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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

La mondialisation

20 Décembre 2005, 00:02am

Publié par Jacques Heurtault

Je reproduis ici un article d'un libéral qui défend son point de vue avec conviction.

Johan Norberg, Paris - Grande Arche de la Défense, 15 novembre 2003

A cette conférence, il n'y a pas d'antimondialistes ou d'altermondialistes. J'ai donc pensé qu'il fallait leur donner l'occasion de s'exprimer. Souvenez-vous : lorsqu'un général romain victorieux défilait sur son chariot, il était accompagné par un esclave chargé de lui rappeler sa mortalité. Par conséquent, je m'efforcerai de jouer le rôle de cet esclave, en rappelant à la mondialisation victorieuse ses défauts et les arguments qui s'y opposent. Or veuillez m'excuser si je donne en même temps la possibilité au général victorieux de répondre d'emblée aux accusations. Car il se peut qu'il mérite vraiment sa victoire.

1 - « La mondialisation engendre la pauvreté »

Regardez, disent les anti-mondialistes, les problèmes du monde s'aggravent de jour en jour. 1,2 milliards de personnes vivent avec moins d'un dollar par jour, la faim et la maladie font des ravages. La mondialisation libérale qui gouverne le monde, n'est-elle pas responsable de ces maux ?

Le problème, c'est que la pauvreté n'est pas un phénomène nouveau. Nous n'avons pas à expliquer pourquoi la pauvreté existe à l'heure de la mondialisation. La pauvreté a toujours fait partie de l'existence humaine. Ce qui est nouveau, c'est que certains pays et certaines régions commencent depuis quelques siècles à connaître la croissance économique, ce qui permet de réduire la pauvreté. Et grâce à la mondialisation, la croissance se répand désormais dans le monde.

Depuis la Seconde guerre mondiale, le PIB mondial par tête a augmenté deux fois plus que pendant toute l'histoire précédente. La pauvreté a diminué plus au cours de ces 50 années qu'au cours des cinq siècles auparavant. Le nombre de personnes vivant dans une pauvreté absolue - c'est-à-dire avec moins d'un dollar par jour - a diminué de plus de 200 millions depuis 20 ans selon la Banque mondiale, alors qu'au cours de la même période la population mondiale a augmenté de 1,8 milliards. Et il est possible de démontrer que la réduction de la pauvreté est encore plus importante.

Au cours des 30 dernières années, la faim chronique et le travail des enfants dans les pays en développement ont été réduits de moitié. Depuis 50 ans, l'espérance de vie a augmenté de 46 à 64 ans et la mortalité infantile a été réduite de 18 à 8%. Ces indicateurs sont meilleurs aujourd'hui dans les pays en développement qu'ils n'étaient dans les pays riches il y a 100 ans.

Pourquoi ? Parce que des idées, la communication et les technologies se sont répandues à travers le monde. La démocratie et la liberté progressent partout sur les cinq continents. C'est cela, la mondialisation. Ce progrès est le plus rapide dans les pays qui sont ouverts à la mondialisation. La hausse du niveau de vie dépend de la croissance économique, et les études démontrent qu'en moyenne les pays dont les marchés sont ouverts croissent 3 à 5 fois plus vite que les économies fermées.

2 - « La mondialisation accroît les inégalités »

D'accord, dira le dictateur cubain Fidel Castro, la prospérité augmente, mais seulement au prix d'une inégalité plus criante dans le monde, et un clivage Nord-Sud plus important. Dans un certain sens, il a raison. Ceux qui bénéficient des opportunités et de la liberté que donnent la mondialisation et le capitalisme créent des ressources et des richesses ; ceux qui en sont exclus, par exemple les Cubains, n'en font rien.

Certes, de grossières inégalités existent dans le monde. Mais celles-ci résultent d'une inégale répartition des institutions capitalistes : ceux qui vivent dans des pays capitalistes s'enrichissent - les autres restent pauvres.

La mondialisation a ceci d'étonnant qu'elle offre cette liberté à des gens qui ne vivent pas en Europe ou aux Etats-Unis. D'après un rapport récent de la Banque mondiale, 24 pays en développement avec une population totale de 3 milliards de personnes s'intègrent actuellement de plus en plus dans l'économie mondiale. Leur croissance par tête a augmenté de 1% dans les années 1960, contre 5% dans les années 1990. A cette vitesse-là, le citoyen moyen de ces pays verra son revenu doubler en moins de 15 ans.

