Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Programmes scolaires et Parlement

24 Décembre 2005, 17:52pm

Publié par Jacques Heurtault

Comme si nous n'avions pas assez de problèmes à résoudre, d'aucuns se chargent d'en créer de nouveaux ...

Il est vrai que un de plus ou un de moins ...on ne voit pas bien la différence!

Certains statisticiens pourront toujours se consoler : en créant un problème nouveau, on augmente, certes, le nombre de problèmes mais le pourcentage d'augmentation, lui, diminue ...puisque le dénominateur augmente alors que le numérateur reste égale à 1!

Autrement dit, la croissance diminue (sic!).

En cette veille de Noël, on a quand même bien le droit de rigoler un peu ...

De quoi s'agit-il? C'est non seulement la célèbre question du Maréchal Foch, mais encore ... la vôtre.

Je veux tout simplement parler de cette invraisemblable polémique relative au fameux (?)  article 4 de je ne sais plus quelle loi qui parle du rôle positif de la colonisation.

Ma première remarque sera de dire qu'il est, une fois de plus, démontré que les lois "de circonstance" sont presque toujours de mauvaises lois. En fouillant dans la colonne de droite (citations) vous trouverez sûrement quelque chose à ce sujet.

Dans la mesure où le parlement est, inévitablement, la caisse de résonnance de l'opinion publique, on trouve, de temps à autre, un texte voté dans un contexte; ça ne rate jamais : on obtient (que l'on me pardonne!) un con-texte, autrement dit, plus clairement, un texte con!

Ma deuxième remarque sera de dire que les énervés "de gauche" feraient mieux de réfléchir un peu plus avant de lancer un invraisemblable anathème contre l'immixion du Parlement dans les programmes scolaires.

Pour autant qu'on sache, les programmes scolaires sont décidés par on ne sait pas exactement qui si ce n'est des fonctionnaires qui ne sont responsables devant personne ... Si je me trompe, il y aura bien un commentaire qui nous apportera des précisions.

En outre, si on veut, coûte que coûte, abroger le fameux article 4, il va falloir abroger, aussi, la loi relative à la reconnaissance du génocide arménien perpétrés par les turcs (qui veulent néanmoins adhérer à l'Union européenne sans avoir à se remettre en question sur ce sujet "sensible") adoptée sous la menace d'attentats terroristes (avec passage à l'acte effectif, s'il vous plait! Tant qu'à faire, pourquoi se gêner ...).

Itou pour la loi dite "loi Gayssot" du nom de son auteur principal relative à l'interdiction de remettre en cause la réalité du génocide des juifs par les nazis sous peine d'être poursuivi du délit de négationisme ...

Bref, un vrai pataquès!

Au moins, on saura que si la loi du communiste Gayssot (excellent ministre des transports, soit dit en passant) est abrogée, ce sera à cause de ... la gauche!

Un vrai pataquès, je vous dis ...

Il faut en sortir au plus vite.

Aussi je propose que les programmes scolaires soient votés par le Parlement à la majorité qualifiée des trois quarts.

Cela signifie que trois quarts des membres du Parlement, pour chacune des chambres (Assemblée Nationale et Sénat), devront approuver le contenu des programmes scolaires, jusqu'au lycée (mais pas au delà).

Ceux-ci devront faire l'objet d'une révision périodique qui ne pourra être inférieure à dix ans ni supérieure à vingt ans. Autrement dit, une fois votés, lesdits programmes seront valables et intouchables pour au moins dix ans et au plus vingt ans.

Il faut cependant résoudre, au préalable, un autre problème : ni dans notre Constitution ni dans nos lois organiques nous ne disposons de cette procédure dite "majorité qualifiée" qui est pourtant extrêmement courante dans les instances de l'Union européenne.

On y réfléchira plus tard! Ce soir, c'est Noël ... le rôle positif de la colonisation peut attendre.   

Commenter cet article

Daumont Jean 27/12/2005 16:36

Vous avez eu raison de dire que notre débat est exemplaire, même s'il faut rester modeste... En effet, nous avons manifestement évolué dans nos opinions en discutant.
En la circonstance, je suis d'accord avec votre proposition de nommer les Inspecteurs Généraux pour une durée limitée (8 ans me paraît un durée satisfaisante) , proposition que j'étendrai aux Recteurs d'Académie. Cette proposition n'aurait pas seulement l'avantage d'éviter une "installation" dans les fonctions, elle créerait un courant d'air en permettant une promotion des Inspecteurs Pédagogiques Régionaux les plus qualifiés, le remplacement de ceux-ci permettant une promotion élargie des meilleurs professeurs... Reste le problème de "l'utilisation " des ex-Inspecteurs Généraux, s'ils ne sont pas atteints par la limite d'âge : retour à l'enseignement (supérieur) ou mission (avec maintien de l'échelle-lettres ou des promotions indiciaires afférentes aux anciennes fonctions...)

