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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Le général des banlieues, encore lui!

6 Juin 2006, 22:14pm

Publié par Jacques Heurtault

J'ai repêché le script de l'intervention du Général de Richoufftz le 02 Juin dernier, sur RMC. Intéressant par la netteté, la clairvoyance et l'absence de parti pris politicien. Lisez plutôt.

Début de citation.

Le Général Emmanuel de Richoufftz, retraité de l’armée depuis jeudi, était l’invité de Jean-Jacques Bourdin à 8h35. Celui que l’on surnomme le "Général des banlieues" (surnom dont il est très fier) a notamment réagi aux déclarations de Ségolène Royal préconisant un encadrement militaire des jeunes de plus de 16 ans auteurs de délits et revient sur son opération "1 permis, 1 emploi" qui, malgré son succès, n’a pas été renouvelée par les autorités.

 

CONTRE UN SERVICE OBLIGATOIRE

 

Le Général de Richoufftz est opposé à tout service obligatoire rappelant au passage à propos du service militaire qu’il a connu, que "50% des jeunes ne le faisaient pas, y échappaient avec la bénédiction de nos élus d’ailleurs". "Si vous créez une usine à gaz impersonnelle dans laquelle on y met des fonctionnaires qui ne savent pas ce qu’est un soldat ou ce qu’est un Français délaissé dans les banlieues, on va à l’échec. Je crois plutôt à des structures, comme je les ai montées, extrêmement légères adossées à quelque chose de plus solide qui pourrait être la Défense , le ministère de ceci ou le ministère de cela. Encore faudrait-il que dans les différents ministères on s’entende..."

 

ECOLES MILITAIRES

 

"Je souris parce que je suis un enfant de l’école militaire que les gouvernements socialistes successifs ont supprimé en disant « On militarise la société, on militarise les jeunes, etc. » Donc il faudrait recréer quelque chose qui a existé et qui est parti en lambeaux. Ca coûterait cher à la société quand même... Je suis plutôt du genre à dire que si la Défense doit intervenir ou doit faire quelque chose au profit de notre société, elle ne peut le faire que dans un environnement totalement différent qui est un environnement horizontal où chacun a son domaine de responsabilité et dans lequel les armées seraient en mesure d’être le guide."

 

QUID D’UN ENCADREMENT MILITAIRE ?

 

"Avant d’avoir un encadrement militaire pour tel ou tel, il faut se poser la question de l’Education nationale, il faut se poser la question des allocations familiales, c'est-à-dire être Français, et puis bien sûr la question du chômage et notamment le chômage qui frappe les plus démunis. (…) Il faut être pragmatique. Je vous dis, aujourd’hui si vous voulez faire un service civil avec un encadrement militaire c’est IM-POS-SI-BLE ! On n’a pas les structures et on n’a plus les hommes pour l’encadrement. On a une armée qui est devenue entièrement professionnelle et dont l’encadrement est calculé au plus juste pour les missions qu’elle remplie. L’armée de terre est à 136 000 hommes civils compris, c’est à peine suffisant pour remplir toutes les missions au quotidien."

 

 

BANLIEUES : « 1 PERMIS, 1 EMPLOI »

 

 

"Des jeunes m’ont dit « Général, tu es ma dernière chance, on te suit ! »"

"J’allais dans les banlieues en uniforme, les jeunes s’amassaient autour de moi et on commençait à discuter. Je leur disais : « Lève toi, présente toi, enlève ta casquette », et ça marchait très bien, il n’y avait pas d’histoire. La police a pris peur en disant « Mon Général, vous allez dans des quartiers où nous n’allons pas ». Bah justement, moi je vais y aller et ça s’est très bien passé. (…) Ces jeunes de banlieues je les ai vu avec leur famille, avec les maires, les missions locales… J’ai fait des réunions très écoutées et je leur ai dit « Ecoutez, vous êtes en galère et nous allons ramer dans le même sens, vous allez être mon équipage et je suis le capitaine. On va aller au bout et on gagnera ! Dans 9 mois vous êtes au travail avec un permis de conduire ». Ils n’y croyaient pas et puis au fur et à mesure ils ont vu les échéanciers arriver, se profiler, les succès à la clé. Ils rentraient dans une dynamique du succès après la spirale de l’échec. Nous avons fait le 8 novembre dernier à l’école militaire une cérémonie où il y avait 500 personnes. Tous les jeunes, les chefs d’entreprises, les missions locales…. Et nous avons tous chanté la Marseillaise à la fin. De mémoire de soldat, ça ne s’est pas fait à l’école militaire !"

 

Un succès classé "sans suite"

"Vivons heureux, vivons cachés... A partir du moment où il faut s’ouvrir et faire quelque chose de différent de la mission noble qu’est la nôtre de défense du pays, il s’est avéré que j’ai eu un certain nombre de réticences qui se sont ouvertes dans les rangs et donc malgré les engagements pris par le ministre de la Défense à mon endroit, ça n’a jamais été suivi des faits, ça a été abandonné."

 

Le blog du Général : http://general.de.richoufftz.over-blog.com

 

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Le discours prononcé par les "stagiaires des 105 permis" pour remercier le Général, le 24 mai dernier, à l'Ecole Militaire :

 

Mon Général,

 

Nous sommes réunis pour fêter votre projet, qui a vu le jour fin juin 2004 et qui a fait ce que nous sommes devenus aujourd’hui grâce à votre initiative.

 

Vous avez travaillé tout au long de votre carrière militaire avec une grande dose d’humanité. Sans nous connaître, vous avez cru en nous alors que nous avions perdu tout espoir de démarrer un jour notre vie. Grâce à vous, nous avons notre place dans la Nation française et votre œuvre nous permet de nous construire socialement, humainement et professionnellement avec le concours du Groupe UNIPROTECT.

 

Nous ne sommes pas des habitués des grands discours. Nous souhaitions juste, en ce jour mémorable, déclamer ces quelques mots. Et par ce présent, vous témoigner de notre reconnaissance, notre gratitude. Votre projet « 1 permis, 1 emploi » a su nous redonner espoir.

 

Alors symboliquement, un très grand MERCI à vous, notre Général de cœur…

 

Les stagiaires des 105 permis

 

Fin de citation.

J'adhère sans réserve à cette démarche pragmatique.

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