(Petit exemple : avec un taux de croissance annuel de 3,5%, le PIB double en 20 ans. Aucune politique de redistribution ne saura jamais remplacer la croissance économique, qu'elle soit nationale ou internationale.)

3 - « La mondialisation exacerbe l'exploitation des pays pauvres »

D'accord, dira Naomi Klein, mais le problème c'est que les pays pauvres accèdent à la croissance économique seulement grâce à l'exploitation impitoyable des pauvres qui triment dur dans des ateliers dans des conditions atroces. Auteur d'un livre intitulé No Logo, elle prétend que les pays pauvres ont des emplois de pauvres. Elle a raison. Et quoi qu'en pensent ses jeunes admirateurs, ce n'est pas là un scoop digne d'un Prix Nobel. En vérité, il s'agit d'un problème de productivité : un ouvrier qui produit peu gagnera peu ; si son salaire était plus élevé, personne ne pourrait se permettre de l'embaucher. Cela n'a pas de sens que de comparer les conditions des pays pauvres avec celles des pays avancés, car la productivité dans nos pays développés est infiniment plus élevée. En revanche, ce qui est intéressant est de comparer les conditions de ceux qui travaillent au sein d'entreprises multinationales dans les pays pauvres avec les emplois alternatifs, c'est-à-dire avec d'autres personnes dans le même pays.

C'est alors que nous pouvons constater que dans les pays les moins développés, les firmes multinationales paient leurs employés deux fois plus que les employeurs du pays dans un même secteur d'activité. Et rappelons que ceux qui travaillent pour l'exportation gagnent toujours plus, quel que soit le pays. Ceux qui travaillent pour les firmes américaines dans les pays à faibles revenus gagnent en moyenne 8 fois plus que le salaire moyen du pays !

Récemment, je me suis rendu au Vietnam, un pays socialiste où l'on commence à réfléchir sur le bienfondé du socialisme. Lorsque le pays était menacé de famine au milieu des années 1980, ses dirigeants ont ouvert l'économie et libéralisé les marchés. Depuis, l'économie vietnamienne a doublé et la pauvreté a été réduite de moitié.

La raison principale en est la hausse en flèche des exportations. Autre élément essentiel : l'arrivée de multinationales étrangères qui ont offert au Vietnam l'accès aux bienfaits de la mondialisation - de nouvelles idées, des capitaux et des technologies nouvelles. L'entreprise Nike est souvent stigmatisée comme un ennemi des pauvres. Mais lorsque j'ai visité la succursale Nike de Saïgon, le délégué syndical local m'a raconté que même les dirigeants du Parti communiste utilisent les usines comme un exemple positif, où les ouvriers gagnent bien leur vie et bénéficient d'un environnement de travail sain.

Lorsque Nike s'est implanté il y a dix ans, les ouvriers marchaient des heures pour se rendre au travail ; trois ans plus tard, ils avaient les moyens d'acheter des vélos ; trois ans de plus, et ils y allaient tous en mobylette.

J'ai fait la connaissance de Tsi-Chi, une jeune femme vietnamienne. Son travail chez Nike lui a permis de délaisser son travail malsain sur la ferme familiale, où elle devait passer ses journées dehors sous le soleil brûlant ou pendant la saison des pluies. Aujourd'hui, elle gagne cinq fois plus qu'avant, plus que son mari - ce qui lui permet aussi d'être indépendante. Il y a une génération, elle aurait été obligée de mettre son fils au travail très jeune. Mais Tsi-Chi m'a dit qu'elle veut lui offrir une bonne éducation, pour qu'il puisse devenir médecin un jour. Elle n'est pas un cas exceptionnel. En réalité, la croissance a vaincu là où l'interdiction a échoué : depuis dix ans 2,2 millions d'enfants sont passés du travail à la salle de classe.

Si les multinationales et des salaires plus élevés représentent l'exploitation, alors notre problème est tout simplement que les pays pauvres ne sont pas suffisamment exploités …

Si les antimondialistes devaient obtenir gain de cause, si nous boycottions tous les produits fabriqués par la main d'œuvre bon marché, Tsi-Chi perdrait son emploi et serait contrainte de retourner à la ferme et de mettre son jeune fils au travail.

4 - « La mondialisation détruit les emplois occidentaux »

D'accord, dira l'auteur anticapitaliste Vivianne Forrester. La mondialisation signifie plus d'emplois dans les pays pauvres. Mais seulement au prix d'emplois en moins chez nous, et donc plus de licenciements et de chômage en Europe et aux Etats-Unis.

