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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Réflexions sur un conflit qui peut mal se terminer.

20 Mars 2006, 19:03pm

Publié par Jacques Heurtault

Il s'agit, bien entendu, du même sujet, qui préoccupe désormais la plupart des citoyens : le C.P.E.

L'affaire a commencé en 1995 ... lorsque Jacques Chirac a été élu Président de la République.

N'étant évidemment pas capable de tenir les promesses éléctorales qu'il avait faites pendant la campagne (la "fracture" sociale), il a quand même nommé "le meilleur d'entre nous", c'est à dire Alain Juppé, Premier Ministre. Celui-ci, probablement plus rigide qu'il n'était nécessaire, a mis en pratique sa très grande rigueur intellectuelle pour constater qu'il n'était financièrement pas possible de satisfaire les objectifs politiques louables du candidat Chirac.

Et cela a provoqué le premier grand conflit social du premier mandat présidentiel. Ce dernier conflit a, en effet, démarré non à cause des réformes qui avaient été, à l'époque, amorcées mais à cause du décalage énorme entre les promesses du candidat Chirac et les amorces de réformes qui devenaient, du coup, des amorces de conflit.

Premier échec ...

Puis vint la dissolution de l'Assemblée Nationale.

Notre vaillant politicien, n'ayant, apparemment, tiré aucune leçon de la "cohabitation" ("N'y allez pas", disait à qui voulait l'entendre Raymond Barre ... mais Jacques Chirac ne l'a pas entendu), n'ayant pas compris qu'un gouvernement commence à subir la première érosion du pouvoir précisément après deux ans d'existence, décida de dissoudre avec le "succès" que l'on sait.

Deuxième échec ...

Réélu, de justesse, face à Le Pen ...(mais oui, "de justesse", en ce sens que le duel aurait pu être Le Pen face à Jospin, il ne s'en est fallu que de quelques centaines de milliers de voix), il se lance dans le seul succès de ses mandatures : Jean-Pierre Raffarin. Lequel conduit les réformes qu'il faut conduire, avec abnégation, sans songer un instant à sa popularité et sa présidentiabilité. Qu'ils en soient remerciés!

Premier succès ...

Vint alors cette brillante idée de soumettre à référendum un texte, excellent, mais difficilement digérable par la masse des électeurs. Lesquels dirent tout haut ce qu'ils pensaient tout bas : Non à Chirac, Non à "l'establishment", Non à ... tout!

Troisième échec ...

Il aurait pu, valablement cette fois, dissoudre l'Assemblée Nationale. En effet, cette dernière était favorable au Traité constitutionnel à au moins 90%. Désavouée par le vote populaire, elle devait retourner devant les électeurs, lesquels auraient alors élu une autre Assemblée, toujours favorable à 70% (voire plus) au Traité constitutionnel et aurait donc ratifié ce dernier sans le moindre problème. Un socialiste serait devenu Premier Ministre (encore que ...) jusqu'à l'élection présidentielle, en 2007. C'est à dire pendant ... deux ans. Le temps nécessaire à un gouvernement de s'user ... un peu,  beaucoup ...

Quatrième échec ...

Au lieu de ça, il change l'homme qu'il fallait garder. Celui qui n'avait que l'ambition de réussir son programme de réformes. Pour y nommer un Premier Ministre qui ne s'est jamais frotté à aucune élection et qui ne connait du terrain que les lambris des palais nationaux.

Cinquième échec ...

J'entends encore Maxime Gremetz dire, à l'issue du discours de politique générale de Dominique de Villepin, "Ce gouvernement ne tiendra pas 22 mois". Il est ce qu'il est, Gremetz. Il vaut ce qu'il vaut ... Mais, à l'image des vieux routiers de la politique et du Parti communiste, il a blanchi sous le harnais : il a vu juste. Je n'imagine pas de Villepin rester Premier Ministre jusqu'en 2007.

Alors, maintenant, nous en sommes où?

Me revient à l'esprit la proposition lancée par Christian Blanc. Je l'ai jugée un peu déplacée ... Elle était juste comme il fallait.

Monsieur le Président de la République, pour en avoir trop joué, vous avez épuisé toutes les astuces du jeu politique. En dissolvant l'Assemblée Nationale et en démissionnant de votre mandat, vous rendriez à la France le service que vous n'avez, jusqu'à présent, pas su lui rendre.

L'issue de la confrontation n'est pas aussi certain qu'il pourrait y paraître : le temps est venu des idées nouvelles. En prenant tous les politiciens calculateurs de court, c'est le débat d'idées qui émergerait. Celui dont la France a besoin. Le bon vin de Jean-Pierre Raffarin est en train de tourner au vinaigre ...

  

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Brise 21/03/2006 22:47

Bonjour, je ne tiens pas d'aussi long discours que toi mais je partage volontier beaucoup de points de vue avec toi. Je suis également pour cette réforme dont on parle tant en ce moment.Ton log est vrament intéressant et je repasserais sans aucun doute...A bientôt

Christian BOIS 21/03/2006 12:05

Quelle analyse ! Je ne peux que la partager. Malheureusement J. Chirac n'est pas de Gaulle qui lui airait su faire ce que vous dites, pour le bien de la France.