Samedi 5 juillet 2008
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19:40
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Publié dans : Humeurs
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Par Jacques Heurtault
Il y a des moments, comme ça, où je me demande vraiment si je parle bien la même langue que certains ...
Une langue, c'est quoi, exactement? C'est un ensemble de mots ayant chacun un certain sens (qui peut varier selon le contexte),
ordonancés selon certaines règles que l'on appelle la grammaire et la syntaxe aboutissant à exprimer une idée ou un ensemble d'idées... permettant à ceux qui les lisent ou les entendent de
converser entre eux après s'être compris.
Si, au départ, les personnes qui souhaitent échanger leurs idées, emploient des mots auxquels elles n'attribuent pas le même sens,
on en conviendra aisément, elles auront bien peu de chances de se comprendre et encore moins de tomber d'accord (ce qui, au fond, est quand même le but final!).
Ainsi, sous la plume de Xavier Ternisien, dans Le Monde daté du 6/7 Juillet, trouve-t-on un article titré "Guéret essaie de
résister malgré la fermeture de ses services publics" ... Jusque là rien de particulier à redire.
Puis viennent des photos du Palais de Justice, du 11ième BSMat (une unité militaire) et de l'hôpital local
...
Ah! Je ne savais pas que les tribunaux étaient des SERVICES publics. Et pas davantage les unités militaires... Je n'en
dirais pas de même des hôpitaux.
Je croyais, naïf et béotien que je suis, que les justiciables, "utilisateurs" des tribunaux n'étaient pas volontaires! Je pensais
que les "prévenus" et les "accusés" étaient là plutôt contre leur gré! Je suis vraiment con...
Je croyais que les plaignants agissaient selon des règles qu'ils n'avaient pas le pouvoir de discuter (si ce n'est en votant de
temps à autre pour élire des responsables qui pourraient, éventuellement, changer les "règles" ... que, naïf et béotien que je suis, j'appelle des LOIS!
Je croyais que les mêmes plaignants n'avaient pas la liberté de choix (enfin, pas trop...) de leur tribunal... Bref, je croyais
que les tribunaux faisaient partie des pouvoirs régaliens (en général, on s'y régale pas trop!) de l'Etat.
Même chose pour les unités militaires...
Je croyais que les citoyens n'avaient pas vraiment la liberté de passer une quelconque "commande" aux unités militaires de la
région. Il me semblait même que c'était, sous certaines conditions, les unités militaires qui commandaient, parfois, aux civils, notamment lorsque ceux-ci ...devenaient militaires pendant un
certain nombre de mois, variables selon les circonstances du moment. Bref, je croyais que les unités militaires faisaient partie, selon une logique de liberté extrêmement restreinte (le mot
est faible!), des mêmes pouvoirs régaliens de l'Etat.
Eh bien, non! Pour Xavier Ternisien (et, peut-être, d'autres, car il se pourrait bien qu'il ne soit pas le seul), les tribunaux,
les unités militaires (au moins), vraisemblablement l'Administration des impôts et les Douanes, la Police et les gardiens de prison sont... des services publics!
Pourtant, je n'ai pas rêvé ... L'autre jour, j'ai eu l'idée saugrenue de rouler à 97 km/heure là où il ne fallait pas dépasser le
90 km/heure (c'est mon épouse qui conduisait, en fait!). J'ai donc reçu un "commandement de payer" de 45 euros. Ce n'était pas une sollicitation... mais bien un ordre! J'ai clairement compris
qu'il valait mieux que je m'exécute rapidement faute de quoi, "on" en reparlerait plus tard, dans un autre contexte.
Pareillement, il y assez longtemps, alors que je m'apprétais à reprendre le volant de ma voiture après avoir fait le plein, un
brave type, tout de bleu habillé, s'est présenté à moi :" Bonjour Monsieur! Gendarmerie nationale! Votre permis de conduire et les papiers du véhicule, je vous prie!". Pareillement, j'ai
obtempéré ... et tout s'est très bien passé d'ailleurs. Pourtant, je ne lui avais rien demandé, moi, à ce brave type sympa! Je n'avais passé aucune commande...
Combien de fois faudra-t-il dire et répéter que les services publics sont des structures, publiques ou privées, qui
PROPOSENT des services aux gens qui éprouvent le besoin d'y faire appel, dans des conditions telles que, mêmes les pauvres qui n'ont pas les moyens de régler la facture peuvent néanmoins (et ce
n'est que justice!) en bénéficier.
Les écoles publiques ET les écoles privées sous contrat d'association SONT des services publics. Les parents qui ne veulent pas
utiliser ces services-là en ont parfaitement le droit! Ils sont simplement tenus de prouver qu'ils satisfont à l'obligation scolaire pour leurs enfants vis à vis des autorités (civiles!) de
l'Etat.