Cette préoccupation est pourtant absurde. Il y a environ 150 ans, presque 80% des Européens travaillaient dans l'agriculture. Une efficacité plus élevée a conduit à une production accrue, moins d'agriculteurs et des prix agricoles plus faibles. Et donc 70% de chômage ? Bien sûr que non, car les économies ainsi dégagées ont permis aux consommateurs d'acheter des produits qu'ils ne pouvaient s'offrir auparavant - vêtements, produits manufacturés, de meilleurs logements, de l'éducation, des soins médicaux. Et les gens étaient par conséquent embauchés pour fournir ces produits à la place. Moins de travail signifie une production plus importante, ce qui veut dire qu'à travail égal nous avons davantage de biens et de services. C'est cela, l'augmentation du niveau de vie.

Dans l'économie la plus efficiente du monde, l'économie américaine, les syndicats et des nationalistes tels que Pat Buchanan se plaignent de la déindustrialisation. Dans un sens, ils ont raison. Au cours de la seule décennie 1990, 1 million d'emplois américains ont été exportés et les entreprises réduisent constamment leurs effectifs. Il y a 50 ans, 3 Américains sur 10 travaillaient en usine, contre moins de 2 sur 10 aujourd'hui. Or cela représente une réussite et non un échec. Ceci a permis au travail et au capital américains de se consacrer à la création d'emplois nouveaux plus qualifiés dans des secteurs technologiques de pointe. A défaut de ce processus, le pays n'aurait pas ouvert la voie à l'énergie créatrice qui a donné naissance à Silicon Valley ou la croissance massive des industries du loisir et du divertissement pour lesquelles la demande est infinie. Oui, il est vrai que seul 1 Américain sur 10 travaille aujourd'hui en usine. Mais en même temps, un Américain sur dix travaille dans l'éducation, un sur dix travaille pour les industries de loisir et de divertissement, et encore un autre sur dix pour la finance, les relations publiques ou dans les technologies de l'information.

Les Etats-Unis ont peut-être perdu 1,3 millions d'emplois dans les années 1990 ; mais au cours de la même période ils ont créé au total 15 millions d'emplois nouveaux. Et ce ne sont pas là 15 millions d'emplois chez McDonald's. Car ces nouveaux emplois se situent dans les secteurs où l'économie américaine est la plus productive : plus de deux tiers des emplois créés ont un salaire au-dessus du salaire moyen.

Si en France vous craignez de perdre des emplois, au lieu d'incriminer la mondialisation, vous feriez peut-être mieux de regarder les obstacles à la création d'entreprises nouvelles et d'emplois nouveaux, c'est-à-dire les impôts, la réglementation du travail et l'interventionnisme étatique.

5 - « La mondialisation détruit l'environnement »

Nous sommes d'accord, diront Greenpeace et le Sierra Club, l'économie et le niveau de vie s'améliorent constamment. Or c'est l'environnement qui trinque, et cela se traduit par plus de pollution et la destruction des ressources naturelles non renouvelables.

S'il était ainsi, il faudrait expliquer pourquoi les villes les plus polluées ne sont pas Paris, Stockholm et New York, mais plutôt Pékin, Mexico et New Delhi. Partout dans le monde, il semblerait que la croissance économique et une meilleure protection de l'environnement aillent ensemble. Quatre chercheurs qui ont étudié cette corrélation notent avoir trouvé « un lien positif très fort entre nos indicateurs [environnementaux] et le niveau de développement économique ». Un pays trop pauvre ne peut se permettre d'avoir le souci de l'environnement. Ceux qui ne savent même pas comment nourrir leurs enfants le soir ne peuvent avoir conscience de ce qu'est la protection de l'environnement. Combattre la misère et nourrir sa famille sont nécessairement des problèmes prioritaires.

De plus, c'est la prospérité qui facilite la protection de l'environnement grâce à une société plus affluente. Une société plus riche peut se permettre d'aborder de front les problèmes écologiques pour mettre au point des technologies qui soulagent le milieu naturel - l'épuration des eaux et le contrôle des émissions polluantes, par exemple - et de corriger des erreurs du passé.

Contrairement aux idées reçues, la pollution n'augmente pas avec la croissance ; elle présente une courbe en U inversée. Lorsque la croissance économique d'un pays pauvre décolle et les cheminées commencent à rejeter des polluants, la nature souffre évidemment, mais une fois que la prospérité a atteint un certain niveau, les indicateurs environnementaux s'améliorent. Certains contre-exemples existent, tels que les CO2, mais d'une manière générale les émissions polluantes sont réduites. Au fur et à mesure, l'air et l'eau font montre de concentrations moins élevées de polluants.

