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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

CGT : Mise en demeure d'explications, svp!

15 Février 2006, 14:15pm

Publié par Jacques Heurtault

En consultant le blog de François Gonnot, Député de l'Oise, Premier adjoint au maire de Compiègne, je trouve un texte particulièrement accusateur et qui présente toutes les caractéristiques de la bonne foi et qui, en tout état de cause, semble bien documenté. 

Ou bien le Député use et abuse de son immunité parlementaire en portant des accusations graves (ça semble très peu probable voire franchement invraisemblable) ou bien il dit la vérité et c'est alors à la CGT et à Patrice Carvalho, député communiste, de s'expliquer. Lisez plutôt :

Début de citation :   

"L'histoire est incroyable. Mais cette histoire est vraie, du moins si l'on en croit la presse.

Thourotte est une commune de l’Oise de 3.500 habitants. Elle doit sa richesse à la présence sur son territoire, depuis 1920, d’une usine Saint-Gobain qui offre encore aujourd’hui plus de 800 emplois.

La mairie, le canton et la communauté de communes sont entre les mains d’un communiste, Patrice Carvalho, qui avec quelques autres élus, souvent issus de sa famille, régente tout cela d’une main de fer.

On aura deviné, bien sûr, que le comité d’entreprise de Saint-Gobain est entre les mains des amis communistes de M. Carvalho, membres de la CGT. M. Carvalho ayant lui-même été responsable CGT de Saint-Gobain pendant de très longues années, mandat hérité de son père. Il est d’ailleurs toujours salarié de l’entreprise.

Tout ce petit monde vit en vase clos. Tout est bien vérouillé, cadenassé, et malheur à qui ne fait pas allégeance. Il est aussitôt exclu, calomnié et désigné à la vindicte populaire, qu’il soit élu, responsable d’association ou simple citoyen. La presse de l’Oise est ainsi pleine de ces histoires de chasse aux sorcières d’un autre âge.

Mais parfois, la presse ose aller plus loin et rapporte de drôles d’affaires…

700.000 EUROS ONT DISPARU…

Tout commence en septembre 2004. Une plainte est déposée contre X pour faux et usages de faux après la découverte dans la comptabilité des trois dernières années du comité d’entreprise de Saint-Gobain (branche bâtiment), d’un trou d’un montant alors estimé à 500.000 euros.

En octobre, on apprend que la société Apétito qui assure la cantine n’arrive pas à se faire payer. La facture est de 272.000 euros ! Par ailleurs, une somme de 227 000 € (dont il ne resterait que 437 € sur un livret) a d’autre part disparu. Enfin, le budget des œuvres sociales et le budget de fonctionnement du CE présentent respectivement des déficits de 19.858,76 € et 1.523,18 € 

Le 15 octobre, une information judiciaire est ouverte pour abus de confiance, faux et usage de faux par le Procureur de la République de Compiègne.

On peut se demander, et la presse le fait, comment on a pu attendre si longtemps, vu l’importance des sommes volatilisées, pour que cette affaire de détournements de fonds soit dévoilée. Le dispositif de fraude était apparemment très sophistiqué puisque les experts-comptables ont validé les comptes sur les trois années incriminées et la direction de l’usine (qui paye le CE et voit donc ces comptes) affirme ne rien avoir vu.   

 

 

 

Toujours est-il que le CE est en cessation de paiement. Un administrateur judiciaire est nommé par le Tribunal de Compiègne.

Et l’on continue d’aller de découvertes en découvertes…

PAS DE COMPTABILITE, PAS D’ARCHIVES, LE LIQUIDE A DISPARU…

Le 17 octobre 2004, la secrétaire-comptable salariée est mise en garde à vue. Elle explique que si des erreurs ont été commises, elle l’a fait sur ordre…

Le 23 novembre, le CE est à nouveau perquisitionné par les gendarmes. Le lendemain, l’escroquerie est revue à la hausse. Ce sont en fait au moins 700.000 euros qui ont disparu des comptes en trois ans !

Les gendarmes découvrent que le CE n’avait aucune comptabilité, ou du moins qu’elle est trafiquée quand elle n’a pas disparu. Pas de factures, pas d’archives, pas d’ordinateurs, pas de cahiers d’écritures ou que des faux. Les enquêteurs sont obligés de tout reconstituer à partir des relevés que leur donnent les banques où le CE avait ses comptes.

Ils s’aperçoivent stupéfaits que la comptabilité de la cantine ne retrace aucun encaissement en espèces. L’examen des relevés bancaires montre qu’aucun dépôt en espèces n’a été fait à la banque en 2001, 2002 et 2003. Le montant des espèces encaissé mensuellement par la cantine est évalué à 10 000 € ! Près de 360.000 euros en liquide auraient ainsi disparu !

Le 30 décembre, le trésorier du CE est mis en garde à vue, puis relâché, aucune charge n’est retenu contre lui.

LES RETRAITES AUSSI ONT ETE ESCROQUES

Le scandale prend de l’ampleur. De nombreux retraités expliquent aux journaux que le CE refuse de les rembourser depuis des mois d’avances (de 400 à 800 euros) faites pour des voyages dans le Gard ou à Agadir qui n’ont jamais eu lieu, mais pour lesquels ils ont payé. Quinze d’entre eux déposent plainte.

Le 12 mai 2005, trois personnes sont mises en examen et placées sous contrôle judiciaire après des gardes à vue de 48 heures. Il s’agit de l’ancien secrétaire du CE, Claude Patron (oui, c’est son vrai nom !) accusé d’abus de confiance. L’actuel secrétaire du CE, Laurent Papon, est lui aussi mis en examen pour abus de confiance, de même que l’ex-secrétaire-comptable salariée du CE, Léone Romain, pour abus de confiance et faux en écriture.

Le dénommé Claude Patron est un gros poisson du Parti communiste et de la CGT. Patrice Carvalho voulait en faire son successeur au conseil général de l’Oise. Il préside aussi la Mutuelle interprofessionnelle de Chantereine à laquelle adhèrent les ouvriers et les retraités de Saint-Gobain ainsi que ceux de toutes les villes et organismes contrôlés par le PC dans le secteur.

Depuis, le 12 mai 2005, plus rien… L’instruction, soit-disant, continue. Mais une chape de plomb est tombée sur cette affaire énorme.

M. Patron préside toujours sa Mutuelle, M. Carvalho prépare sa candidature aux législatives de 2007, comme si de rien n’était. La direction de l’usine continue à verser de l’argent au CE (3% de la masse salariale de l’usine). Les autres syndicats se taisent. La vie continue, comme s’il ne s’était rien passé !

Où sont allés les 700.000 euros ? L’argent a-t-il servi à financer le parti et/ou la CGT au niveau local ? Au niveau national ? L’argent des ouvriers de Saint-Gobain a-t-il enrichi quelques-uns ?

Connaîtrons-nous seulement la vérité un jour ? On peut se le demander…"

Fin de citation.

700.000 euros, ce n'est pas rien! C'est le prix de cinq ou six beaux appartements dans la région ...

Affaire à suivre ... L'argent des Comités d'entreprise, c'est, légalement, l'argent des salariés de l'entreprise ...   

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