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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Allocation d'existence (3)

18 Juillet 2006, 19:00pm

Publié par Jacques Heurtault

Je reste sur le même thème, celui de l'allocation d'existence. Il s'agit, je le redis pour ceux qui prennent la lecture en cours de route, de profiter de la période estivale pour redonner vie active à quelques une de mes propositions audacieuses qui n'ont eu pour seul tort que d'avoir été diffusées à une période où mon blog n'avait pas l'audience qu'il a maintenant.

Début de reprise :

"Dans un de mes articles, je me suis essayé à un chiffrage individuel. Le but était de démontrer qu'une attribution forfaitaire uniforme pour chacun, financée par un prélèvement proportionnel aux revenus, avait bel et bien un caractère redistributif.

Je l'ai fait pour combattre l'idée selon laquelle les "riches" ne devraient pas recevoir les allocations familiales car ils n'en ont pas besoin d'une part, que le taux d'imposition progressif est juste car les "riches" doivent payer plus puisqu'ils en ont les moyens d'autre part.

Aujourd'hui, après avoir expliqué que la mise en place devait avoir lieu progressivement, "par les deux bouts" (les nouvelles naissances et les personnes les plus agées), je vais essayer de chiffrer en macro-économie (incidence globale sur le budget de l'Etat, coût global de la mesure).

Nous savons que la France compte 63 millions d'habitants, qu'il y naît environ 800 000 bébés chaque année, qu'il meurt environ 500 000 personnes.

Convenons que le montant de cette allocation d'existence versée à toute personne vivante et en situation régulière soit de 150 euros par mois. Soit 1800 euros par an. Soit 1,44 milliard d'euros (800 000 X 1800) pour la première année si on se limite au "bout" des nouveaux nés.

Si on retient l'idée qu'il faut "incrémenter" le nombre de nouveaux entrants chaque année, la deuxième année coûte 2,88 milliard d'euros et ainsi de suite. Si on s'arrête aux 18 ans fatidiques, il faudra donc 18 ans pour que la mesure prenne toute son ampleur. Elle coûtera alors, chaque année, 25,92 milliards d'euros. Pour fixer les idées, c'est un peu moins que la moitié du rendement de l'impôt sur le revenu ou encore 5 fois le coût du RMI, un peu plus que le rendement de la taxe intérieure sur les produits pétroliers ... Autrement dit, c'est supportable. Si on tient compte que les autres allocations de toute nature versées pour ces mêmes enfants sont supprimées, purement et simplement, que le mécanisme du quotient familial est lui aussi supprimé (pour ces enfants seulement), c'est TRES facilement acceptable du point de vue du coût. Cela ne l'est peut-être pas du point de vue politique ... mais c'est une autre histoire.

Il y a cependant un problème : la mise en oeuvre complète est longue (18 ans!), beaucoup trop longue ... 

D'où l'idée d'accélerer le processus en doublant la cadence ... La deuxième année, on met en oeuvre la mesure non seulement pour les nouveaux-nés de l'année et ceux de l'année précédente mais aussi pour les enfants agés de deux ans. A ce rythme, 10 ans suffisent pour rendre mature cette allocation versée pour tous les enfants mineurs. Cela fait quand même DEUX législatures! Vouloir aller plus vite semble un peu hasardeux pour une révolution culturelle de cet ordre.

Il faut voir l'autre "bout" (les personnes agées). La difficulté est plus grande. Il est en effet impensable de ne verser que 150 euros par mois et par personne ... Il faut envisager 450 euros par mois pour plusieurs millions de personnes. Sauf, évidemment si on fixe le premier seuil à ... 90 ans! Mais cela risque de ne pas être compris ....

Prenons comme seuil d'intervention les personnes agées de plus de 75 ans. Elles sont 7,7% de la population totale soit 4 851 000. Si on leur verse 450 euros par mois, cela représente une charge que j'arrondis à 26,2 milliards d'euros qu'il faut financer CHAQUE ANNEE. C'est à peu près la même somme que celle nécessaire au financement de l'allocation d'existence pour les moins de 18 ans.

Pour avoir une vision correcte, il ne faut pas oublier de déduire tout ce que l'on récupère en ne versant plus aucune autre forme d'aide publique. N'en font évidemment pas partie les retraites qui ont été financées par cotisations réelles.

On le voit, ce projet est tout à fait réaliste.

Fin de la reprise.

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Camille 19/07/2006 19:13

Retrouvez le point de vue des communistes de Paris 14ème:
http://pcf-paris14.over-blog.org

BARON 07/07/2006 09:39

Bonjour
je propose le SDV (salaire de vie) qui rejoint un peu l'idée de l'allocation d'existence.
Le principe du SDV étant de supprimer et de remplacer toutes les prestations sociales existantes. Afin de permettre à l'état d'octroyer un revenu suffisant pour les besoins essentiels de chaque citoyen (e) en cas de perte de revenu ( chômage, handicap, retraite )
Les citoyens doivent s'assumer suivant leurs revenus et  prévoir une assurance pour une éventuelle perte de revenu. L'état se doit de protéger chaque citoyen en lui fournissant un véritable salaire en cas de perte de revenu.
Comment faire pour chiffrer le SDV ?
MON SITE
www.e-monsite.com/sdviste/

