Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Nicolas Sarkosy à Nîmes : mes commentaires

10 Mai 2006, 18:39pm

Publié par Jacques Heurtault

A l'invitation de Christian Bois, bloggeur, je viens de suivre, en différé, l'intégralité du discours de Nicolas Sarkosy. Je le trouve extrêmement intéressant et j'invite tous ceux qui ne l'ont pas encore vu à le faire. Il fait preuve d'une grande hauteur de vue. Centré, manifestement, sur la France, dans le but de capter l'attention des électeurs de droite qui pourraient être tentés, une fois de plus, de se laisser prendre dans la nasse de Le Pen, il y développe des idées claires, même si je trouve que le mot France revient un peu trop souvent (110 fois, à ce qu'il paraît mais je n'ai pas compté). 

Disons-le franchement : si la moitié des électeurs de Le Pen pouvaient choisir Sarkosy parce que ce dernier prouve qu'il les comprend et qu'il ne les confond en rien avec des fascistes, des racistes ou des xénophobes, ce n'est pas moi qui m'en plaindrait.

Je n'ai décelé aucune démagogie, aucun sentiment bassement électoraliste. Il ne faut pas en conclure que j'approuve toutes ses propositions. Mais, je le dis clairement, si les socialistes nous faisaient, maintenant, un discours de même tenue, de même hauteur de vue, je ne m'en plaindrais pas non plus.

Il a clairement rejeté le communautarisme alors même que ses adversaires ont un peu trop tendance à lui jeter la pierre sur le sujet. Il a également appuyé sur le nécessaire respect qui est dû aux enseignants par leurs élèves (ils doivent se lever quand le maître entre dans la classe). J'approuve cette idée, sans la moindre réserve. Cela ne veut pas dire que je n'ai aucun différent avec l'Education Nationale dont le condamne avec une grande fermeté le corporatisme.

Il a rappelé qu'il était fils d'un immigré hongrois. Personne ne peut mettre en doute son attachement très profond à la France.

De même, il a rappelé que la racaille existe bel et bien et que ce n'est pas lui qui a inventé le mot mais les habitants des banlieues soumis à la "loi" des caïds".

Je ne suis pas d'accord avec sa mise en cause des "35 heures". J'y suis personnellement attaché. L'erreur des socialistes aura été non pas "les 35 heures" mais "les 35 heures payées 39", ce qui n'est pas du tout la même chose! Je crois même que Sarkosy commet une erreur politique sur ce thème. C'est son affaire. Ma proposition, que je rappelle ici, consistant à inscrire dans le code du travail le droit imprescriptible de tout salarié de refuser de faire des heures supplémentaires, sans risque de sanction (actuellement, cela peut lui coûter le licenciement pour faute grave!), est, je le dis sans fausse modestie, d'une grande portée; d'autant que la conséquence logique en est la suppression de la majoration du taux horaire de rémunération pour quiconque accepte de faire des "heures sup".

Les socialistes doivent maintenant se mettre au travail et seraient bien inspirés de ne pas tomber dans le piège de "l'affaire Clearstream". A bon entendeur, salut!    

