Je visite assez régulièrement le blog de François Fillon qui fut ministre de Jean Pierre Raffarin en même temps que Alain Lambert. J'y ai trouvé la publication suivante que je vous invite à lire. Je vous rappelle que je suis agent de l'Anpe et par conséquent bien au fait des réalités humaines liées à la situation des "privés d'emploi". Il fait référence au site d'Alain Lambert dont vous trouverez le lien dans la colonne de gauche (si,si! colonne de gauche ...).
Début de citation :
"Excellente analyse d’
Alain Lambert sur son blog concernant la situation de l’emploi des jeunes et le débat sur le CPE.
Parmi les commentaires qu’elle suscite, l’un d’entre eux écarte toute possibilité de comparaisons avec l’Angleterre au motif que ce pays dissimulerait une partie de ses chômeurs en les déclarant inapte au travail.
Cette affirmation est fausse et je vais le démontrer.
L’Angleterre est l’Angleterre comme aurait dit le Général de Gaulle et nous n’avons nul besoin de déformer la vérité pour expliquer que toutes les politiques appliquées dans ce pays ne peuvent pas forcément l’être dans le notre.
En faisant croire aux français que l’Angleterre est le royaume de la précarité on veut détourner leur attention d’une réalité. La politique de Margaret Thatcher, de John Major et de Tony Blair a permis de réduire de plus de moitié le chômage. Le plus intéressant dans cette affaire est peut être le fait que deux majorités différentes ont appliqué la même politique de l’emploi pendant plus de douze ans !
J’ai fait réaliser une étude sérieuse sur la comparaison du marché du travail en France et en Grande Bretagne et je veux en livrer ici quelques extraits :
La France et le Royaume-Uni présentent de nombreuses similitudes tant au plan de la population que de l’économie, ce qui rend pertinent une comparaison entre les performances des deux pays.
Le Royaume-Uni offre un tableau nettement plus florissant que son voisin d’Outre-Manche en terme d’emploi : avec une population sensiblement identique (60 millions au total, dont 39 millions en âge de travailler), on compte 28 millions d'emplois au Royaume-Uni, contre 24 millions en France. Ces emplois ne sont pas de moins bonne qualité qu’en France, le temps partiel subi est moins élevé au Royaume-Uni de même que le nombre de contrats à durée déterminée.
Le quasi-plein emploi britannique (5,2% de taux de chômage) est au demeurant est une réalité tangible dont n’importe quel jeune Français peut témoigner. Dans ces bons chiffres, le Royaume-Uni ne peut être exempt de manipulation statistique, mais celles-ci n’expliquent pas tout. L’essentiel de la baisse s’est produit entre 1993 et 1997 à la faveur d’une combinaison de facteurs parmi lesquels la flexibilité des salaires et des conditions d’emploi a joué un rôle déterminant.
1. La réalité du plein-emploi britannique
Le tableau ci-après fait le point sur les principaux chiffres en matière d’emploi entre les deux pays en 2004-2005 :
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Royaume-Uni
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France
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- Population totale (millions)
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59,8
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62,2
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- Population active (millions)
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30,2
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27,5
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1,4
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2,7
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28,8
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24,7
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dont -Temps plein
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21,4
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20,6
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-Temps partiel
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7,3
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4,1
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- emplois dans le secteur public
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20,3%
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19,4%
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72,4%
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63,4%
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5,2%
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9,8%
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21,2%
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41,7%
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12,1%
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22,0%
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Alors que la population en âge de travailler est à peu de chose près la même en France et au Royaume Uni (250 000 de plus au Royaume Uni en 2004), on compte 3,8 millions d'emploi de plus au Royaume Uni qu'en France qui se répartissent ainsi :
-3,9 millions d'emplois de services de plus au Royaume Uni ;
-600 000 emplois industriels de plus au Royaume Uni ;
-700 000 emplois dans l'agriculture de plus en France.
S'agissant en particulier des services il y a notamment :
-1,1 million d'emploi dans la distribution de plus au Royaume Uni ;
-500 000 emplois dans les services financiers au Royaume Uni ;
-700 000 emplois de plus dans les services immobiliers au Royaume Uni ;
-800 000 emplois de plus dans le secteur non marchand au Royaume Uni dont 700 000 de plus dans l'éducation, 400 000 de plus dans la santé et 300 000 de moins pour le reste.
