Samedi 4 février 2006
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13:27
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Publié dans : Droit du travail
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Par Jacques Heurtault
La lecture de "L'Hebdo des Socialistes" est instructive à plus d'un titre. Cette semaine, il parle du très médiatique "Contrat Première Embauche" autrement connu sous l'acronyme "CPE".
Bien entendu, les socialistes sont "contre". Cette attitude, émanant du principal parti d'opposition, n'est pas pour surprendre. C'est même le contraire qui surprendrait.
Plus curieuse est la mémoire somme toute assez courte des socialistes. C'est, rappelons-le, Laurent Fabius qui avait créé, quand il était Premier Ministre, les "Travaux d'Intérêt Collectif" autrement appelés "TUC", permettant ainsi aux jeunes d'alors qui y étaient opposés de distribuer des petits gateaux à apéritif portant le même nom. Pourtant, en matière de précarité, on avait atteint, là, un sommet (d'ailleurs jamais égalé depuis).
Pour autant que l'on se souvienne, les Socialistes ont gouverné la France pendant un certain nombre d'années, pour le meilleur ET pour le pire. Je n'ai pas souvenir qu'ils aient, pendant tout ce temps, songé à supprimer les Contrats à Durée Déterminée (CDD) dont l'abus manifeste, aujourd'hui, n'est plus à démontrer. Pire même : ils en ont développé la pratique!
D'ailleurs, ils ne proposent toujours pas la suppression du CDD ... Ils se prononcent même CONTRE le contrat de travail unique! Un comble ...
Certes, le CPE mérite un examen approfondi et le gouvernement serait bien inspiré de tenir compte de la manière dont sa réforme risque d'être interprétée. Cela suppose d'être attentif à toutes les propositions qui pourraient émergées, ici ou là (sur certains blogs, entre autres, voire même sur le mien qui fait des propositions qui ne sont sans doute pas parfaites mais qui ont néanmoins le mérite d'exister).
Pourquoi ne pas améliorer les conditions d'indemnisation des jeunes chômeurs concernés par la mise en oeuvre de ce nouveau dispositif? Ou bien veiller à limiter les abus (embauche puis licenciement puis nouvelle embauche et, à nouveau, licenciement ... et ainsi de suite, sans fin, au gré des humeurs de l'employeur).
De ce point de vue, la mobilisation du 7 février prochain sera révélatrice.
1. Avec un million de personne dans la rue, à Paris, le projet doit être purement et simplement retiré. C'est ce que François Mitterrand avait décidé, en juin 1984, avec le projet "Service public de l'enseignement" défendu par Alain Savary.
2. Avec moins de 100.000 manifestants, à Paris, il peut et DOIT continuer la poursuite de la mise en oeuvre de son projet.
3. En cas de débordements et de réamorçage du processus de violences urbaines, il DOIT réprimer avec fermeté et sans faiblesse.
C'est bel et bien à l'aune des réalités concrètes que l'on mesure la légitimité d'une autorité.
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