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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Une histoire vraie : un cadre dirigeant au chômage.

7 Janvier 2006, 10:40am

Publié par Jacques Heurtault

J'ai trouvé ce "post" sur le forum des Echos. Je vous le livre ainsi que ma réponse.
Début de citation :
"Faut-il contrôler les chômeurs ?

A propos de votre article du 19 avril : « le tabou de la réforme du contrôle des chômeurs » …

Il en est du chômage comme, peut-être, de la prison, on ne devrait en parler que quand on l’a vécu.

J’étais cadre dirigeant et salarié dans une entreprise de services. La société qui était en parfaite santé a été vendue par son actionnaire fin 2003, et toute l’équipe de direction a été remerciée dans les 15 jours (classique du genre…)

Agé de 50 ans, reconnu par mes pairs, et ayant fait jusque là une brillante carrière (sans exagérer…) le ciel m’est tombé sur la tête.

Le ciel et le reste : toutes les charges qui continuent à courir, le divorce et toutes ses conséquences…

Bref, atterrissage dans la case ASSEDIC dans un état totalement groggy. Alors ce jour là, moi qui voyais cet organisme comme un réservoir à fainéants professionnels, j’ai béni les dieux qu’il veuille bien me recueillir et m’aider à me réanimer.

Ici commence donc la quête d’un nouvelle occupation : le réseau d’abord qui bizarrement ne vous connaît presque plus, et puis la courses aux annonces.

Je ne sais quantifier le nombre d’offres auxquelles j’ai répondu, j’ai tout essayé, mais je n’ai jamais reçu une seule proposition d’entretien.

J’ai pourtant postulé dans des secteurs différents du mien dès lors que mes compétences correspondaient à la recherche, j’ai postulé dans plusieurs régions françaises et aussi à l’étranger, j’ai postulé pour des salaires quatre fois inférieurs au mien, je ne me suis jamais accroché à mes ex prérogatives, mais pas la moindre réaction.

Je me suis bien sûr aussi inscrit sur tous les sites internet possibles, pas plus de résultat, aucun contact, refus de tout commentaire au téléphone.

Et à ce jour j’en suis toujours au même point. Alors bien sûr j’ai voulu savoir pourquoi. J’ai fini par « faire parler » quelques DRH à propos de mon cas, leur réponse, même dite à voix basse est claire et unanime : à 50 ans oubliez tout espoir de retrouver un job salarié.

Alors voilà . Je me reconnais dans les 10% de votre article qui coûtent 30% des ressources ASSEDIC, et croyez moi bien cela ne me complexe en aucun cas. Personne ne s’est posé de questions lorsque je cotisais, lorsque je réglais mes « primes d’assurance ». Alors, que l’assurance m’indemnise aujourd’hui selon les termes du contrat passé me semble tout à fait légitime.

Un point positif dans tout cela : je ne parlerai plus bêtement et idiotement de la condition de chômeur comme je le faisais auparavant, comme le font ceux qui n’y sont pas passés, car je l’aurai vécue.

Si les caisses des ASSEDIC sont mal en point ce n'est parce que les chômeurs coûtent individuellement trop cher, c'est tout bêtement parcequ'il y en a trop. S'il y en a trop c'est parce que les carcans règlementaires concernant le travail sont hallucinants dans ce pays . Je sais de quoi je parle, j'ai entre autres choses dirigé un établissement de production de 700 personnes, et durant cette aventure je passais le plus clair de mon temps à gérer des problèmes RH plutôt qu'à améliorer mes résultats opérationnels.
De grâce n'accablez pas davantage les victimes. Il y a sûrement quelques tricheurs, mais sûrement pas beaucoup.
Et puis, lorsqu'on découvre dans la presse d'aujourd'hui, que Monsieur Daniel BERNARD, ex pdg de Carrefour, va percevoir 34 millions d'euros après s'être fait débarquer pour insuffisance de résultats, je vous pose la question : qui sont les vrais pilleurs dans cette société ?" Fin de citation.

Voici ma réponse sur le même forum.

"La description de votre parcours professionnel me conduit à réagir dans le sens que vous dites.
Oui, il y a trop de chômeurs dans ce pays!
Oui, le pays étouffe sous une invraisemblable chappe administrative qui provoque une authentique dilapidation de ressources qui seraient mieux employées ailleurs, dans l'investissement industriel notamment.
Oui, quand on occupe un poste de responsabilité comme cela a été votre cas, il faut se faire à l'idée que l'on a bien peu de chances de retrouver un emploi équivalent, voire même simplement salarié (l'employeur a bien trop peur que vous lui preniez, à terme, sa place).
Oui, il faut donc se prémunir contre ce risque avec un "golden parachute".
Oui, dès que l'on entre dans une entreprise, il faut songer, à la signature, au contenu du contrat et à la perspective d'un départ non-souhaité, tout comme on doit songer au divorce quand on signe son contrat de mariage.
Dites-le à vos enfants, petits enfants ...
C'est un agent de l'Anpe qui vous donne ces conseils ..."

 Fin de citation.

Commenter cet article

enzo d'aviolo 03/03/2006 15:39

UNE EPOQUE FORMIDABLE....le Film déjà ancien.......rien n'a changé bien au contraire....

Éric 13/01/2006 09:57

Bonjour à tous,

Je dirais à ce chômeur de 43 ou de 50 ans, bienvenue au club. Les seuls "jobs" où on trouve "facilement du travail" c'est gardien de nuit, ça permet de faire reculer l'huissier de justice, ça libère du temps dans la journée pour s'occuper et entre autre ça permet de bouffer.
Le défaut, on perd toutes les aides qu'on avait en tant que chômeur et ça permet juste de vivoter jusqu'à la retraite. C'est pas reluisant mais, il y a pire.
Un conseil : attention au fisc qui réclame de l'argent comme si vous aviez votre ancien salaire, attention au banquier qui est prêt à vendre votre maison dès qu'il sait que vous êtes au chomage.
Bon courage à tous ceux qui sont dans le même cas

Éric.

PS : Je ne mets plus mon e-mail en clair parce que j'ai ma boite aux lettres envahie de spam.

Daumont Jean 07/01/2006 15:15

Si vous n'aviez pas donné l'âge de ce cadre au chômage et cité le Forum des Echos, j'aurais pu penser que vous aviez "monté" un récit anonyme inspiré par le cas de mon propre fils, également cadre au chômage à "seulement "43 ans, à la suite d'un licenciement "économique" consécutif à une n-ième restructuration d'une Société alimentaire "française" rachetée entre Sociétés anglaises et américaines seulement soucieuses d'augmenter de quelques "pour-cents" les revenus des actionnaires... Vous citez le cas caricatural d'un ex-Président de Carrefour, en fait c'est tout le système qu'il faut mettre en cause, avec cette notion exclusive de "rentabilité économique" qui n'est pas équilibrée par une "rentabilité sociale"... Vaste programme !...