En terme d'évolution depuis 1998, on constate :
-une convergence dans le domaine industriel : l'écart s'est réduit de moitié car le Royaume Uni a perdu beaucoup d'emploi et la France en crée un peu ;
-un écart grandissant dans le domaine agricole : la France crée des emplois, le Royaume Uni en perd ;
-dans les services, la progression des emplois publics est plus forte au Royaume Uni qu'en France : +1,1 millions d'emplois créés au RU, + 700 000 en France. En revanche, la progression est comparable dans les services marchands : +1 millions d'emploi supplémentaires dans les deux cas.
2. Y a t’il un camouflage statistique ?
La critique classique des statistiques britanniques est le « camouflage » que le gouvernement opérerait par un transfert massif des chômeurs de longue durée sur le régime des pensions d’invalidité.
Sur ce point, nous avons donc cherché à comparer le nombre de bénéficiaires dans les deux pays :
-(i) de pensions d’invalidité, rente d’accident du travail et de maladies professionnelles,
-(ii) d’allocations chômages,
-(iii) de minima sociaux.
(i) Au Royaume Uni, le nombre de personne adultes bénéficiaire d’une pension invalidité et incapacité de travail est en constante augmentation passant de 1,2 millions en 1993 à 2,5 millions en 2003.
En France, le chiffre le plus récent de bénéficiaires d’une rente accident du travail ou maladie professionnelle donne 2.1 millions de titulaires mais doit être pris avec précaution car il date de 1985. On compte par ailleurs 750 000 titulaires de l’allocation adulte handicapé et 44 000 bénéficiaires de pension invalidité. De manière synthétique, l’Insee évaluait en 2003 à 2, 3 millions le nombre de personnes handicapées vivant d’une rente ou d’une pension.
(ii) Le nombre de chômeurs indemnisé était de 0.9 million au Royaume Uni et de 2,5 millions en France en septembre 2005.
(iii) l' « income support », équivalent des minimas sociaux français, bénéficiait à 2,1 millions de personnes en février 2005, chiffre à peu près constant depuis 1997. Le nombre de bénéficiaires de minima sociaux est estimé à 2,25 millions en France métropolitaine (hors titulaire de l’allocation adulte handicapé déjà compté en point ii).
En fin de compte, le total de bénéficiaires de pensions d’invalidité et incapacité de travail, de minima sociaux et d’allocation chômage pour la population en âge de travailler est estimé à 5,5 millions d’allocataires au Royaume-Uni (soit 8% de la population). En France, ce chiffre est supérieur à 6.5 millions de bénéficiaires (soit 10.5% de la population).
Ces données doivent bien sûr être appréciés avec nuance mais donnent une idée globale de
la situation. Même si le Gouvernement Britannique est large avec un certain nombre de ses bénéfices sociaux, la France ne l’est pas sans doute pas moins et ce biais statistique ne compense pas en tout état de cause le différentiel d’emploi avec la France."
Fin de citation.
Bien entendu, toute personne qui pourrait fournir des informations complémentaires est très obligeamment invitée à le faire.
Pour ce qui me concerne, j'ai, dans le cadre de mes activités professionnelles, reçu plusieurs personnes ayant travaillé en Angleterre, spécialement dans la restauration. Toutes m'ont dit qu'il était très facile de trouver un emploi (quelques JOURS!). Elles y ont appris l'anglais, ce qui constitue un atout considérable pour la suite de leur carrière professionnelle.
On ne doit cependant pas dissimuler que le système d'indemnisation du chômage, là-bas, n'est pas le même que chez nous : l'indemnité y est telle qu'elle pousse, nécessairement, à trouver un emploi car on gagne nettement mieux sa vie en travaillant qu'en étant indemnisé.
je retiendrais avant tout de cet article la phrase suivante:
" nous n’avons nul besoin de déformer la vérité pour expliquer que toutes les politiques appliquées dans ce pays ne peuvent pas forcément l’être dans le notre."
Je m'en tiendrai à cela considérant qu'il n'est donc pas utile de faire systématiquement des comparaisons souvent axées sur ce qui est défavorable à la France alors que socialement nombres de ses acquis ne sont pas pris en compte. Ils ont pourtant un coût!
Concernant le sois -disant taux de chômage britannique à 5 % environ, voyez un récent ouvrage du journaliste Philippe AUCLAIR ("Le royaume enchanté de Tony Blair"). On y apprend notamment que si l’on réintégrait dans les calculs du chômage les 2,6 millions de britanniques classés comme « malades inemployables », le taux de chômage réel serait de près de 9 % ! Dommage pour toute la belle démonstration qui précède !!!
Les choses ne sont pas aussi simples. Il existe une définition internationale du chômage. Personnellement, elle ne me satisfait pas. Je la trouve trop restrictive. Elle tend à MINORER le niveau réel du chômage.
