Vous vous souvenez que, pour sa dernière séance, le 4 février dernier, le conseil municipal de Nogent était invité à revoter le budget 2006, annulé par le tribunal administratif à la suite du
refus de Monsieur Martin de communiquer le diagnostic d’Ernst & Young du 30 novembre 2003. Alors que l’existence de ce diagnostic a été révélée par le même Martin, dans le bulletin municipal
de décembre 2005, il a, depuis lors, prétendu qu’on l’avait mal compris et qu’en réalité, il n’avait jamais eu entre les mains de document écrit ! Il l’a même écrit au tribunal, lequel ne
l’a évidemment pas cru et lui a imposé de le communiquer aux élus. La Loi est dure mais c'est la Loi!
Pour pouvoir exercer normalement leur mandat, les conseillers municipaux doivent recevoir les documents, tous les documents, au minimum 5 jours avant la séance. Cela n’a pas été le cas le 4
février. C’est en arrivant en séance que les élus ont trouvé un document confidentiel de 8 pages qu’Ernst & Young aurait fait parvenir au maire, le jour même. Il était, bien sûr, trop tard
pour le lire avec toute l’attention qu'il mérite. L’affaire était déjà douteuse.
Les doutes ont été renforcés après la séance quand une lecture attentive a permis de découvrir d’étranges incohérences de présentation et de fond. A croire que le document,
présenté aux élus comme le diagnostic du 30 novembre 2003, était en réalité un mauvais « copié collé » réalisé, en toute hâte, par une personne ignorant tout du sujet traité.
En tant que conseiller municipal, je n’en ai pas cru mes yeux et je n’ai pas pu imaginer, un seul instant, qu’un cabinet aussi réputé qu’Ernst & Young ait pu, fin novembre
2003, présenter un diagnostic d’aussi mauvaise qualité. J’ai eu alors le sentiment que l’on s’était moqué des élus en leur mettant sous le nez un document que personne, dans les sphères
dirigeantes d’Ernst & Young et à la mairie, n’avait pris la peine de relire. C’est scandaleux.
Même si je suis toujours aussi révolté, un tel comportement ne me surprend plus de la part de Martin. Mais, s’agissant d’Ernst & Young, c’est
consternant. Quel intérêt peut bien avoir ce cabinet à « protéger » Martin ? Furieux, je leur ai donc écrit pour demander des explications. Ils m’ont envoyé promener en invoquant
le secret professionnel etc… Curieuse réponse de la part d’un cabinet qui prétend agir dans l’intérêt des citoyens et contribuables ! Ils ont pourtant encaissé, en mai 2004, 40 000 €
d’argent public, pour prix de leurs prestations à Nogent. Ce sont les Nogentais qui ont payé le diagnostic et le rapport qui a suivi. Ils en sont collectivement propriétaires et Martin n’en est
que le dépositaire. La loi lui fait obligation de les communiquer à toute personne qui en fait la demande.
A la suite de ma lettre, Ernst & Young a probablement réalisé qu’ils risquaient d’être mis en cause pour complicité de camouflage d’un document
administratif. Ils ont écrit à Martin en lui disant qu’après des « recherches approfondies » { sic ! ! ! }, ils ont finalement retrouvé un document de 11 pages, non
confidentiel, daté du 30/11/2003, ne présentant aucune des incohérences relevées dans le papier de 8 pages remis aux élus et se terminant par cette phrase : « Le diagnostic concernant
la solvabilité financière de la commune va se poursuivre par des investigations approfondies … ». Cette phrase correspond très précisément à ce que Martin en avait dit dans le bulletin
municipal de décembre 2005.
Pas de doute possible, c’est le vrai diagnostic que Martin aurait dû donner aux élus, 5 jours avant la séance du 4 février. Comment se fait-il qu’un document aussi sensible ait
disparu des dossiers municipaux alors que le maire en a révélé l’existence il y a un peu plus de deux ans ? Un ménage a-il été fait dans ces dossiers, à l’approche des élections ? Du
côté d’Ernst & Young, la situation n’est guère plus satisfaisante : s’il leur a fallu autant de temps pour retrouver une pièce aussi importante, c’est que le plus grand désordre règne
dans cette institution pourtant réputée. Pour y voir clair et savoir d’où provient la supercherie ayant consisté à donner aux élus un document qui n’était pas le bon, Estelle DEBAECKER a demandé
au Préfet de saisir sans délai le tribunal administratif pour annuler les délibérations, votées le 4 février sur la base d’un faux et plainte a été déposée chez le Procureur de la République pour
usage de faux en écritures publiques. Il est important que tous les protagonistes de cette affaire soient entendus par les enquêteurs, y compris Ernst & Young et madame MONTCHAMP, à l'époque
1ère adjointe qui a reconnu, le 21 février, avoir eu connaissance du diagnostic.
