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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

SMIC : Halte à la démagogie électoraliste.

26 Juin 2006, 17:37pm

Publié par Jacques Heurtault

C'est Laurent Fabius qui a démarré le premier en proposant une revalorisation du Salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) de telle sorte qu'il atteigne 1.500 euros par mois.

La cause en est simple : la surenchère à gauche. C'est à celui qui, dans cette mouvance hétéroclite (pas moins de deux "grands" mouvements troskystes, un mouvement communiste, un mouvement de gauche souverainiste (Chevênement), au moins 5 "tendances" au sein du Parti Socialiste, les radicaux de gauche (PRG) sans oublier les "Verts" avec leurs quatre tendances, plus quelques autres que je dois oublier), poussera le plus dans le sens de la démagogie ...

Cela en devient ecoeurant ... Faire le point s'impose.

1. Première vérité : le pouvoir d'achat réel du SMIC a, au moins, doublé depuis la forte revalorisation qui a suivi les évênements de Mai 68.

2. Contrairement à ce que dit Nicolas Sarkosy, le coût de la vie est assez correctement évalué par l'indice INSEE. Il apparaît clairement que les prix n'ont PAS fortement augmenté depuis l'arrivée de l'Euro.

3. Beaucoup de consommateurs se laissent prendre avec la "parité" de l'Euro (1 euro = 6,657 francs) et confondent les prix affichés en euros en les prenant pour des francs, oubliant que leurs salaires respectifs reste libellé en euros : les constats amers sont donc bel et bien là, en fin de mois.

4. Il y a, indiscutablement, un problème de logement : les loyers en zone urbaine sont souvent prohibitifs ... parce que les logements doivent, c'est complètement évident, être à relative proximité des emplois.

5. On règlera ce problème du logement non par une politique d'aide (directe ou indirecte) mais par une politique d'aménagement du territoire. Si on favorise la création d'emplois à la campagne, les logements suivront, desserrant ainsi l'étau du déséquilibre entre l'offre et la demande qui fait monter les prix.

6. A trop vouloir augmenter le SMIC avec des "coups de pouce", on finit par créer un mécontentement chez les travailleurs dont le salaire est voisin.

7. En dégrêvant de charges sociales les salaires jusqu'à 1,6 fois le SMIC, on crée un appel au tassement de la hiérarchie des salaires auprès des entrepreneurs. C'est malsain pour le bon fonctionnement de l'économie et pour l'équilibre social. Aujourd'hui, un nombre important de salariés se plaignent ouvertement de ce tassement. Un ouvrier qualifié peut, aujourd'hui, être payé seulement un peu plus que le SMIC. Il ne l'accepte pas quand il se compare avec avec d'autres, beaucoup moins qualifiés.

8. C'est d'autant plus vrai que le SMIC est indexé, pour partie, sur l'évolution du taux horaire moyen ouvrier. Pour partie seulement ...

Quand on entend, comme je l'ai entendu ce matin, de la bouche d'un "syndicaliste", sur France Inter, qu'il faut augmenter le SMIC "TOUT DE SUITE à 1.500 euros par mois et même plus" je dis CLAIREMENT : STOP!

Cette revendication est en train de s'installer dans les esprits. Si elle se réalise, cela aura, inévitablement, des répercussions sur tous les autres salaires avec, à la clé, une pression sur les coûts de production (la productivité du travail ne pouvant pas progresser suffisamment vite pour compenser cette hausse des salaires), une perte de compétitivité de notre économie entrainant des ... délocalisations et ... du chômage! C'est tout le contraire de ce qu'il faut faire.

Il faut mobiliser les forces PRODUCTIVES, c'est à dire celles qui créent des richesses. Autrement dit celles qui sont mises en oeuvre pour produire des biens et des  MARCHANDS. C'est à dire développer les investissements productifs, lesquels, si le "cercle vertueux" se met en place, permettront de créer plus de richesses. On pourra alors songer, après avoir remboursé notre DETTE publique monstrueuse, à répartir les exédents.

Autant dire tout de suite que nous ne sommes pas au bout de nos peines ...

Quand il faudra choisir entre les candidats à la prochaine élection présidentielle, c'est celui (ou celle!) qui m'apparaitra le moins démagogique qui aura ma préférence.

D'où cette nouvelle proposition audacieuse, garantie non-démagogique : réviser complètement les règles d'indexation du SMIC sur la base du MOINS-DISANT entre l'évolution du coût de la vie et l'évolution du taux de salaire horaire moyen ouvrier.

   

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Jacques Heurtault 27/06/2006 23:43

Ayant suivi, EVIDEMMENT, le match à la télé, je n'ai pas eu le temps de répondre à votre commentaire sur votre blog. mais je vais le faire. Il y a matière à un échange sur des questions de fond. 

Julien Tolédano 27/06/2006 06:05

Mr Heurtault,
Ceci pour vous dire que je vous ai répondu sur mon blog,si vous voulez prendre le temps de lire ma réponse.
Merci à vous,
JT