Les personnes (et les entreprises!) qui veulent utiliser de l'énergie électrique peuvent faire appel aux entreprises de service
public qui fournissent ce genre de prestations (et qui se feront un plaisir d'y répondre!) mais peuvent aussi, en toute liberté, produire elles-mêmes l'énergie électrique dont elles ont
besoin pour leur usage propre.
Les personnes qui recherche un emploi PEUVENT, en toute liberté, faire appel au Service Public de l'Emploi pour obtenir
(gratuitement!) des prestations et de l'aide pour la réalisation de leur projet. Personne ne les y oblige! Il leur est simplement demandé, en retour, de s'engager à respecter le contrat
tacite, faute de quoi, dans la mesure où les prestations sont gratuites, leur prochaine demande pourrait ne pas recevoir la même réponse positive.
ETC. ETC. ETC. ETC. ...
Voilà bien un abus de langage qu'il faut contourner : Le service public englobe aujourd'hui tout, là où le citoyen doit être traité de façon égalitaire, peu importe les moyens et la dépense (publique).
Alors que le privé sait faire, au moins aussi bien et parfois moins cher, là où le public obéit à d'autres règles de fonctionnement, tellement il est dépassé par le modernisme des organisations...
Et l'Etat ne devrait avoir qu'un rôle régalien, vous les citez - mais n'y en a-t-il pas d'autres indispensables ? - voire de substitution quand le privé défaille, et je rajouterai de contrôle...
La preuve, quand le "public" défaille, il fait appel au "privé", via les "niches fiscales" ou via les "marchés publics" !
Et en plus, c'est lui qui fixe les règles et conditions !
Que demander de plus ?
Il faut que le public intervienne lorsque le privé ne peut pas ou ne veut pas car une non-intervention pourrait mettre l'économie par terre et, donc, provoquer un trouble de l'ordre public dont le maintien relève exclusivement de la responsabilité de l'Etat.
C'est du Merkel, repris pas Ségololo l'année dernière (mais après s'être laissée faire battre par "Bling-bling").
De l'Etat dans le contrôle et la fixation des cadres de l'activité privé, pas de doute.
De l'Etat dans les prérogatives régaliennes (sureté des personnes et des biens, sureté juridique, donc justice, sureté des institutions démocratiques et des frontières politiques, surêté des intérêts supérieurs de la Nation : relations internationales, économiques et politiques - approvisionnement en matière première - sureté des infrastrucutures, etc.).
Là où j'ai un problème majeure, ce sont les services publics : Les transports... Okay pour l'infrastructure, c'est du public, mais quid des moyens d'exploitation de ces infrastructures ?
La santé : Hôpital public okay, mais que quand la médecine de ville fait défaut (j'ai le cas à Calvi : 5 toubib et un centre de "bobologie avancée" : Le chef du centre refuse de soigner les rhumes et les colliques !)
L'éducation : Pourquoi soumettre les écoles privées aux diktats du public, notamment quant aux rémunérations servies (alors que ça ne me pose pas de problème pour les programmes, même si les pédagogies alternatives procurent parfois de meilleurs résultats - école Diwan, Méthode Athmer pour n'e citer que 2) ?
Le culte : Pourquoi encadrer par la loi laïque des activités cultuelles comme le sacrifice du mouton ? Et pourquoi pas la circoncision plurimillénaire tant qu'on y est ?
Vous voyez, ce n'est pas un tacle, mais bien des questions de "frontières" qu'il s'agit de définir plus préciséement et de façon intangible...
Bon courage, Monsieur mon Conseiller !
La circoncision est, à mes yeux, une mutilation sexuelle au même titre que l'excision des femmes ... Elle devrait être, au minimum, interdite sur les mineurs. Et n'être opérée sur les majeurs qu'après s'être assuré du PARFAIT consentement de l'intéressé. Au nom du principe de laïcité et de la liberté de conscience. Il faut tout de même rappeler qu'elle est, par nature, irréversible.
Le sacrifice du mouton doit se faire dans des conditions d'hygiène satisfaisantes. D'où son nécessaire encadrement. Je n'ai aucun état d'âme sur je ne sais quelles souffrances qui seraient imposées aux animaux. Autrement dit, je suis en désaccord avec Brigitte Bardot.
Je combats avec grande vigueur l'attitude soit-disant laïque "argent public à l'école publique; pas d'argent public pour l'école privée". Il me parait cependant logique que la puissance publique fixe ses conditions d'intervention. Y compris sur les salaires des enseignants. Faute de quoi, on aura des écoles privées pour les riches et des écoles publiques pour les pauvres.
Pour le reste de votre commentaire, je suis plutôt d'accord ...
Sauf pour la rémunération des enseignants...
Pourquoi ce monopôle de la décision et de l'augmentation de la rémunération à la seule ancienneté (et un peu au diplôme), alors qu'il y a des "bons" et des "moins bons", comme partout ?
Cette soviétisation du salaire est profondément démotivante et au final, ce sont nos gosses qui en souffrent.