Selon une étude des indicateurs environnementaux, le tournant se produit en général avant que le PIB par habitant n'atteigne 8,000 dollars. A 10,000 dollars par tête, les chercheurs ont trouvé une corrélation positive entre une hausse de la croissance et une meilleure qualité de l'air et de l'eau. Cela correspond à peu près au niveau de vie en Argentine, la Corée du Sd ou en Slovénie. Et nous pouvons constater que la tendance est inversée plus tôt qu'auparavant, car les pays pauvres peuvent bénéficier de nos erreurs et importer de meilleures technologies. Un exemple : la qualité de l'air dans les mégalopoles chinoises qui sont parmi les villes les plus polluées du monde, a été stabilisée depuis le milieu des années 1980, voire s'est lentement améliorée dans plusieurs cas. Et cela s'est accompagné d'une croissance économique sans précédent.

Souvenons-nous cependant d'une chose. Le problème environnemental le plus grave ne concerne pas les usines, les cheminées ou la pollution automobile. Le pire problème environnemental, c'est le milieu naturel qui dans son état originel est un danger mortel pour les humains. Chaque jour, plus de 6,000 personnes dans les pays en développement meurent de la pollution de l'air lorsqu'ils utilisent du bois, du fumier ou des déchets agricoles pour se chauffer ou pour faire la cuisine. Chaque jour, 14,000 personnes meurent dans les pays pauvres à cause de maladies transmises par l'eau. Ce sont là des problèmes simples à résoudre, à condition de bénéficier de la croissance, de la technologie et de l'industrie - tout ce que les écologistes détestent. En vérité, la prospérité et la mondialisation permettent à la fois d'améliorer l'environnement et de sauver des vies humaines.

6 - « Le libre-échange n'est pas équitable »

Bon, disent les antimondialistes d'Attac en France, vos chiffres sont peut-être exacts, mais vous oubliez les rapports de force. Le problème dans le monde actuel est que les pays riches fixent les règles de l'économie mondiale, et les pauvres n'ont pas d'autre choix que de les accepter.

Pour une fois, je pense qu'ils ont raison ; mais non dans le sens où ils l'entendent. Le problème n'est pas que les pays riches essaient d'entraîner les pays pauvres dans un guêt-apens mondialiste libéral. Mais que nous essayons de les exclure du libre-échange mondial. Le problème n'est pas l'absence d'un « commerce équitable », mais l'absence de libre-échange.

Au cours des cinquante dernières années, les pays occidentaux ont libéralisé les flux commerciaux, mais nous avons excepté deux domaines importants : les textiles et l'agriculture. Il se trouve que ces secteurs représentent des produits à forte intensité de main d'œuvre que les pays pauvres sont capables de fabriquer aux premiers stades de leur développement. Ainsi, nous avons donné aux pays en développement le droit de vendre tout ce qu'ils ne peuvent produire. La Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement estime que les pays en développement pourraient augmenter leurs exportations à raison de 700 milliards de dollars par an si nous décidions d'abandonner notre politique protectionniste. Cela représente 14 fois le montant accordé en aide au développement à ces pays.

Depuis la libéralisation de l'économie chinoise, il ne reste plus que trois économies planifiées dans le monde : Cuba, la Corée du Nord et la Politique Agricole Commune de l'Union européenne. Cette dernière exclut les produits des pays pauvres à l'aide de quotas et de taxes, mais elle subventionne également nos agriculteurs à hauteur de milliards. Au travers de subventions à l'exportation et des « aides » alimentaires, nous nous débarrassons de nos excédents dans les pays pauvres, pour mieux éliminer l'agriculture locale. La Suède produit du sucre au prix fort, au lieu de l'importer de pays qui bénéficient de meilleures conditions et d'une main d'œuvre moins coûteuse. Une vache moyenne de l'Union européenne reçoit plus en subventions chaque jour que ce qu'ont 3 milliards de personnes dans les pays en développement pour vivre.

