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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

François Fillon sur "20 Minutes".

14 Avril 2006, 17:01pm

Publié par Jacques Heurtault

"20 Minutes" est un quotidien gratuit qui se distribue aux bouches du métro parisien, notamment. De même que "Métro". A choisr entre les deux, je préfère le premier, même si ce n'est pas "ma tasse de thé" (à 08h30, le matin, le thé, ce n'est pas trop mon truc).

François Fillon vient d'y donner une interview sur la "flexisécurité" que je reproduis ci-dessous.

Début de citation :

Malgré la crise du CPE, les Français sont-ils prêts à accepter plus de flexibilité sur le marché du travail ?

Les Français y sont prêts, à condition qu'ils ressentent cette réforme comme juste. En échange d'une plus grande flexibilité, il faut offrir une plus grande sécurité aux salariés. C'est ce qu'on appelle la  "flexisécurité", pratiquée avec succès ailleurs en Europe. Il s'agit de protéger les salariés et non les emplois. Ce qui revient à faciliter le licenciement mais aussi à proposer une indemnisation chômage beaucoup plus confortable, notamment pour les bas et moyens salaires. Une autre contrepartie consiste à assurer un meilleur suivi des chômeurs avec des possibilités de formation, afin de leur assurer un reclassement rapide.

Ce volet « sécurité » coûterait très cher...

Ces dépenses seraient supportables si on rationalise le système. Par exemple, un chômeur qui refuse à plusieurs reprises un emploi ne doit plus bénéficier du même niveau d'indemnisation. Bien sûr, on ne proposerait pas à un manutentionnaire de devenir notaire et réciproquement. Il faut des règles. Il faut aussi plafonner l'indemnisation des hauts salaires.

Peut-on envisager une indemnisation non dégressive des chômeurs pendant trois ou quatre ans ?

Pourquoi pas ? De toute façon, ce serait purement théorique. Dans les pays nordiques qui ont adopté ce système, les chômeurs retrouvent du travail en moyenne en six mois, alors qu'en France, la moyenne est de deux ans. La clé, c'est que l'on n'ait plus peur de perdre son emploi parce que l'on peut rebondir. Cette mobilité déverrouille le marché de l'emploi.

Avez-vous étudié le financement en détail ?

Bien sûr. Si on se basait sur les chiffres et les comportements actuels, il ne serait effectivement pas possible pour l'Etat de payer. Mais si on travaille sur des hypothèses où le nombre de chômeurs et le délai passé au chômage étaient réduits grâce à un système efficace de reclassement, cela est possible sur le plan financier.

Avec un énorme risque financier pour l'Etat si l'emploi ne se débloque pas...

Oui. Mais nous prendrions ce risque, car c'est une question de vie ou de mort pour la société française. Les entreprises subissent des à-coups considérables de commandes et ont besoin d'ajuster leurs effectifs en permanence. Sinon, elles disparaissent ou délocalisent.

Vous préconisez aussi un contrat de travail unique...

Il s'agit d'un CDI avec des droits sociaux proportionnels à l'ancienneté. Plus le contrat dure, plus il offre au salarié des droits à l'indemnisation importants et plus les conditions de licenciement sont encadrées. Ces modalités doivent être discutées avec les partenaires sociaux.

Deux ans de période d'essai, cela vous paraît juste ?

C'est beaucoup trop long. Nous devons permettre à l'entreprise d'ajuster ses effectifs, pas donner les moyens aux chefs d'entreprise de corriger leurs mauvais recrutements.

Ce contrat unique n'ouvrirait-il pas la porte aux actions en justice des salariés ?

Une grande loi sur l'emploi telle que je la conçois, et qui introduirait ces notions de sécurité et de flexibilité, devrait aussi mieux encadrer la justice prud'homale. Aujourd'hui, ce sont les prud'hommes qui fixent souvent, faute de précisions législatives, la jurisprudence en matière de licenciement. Il faut revoir cela. Il n'est pas normal que la France ait un tel taux de contentieux.

Après la démonstration de force des syndicats, estimez-vous que le problème de leur représentativité se pose toujours ?

Absolument. Je milite pour que les syndicats soient plus représentatifs et dotés de plus de responsabilités. Une meilleure représentativité passe par la fin du monopole des cinq confédérations et la fin des accords minoritaires. Et par des élections régulières à l'intérieur de chaque entreprise.

Quelles responsabilités doit-on accorder aux syndicats ?

Il faut transférer aux partenaires sociaux une grande partie de ce qui relève aujourd'hui de l'Etat et de la loi dans le domaine du travail. Prenons l'exemple des lois Aubry sur le temps de travail. On aurait dû fixer un cadre et laisser aux acteurs de terrain et aux partenaires sociaux le soin de négocier les aménagements.

Recueilli par Stéphane Colineau

Fin de citation.

Je ferai, ultérieurement, quelques commentaires.

 

 

Commenter cet article

Jacques Heurtault 15/04/2006 12:18

Oui, effectivement! c'est d'ailleurs la raison qui m'a conduit à le publier ... J'ai cependant des réserves (essentiellement techniques).Mon nouvel article se veu, si possible, éclairant.

Daumont Jean 15/04/2006 08:31

   Ce texte me paraît être une excellente base de discussion, avec une "ouverture" très positive... Il n'a qu'un inconvénient, celui de ne pas être proposé par des partis ou syndicats s'étant toujours accordé l'exclusivité de la représentation des "travailleurs"...