Jacques Heurtault 27/12/2005 14:48

Nous sommes presque d'accord. On pourrait imaginer que ces inspecteurs généraux soient nommés, pour une durée limitée (8 ans, par exemple), inamovibles afin de les préserver de toutes pression, pour un seul mandat afin qu'ils ne s'installent pas dans le poste pour finir par s'en croire propriétaires.
Aux Etats Unis, ce mode de nomination des très hauts fonctionnaires est monnaie courante. Cela se fait après audition devant le Sénat (dont le poids politique est très supérieur à celui des "representatives", autrement dit les députés).

Daumont Jean 27/12/2005 14:22

Le problème étant ainsi clarifié, je veux bien admettre que les Inspecteurs Généraux puiisent être reçus par une Commission Parlementaire, afin de discuter éventuellement des programmes scolaires. Dans ce cas, le Parlement fait son travail en se préoccupant des conditions d'application des lois et décrets concernant l'Education Nationale.
Néanmoins, afin que le choix final des programmes, notamment dans les disciplines sensibles (ex:histoire, philosophie...) ne soit pas "politique" (et ne varie donc pas en fonction des alternances de majorité...), il convient de le laisser aux Inspecteurs Généraux dont cela doit rester la "responsabilité" et qui sont d'ailleurs de hauts fonctionnaires désignés en particulier pour cette tâche et qui, en principe, ne doivent ni exprimer des opinions politiques, ni être l'objet de pressions, quellles qu'elles soient...
En effet, vous n'ignorez pas que, dans certains pays (ex : Chine, mais aussi anciennes colonies - thème d'actualité - ),l'histoire est manipulée, voire contrefaite). Ce n'est certes pas le cas de la France, mais il ne faut pas mettre le doigt dans l'engrenage déjà engagé avec l'amendement Vanneste, la loi Taubira, la loi Gayssot, la mise en examen de l'historien Olivier Pétré-Grenouilleau... corespondant à une "sanctuarisation" de certains domaines, où la "liberté de débattre " - qui n'a rien de nécessairement "sacrilège" - n'existe plus...

Jacques Heurtault 26/12/2005 15:19

Nos débats qui ont toujours été d'une haute tenue vont devenir un exemple, un modèle même, de ce que devraient être les débats politiques sur des sujets de fond.
Il ne faut pas confondre le travail de recherche des historiens qui, comme tous les travaux de recherche, doit être complètement soumis aux "lois" de la recherche scientifique (indépendance d'esprit, rigoureuse objectivité dans le travail d'analyse et de synthèse, pondération dans les conclusions, fourniture des preuves indéniables même si elles ne font pas plaisir, etc.) et le choix de ce que l'on doit enseigner à nos enfants (choix qui, quel qu'il soit, est FORCEMENT politique).
Quant à la méthode, est-il aberrant de concevoir que, à un moment donné, les inspecteurs généraux qui élaborent tous les programmes scolaires (jusqu'au lycée) mais probablement pas les programmes universitaires, viennent devant le Parlement défendre les choix qu'ils proposent de retenir?
Il n'a jamais été question, dans mon esprit, d'une quelconque bataille de chiffonnier avec l'avalanche d'amendements, de sous-amendements et que sais-je encore!
Si nous retenons le principe d'une nécessaire "majorité qualifiée", il faut alors désesperer de la démocratie pour penser que le Parlement ne soit pas capable d'arriver à un consensus.
La démocratie est une valeur particulièrement sûre : elle a juste besoin d'être organisée sans être manipulée.