Jacques Heurtault 07/07/2006 16:23

Il y a une différence très sensible entre votre concept de "salaire de vie" et celui d'allocation d'existence que je propose.1. L'allocation d'existence est versée à toute personne qui "existe" (en situation régulière, évidemment!), quelquesoit son revenu ou sa situation. Ce n'est donc pas lié aux "accidents de la vie".2. Elle est conçue dans un but de simplification de la gestion de l'invraisemblable bazar que nous avons actuellement (24 allocations diverses gérées par la Caisse Nationale d'Allocations Familiales ...).3. Nous sommes cependant d'accord sur un point : chacun doit assumer sa vie (assurance chômage, par exemple).4. "Mon système" (je n'ai rien inventé, tout au plus ai-je donné mon éclairage personnel sur la manière dont je la conçois) est plus simple à chiffrer (X euros par mois x nombre de personnes vivant sur le territoire). Par exemple : 500 euros par mois, soit 6.000 euros par an pour 62 millions de personnes, cela fait 372 (trois cent soixante douze) milliards d'euros par an. Ce n'est pas rien. La TVA n'en rapporte que 130 milliards par an. Mais le Produit Intérieur Brut est d'environ 1.200 milliard d'euros par an.Avant d'envisager le chiffrage, il faut affiner le concept. Si vous partez sur des conditions de ressources, vous êtes "mort", vous ne vous en sortez plus. En tout état de cause, je ne vous suis plus d'aucune aide car je suis incapable de procéder au chiffrage de telles hypothèses.

Jacques Heurtault 22/01/2006 10:36

Ah! Sans être d'accord avec vous, je dois vous reconnaitre une foi de charbonnier ...  J'espère simplement que votre commentaire va en amener d'autres, aussi toniques.
Voyez mes propositions sur la révision de la liste électorale. Elles ne sont si éloignées des vôtres.
Quant à l'interdiction de manifester qu'il faudrait imposer à ceux qui n'ont pas voté, cela n'est pas idiot dans son principe....
Faites moi l'honneur de passer du temps à la lecture de mes propositions et d'y apporter vos commentaires.
Merci.

Thomas Le Moqueur 22/01/2006 09:55

Vous semblez obsédé par les chiffres. ...Mais non, l'existence ne coûte rien, si nous parlons dans l'absolu. L'argent n'a, en soi, aucune valeur - ou, si vous voulez, il a celle que nous lui donnons. De ce raisonnement il résulte la conclusion suivante: l'Etat de n'importe quel pays a les moyens de dicter comment il veut que la vie de ses citoyens se passe. Par exemple, dans le nôtre, les dirigeants pourraient édicter la règle que les retraités auront tout ce dont ils ont besoin, sans discuter d'argent. Cela vous étonne? Il ne faut pas: nous vivons à une époque de surproduction dans tous les domaines et - surtout - de gaspillages monstrueux. Notre "société de consommation" est une extraordinaire faillite de la pensée économique (et par conséquent, sociale). Je comprendrais donc vos soucis d'argent dans une contrée pauvre; mais chez nous?...Moi, tout cela me fait rire (parfois jaune, mais c'est quand même du rire). Pensez donc, tous ces experts, tous ces économistes qui viennent nous bassiner avec "il faut plus de ceci et moins de cela" ou encore "cela a un coût que nous ne pouvons pas nous permettre de supporter"! Ils se prennent vraiment au sérieux, avec leurs  tableaux, leurs indicateurs, leurs taux d'intérêt et tout le bazar de la dette publique, du "trop de vieux et pas assez de jeunes travailleurs cotisants" ou qu'en sais-je encore!Nous marchons sur la tête, camarade, il ne tient qu'à nous de regarder les choses sous leur angle pratique et agir en conséquence; or, dans le contexte, la vision comptable de notre existence n'est que pure stupidité. Les humains ne sont pas des coûts, mais des investissements, ce sont eux qui ont créé le monde dans lequel nous vivons et ce seront eux et eux seuls capables de l'améliorer. Que le patronat et les banquiers veuillent se mettre toujours plus dans les poches, c'est un fait. Mais s'approprier leur discours pour en faire un général - et pris comme règle absolue - c'en est un tout autre. (Que dire des conneries qu'ils nous racontent sur le coût de la main d'oeuvre, quand sans icelle ils n'existeraient plus, eux-mêmes?... C'est la débilité la plus absolue; mais à force de posséder les médias et de s'y répandre tous les jours que Dieu fait, cela a fini par porter. C'est ça la propagande!)Consacrez-vous à autre chose, plus porteur, comme par exemple: que ferons-nous des barbares qui vivent aujourd'hui sur le territoire national? Quel avenir pour eux, pour nous? Comment se fait-il que 15% des ados sortent de l'école sans savoir lire, écrire, compter? Comment y remédier?Et encore: comment expliquer aux écolos que le nucléaire est vital pour notre pays et qu'on ne pourra jamais s'en sortir sur le plan énergétique, si on y renonçait? Et pourquoi les logements sont-ils si chers, quand ils ne valent pas le tiers de leur prix final en coût de revient? Et pourquoi l'Etat accepte-t-il que des commerçants de tout poil vendent leur produits fabriqués dans des pays sous-développés avec d'extraordinaires bénéfices, sans les taxer un max?TOUT est politique, mon cher, même l'air qu'on respire. Et nous en faisons partie, que nous le voulions ou pas. L'ignorer - comme ceux qui ne votent plus ou pas - est imbécile. Car des solutions existent, il suffit de vouloir les appliquer. ...Et, d'abord, pourquoi ne pas créer votre propre formation politique, si celles qui existent déjà vous ont déçu pour une raison ou une autre? Comme ça, en général, pourquoi râler, si on ne veut pas s'impliquer personnellement dans la résolution des problèmes? Bizarre.Pour finir: je propose qu'on interdise le droit de manifester à ceux qui n'ont pas voté aux dernières élections car, s'ils s'en sont foutus, de quel droit protester après?