Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

La Nouvelle Zélande ou comment faire une révolution silencieuse (1)

11 Décembre 2005, 21:36pm

Publié par Jacques Heurtault

Ce que vous allez lire ci-dessous est la première partie d'un article rédigé par Monsieur Maurice Mac Tigue, ancien ministre néo-zélandais. Il est édifiant à plus d'un titre.

J'ai du tronçonner l'article car il était vraiment long. Or je tiens à ce que vous fassiez l'effort de le lire dans son intégralité. Vous aurez donc les suites (au moins trois autres publications) dans les prochains jours.

"Si nous regardons l'histoire, l'importance prise par l'Etat dans la société est un phénomène relativement récent. A partir du milieu du XIXe siècle et jusqu'aux années 1920-1930, dans la plupart des pays industrialisés, les dépenses gouvernementales représentaient seulement 6 % du PNB environ. La période qui a suivi, et plus particulièrement à partir des années cinquante, a vu une explosion gigantesque des dépenses publiques. Elles ont pu représenter, dans certains pays, jusqu'à 35 à 45 % du PNB. Dans le cas de la Suède, les dépenses publiques sont allées jusqu'à représenter 65 % du PNB, ce qui a conduit à une quasi destruction de son économie. Maintenant, pour redonner un peu d'air à son économie, la Suède est en train de démanteler un certain nombre de ses programmes sociaux. Cette augmentation continue des dépenses publiques peut-elle être arrêtée ? Est-il même possible de faire machine arrière ? Pour moi, et en me fondant sur mon expérience vécue, la réponse est positive. Mais une telle volte-face requiert de la part de ceux qui conduisent ce changement un grand art de la communication pour faire comprendre les buts poursuivis et les moyens mis en oeuvre. Il faut aussi avoir le courage de prendre le risque de se tromper, et aussi celui de tirer les leçons de ses erreurs. Tout cela n'est évidemment pas facile.

Nous voyons actuellement dans le monde ce que j'appellerais une révolution silencieuse : les gens veulent maintenant savoir si l'argent dépensé par leur gouvernement a réellement été utilisé à bon escient. Autrefois, il leur suffisait de savoir que les fonds publics n'avaient pas été détournés de l'affectation décidée par leur gouvernement. Aujourd'hui, ils veulent connaître concrètement les services qu'ils ont reçus en échange de ce que leur prélèvent les pouvoirs publics. Au coeur de la vie économique, dans le monde des affaires, dans les milieux industriels et commerciaux, on s'interroge constamment sur les avantages retirés des dépenses effectuées. Jusqu'à récemment, on ne se posait pas nécessairement cette question pour les dépenses publiques. Pourtant, si les gouvernements ont le courage de se la poser, il peut en résulter d'extraordinaires conséquences. C'est ce qui est arrivé dans mon propre pays, la Nouvelle Zélande.

Sur la base d'un classement fondé sur le revenu national par habitant, la Nouvelle Zélande se classait au troisième rang mondial vers la fin des années cinquante, juste après les Etats-Unis et le Canada. En 1984, selon ce même classement, la Nouvelle Zélande avait chuté au 27ème rang, au niveau du Portugal et de la Turquie. De plus, le taux de chômage avait atteint 11,6 %, le budget de l'Etat était en déficit continuel depuis 23 ans : il s'était même élevé certaines années jusqu'à représenter 40 % du PNB, la dette publique s'était élevée à 65 % du PNB et la confiance accordée aux emprunts publics allait en se dégradant régulièrement (ce qui renchérissait d'autant le coût des emprunts de l'Etat). Les dépenses publiques représentaient plus de 44 % du PNB, les capitaux fuyaient le pays en masse, et l'Etat s'impliquait de mille et une façons et dans les moindres détails de la vie économique. Le contrôle des changes était draconien. Ainsi, je ne pouvais pas souscrire un abonnement à une revue anglaise comme, par exemple, The Economist sans l'autorisation du ministre des finances et il me fallait abandonner ma nationalité si je voulais acheter des actions d'une société étrangère. Le contrôle des prix s'étendait à tous les biens et services, quelle que soit l'activité. Les rémunérations étaient soumises au contrôle des revenus et, à l'occasion, gelées. Je n'avais pas le droit d'augmenter les salaires de mes employés, ni de leur accorder une prime, même si je le considérais justifié. Les importations étaient sévèrement contrôlées. Des subventions énormes étaient versées aux entreprises industrielles pour leur permettre simplement de survivre. Les jeunes en âge de travailler s'expatriaient en masse." ...

Vous venez de lire la partie "constat de la situation".

Pour les réformes et leurs conséquences, il faudra revenir ...

A bientôt! 

Commenter cet article