Daumont Jean 26/12/2005 12:31

Vous savez que, sur beaucoup de sujets, j'approuve vos thèses... Je me sens d'autant plus libre de réfuter totalement votre opinion concernant l'objectivité de l'Histoire...
Quand j'affirme qu'un historien doit être objectif et n'a pas à se livrer à une comparaison d'un époque à une autre, je n'exprime pas une opinion personnelle : je ne fais que répéter ce que Marc Bloch exprime dans son livre "Le métier d'historien" Ed.Colin 1952 (page 69 : Juger ou comprendre) et ce que soulignent 10 historiens actuels dans un pétition "Pour une histoire libre" (Figaro Littéraire du 22 décembre 2005 page 3) où ils affirment que, dans un Etat libre, il n'appartient ni au Parlement, ni à l'autorité judiciaire de définir la vérité historique" , et ajoutent que "l'Histoire n'est pas un objet juridique"... Certes, je n'gnore pas que des personnes d'autorité ne prononcent pas nécessairement des "paroles d'autorité", mais je pense qu'elles expriment au moins des "paroles aurorisées"...
Quant à "l'irresponsabilité des fonctionnaires", ayant moi-même été fonctionnaire, je me garderai bien d'en brosser un tableau idyllique, car il y certes parmi eux des "lâches", des gens qui "ne veulent pas d'histoire" (dans un autre sens !). Mais il y a des fonctionnaires responsables dits "fonctionnaires d'autorité" : j'en ai été et je peux témoigner qu'il doivent répondre de leur action. J'ai même personnellement payé mon refus d'appliquer ce que je jugeais inacceptable (ex: la suppression autoritaire des redoublements dans l'Education Nationale). En la circonstance, s'agissant des programmes scolaires, ceux-ci sont décidés en comité par les Inspecteurs Généraux concernés, et on peut penser qu'ils sont des ges "gens autorisés", sinon "d'autorité"...

Jacques Heurtault 25/12/2005 21:46

Bonsoir Monsieur Rudelle,

Mille fois d'accord avec vous quant au nombre des lois. Pour préserver sa dignité, le Parlement aurait intérêt à ne plus JAMAIS voter de loi dites "de circonstance"; de celles que l'on fait passer à la faveur d'une pression de "la rue" quand ce n'est pas sous la pression des attentats (génocide arménien : rappelez-vous, dans les jours qui ont précédé le vote, un attentat avait été organisé, à Paris, par je ne sais plus quelle faction "arménienne" qui voulait que le Parlement vote une loi car cette faction n'entendait pas se satisfaire d'une simple déclaration officielle).
Les deux garde-fous que je propose (majorité qualifiée et durée minimum entre de 2 révisions de 10 ans) devraient répondre favorablement à vos inquiétudes.

Jacques Heurtault 25/12/2005 20:20

Donc, si je comprends bien votre point de vue, les programmes scolaires doivent être élaborés par des fonctionnaires ... qui ne sont responsables devant personne?
Un historien, pas plus que n'importe quel autre homme (ou femme, évidemment!), ne peux prétendre à l'objectivité et ceci pour deux raisons :
Parmi les faits constatés, compte tenu qu'il est impossible de les enseigner tous, il faut faire des choix ... lesquels sont inévitablement politiques (de par la nature même de la politique, au sens le plus noble du terme).
En outre, nous devons nous poser la question fondamentale : que voulons nous que nos enfants sachent? Pas seulement dans le domaine historique, mais dans tous les domaines ... y compris les intégrales, les équations différentielles du second ordre, la diagonalisation des matrices et les polynômes de Legendre etc.
Je n'ai jamais dit qu'il fallait que le Parlement débatte de ce sujet au cours des séances de questions au Gouvernement, le Mercredi après-midi, lorsque les caméras de France III sont là!
Il y a mille et une manière d'organiser un tel débat ... La majorité qualifiée que je propose d'instituer permet de garantir l'absence de clivage majorité/opposition (quelquefois à une voix près!).
Quant au créationnisme, je dirai simplement que si certains partisans des thèses de Darwin n'en avaient pas tiré argument pour conclure que Dieu n'existe pas, d'autres n'auraient peut-être pas pris "le mord au dents" pour contester ces conclusions-là que Darwin n'a jamais, à ma connaissance, lui-même défendues.
Je concluerai sur un autre point : faut-il continuer à enseigner le latin, le grec (ancien)? Ne serait-il pas plus judicieux d'enseigner, désormais, l'éthymologie de TOUS les mots (et il en aura de plus en plus qui ne viendront ni du latin ni du grec)?

Jean-Baptiste Rudelle 25/12/2005 20:12

En effet. Permettre au parlement de voter les programmes scolaires fait rentrer dans un engrenage qui sera difficile à controler. Déjà, on se plaint régulièrement de l'inflation de lois qui encombrent le parlement, alors stop à la dérive. On a une facheuse tendance en France à vouloir légiférer sur tout. Pitié ! Moins de lois, et des lois plus simples svp.

Daumont Jean 25/12/2005 19:04

Le problème est simple et ne mérite même pas réflexion : un historien doit être objectif et n'a pas à se livrer à une comparaison d'une époque à une autre et à en tirer des jugements. Le seul contrôle valable au niveau du Parlement est de vérifier que les programmes scolaires et leur application sont conformes à cette objectivité, qui est la base de la laïcité dont il est légalement responsable. Où va-t-on si le Parlement se mêle des programmes, non seulement en Histoire, mais en Philosophie, en Sciences Naturelles (Réf: le créationnisme aux Etats-Unis...), et pourquoi pas des intégrales en Mathématiques...