Je ne vais pas perdre mon temps dans des salamalecs, des périphrases et des mots pour ne rien dire ...
Voici ce qui, après 4 semaines et demie de présence aux Etats Unis, mérite, d'après ce que j'ai vécu, d'être retenu. Cela tient en quelques
idées ou réalité particulièrement dures.
1. Dans la presse américaine, la seule information que j'ai pu voir concernant la FFFRRRANCE ... (lettres triplées volontairement) tient sur un
thème : la mort de dix de nos soldats en Afghanistan.
J'allais oublier la très brève mention du candidat John Mac Cain disant que désormais, nous avions "un ami à la tête du pays". Il parlait, bien
sûr, de Sarkozy.
Je n'ai rien relevé d'autre.
Cette réalité est à mettre en parallèle avec ce que j'avais pu suivre à la télévision, en Novembre 2007, quand j'y étais (encore!), en Floride
cette fois. On ne parlait, abondamment cette fois, que des "riots", c'est à dire des "émeutes" de Villiers le Bel (je traduis le mot) qui se sont avérées n'être que quelques échauffourées vite
mâtées ...
Une de nos amies, en visite en France, après les émeutes (les vraies, celles-là!) de Clichy sous Bois (qui avaient finies par embraser (c'est le
mot) une bonne partie du pays, pour la plus grande satisfaction de nos journaleux de merde qui se plaisaient à en rajouter alors qu'il eut fallu ne pas en parler afin de contribuer efficacement à
éteindre l'incendie...) s'était, sur la foi de ce qu'elle avait vu à la télévision américaine, également inquiétée sur ce seul sujet ...
J'en arrive à des "conclusions" sans doute un peu hative :
a). La France ne compte pas pour la presse américaine. Les journalistes (là-bas, ils font leur boulot et ils ne sont pas complaisants avec leurs
invités) ne font rien d'autres que partir des réalités : que cela nous plaise ou non, il va falloir que nous, Français, nous nous mettions bien dans la tête, si possible une fois pour toute (ça
va être dur pour certains!), que nous sommes un PETIT pays, que nous ne pesons que 1% de la population mondiale et que nous ne saurions prétendre régenter la planète ni même mettre notre grain de
sel un peu partout comme au "bon temps" des "colonies".
b). La France compte nettement plus pour les Américains. L'un d'eux nous a dit qu'il n'oubliait pas que c'est la France qui leur avait apporté
la démocratie. Non pas à cause de notre Révolution (elle a eut lieu APRES la leur, il ne faut pas l'oublier!) mais à cause de l'aide que le ROI Louis XVI avait apporté aux "Insurgents" contre les
"Redcoats" (c'est à dire l'Angleterre, qui, depuis 6 siècles, avait institué l'Habéas Corpus et le Parlementarisme) par l'envoi de La Fayette et de Rochambeau, qui, avec beaucoup d'autres
Européens (Prussiens, Polonais), ont puissamment aidé à la réussite de la Révolution américaine... Le Peuple a la mémoire longue et est toujours sincère (même quand il est dans l'erreur!). C'est
rassurant.
2. Les Etats Unis d'Amérique s'interrogent. Le Peuple américain s'interroge. Il se rend bien compte que quelque chose ne va pas. Il s'en était
déjà rendu compte pendant la guerre du Viêt Nam. Le choix qu'ils vont faire, en Novembre, dans 45 jours environ, sera déterminant pour l'avenir même des Etats Unis et, donc, dans une large
mesure, les choses étant ce qu'elles sont, pour le Monde entier. Le Peuple américain, tout comme le Peuple français, a besoin d'ancrage dans des valeurs sûres et de protection sociale... C'est
l'enjeu.
La prochaine élection va se jouer dans un mouchoir. Les Démocrates, en choisissant un leader noir (Barrack Obama) plutôt qu'une femme blanche
(Hillary Clinton) se sont peut-être mis dans une situation qui n'est pas la meilleure. Il eut été préferable qu'ils choisissent, comme les Républicains, un homme blanc. C'est ainsi. On ne refait
pas l'Histoire. Alea jacta est!
3. Ce très grand pays, dont je n'oublierai JAMAIS que nous lui devons le retour à la LIBERTE (l'immense cimetière de Colleville, en Normandie,
est là pour nous le rappeler!), grand par sa géographie, grand par son Histoire, grand par son rôle dans les affaires du monde, aujourd'hui, n'est pas loin d'appeler à l'aide. Il éprouve le
besoin d'être aimé mais n'a pas encore compris que, pour cela, il fallait qu'il se fasse mieux comprendre...
J'ai été frappé par l'importance des mémoriaux, notamment en direction de leurs grands hommes (quelquefois des femmes). Cela revient avec une
insistance qui, en France, serait jugée, à coup sûr, lancinante. Il faut avoir vu le mémorial de Franklin Delanoe Roosevelt (le New Deal) qui occupe pas loin de deux hectares, à Washington. Il
faut voir celui de Lincoln, qui a aboli l'esclavage, installé sur un véritable trône de 7 ou 8 mêtres de haut. Il faut voir celui de Jefferson, immortalisé par la Déclaration d'Indépendance, une
statue en pied de probablement 7ou 8 mêtres de haut également. Comment ne pas voir le formidable clin d'oeil à la France dans la présence de la statue de La Fayette, à l'angle droit du square
situé juste en face de la Maison Blanche et dans celle de Rochambeau, située, elle, à l'angle gauche du même square? Les deux statues LES PLUS PROCHES de la Maison Blanche sont, précisément,
celles-là! Ne pas y voir l'expression d'une immense gratitude relève de la cécité imbécile.
4. Les Etats Unis ont besoin d'Etat! A l'évidence, dans le pays profond, la présence de l'Autorité Publique n'est pas suffisante. Cela se voit!
Dans les rues (l'invraisemblable anarchie des fils électriques et téléphoniques; un plan d'occupation des sols quasi inexistant en dehors de la "main street"; une dispersion de l'habitat qui
pose, ensuite, pour l'école notamment, un véritable et grave problème puisque ce sont les impôts locaux sur les propriétés foncières qui financent les "school bus", au détriment des équipements
des classes et de la qualité des enseignants et des enseignements). Dans la démesure des routes qui reflète l'insuffisance des équipements de transports en commun... Il est clair que, aux Etats
Unis, il est quasi impossible de vivre une vie normale si on n'a pas une voiture, voire deux, quand ce n'est pas trois. Je comprends mieux pourquoi les Américains voyagent peu, y compris dans
leur propre pays. Sans GPS, compte tenu de la faiblesse des indications routières, on a de grandes chances de se perdre ... Une boussole peut-être la bienvenue.
5. Les Etats Unis disposent d'un formidable potentiel. Les Américains ont des idées. Ce sont des créatifs. On peut gagner beaucoup d'argent
grace à une idée géniale. Il n'y a pas de frein à la création d'entreprise... et les Américains ne sont pas à quémander, sans arrêt, des aides de ceci et des aides pour cela...
6. Dans quelques semaines, je vais recevoir un formidable cadeau : cette amie, profondément francophile (comme le sont beaucoup d'Américains),
va me faire parvenir un drapeau américain de 8 pieds sur 5 (2,50 mètres sur 1,50) qui aura eu l'immense privilège d'avoir flotté sur le Capitole... J'en suis profondément touché et ému. J'observe
que, pour les Américains, le symbole des symboles, ce n'est pas la Maison Blanche mais le Capitole! On ne se trompe pas dans la hiérarchie des valeurs, là-bas ...
Commentaires