Commenter cet article

Phiconvers 14/05/2006 20:13


Samedi 06 Mai 2006


le débat sur l'immigration en France dans une impasse


Une fois de plus, l'immigration se trouve au coeur de l'actualité politique et sera, n'en déplaise aux béats, un sujet central de la campagne présidentielle et des années à venir.
Bien entendu, les anathèmes fusent de part et d'autre et rien ne semble devoir vraiment changer : les procédures de délivrance des visas vont encore se compliquer et, en parallèle, le ressentiment des migrants de première ou deuxième génération va s'accroître contre notre pays. Tétanisée, la droite va donner des gages "d'humanisme et de solidarité" à la gauche, laquelle se vautrera dans la démagogie.
Voici ma contribution au débat, duquel je n'attends rien vu l'aveuglement et/ou l'émasculation de ses ténors.
La France et la tradition de l'immigration.
OUI, la France est une terre d'immigration traditionnelle. OUI, la générosité (pas la veulerie) de notre pays à l'égard de ses immigrés l'honore. OUI, la France a conjoncturellement besoin d'un flux migratoire pour que fonctionne son économie, anémiée par l'égoïsme démographique des baby-boomers.
Ceci étant posé, que faire ?
La légitimité de la sélection.
Ouvrir ou non ses portes à l'étranger est un droit fondamental. Dans un pays, maison commune, les citoyens délèguent la "gestion de la porte" à l'Etat, lequel exerce théoriquement avec précaution cette responsabilité. La France est la propriété des Français, quoi qu'en disent les faux généreux. l'Etat est le gérant de cette - magnifique - propriété. Cette gestion doit s'effectuer exclusivement en fonction des intérêts des propriétaires. l'Etat n'a pas mandat pour défendre des intérêts propres ou extérieurs. Voici, de mon point de vue, la déclinaison de ce principe :
+ La France ne doit accueillir des immigrants que s'ils sont nécessaires à son économie. Les seules exceptions admissibles sont les réfugiés politiques qui courent un risque réel parce qu'ils défendent des valeurs proches des nôtres, c'est-à-dire quelques milliers de personnes, dont l'accueil doit être réparti entre les nations qui partagent la même générosité.
+ L'Etat n'a de devoir qu'envers ses citoyens : aucun Etat étranger ne peut exiger de la France quoi , que ce soit, si ce n'est le respect des traités internationaux conclus et ratifiés en fonction des intérêts des Français (théoriquement). Ainsi, quand j'entends l'ambassadeur de Côte d'Ivoire exiger de la France un logement pour les Ivoiriens résidant en France, je manque m'étouffer (8000 Français ont été chassés de ce pays il y a quelques mois)... Idem lorsque l'épouvantable Bouteflika, qui a consacré sa jeunesse à organiser le départ de mon peuple d'Algérie, exige plus de visas pour ses pauvres compatriotes.
+ L'immigration peut être temporaire, du fait des immigrants ou de celui du pays qui les accueille. Avoir travaillé légalement en France pendant trois ans ne donne pas un droit automatique à la résidence éternelle. C'est une affaire de contrat.
+ Chirac déclarait récemment que la France a autant de racines musulmanes que chrétiennes. Cette ineptie est peut être au coeur de notre incapacité à vivre sereinement l'immigration : accueillir 300.000 Polonais catholiques ou 300.000 Algériens musulmans n'est pas neutre et n'a pas les mêmes conséquences. Malgré cent ans de laïcité, la France reste une terre de chrétienté et c'est TANT MIEUX. La liberté religieuse n'a rien à voir avec le substrat culturel que nul ne peut nier.
+ Le métissage n'est pas la panacée universelle. En fait, il n'est ni bon ni mauvais. Il n'est pas une chance et il n'est pas non plus l'oeuvre du diable. Le promouvoir est aussi ridicule que le condamner absolument. Ce qui est sûr est qu'il n'est pas facile de le vivre, en particulier en Europe.
+ Limiter l'accès de certaines nationalités et favoriser au contraire celui de certaines autres me semble légitime et essentiel pour le succès de l'intégration. Il est par exemple évident que recevoir en France un Argentin est infiniment plus facile qu'accueillir un Soudanais. Racisme ? Certainement pas. Il s'agit de lucidité. Loin de moi l'idée d'une quelconque supériorité intrinsèque de telle ou telle race ou nation. Je suis par contre convaincu que le fossé entre notre culture et celle du monde arabe et de l'Afrique est énorme. De la même façon qu'un Français ne s'installe pas spontanément dans un village de la brousse congolaise, un paysan malien va subir un choc grave en arrivant à Paris.
+ Il n'y a pas de responsabilité post-coloniale qui justifie l'immigration. De la même façon que les Français n'exigent pas un droit à l'installation en Allemagne du fait des agressions répétées de ce pays, les Algériens n'ont aucun visa moral pour venir en France. Ils nous ont mis dehors, dans la douleur, et doivent tirer toutes les conséquences de leur émancipation.
Visas, regroupement familial et expulsions.
Bien que disposant d'un réseau consulaire étendu, la France gère très mal la délivrance de visas. Il s'agit d'un vaste sujet, que je connais pour avoir travaillé trois ans en consulat. Force est de constater que nous savons mal discriminer. Les accords de Schengen, éminemment néfastes, ont aggravé cette incompétence. Il est aujourd'hui plus difficile pour un Dominicain fortuné de venir passer ses vacances en famille sur la Côte d'Azur que pour un imam algérien djihadiste installé en France d'obtenir une carte de séjour...
Le regroupement familial part d'une bonne intention : comment demander à un travailleur étranger de renoncer à vivre en famille ? Cela dit, il donne aujourd'hui lieu à tous les abus. Dans un système sain, où l'étranger n'est admis en France que s'il arrive avec un emploi et où il repart en cas de rupture du contrat de travail, le fait que son conjoint et ses enfants l'accompagnent est parfaitement acceptable. En revanche, un étranger sans emploi ne doit pas pouvoir faire venir sa famille. Il est bien plus naturel qu'il la rejoigne dans son pays d'origine !
Le problème des expulsions est épineux : il vaut mieux bloquer les indésirables avant leur entrée sur le territoire. Pourtant, expulser un étranger arrivé irrégulièrement est un devoir de l'Etat vis-à-vis de ses citoyens et, accessoirement, des étrangers qui ont pris la peine de respecter nos lois pour entrer.
Il est choquant qu'une prime au retour soit concédée aux illégaux qui consentent à partir, c'est-à-dire à se mettre en conformité avec notre droit.
Les migrations, un problème mondial.
Au-delà de ces considérations, qui peuvent sembler bien illusoires dans l'état de notre monde, je ne peux pas ne pas évoquer un des arguments les plus pernicieux du débat : l'égoïsme des pays riches serait la cause essentielle de la pression migratoire.
Je reviendrai sur ce point-clé dans un prochain article, qui me fournira une transition parfaite pour glisser vers l'Amérique latine et remiser provisoirement au placard cette actualité française bien déprimante.