J'en ai bien souffert, du temps où je portais encore des culottes courtes !
Jusqu'en terminale : Mon prof d'allemand était nul (et je ne raconte pas celui d'anglais qui passait son temps à nous montrer ses fesses avec sa minijupe raccourcis) que j'ai failli loupé mon bac dans mon "lycée poubelle" des beaux quartiers rives gauche, si je n'avais pas eu deux petites merveilles en français et en philo...
Alors qu'en fac, autre régime : pratiquement que des profs d'élite payés avec un lance pierre (je sais, j'enseigne aussi à la fac : et un troisième cycle est payé comme un premier cycle alors que ce n'est pas du tout le même travail !
Vous, vous me parlez du mode de rémunération des enseignants en général, aussi bien du public que du privé! Ca n'a strictement rien à voir ...
Je n'ai pas d'idée bien formulée sur la rémunération des enseignants ...
Quand je serai votre Pédégé de la République, j'abolis le Code du travail pour le faire assimiler par la Code de la fonction publique : je ne vois pas pourquoi il y aurait de espèce de laborieux.
Au nom de quelle idéologie voulez-vous qu'il y ait des sous et des super prolétaires ?
Perso, je ne vois pas...
Le salaire est par ailleurs composé de 5 postes : celui relatif à la fonction (l'indice), celui relatif au mérite (la part individuelle), celui relatif à l'appartenance à une équipe (bonne ou mauvaise), celui relatif à une entreprise (dynamique ou sclérosée, je simplifie) et celui relatif lieu (le régime du salariat n'est pas le même en Angleterre ou en France, et même en France, entre la métropole et les DOM, par exemple).
Deux mesures d'accompagnement : Il n'y a plus que des CDD d'une durée maximale de 5 ans. Plus de CDI à vie !
On repasse ses concours ou toute autre forme d'embauche par période quinquennale ou inférieure si l'accord de l'entreprise le prévoit ;
On permet à tous les sites de négocier des aménagements dans ce cadre là (hygiène, sécurité, conditions de travail, horaire, grille salariale etc.)
Bon je rajoute aussi, mais c'est pour rire, que puisque la langue officielle et constitutionnelle est le français (langue des concours à l'embauche quinquennale), mais que le français n'est rien d'autre que du francilien par ordonnance royale, je peux, en qualité de Pédégé prendre une ordonnance disant que demaoin c'est du Corsu (mais celui du nord, parce que ceux du sud, ils mettent des "e" à la place des "i" au pluriel et des "o" à la place des "u" au masculin singulier...)
Puis ensuite le basque, ou le breton, ou le savoyard, ou le cht'mi, ou le picard, ou l'auvergnat, voire le francilien, selon la volonté présidentielle...
Ca c'est pour "Corser" le problème...
Alors la distinction entre école privée ou publique, franchement, c'est un peu le cadet de nos soucis : le tout c'est que nos gamins puissent causer, écrire et compter, avoir un minimum de verni culturel (style nos ancêtres les gaulois), et aillent au moins jusqu'au bac, quitte à les accueillir en candidat libre tous les ans !
Ca sera déjà un large progrès...
Puisque vous serez mon Conseiller personnel spécial et omnipotent !
lol
De là à voter contre...
Vaudrait mieux nous convaincre de ne pas faire !
Or, on marche sur la tête par bien des aspects et les choses ne bougent pas dans le se'ns du bon sens... Enfin, pas toujours : il y a donc un gros travail pédagogique et pas seulement de "conviction politique" !
Juste les "grands patrons", ceux qui ont les "staff" à cogitation pour faire les bons calculs, pas les autres qui n'ont guère de temps à consacrer "à la gestion fine" de leur activité !
Quoique ça reste une bonne solution pour les entreprises à activité aléatoire extrême (mais elles sont peu nombreuses et leur salariat est très particulier).
C'est aussi une bonne affaire pour les salariés de ces grandes boîtes, mais pas nécessairement les petites...
C'est une mauvaise affaire pour tous les autres, les ceux en inactivité forcée (maladie, invalidité, incapcité, retraite, chômage, en formation) : ils sont exclus de fait de "la France qui gagne" !
Une grosse majorité quand même...
Vous verrez que cela fera long-feu... Une cartouche mouillée qui ne fera que creuser un peu plus les "signes de fracture", là où "le Chi" voulait les réduire (avec le non succès que l'on sait) : c'est là la vraie rupture !
Qu'on finira par regretter le temps du gaullisme authentique... perdu depuis "Giskard à la barre", phagocyté par la "technostructure", de gauche du centre et de droite (mais est-ce bien utile de le préciser ?)
Il y a deux sens à l'expression "long feu"
1. la plus courante = pétard mouillé
2. la seule vraie = ça pête mais plus tard que prévu, à un moment où on ne s'y attendait plus! En général, ça fait beaucoup de dégats!!