Une personne que j'aime beaucoup (c'est mon épouse!) me transmet un article, traitant du chômage et de l'emploi, paru dans les
publications de l'Institut Montaigne... Intéressant!
Début de citation :
L’Insee a publié ce jeudi les chiffres du chômage au 1er trimestre 2008. On comprendra aisément que la ministre de l’économie se réjouisse de
cette nouvelle baisse…
Des chiffres à saluer
Excellente nouvelle pour Christine Lagarde, le taux de chômage a baissé, pour atteindre 7,2 % de la population active en France métropolitaine
au premier trimestre, soit 0,2 point de moins qu’au précédent trimestre. En un an, nous sommes passés de 8,4 à 7,2 % de taux de chômage. On enregistre ainsi la 7ème baisse consécutive sur 7
trimestres. Ce résultat est d’autant plus précieux qu’on pouvait craindre une inversion, puisque la décrue du chômage a commencé en 2006 mais a butté sur un palier au tournant de l'année
2006-2007, avant de reprendre, il y a un an. Cette fois, elle se poursuit.
Un peu mieux pour les jeunes
En regardant les chiffres dans le détail, on constate que le taux de chômage a encore reculé pour les moins de 25 ans. La décrue les concerne
donc aussi. Cela dit, ces niveaux demeurent deux fois supérieurs au taux de chômage des 25-49 ans. 17,2 % de chômeurs parmi les jeunes, c’est nettement moins qu’il y a un an, lorsque l’on
dépassait les 20 %, mais ce chiffre reste très, trop élevé, évidemment.
Peut (encore) mieux faire
Si l’on se penche cette fois sur les 25-49 ans, nouveau progrès, on tombe à 6,6 % de chômage concernant cette population. Autant dire que l’on
n’est plus si éloignés du plein emploi. Et au total, il faut tout de même retenir que le taux de chômage publié ce jeudi est le plus bas jamais observé en France depuis 1983, comme l’a rappelé
Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat à l’emploi. Pourtant, il nous reste de gros progrès à faire, pour les jeunes, mais aussi pour la qualité de l’emploi : parmi les actifs, nombreux sont
ceux qui sont à temps partiel et qui aimeraient travailler plus. La bataille n’est pas gagnée…
Du côté de la Suède
Des combats restent à mener, Laurent Wauquiez l’admet lui-même, et propose de regarder du côté de la Suède, pour faire en France les réformes
structurelles. Excellente référence, puisque la Suède est partie du chômage de masse dans les années 90 pour atteindre 5 % seulement de chômage aujourd’hui. Ingrédients du succès suédois :
la réforme de la formation professionnelle, la création d'une agence unique de service public de l'emploi avec des objectifs de résultats, et aussi des contrôles accrus pour que personne ne
profite du système. Tout cela trouve d’ailleurs un écho dans les réformes qui sont en cours en France… Cela étant, un autre problème reste à régler, celui de la mesure, des chiffres et de leur
transparence.
Plus de transparence
En effet, si l’on observe les chiffres exploités aujourd’hui, il y a de quoi être surpris ! Le taux de 7,2% de chômage publié ce jeudi
matin correspond à 2 millions de chômeurs au sens du BIT, le Bureau International du Travail. Or, en France, on compte 2,6 millions de personnes, qui ne sont pas toutes des chômeurs au sens du
BIT (parce qu’elles ne sont pas disponibles dans les deux semaines pour travailler ou parce qu’elles n'ont pas effectué de démarches actives de recherche d'emploi dans le mois précédent).
Pour afficher le taux d’emploi
Pour plus de clarté, nous proposons donc, à l’Institut Montaigne, de fixer les objectifs politiques en termes de hausse du taux d’emploi plutôt
que de baisse du taux de chômage. Car le taux de chômage est discutable, variable dans ses définitions et permet pas mal de manipulations (contrats aidés, emploi public, radiation de chômeurs).
Le taux d’emploi, en revanche, mesure le nombre de personnes qui travaillent en pourcentage de la population. Il chiffre donc la capacité d’un pays à faire participer, sans discrimination,
l’ensemble de sa population active à la création de richesses.
Des progrès à relativiser
Ainsi donc, si l’on utilisait plutôt le taux d’emploi, on passerait d’une logique de mesure de la pénurie d’emplois (ce qu’indique le taux de
chômage) à une logique d’accroissement du potentiel productif. On verrait aussi qu’il nous reste de gros progrès à faire, puisque notre taux d’emploi est passé de 64,7 % à 65,1 %, quand en
Allemagne et même au Portugal, il est de 68 %. Sans compter qu’au Danemark il atteint même 77 % !
Fin de citation.
Cela fait déjà un moment que je propose de retenir non pas le taux de chômage mais le taux d'emploi! Je souscris donc à la proposition de
l'Institut Montaigne! Ils ont peut-être copié sur moi ... C'est sans importance! J'ai dit que je ne demandais jamais de droits d'auteur!
Ca va poser un gros problème puisqu'on va passer à un taux de chômage de 7,2% à un taux d'emploi de ... 65,1%! Les deux chiffres sont cohérents!
Sauf que, pour faire comprendre au quidam qu'un taux d'emploi de 65,1% ne signifie pas un taux de chômage de ...34,9%, ça risque d'être un peu dur!
Patience et longueur de temps!
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