Aujourd’hui, l’important est de comprendre quelles ont été les motivations de celles et ceux qui ont prêté leur concours à cette misérable
manipulation, indigne d’une démocratie. Une lecture comparée des deux documents permet de répondre à une partie de la question. Le vrai diagnostic du 30 novembre 2003 contenait une très sévère
mise en cause de la gestion du tandem Martin/Montchamp : fin 2003, Nogent était en faillite avec une impasse financière de plus de deux millions € et cela à cause d’une augmentation 3 fois
plus rapide des dépenses de fonctionnement que celle des recettes. Et dans les dépenses, plus de la moitié revenait aux charges de personnel, secteur dévolu à Madame MONTCHAMP !
Curieusement, toutes les phrases désagréables pour la gestion Martin/Montchamp ont disparu du document de 8 pages, remis aux élus le 4 février. 3 exemples, parmi
d’autres :
- ainsi a disparu une phrase expliquant que l’incendie du Parking St. Germain est totalement étranger à l’obligation d’augmenter les impôts de
25% en 2004,
- de même a disparu une phrase mettant en garde le tandem Martin/Montchamp sur le risque de mise en tutelle par le Préfet si
les impôts n’étaient pas augmentés de 25% en 2004,
- une autre phrase rappelant que les communes n’ont pas le droit d’emprunter pour rembourser leurs
emprunts a également été sérieusement édulcorée.
Ces manipulations sont insupportables, surtout plus de quatre années après que le tandem Martin/Montchamp ait eu ce diagnostic en mains. C’est d’autant plus insupportable qu’une association de
contribuables nogentais, très proche de Madame MONTCHAMP, l’ADCN, s’est permise de critiquer vertement les élus du conseil municipal en les accusant publiquement, sur son site, d’avoir, je cite
« failli à leur devoir de contrôle démocratique de l’action du maire ». Emanant du président de l’ADCN, Monsieur BADOCHE, élu en 2006 délégué UMP de la 7ème circonscription du Val de
Marne sur la liste de Madame MONTCHAMP, cette accusation est particulièrement mal venue. Car, comme l’a très bien dit Estelle DEBAECKER à Madame MONTCHAMP, lors de la réunion publique du 21
février, si quelqu’un a failli à son devoir vis à vis des Nogentais, c’est bien Madame MONTCHAMP. Elle a quitté, le 30 mars 2004, un navire communal en pleine dérive, soi-disant pour aller siéger
au Conseil Régional où, de son propre aveu, elle ne met quasiment jamais les pieds car, selon elle, il n’y aurait rien à y faire puisque la majorité est de gauche ! Curieuse conception de la
démocratie et négation du rôle de l’opposition ! Le 30 mars 2004, elle savait déjà que la Gauche allait diriger la Région puisque les élections avaient eu lieu 2 jours plus tôt, le dimanche
28 mars.
Pendant la campagne électorale, elle n’avait, hélas, rien dit de ce qu’elle savait, depuis 4 mois de la situation des finances de la ville et de la très mauvaise surprise qui
attendait les Nogentais lors du vote du budget 2004, le 30 mars 2004, deux jours après son élection au Conseil Régional.
Madame MONTCHAMP a manqué de courage et de loyauté envers les Nogentais. C’est pour cela qu’elle ne mérite pas d’être élue maire de la ville. Il y a aussi chez cette femme un
problème de compétence : alors qu’elle avait en charge les questions de personnel, comment se fait-il qu’elle n’ait pas réalisé plus tôt que sa gestion – et notamment les nombreuses
embauches réalisées – menaient la ville droit dans le mur ? Le 21 février, elle a reconnu que, comme Martin, elle avait eu besoin du diagnostic du 30 novembre 2003 pour prendre la mesure des
conséquences désastreuses de leur mauvaise gestion commune.
Quant à Martin, vous savez déjà ce que j’en pense. Ce ne sont pas les derniers développements – ubuesques – de cette extravagante affaire Ernst & Young qui peuvent me faire
changer d’avis.
Alors, de grâce, les 9 et 16 mars, il ne faut surtout pas donner un nouveau mandat au tandem Martin/Montchamp, ensemble ou séparément.
Un seul vote digne et utile : le vote pour Estelle Debaecker!
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