Sont chômeurs les personnes qui sont immédiatement disponibles pour occuper un emploi à plein temps Et à durée indéterminée et qui n'ont eu AUCUNE activité pendant la semaine précédente. Seul l'INSEE en France est capable d'évaluer ce taux obtenu en rapportant le nombre ci-dessus au total de la population active, laquelle est définie comme toute personne apte à travailler et qui VEUT travailler, qu'elle soit effectivement employée ou non.
Si, en Angleterre, on ne compte pas les personnes inemployables, ce qui correspond à la définition internationale, il ne faut pas s'étonner que le taux de chômage soit de 5%.
Qu'en est-il en France?
- Ne sont considérées comme inemployables que les personnes qui sont invalides à 100%. La dimension économique de leur employabilité n'est pas prise en compte.
- Il ne faut pas se fier à l'Anpe pour connaître la réalité du chômage. Ce n'est tout simplement pas son rôle! L'Anpe s'occupe des personnes physiques qui recherchent un emploi. Elle ne s'occupe pas des statistiques. C'est le Ministère de l'emploi qui gére cette donnée à partir des chiffres bruts fournis par l'Anpe, laquelle n'a pas le moyen ni la volonté de prendre le risque d'avoir une "prise de bec" avec le Ministère puisque c'est lui qui la finance!
Les 2 millions de personnes qui perçoivent pour elles mêmes ou pour leurs conjoints respectifs et leurs enfants en age de travailler le RMI sont-elles des chômeurs?
Les personnes qui sont inscrites en catégorie 2 sont-elles des chômeurs? Et celle inscrites en catégorie 3? Itou pour les catégories 4, 5, 6, 7, 8. Sont-elles des chômeurs?
Veut-on, en France, un système de coercition comparable au système anglais? Lequel prévoit que, si au bout de 13 SEMAINES (pas 13 mois!) le chômeurs n'a pas retrouvé d'emploi conforme à ses souhaits, il est alors exclu du régime et n'est donc plus comptabilisé comme chômeur?
Est-ce au demandeur d'emploi de s'adapter au marché ou à la collectivité nationale de répondre aux demandes formulées par le demandeur d'emploi?
Quand un demandeur d'emploi s'inscrit à l'Anpe, faut-il l'inscrire dans un métier qu'il VEUT faire? Dans celui qu'il peut faire? Ou dans celui qu'il SAIT faire?
Poursuivons, si vous le voulez bien, ce dialogue ...
Des informations assez complètes et avec des données précises sur la Grande-Bretagne.
Plus d'emplois créés en France qu'en Angleterre en 15 ans
En quinze ans, de 1990 à 2005, la France a créé davantage d'emplois (2 520 000 : +11,25%) que l'Angleterre (1 520 000 : +5,82%). Le modèle libéral britannique n'est donc pas supérieur au modèle social français.
Pour résumer, devant une augmentation semblable de la population en âge de travailler dans les deux pays, la population active a beaucoup diminué en Grande Bretagne (1 210 000) du fait d'un retrait massif d'activité (préretraites et surtout invalidité), permettant une diminution du chômage de 580 000 personnes. En France, la population active a davantage augmenté que la population en âge de travailler (690 000) du fait d'une importante demande d'emploi, entraînant une augmentation du chômage de 520 000 personnes.
Ainsi, si la différence dans le nombre de chômeurs a augmenté en quinze ans entre la France et l'Angleterre, cela n'est pas du aux prétendus mérites du modèle libéral britannique mais à la mise à l'écart d'une partie importante de la population active. Les chômeurs ont surtout été transformés en invalides.
Voir plus de détails, avec tableaux statistiques :
http://travail-chomage.site.voila.fr/britan/emploi_15ans.htm
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Durée du travail : 32 heures en Angleterre
La durée moyenne du travail, pour l'ensemble des emplois à temps complet et à temps partiel, est de 32 heures par semaine en Grande Bretagne et de 36,28 heures en France.
Ainsi, les français travaillent quatre heures de plus que les anglais chaque semaine.
En valeur ajustée des variations saisonnières, la durée hebdomadaire est en moyenne de 32,1 heures pour l'ensemble des travailleurs britanniques, soit :
37,2 heures pour l'emploi à temps complet,
15,7 heures pour l'emploi à temps partiel.
La durée du travail n'est pas de 35 heures par semaine en France mais de 39,0 heures pour le travail à temps complet ou de 36,3 heures en moyenne pour l'ensemble des emplois à temps complet et à temps partiel. En effet, la durée moyenne des emplois à temps partiel est de 23,2 heures et ceux-ci représentent 17,2 % de l'emploi total. Le calcul se fait donc en tenant compte de l'importance relative de chaque type d'emploi.