Or mettre fin aux subventions et au protectionnisme n'est pas un acte de générosité, mais tout simplement une décision rationnelle. Car ce que nous coûterait cette décision ne représente qu'un tout petit profit catégoriel. Les entraves au libre-échange et l'aide à l'agriculture et l'horticulture accordée par les pays de l'OCDE s'élèvent à pratiquement 1 milliard de dollars par jour. Un tel chiffre est difficile à appréhender : 1 milliard est une fortune, mais 300 milliards n'est guère plus qu'un chiffre. Pour mieux comprendre, je peux vous dire que pour cette somme, il serait possible d'emmener toutes les vaches de l'OCDE (60 millions !) faire le tour du monde en avion en classe affaires, et cela tous les ans. Et chaque vache aurait en plus près de 2,000 dollars en argent de poche à dépenser dans les magasins d'aéroport …

Voilà la somme que nous, contribuables et consommateurs, sommes contraints de verser chaque année afin d'empêcher les pays pauvres de nous faire concurrence.

Exactement, disent Oxfam et le Third World Network. Le protectionnisme occidental est un qu'il faudrait abandonner. En revanche, les pays pauvres devraient être protectionnistes et protéger leurs marchés contre les produits occidentaux.

Mais ces associations sont mercantilistes ; elles n'ont pas compris que ce dont ont besoin ces pays, ce sont non seulement des exportations, mais aussi des importations. Les importations sont nécessaires aux consommateurs, pour la concurrence et la spécialisation, et pour combattre les monopoles.

De même, l'exportation a besoin de tarifs douaniers faibles. Environ 40% des exportations venant de pays en développement vont à d'autres pays en développement. Si les consommateurs pauvres sont obligés de payer au prix fort des produits émanant de leur propre pays, ils ne seront pas libres d'acheter aux entreprises des pays voisins, auquel cas les producteurs y perdront aussi. Ils obtiendront éventuellement un monopole sur leur propre marché, mais en revanche ils ne pourront vendre ailleurs. Les droits de douane que s'infligent les pays en développement entre eux sont actuellement deux fois et demi plus élevés que ceux en vigueur dans les pays industriels par rapport aux pays en développement. Ainsi, plus de 70% des droits de douane versés par des pays en développement sont levés par d'autres pays en développement. Il s'ensuit que les pays pauvres profiteraient plus d'une libéralisation chez eux que d'une libéralisation de la part des pays riches.

Conclusion

Ce sont là les arguments les plus forts contre la mondialisation que j'ai rencontrés au cours de mes voyages et discussions. Comme vous l'aurez compris, je ne suis pas du tout convaincu. La mondialisation mérite de gagner, et encore plus aujourd'hui que hier.

Il est de bon ton chez les anti-mondialistes de conclure un discours en détaillant le nombre de personnes du Tiers Monde qui sont morts par la faim ou la maladie pendant l'exposé. Cela sert à mettre en valeur la misère du monde. Pour conclure un discours sur la mondialisation, je pense qu'il est plus utile de faire le contraire, de rappeler le progrès qui se poursuit en ce moment même. Car il convient de rappeler que la misère, la pauvreté et la mort prématurée ne sont pas des nouveautés ; la prospérité et une meilleure espérance de vie, oui.

Depuis que j'ai commencé mon discours, 345 personnes sont passées de la faim à un niveau de nutrition relativement acceptable. Depuis une demi-heure, 570 personnes ont fait la transition de la pauvreté absolue à un niveau de vie qui ressemble à une classe moyenne mondiale

C'est cela le potentiel du capitalisme, c'est cela la promesse de la mondialisation. Et c'est pourquoi j'estime qu'elle mérite d'être défendue.

 

 

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Ego 21/12/2005 01:13

Comment pourrais-je ne pas être d'accord ?

Daumont Jean 20/12/2005 15:28

Excellent discours, qui a néanmoins un tort majeur, celui de contrevenir à un discours devenu conventionnel opposant les riches et les pauvres...
Il est certain qu'il y a un progrès continu de la situation matérielle dans le monde : la France et l'Europe en sont le meilleur exemple depuis deux siècles... Mais on peut tout de même souhaiter que ce progrès s'accélère dans les autres pays dits "en voie de développement", d'autant plus qu'ils doivent faire face à une explosion démographique au moins transitoire... C'est possible dans le cadre d'une politique mondiale intelligente facilitant à la fois la mise en valeur de leurs ressources et le développement de leurs exportations, au prix de certains sacrifices des pays dits "riches", mais aussi d'une taxation des bénéfices hors investissements de cetaines entreprises internationales (ex:pétrole) dont les profits colossaux sont une insulte à la misère du monde... Ne serait-ce que pour traiter les problèmes urgents qui relèvent de la solidarité élémentaire, comme la lutte contre la faim et le sida en Afrique...