriver à survivre : Mais là, on rente dans le politique !Alors quid, sinon une réforme de cet état dans l'état, dans ses modes de fonctionnement ?Trois étages, ce n'est quand même pas l'idéal pour la transparence, sachant d'autant mieux que les permanents des centrales ont aussi des cartes de parti politique (forcément, ils s'impliquent plus que d'autres dans le militantisms, d'autant mieux qu'ils peuvent vivre sans "bosser" derrière une machine !)

Jacques Heurtault 19/10/2007 12:15

 D'une manière générale, je veux un Code du travail moins épais et donc plus clair et un syndicalisme plus puissant, afin de permettre la transposition des dispositifs légaux et réglementaires dans des accords d'entreprise, la loi et la réglementation n'étant là que pour définir le cadre des négociations, le socle des garanties minimales, tout le reste relevant des accords d'entrepise.Imaginons un salarié qui constate que certains de ses collègues disposent de tel ou tel avantage ... parce qu'ils sont syndiqués. A moins d'être "kon" comme vous dites, il va rejoindre un syndicat signataire de l'accord! Mieux même :  avec ce système, c'en est fini du syndicalisme minoritaire de contestation hyper politisé sur des bases révolutionnaires ! Ne restent en lice que les syndicats réformistes qui acceptent les règles légales exprimées par la volonté de la majorité des électeurs politiques.Je conteste  votre crainte du bordel ... Ce que je propose doit aboutir à la présence, dans chaque entreprise, d'un ou deux syndicats, fortement dotés en adhérents à jour de leurs cotisations, lesquelles cotisations sont assez élevées mais remboursées fiscalement à 90% ...La règle de base, c'est un syndicat dans chaque entreprise qui adhère, en tant que personne morale, à une union locale et à une fédération, laquelle adhère à une confédération ... mais ça n'a plus de réalité sur le terrain car le syndicalisme est trop faible! Le syndicalisme, aujourd'hui, c'est quelques dizaines de milliers de militants plus ou moins engagés ...On pourrait concevoir une adhésion centralisée au niveau confédéral avec redistribution, au plan local, des cotisations collectées. je n'ai pas d'idée bien arrêtée sur le sujet.  

totor 19/10/2007 10:43

20 millions, vraiment???http://www.latribune.fr/info/Le-tresor-de-guerre-de-l-UIMM-atteindrait-600-millions-d-euros-~-IDE0425743DA959297C1257378005AD7F6

Jacques Heurtault 19/10/2007 11:42

Les 20 millions, c'est le montant des retraits en liquide. 600 millions, c'est le stock ... Il y a fort à parier que cet argent est légal. Dans la mesure où l'UIMM est une organistion régie par la loi de 1884 (alors que le Medef est régit, lui, par la loi de 1901 sur les associations, plus contraignante), les retraits en liquide sont apparemment lègaux. On peut changer la loi ... Je n'y vois aucun inconvénient.

Jean-Pierre 19/10/2007 09:23

Je suis tout à fait d'accord avec vos propositions, d'autant plus que, pour ma part, je suis choqué par cet argent baladeur. Je ne trouve pas que 20 millions d'euros ça ne soit rien. Pour moi, c'est énorme. Que des gens qui ne cessent de nous faire la morale et de nous seriner avec l'égalité, agissent ainsi, moi, ça me choque.

Jacques Heurtault 19/10/2007 11:35

Si, Jean Pierre! 20 millions d'euros, ce n'est rien ... C'est 30 centimes d'euro par habitant, étalés, semble-t-il, sur au moins 7 ans ... C'est donc vraiment dérisoire.Autre chose est le comportement des responsables syndicalistes ... S'il n'y avait pas cet argent, ils ne se comporteraient pas différemment. Le problème principal n'est pas là. Il est dans la non-représentativité réelle des syndicalistes. cela se voit au travers des élections professionnelles. Le taux de participation est de l'ordre de 60% alors qu'il y a pluralité de listes syndicales. C'est donc encore plus faible que pour les élections politiques (2007 semble révéler un salutaire sursaut!).D'où la question : Comment faire pour qu'ils redeviennent vraiment représentatifs? Je ne vois aucun inconvénient aux comptes certifiés, bien au contraire! Mais ça ne suffira pas ... Il vaudrait mieux supprimer le paiement des heures de "délégation" qui avait sa justification quand les salariés avaient un pouvoir d'achat assez faible. Ce n'est plus le cas aujourd'hui si le syndicat devient assez fort pour payer les heures au lieu et place du patron, grâce à l'argent des cotisations.Ma proposition est une authentique révolution culturelle! Un vrai bouleversement ... L'objectif étant qu'un syndicat qui n'a pas beaucoup d'adhérents disparaisse purement et simplement par asphyxie financière.