Sur l'année, pour 45,4 et 47,0 semaines respectivement, la durée moyenne est :
- en France : 36,3 h x 45,4 = 1 648 heures annuelles,
- en Angleterre : 31,7 h x 47 = 1 489,9 heures annuelles, soit 10,6 % de moins.
Plus de précisions :
http://travail-chomage.site.voila.fr/britan/32h.htm
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Aussi un article plus ancien :
Le modèle libéral britannique : emploi et chômage (étude de 1998)
http://travail-chomage.site.voila.fr/ancien/model_brita.htm
Tout cela mérite la lecture, ça change des discours habituels.
Bonjour Henri,
Je vous remercie pour toutes les précisions que vous fournissez. Les statistiques sont toujours sujettes à interprétations plus ou moins honnêtes. L'essentiel c'est de respecter la méthodologie rigoureuse des statisticiens. C'est la raison pour laquelle l'organisme en charge de la statistique doit être rigoureusement INDÉPENDANT du pouvoir politique. A mon sens, il devrait avoir le pouvoir et le droit de réponse lorsque les études produites sont fallacieusement utilisées à des fins partisanes.
Par exemple : l'indice d'évolution des prix de détails n'est pas un indice pertinent pour l'évaluation du pouvoir d'achat. Il est donc légitime qu'il soit INTERDIT de s'en servir pour indexer les salaires.
Étant agent de l'Anpe, je suis à même de constater que les "politiques" retiennent comme indicateur de chômage la catégorie 1 (et même la définition du BIT, encore plus restrictive).
Le véritable indicateur, c'est celui qui révèle le sous-emploi. Il se définit de la manière suivante : toutes personne en age de travailler mais qui ne travaille pas, quelle qu'en soit la raison. C'est à dire toute personne âgée de plus de 16 ans et de moins de 65 ans dans l'année calendaire (entre le 1er et le 31 décembre).
Exemple : Une personne née le 02 janvier 1941 compte dans l'effectif des personnes en age de travailler pour toute l'année civile en cours. Mais une personne née le 30 décembre 1990 ne compte pas car l'année de ses seize ans (2006) n'est pas complète. or il est INTERDIT de lier par un contat de travail quelqu'un qui n'a pas 16 ans révolu.
On s'aperçoit alors que le taux d'activité, en France, est beaucoup plus faible que dans d'autres pays (Royaume uni notamment).
Dans le même ordre d'idées, on commence à savoir que les Britanniques et les Hollandais abusent de la catégorie "invalides" pour maquiller la réalité de leur taux de chômage. Des invalides par ailleurs en bonne santé pour la plupart (65 à 80% d'entre eux), en proportion 4 à 5 fois plus nombreux qu'en France, plus nombreux que les chômeurs officiels.
Ailleurs, ce sont les préretraités (Danemark) ou les "malades de longue durée" qui sont mis à contribution de la même manière (Suède).
En 2004, le Danemark a plus de préretraités (187 200) que la France (139 700) pour une population active dix fois plus faible. Avec les autres mesures de marché du travail, le nombre réel de chômeurs est 2,52 fois le nombre officiel. Le taux de chômage réel devient 14,65 % au lieu d'un taux officiel de 6,38 %. La tromperie est dévoilée.
Avec une évolution de sa population active identique à celle du Danemark depuis quinze ans, non seulement la France n'aurait plus aucun chômeur officiel, mais le chômage réel serait résorbé pour l'essentiel. Et cela sans introduire une plus grande flexibilité des contrats de travail.
Si de plus la France avait eu recours à la même proportion de préretraites que le Danemark (6,78 % de sa population active), le chômage réel aurait entièrement disparu et beaucoup d'emplois à temps partiel seraient redevenus des emplois à temps plein.
Inversement, si la population active du Danemark avait augmenté dans la même proportion qu'en France (+12,1%), tout en créant aussi peu d'emplois (43 600 en quinze ans), le nombre de chômeurs aurait augmenté de 372 500 et le taux de chômage réel serait devenu 24,0 % de la nouvelle population active (après son augmentation).
http://travail-chomage.site.voila.fr/danois/dk_merite.htm
Comme l'on voit, le succès apparent du Danemark ne doit rien à la flexicurité, mélange de flexibilité et de sécurité (discours bien connu). En fait, le modèle danois n'a aucun mérite pour résoudre le problème du chômage, une fois enlevés les artifices qui cachent le chômage réel et encore moins en tenant compte de la démographie de l'emploi.
Il y a une multitude de questions que l'on peut se poser.