Niconippon 12/05/2006 02:33

Cher Jacques,
Ne voyez aucune critique dirigée contre vous, mais simplement le constat de quelqu'un qui vit loin de la tourmente et qui a donc le loisir d'observer, à froid, avec du recul même si, c'est certain, mon coeur reste profondément à gauche.
Très honnêtement, je ne crois malheureusement plus aux discours des politiques et je suis assez d'accord avec le constat dressé par Fillon que vous avez publié. Que ce soit au PS ou à l'UMP, je ne vois qu'un ramassi de petits Iznogood voulant devenir Calife à la place du Calife. Las, je pense sincèrement que la seule personne à apporter quelque chose de vraiment nouveau dans notre société serait Mme Royale. Imaginez donc qu'il s'agirait de la première fois dans l'Histoire de France qu'une femme occuperait le poste suprême ! (Qu'on ne me parle pas de Cresson qui n'a été qu'un sous-fiffre et qui n'a pas duré) Quelle évolution !
Je reste également convaincu qu'une femme à la tête du pays apporterait une façon de gouverner différente. Sur la base de quel programme ? Le bon sens d'abord ! Qu'on arrête les miaivreries, le discours à gauche comme à droite est identique, quelques fioritures en plus ou en moins ici et là, mais le fond est le même, certes, avec plus de libéralisme et d'autoritarisme d'un côté et plus de social de l'autre, mais globalement...une fois passée l'échéance électorale, la réalité rend les institutions inopérantes.
Quant au duel envisagé Le Pen Bovencenot...j'ose imaginer que les électeurs ne reproduiront pas l'erreur de 2002. Une chose est certaine, cessez (je parle des Français) d'écouter les médias et leurs sondages, l'expérience des récentes élections nous a prouvé que ces sondages n'avaient aucune valeur !
Amicalement
 

Jacques Heurtault 11/05/2006 21:26

Bonsoir Niconippon.
Je ne sais si vos critiques s'adressent à moi, personnellement. Si c'est le cas, vous vous méprenez sur mes intentions. Aussi vais-je me permettre de les expliciter à nouveau.1. Je ne mets certainement pas un signe égal entre Sarkosy et Le Pen.2. Je ne veux pas que se reproduise le schéma de 2002.3. Il faut que l'élu qui sortira des urnes en Mai 2007 soit correctement élu, sur la base de positions tranchées entre les uns et les autres.4. Le schéma apocalyptique Le Pen Bovencenot n'est pas une spéculation d'intello mais une véritable crainte qu'il faut combattre. 
 

Diatala 11/05/2006 08:16

NICONIPPON: Un pas en avant, deux pas en arrière ! Il est affligeant de constater que toute cette génération du baby boom qui avait milité, en force et en nombre, pour une société moins répressive et moins conservatrice, à l\\\'approche de la retraite, se retrouve à tenir le discours inverse et à prôner le conservatisme absolu...Je remarque aussi que les nouveaux adhérents PS sont, pour la plupart, des retraités alors qu\\\'en face, les nouveaux adhérents à l\\\'UMP ils ont entre 20 et 45 ans. Alors, un nouveau conflit des générations à venir ?S ROYALE, DSK, LANG, HOLLANDE etc ... essayent de ratisser le plus large possible de la gauche du Centre à la "gauche" de l\\\'extrême gauche; périlleux ça ! De plus, la question essentielle: quel est le programme de la gauche ? Beaucoup de bruit mais rien de concret...

Niconippon 11/05/2006 04:32

Un pas en avant, deux pas en arrière ! Il est affligeant de constater que toute cette génération du baby boom qui avait milité, en force et en nombre, pour une société moins répressive et moins conservatrice, à l'approche de la retraite, se retrouve à tenir le discours inverse et à prôner le conservatisme absolu...Je remarque aussi que les nouveaux adhérents UMP sont, pour la plupart, des retraités alors qu'en face, les nouveaux adhérents au PS ont entre 20 et 45 ans. Alors, un nouveau conflit des générations à venir ?M. Sarkosy essaye de ratisser le plus large possible de la droite du Centre à la "gauche" de l'extrême droite; périlleux ça ! De plus, la question essentielle: quel a été le bilan de Sarkosy depuis qu'il fait parti d'un gouvernement ? Beaucoup de bruit mais rien de concret...
Sic transit gloria mundi !

Jacques Heurtault 10/05/2006 22:36

Avec toutes mes excuses. Je viens de rectifier la faute. 

Christian BOIS 10/05/2006 22:13

Je suis heureux que vous ayez pu regarder la vidéo de Nîmes. Ne pas confondre, je ne suis pas le chanteur...Mais Christian BOIS;